ALPHONSE
1435. Alphonse I‘, roi d'Aragon (cinquième du nom) et de Sicile, avait été adopté, comme on l’a dit, en 1#20 par la reine Jeanne qui, piquée de son ingratitude, cassa le testament qu’elle avait fait en sa faveur. L'an 1442, Alphonse s'empare de Naples la nuit du 1‘ au 2 juin, et ensuite de tout le royaume, qu'il posséda jusqu'à sa mort, arrivée le 28 juin 1458. Par son testament il le transmit à Ferdinand qui suit.
RENÉ” D'ANJOU , rt LE BON.
1435. René’d’Anjou, fils de Louis II et d'Yolande, surnommé Le Bon, né le 16 janvier 1408, adopté par Jeanne If, reine de Naples, ‘l’an 1435, et déclaré son hérilier, était prisonnier du duc de Bourgogne, lorsque cette princesse mourut. Ne pouvant se rendre aux invitations des Napolitains qui lui avaient envoyé une ambassade pour le presser de venir prendre possession de son royaume, il leur envoya sa femme Isabelle avec Louis, son deuxième fils, ap-
cesse d’une rare prüdence, fut accueillie avec de grands honneurs à Naples, et y reçut les hommages de plusieurs autres villes. De là elle fit partir Louis, son fils, avec le général Michel Attendolo, pour la Calabre, qu’ils réduisirent en peu de temps. L'an 1438, René ayant obtenu sa délivrance, passe en Italie avec une petite flotte, et arrive le 19 mai à Naples. II y fait son entrée au milieu des acclamations du peuple. Mais quand on vit, dit Muratori, qu’il était pauvre et que sa bourse ne distillait point cette rosée d’or à laquelle on s'attendait, le zèle des Napolitains commença de se refroidir à son égard. Jacques Caldora, fameux capitaine, vint néanmoins Jui offrir ses services avec sa troupe, et Michel Attendolo, son général, se mit en devoir de le défendre avec vigueur. René fit la guerre pendant quatre ans à son compétiteur Alphonse avec assez de succès. Mais l'an 1442, Alphonse ayant emporté d’assaut la ville de Naples, René s’embarqua sur deux galères génoises avec sa suite, et se rendit à Florence auprès du Pape Eugène. L'an 1453, il rentre en Italie avec des troupes pour secourir François Sforce, duc de Milan, dans la guerre qu'il avait avec les Vénitiens. L'an 1465, les Catalans après la mort de Don Pèdre de Portugal, choisissent pour leur souverain René qui, par sa mère, avait des droits incontestables sur la couronne d'Aragon. L'an 1480, René meurt le 10 juillet à Aix en Provence. Il avait épousé : 1°le 24 octobre 1420 , Isabelle, fille aînée et héritière de Charles 1°", duc de Lorraine, morte le 28 février. 4452 ; 2° le 10 septembre 145%, Jeanne de Laval, fille de Gui XHIE, comte de Laval, morte sans enfants l’an 1498. Du premier lit il eut Jean qui suit; Louis, et trois autres fils morts jeunes; Yolande, mariée, en 1khkk4, à Ferri IH de Lorraine, comte de Vaudemont, à qui elle porta les droits de sa maison sur la couronne de Naples (de là les prétentions de la maison de Lorraine à ce royaume); Marguerite, ferme de Henri VI, roi d'Angleterre, et deux autres filles. René eut les vertus et les qualités d’un grand roi, etil ne lui manqua que du bonheur pour être mis au nombre des héros. A la valeur il joignait l'amour des sciences et des arts. 11 était profond dans les mathématiques, savant théologien et fort versé dans l’Ecriture sainte. Il faisait ses délices de la poésie Provençale, et ramassa dans sa bibliothèque tous les ouvrages des anciens tronbadours. Il passait une partie de son temps à peindre en miniature et sur le verre, et l'on voit encore à Dijon, à Aix, à Avignon, des peintures de sa façon. Les curieux conservent des heures qu’il orna de très-belles minialures. Le jardinage fit aussi partie de ses amusements. C’est lui, dit-on, qui fit apporter en France les œillets de Provence, les roses de Provins et les raisins muscats.