‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 2)Chapitre 130 sur 479 · INV · texte numérisé non relu

INV

H. Gosselin, dans le savant ouvrage déjà cité, que de la liberté essentielle à l'Eglise dans son gouvernement , et particulièrement dans le choix de ses ministres ; il s'agissait de la religion tout entière , dont le sort dépend principalement de ce chuix; «Toù il suit .que les papes, en sauvant les droits de l'Eglise, dans la querelle des investitures , ont sauvé la religion elle-même, comme ils l'eussent infailliblement perdue, en fléchissant sur un point si essentiel.

« Certes, dit à ce sujet le comte de Maistre,

• ce n'était pas une vaine querelle que celle c des investitures. Le pouvoir temporel me-

■ naçait ouvertement d'éteindre la suprématie ecclésiastique. L'esprit féodal qui dot minait alors, allait faire de l'Eglise, en Al-

■ lemagne et en Italie, un grand firf relevant tde l'empereur... Ce prince rendait public quemenl les bénéfices ecclésiastiques. Les «prêtres portaient les armes; un concubi- « nage scandaleux souillait l'ordre sacerdo- « tal; H ne fallait plus qu'une mauvaise « télé pour anéantir le sacerdoce, en propo- « sant le mariage des prêtres comme un re- « mède à de plus grands maux. Le saint- « siège seul put s'opposer au torrent, et met- « tre au moins l'Eglise en état d'atteindre, t sans une subversion totale, la réforme qui c derait s'opérer dans les siècles suivants... t Les papes ne disputaient point aux empe*

• reurs V investiture par le sceptre, mais seulement ï investiture par la crosse et l'an* Beau. Ce n'était rien , dira-t-on. Au contraire, c'était (out. Et comment se seraiton si fort échauffé de part el d'autre, si la question n'avait pas été importante? Les papes ne disputaient pas même sur l'élection, comme Maimbourg le prouve par l'exemple de Suger ( Hist. de la Décad. de rEmp. ). Ils consentaient de plus à Vinvmtiture par le sceptre ; c'est-à-dire , qu'ils ne s'opposaient point à ce que les prélats, considérés comme vassaux, reçussent de leur seigneur suzerain , par l'investiture féodale, ce mire et mixte empire ( tnerum et mixtum imperium ) , pour

Krler le langage féodal, véritable essence Gef,qui suppose, de la part du seigneur féodal, une participation à la souveraineté, payée envers le seigneur suzerain qui en est la source, par la dépendance politique et la loi militaire. Mais ils ne voulaient point d'investiture par la crosse et par l'anneau, de peur que le souverain temporel, en se servant de ces deux signes religieux, pour la cérémonie de l'investiture, n'eut l'air de conférer lui-même le litre et la juridiction spirituels, en changeant ainsi le bénéfice en fief; et sur ce point, l'empereur se vit, à la fin, obligé de céder. En un mot, c'en était fait de l'Eglise, humainement parlant ; elle n'avait plus de forme, plus de police , cl bientôt

ilus de nom, sans l'intervention extraordinaire des papes qui se substituèrent à des autorités égarées ou corrompues, et

Souvernèrent d'une manière plus imméiate pour rétablir l'ordre. » ( De Maistre,

Page 1