‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 2)Chapitre 181 sur 479 · LAÏQUE · texte numérisé non relu

LAÏQUE

Il faut remarquer que par le mot 4a moine, le concile de Vienne comprend, sa»

vaut la façon de parler de ce temps-là, Uns les religieux en général; nous ne l'entendons ici que dans la signification des religieux bénédictins.

Dès le temps de la fondation de Cluny et A Clteaux,les moines prêchaient souvent, et ik faisaient toutes les fonctions ecclésiastique! s il n'en faut pas d'autres preuves quel'exeih ple de saint Bernard ; mais alors , coma* anciennement, ils étaient ou devaient élu toujours dans la dépendance des évéqseï (Mémoires du cler gc\ tom. VJ, pag. 991 4 suiv., pag.1637.— Thomassiu, part. 1, /ir.l, chap. 47).

Nous disons que les moines devaient étn alors, comme anciennement, sous la dépesdance de l'évéque, parce que depuis larésr niou des monastères en corps de congrégation, sous l'autorité de l'abbé de Clunj,* vit s'introduire l'usage de ces privilèges, par le moyen desquels les moines se sont prêtesdus exempts, non-seulement de la juridiction de l'ordinaire, dans leur gouvernement monastique, mais aussi dans l'administration des cures, que l'ignorance du clergé et d'autres circonstances leur avaient fait cosfier. Mais actuellement, il n'y a plus de €0 sortes d'exemptions (Voyez exemption).

Vers le quatorzième siècle , tous les sué nés, même ceux de Cfleaux , tombèrent* nouveau dans un grand relâchement. Ltf abbés vivaient en grands seigneurs coma* les autres prélats, et leur exemple fut bieatôl imité par les officiers des monastères;* là sont venus les offices claustraux ou bé»

néfiecs réguliers. Ces désordres que Isa voyait principalement dans les monastère* exempts, qui n'étaient d'aucun ordre parti* culicr , firent réclamer l'exécution du règlement du concile de Latran, louchant ta réformes, et il se forma, en conséquence»

quelques congrégations en divers pays. Vais

5tt

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çyrotiagues ou moines errants, parce qu'ils couraient de pays en pays , passant par les monastères, sans s'arrêter en aucun* comme s'ils n'eussent trouvé nulle pirt, dit Fleury, une vie assez parfaite. On joignait quelquefois, dans les mêmes monastères, des anachorètes et des cénobites. Le bienheureux Gérasime avait fait bâtir un monastère, où il élevait ceux qui voulaient embrasser l'état monastique; proche du monastère, il y avait des laures ou des cellules, dans lesquelles se retiraient ceux oui s'étaient perfectionnés dans les monastères; mais l'abbé conservait toujours sur ces solitaires l'autorité qu'il avait sur eux avant leur retraite.

Autrefois, dans le temps où l'on distinguait tous ces différents solitaires dont nous venons de parler, il ne fallait d'autre disposition, pour être moine, que la bonne volonté et un désir sincère de faire pénitence. On recevait dans les monastères des gens de toutes les conditions et de tous les âges, même de jeunes enfants que les parents offraient pour les faire élever dans la piété; les esclaves y étaient reçus comme les libres, pourvu que leurs maîtres y consentissent; les ignorants comme les savants, et plusieurs ne savaient pas lire. On ne regardait ni aux talents de l'esprit, ni à la vigueur du corps, chacun faisait pénitence à proportion de ses forces (Thomassin, part. I, en. fc6 et 49). La forme de gouvernemeul qu'introduisirent dans la suite et les règles et les vœux de religion, exclut des monastères ceux qui n'avaient pas les qualités requises pour y être admis. [Voyez profession.)

Voyez, pour ce qui regarde l'état et le gouvernement des moines, le mot religieux, et ci-dessous Mo&ASTàRE.

§ 3. Ulililé sociale des institutions monastiques.

Après avoir expliqué l'origine et la nature des institutions monastiques , nous ne croyons pas sortir de notre sujet en parlant des services rendus par les moines. Saint Antoine avait commencé par cultiver un petit coin de terre ; saint Basile donna l'exemple de grands défrichements, et saint Grégoire de Nazianze, son ami, nous raconte comment il s'animait dans les travaux rustiques, en s'attelant avec lui à un traîneau. A la Gn du quatrième siècle, les moines avaient déjà défriché des parties considérables des déserts. Ne sonl-cc pas les moitiés qui ont défriché une grande partie des landcsdcnolrc France? Ne voyonsnous, pas encore nos trappistes à l'œuvre dons' l'Algérie et ailleurs? Voilà un premier service rendu à la société générale; en voici un autre : Dans les intervalles de ses prières et de ses méditations, saint Antoine s'était livré à l'étude de l'Ecriture; dans la suite, les moine/, outre la lecture des saints livres, s'occupèrent à méditer , à copier et à répandre les monuments de l'histoire et de la tradition; les monastères devinrent de savantes écoles de théologie, d'où sortaient de grands évéques et d'illustres docteurs ; il en sortait de terribles champions pour com-

battre les hérésies naissantes; on i

agité dans l'Eglise une Question imp

qu'ils ne prissent part à la discussi

troisième service était l'éducation qu*

naient à la jeunesse. Le grand Chryn

homme sans doute bien compétent <

matières, soit d'instruction, soitd'éd

proprement dite, établit un parallèl

l'éducation des écoles des moines, et I

lion, soit de la famille, soit des écoli

naires, et il ne craint pas, sous tous

ports , d'accorder la préférence aux

lions monastiques. Il montre aille

maîtres négligents ; ici, des maîtres H

sidus et consciencieux; ailleurs, la

lion ravageant la jeunesse; ici, de

hommes, soutenus dans le bien, si

avec sollicitude et conservés dans

cenec; d'un côté, des parents détoai

soins qu'ils doivent à leurs enfants

par leurs affaires , tantôt par leur il

indifférence; de l'autre, une a p plia

tous les instants dans la culture de

et du cœur. Sous ce rapport, les moi

de femmes remplissaient aussi dî|

leur difficile et noble tâche. Noos

nons de saint Jérôme que plusieurs

des pensionnats nombreux, dans

les jeunes personnes recevaient 1'

lion qui convenait à leur sexe et

naissance , en même temps qu'on

leur caractère et qu'on les exerçj

piété ( Thomassin, part. I, liv. III ,

Quant aux ordres religieux d temps, ne faut-il pas reconnaître qi sortent presque toutes les œuvres de corde, toutes les œuvres qui suppos patience héroïque, une charité épreuve. Qui instruit les enfants, qu les infirmes cl les malades? Sur qui réparation des vices, des injustice malheurs de la société ? Et, pour ri belle expression de M. de Chateaubri a posé partout des vedettes pour épi tes les douleurs et pour leur porter ou soulagement? ce sont partout les galions religieuses.

L'ordre des bénédictins, en partie rendu d'immenses services à la soci moines de cet ordre étaient en mena des savants et des agriculteurs ; i laient la pioche pour prendre la pli défrichaient les landes , desséchai marais, fertilisaient les terres et tn encore du temps pour étudier, pou et pour enseigner. Quand on parle d' vre scientifique qui demande du ta courage et de la patience on a coul dire, c'est un œuvre de bénédictin, dit beaucoup. Les moines bénédictins * serve les monuments de la tradition pôt de la littérature ancienne ; ils i transmis les trésors de l'antiquité q fois pour une, auraient péri sans e un temps de guerre et de barbarie.

Le savant et consciencieux Hurler que que l'ordre de saint Benoit a l'Eglise, quarante papes, deux cent uaux, cinquante patriarches, seize <

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Bordeaux en 1584, et enfla les plus nouvelles constitutions des papes Alexandre VI, Clément VIII, Grégoire XV et Urbain Vllh On cite encore les novelles de Juslinien 67, cap. 2; 131, cap. 7.

Le canon 17 du concile cité de Bordeaux s'exprime ainsi touchant ce consentement :

Monasterium autem , ecclesiœ, conventus aut collcgia œdificari non possunt 9 née ulla congregatio sœcularis aut regularis in quibuscumque diacesis locis instituatur et forme tur sine licentia et expresso consensu epiteopi.

Le canon 12, 18, qu. 2, dit : Monasterium novum 9 nisi episcopo permittente aut probante nullus incipere aut fundare prœsumat. Sur quoi la glose dit : Si ergo totum monasterium sit destructum , requiritur consensus episcopi in constructione, sed in reparatione non requiritur.

Après le consentement de l'évéque on doit requérir celui de tous les intéressés au nouvel établissement. Ces intéressés sont, suivant le droit canon, les cures et les titulaires des autres églises : Nulla ecclesia in prœjudicium allerius est construenda [cap. Intelleximus de nov. oper. ment.). Clément VIII, en la bulle Quoniam ad institutam n'a permis aux religieux de s'établir en un lieu , nisi vocatis et auditis aliorum in eisdem civitatibus et locis existentium conventuum priori bus seu procuratoribus, et aliis interesse habentibus. Il veut qu'il soil vérifié si les nouveaux couvents qu'on veut établir peuvent se soutenir sans faire tort à d'autres : Sine aliorum delrimento sustentari.

Grégoire XV, en sa bulle Cum alias 31, étend cet intérêt et ce consentement jusqu'aux religieux qui demeurent aux environs : Sed etiam in aliis per quatuor millia passuum ctrcumvicinis locis, ad id vocati et auditi fuerint ac tali erectioni consenserint. Il veut de plus qu'il v ait de quoi nourrir douze religieux dans le nouvel établissement. Enfin Urbain VIII veut encore, par sa bulle de 1624, que l'établissement soit nul et comme tel révoqué et cassé : Si quicumque interesse habentes seu habere prœtendentes, ad hoc vocati et auditi non fuerint seu consenserint.

§ 2. monastères de femmes.

Nous ne pouvons nous dispenser de parler d'une manière toute particulière des monastères de femmes.

Il y a dans la nature de la femme quelque chose de plus intime que dans celle de l'homme, il y a une profondeurde sentiments, il y a des mystères de sensibilité d'où sortant des prodiges de courage, de dévouement , de sacrifices dont la source inépuisable reste inconnue ; son cœur est plus tendre ,et plus aimant que celui de l'homme, sa piété est plus affectueuse, ses contemplations plus vives, ses résolutions plus soudaines, ses vertus plus ineffables et plus célestes, elle est naturellement plus voisine de la perfection monastique, et elle en supporte plus facilement les rigueurs, surtout les rigueurs morales. La vie érémitique offre trop

de dangers pour les femmes, aussi ks pies que nous en- donne l'histoire ec tique sont-ils rares et vraiment exe nels ; la vie religieuse commença pei avec les monastères ; mais dès que les tères parurent, elles ne se firent pas §A les monastères d'hommes et les monms femmes sont de la même époque. Ne prenons de saint Alhanase que la si saint Antoine, déjà avancée en âge, ?û ver son frère, dans la solitude, pour e ser le même genre de vie que lui. KO déjà réuni plusieurs vierges qui t sous sa conduite, saint Antoine fol de joie en apprenant qu'elle avait M sa virginité et qu'elle protégeait celle sieurs compagnes. Saint Pacôme, iori et selon quelques-uns disciple de sait toine, construisit au delà du Nil, pou pour sa propre sœur, un monastère pi gné du sien. Là se réunirent de sainl* mes qui pratiquèrent les mêmes vcrti livrèrent aux mêmes austérités, cherd tout l'accomplissement des conseils è liques dans un haut degré de péri Quatre cents vierges furent bientôt i dans ce monastère^ et suivant le mod celui-ci, plusieurs autres se formerai dément ( Thomassin, part. 1, lit. III, — Fleury, Hist.tom. V, pag. 26 )•

L'établissement des monastères del reçut une grande impulsion de l'ei que donnèrent deux femmes d'une Rii illustre, sainte Euphrasie et sainte Ml Euphrasie était mariée au sénateur Aal gouverneur de la Lycie ; tous deux as naient à la famille impériale et jow d'une grande considération, d'abord pi richesses , par leur naissance et pa haute position, mais autant ensuite pi mérite personnel, par leur piété, pli immenses largesses envers les mallM et par leur zèle à encourager loal œuvres de charité en s'y associant. Aal enlevé par une mort prématurée, laJa fille nommée Euphrasie comme sa Celle-ci fatiguée des obsessions doel poursuivait, pour la faire consentir second mariage qui lui répugnait, qui à coup son pays et se relira en Egypll tôt dans la haute Thébaïde, où elle m terre. Là, elle s'adonna à la vie asd et se mit en rapport avec les saintes I d'un monastère voisin, où se pratiquai plus grandes austérités. « On n'y M point de viande, on ne buvait point* on s'interdisait même l'usage des M n'y voyait d'autres lits que des cilien dus sur la terre ; plusieurs passâtes ou trois jours sans manger : la clAtur complète, et nulle ne sortait du mous ( Fleury, lom. V, pag. 26 ). Frappée i pauvreté, Euphrasie leur offrit des se elles l'en remercièrent, en répondaul ne leur manquait rien. Elle y couda jour sa jeune fille: celle-ci, comme e* par une divine inspiration , résoM consacrer à Dieu, et obtint le coasefl de sa mère. Son biographe parle i*wm

tout ce qui regarde l'observation de la communauté de vie dans la nourriture et dans le vêtement ; et que les supérieurs appliquent toul leur soin el toute leur diligence, soil dans les chapitres généraux et provinciaux, soit dans leurs visites, auxquelles ils ne manqueront pas de satisfaire, à tenir la main qu'on ne s'écarte point de l'observation de ces choses, étant très-certain qu'il n'est pas en leur pouvoir de rien relâcher de ce qui est de l'essence de la vie régulière; car, si l'on ne maintient pas exactement les choses

3ui sont comme les bases et les fondements e toute la discipline régulière, il faut de nécessité une tout l'édifice tombe par terre. » (Session XXV, chap. I, de Regul.)

On doit mettre dans un monastère un nombre suffisant de religieux, pour s'acquitter décemment du service divin, et remplir l'intention dos fondateurs, pourvu qu'il y ait aussi suffisamment de revenus ; car il est défendu par les conciles de mettre dans un monastère plus de religieux que les revenus ou les aumônes ordinaires ne le comportent.

Le huitième canon du sixième concile d'Arles en 813, s'exprime ainsi sur ce sujet : Ut non amplius suseipiantur in monasterio canonicorum atque monaehornm, seu eliam puellarum, nisi quantum ratio permittit 9 et in codem monasterio absque necessariarum rerum penuria degere possunt.

te règlement confirmé par plusieurs autres conciles, par différents textes du droit (c.

Auetoritate; c. Non amplius) a été renouvelé par le concile de Trente, et de nouveau confirmé par les bulles des papes Pie V et Clément VIII. Voici les termes du concile de Trente.

« Le saint concile accorde permission de posséder à l'avenir des biens en fonds 9 à tous monastères tik toutes maisons, tant d'hommes que de femmes, des mendiants mêmes, et de ceux à qui par leurs constitutions il était défendu d'en avoir, ou qui jusqu'ici n'en avaient pas eu permission par privilège apostolique, excepté les maisons des religieux de saint François, capucins, et de ceux qu'on appelle mineurs de l'observance. Que si quelques-uns des lieux susdits, auxquels par autorité apostolique il avait été permis de posséder de semblables biens, en ont été dépouillés, le saint concile ordonne qu'ils leur soient tous rendus et restitués.

« Dans tous les susdits monastères et maisons, tant d'hommes que de femmes, soit qu'ils possèdent des biens en fonds ou qu'ils n'en possèdent point, on n'établira et on ne gardera à l'avenir que le nombre de personnes qui pourrontétrecommodémentenlretenues ou des revenus propres des monastères ou des aumônes ordinaires et accoutumées.

Et ne pourront de semblables lieux être ciaprès de nouveau établis, sans en avoir auparavant obtenu la permission de l'évéque dans le diocèse duquel on voudra faire la fondation. » (Session XXV, eh. 8, de Regul.)

On peut consulter sur la réforme des monastère* la bulle d'Iunocent X, du 17 décembre 164a

S *. Gouvernement spirituel si

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