‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 2)Chapitre 204 sur 479 · PALLIUM · texte numérisé non relu

PALLIUM

Le pallium est un ornement ecclésiastique particulier à certains prélats. Ce n'est autre chose qu'une bande de laine blanche garnie de plusieurs croix de laine noire, qui fait un iour sur 1rs épaules du prélat, à laquelle il y a deux bouts pendants, l'un sur la poitrine et l'autre entre les deux épaules, et ces deux bouts sont garnis de plomb pour leur donner de la consistance.

{ 1 . Origine du pallium.

Quelques auteurs, comme de Marca,£aluze, etc., prétendent que le pallium tire son origine des empereurs romains, qui, quand Ils eurent embrassé le christianisme « com-

muniquèrent aux principaux évéq»

sage de cet ornement, dont ce«x<i ensuite part à ceux qui leur étaient ai Le cardinal Barônius rejette cette • comme peu honorable à l'Eglisn ni prétendant qu'il est absurde de Caire a ter l'origine d'un habillement sacré al siastique à un prince séculier (Jtor«t Y Annal., pag. 631).

Le fondement principal sur lequel 4a appuie son sentiment sur l'origine 4 lium, esi qu'il parait par plusieurs letlf papes, qu'ils n'accordaient cette maiq distinction qu'avec la permission èê pereurs. Nous avons un exemple tim Me de cette déférence des pontifes ta envers les empereurs sur ce point 4

1 n'écrit le pape Vigile, qui, répo* uxanius, archevêque d'Arles, qui tari demandé le pallium, lui dit qu'il ne f lui faire cette grâce, qu'il n'eût appris ravant si l'empereur le trouverait In même pape prit aussi celte précaution il fut question d'envoyer le pallium ï rélien, successeur d'Auxanius, et le saint Grégoire en usa de la même m pour accorder celte grâce â Syagrius, é d'Autun, comme on le voit dans sa 11 Jean Diacre, son apocrisiaire à Constat pie, qu'il charge d'en demander la pem a Maurice qui régnait alors (Labbe, f Concil., c. 319).

Sur quoi Thomaasin observe que la était sujet de l'empereur de Constante qu'il ne voulait pas faire des grâces etf dinaires, et s'unir par de nouveaux N des Etats étrangers, sans l'avertir; 4 pendant, quelque bienséance ou quelqi cessité qu il y eût d'avoir le consenti de l'empereur et du roi, c'était de lai apostolique que le pape accordait Je lium : Beaii Pétri sancta auctoritatt a dimus. Saint Grégoire envoya aussi le lium à Vigile, évéque d'Arles, mais consulter l'empereur , comme l'avoi Marca lui-même, ce qui prouve que du circonstances ordinaires les papes n'ai

fias recours au prince pour accorder h fom.

Ce qui semble le plus approcher de I rite sur ce sujet, dit Chardon, dans soa toire des sacrements (Cours complet de logie, édit. Migne, tom. XX, col. Ml que le pallium a une origine communs les autres ornements sacerdotaux dont:

vêtaient les ministres de l'Eglise Ion exerçaient les fonctions de leurs ordres tout dans la célébration do saint sno Car comme les ministres de divers ori de différents rangs étaient distingués h des autres par quelques marques on I lements affectés à Tordre et au rang < occupaient, il est raisonnable de crob les évêques des principales Balises plusieurs de leurs confrères étaient et qui recevaient d'eux la consécri avaient aussi des marques

lesquelles on les reconnaissait, et marque était le pallium que ces

DICTIONNAIRE DE DROIT CANON

les fétcs de tout les saints apôtres, la dédicace des églises, les principales fêtes de son église propre, l'ordination, la consécration des évéques, les prises solennelles d'habit , l'anniversaire de la dédicace de son église et celui de sa propre ordination.

Les évéques, comme ceux d'Anton et du Puy, qui ont le privilège du pallium, doivent observer les mêmes règles pour l'usage de cet ornement que les archevêques, à qui il est accordé de droit commun.

Le pallium est tellement personnel qu'un archevêque ne peut se servir de celui d'un autre archevêque, ni de celui de son prédécesseur, il doit être enterré avec le prélat décédé. Avant de le recevoir, le nouvel archevêque doit prêter le serment d'une obéissance canonique au saint-siégo; ce serment est entièrement le même que celui qui se fait lors du sacre des évéques : Ad hoc, quia quœsitum est a nobis ex parte tua, ulrumli^ eeat tibi pallium luum metropolitano alii com-

modare inquisilioni tuœ taliter respon-

demus % quod non videtnr esse conteniens, ut pallium tuum nlicui commodes : cum pallium personam non (ranseat , sed quisque cum eo aebeat (sicut tua novit discretio) sepeliri (Célestin III, cap. Ad hoc, eod. tit.]. Cum igitur a sede apostolica teslrœ insignta dignitatis (pallium) exigitis quœ a beali Pétri tanlum corpore assumuntur,justum est ut vo$ quoque seii apostolicœ subjectionis debitœ signa tolvatis, quœ vos cum beato Pelro tanquam membra de membro habere et catholici capitis unilalem servare déclarant (Pascal H , cap. Significasti de elect). Non-seulement le pallium est personnel, mais il est encore propre à une église en particulier, de sorte qu'un prélat qui serait transféré d'un archevêché a un autre, ne pourrait point se servir, dans le diocèse de la translation, du pallium qu'il aurait obtenu pour son premier diocèse.

Autrefois les archevêques étaient obligés d'aller eux-mêmes à Rome recevoir le pal* Hum. Le père Thomassin remarque que cet us;ige a été aboli par les dispenses fréquentes et par l'impossibilité de le suivre {Partie IV, liv. ï,chap.S8). Il suffit aujourd'hui d'envoyer à Rome une procuration, sur laquelle le procureur fait demander le pallium au pape en plein consistoire par le ministère d'un avocat consistoriai, et le pape commet un cardinal-diacre pour le donner. Le cardinal, accompagné de son chapelain, du maître ou du eleredes cérémonies et de celui des sousdiacres apostoliques qui est en tour pour la garde éet>palliums, étant dansl'église de Saint- Pierre ou dans sa chapelle, après que le procureur, à genoux, lui a demandé le pallium, instanter, instantius, instanlissime, le lui met en main ; le procureur en demande acle et la bulle s'expédie.

Celte bulle contient une délégation à un prélat pour donner le pallium a l'archevêque, et pour recevoir le serinent qu'on a coutume d'exiger en pareil cas, la forme sous laquelle on doit le donner, et l'acte non-seulement de la concession , mais en-

core de la tradition du pallium et la d% galion qu'il fait d'un cardinal-diacre pour h donner, s'appelle concession. On appàle tradition l'acte du cardinal député qui le êéivre avec les cérémonies, il doit être feft mention de l'on et de l'autre dan les buta, On peut voir dans une dissertation du fks% Brallion sur le pallium, comment se bit k choix des agneaux dont la laine doit sertit.

à faire cet ornement , par quelles persoaa* cette laine est filée, de quelle manière m pape bénit le pallium, et comment on le tki de dessus les autels dédiés A saint Pierre é. à saint Paul. Nous dirons seulement tous les ans, le jour de la fête de Agnès, le 21 janvier, on présente à lof i deux agneaux blancs qui sont bénits, leur bénédiction, ces agneaux sont deux sous-diacres apostoliques qui les nent à garder dans quelque commuant religieuse jusqu'au moment où on leur cr.

lève la toison. Les palliums tissus de ertto laine sont déposés sur le tombeau des satt apôtres Pierre et Paul, depuis la veille ^ leur fête jusqu'au lendemain ; le pape les voie ensuite aux prélats qui doivent en décorés. Isidore de Péluse, qui vivait au < mencementdu cinquième siècle, et cette AMI est à remarquer, s exprime ainsi en parlai du pallium : c Parce qu'il est tissu de laiaed non pas de lin , il désigne la peau de ce* brebis que Notre-Seigneur a cherchée et fil a portée sur ses épaules , après l'avoir A»

trouvée. » Reprœsentari summi et optimfss* toris Jesu Christi eximiam charitatem , f* humeris suis impositam ovcm,quœ aberrsment, reducit ad caulam (Lib. I, épis t. 198, smm Cabas sut. Synops. concil. tom. I , pag. 3ff f idit. de 1838).

PANORMIE

On appelle ainsi une des deux collection des canons , qu'on attribue à Yves de dartres (Voyez droit canon).

Page 1