‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 2)Chapitre 240 sur 479 · PRISON · texte numérisé non relu

PRISON

C'était anciennement l'usage le plus ordinaire de condamner les clercs coupables de crimes graves, à être renfermés dans des monastères pour y pleurer leurs péchés et faire pénitence (c. 7 , dis t. 50 : c. 6 , g fin. de komicid.) (Voyez dégradation, emprisonnement).

Par le droit des décrétâtes ( ex c. 35 de Sent, excom. 27, de verb. signif.; c. 3, de Pœnit.

in 6*), la prison pour un temps, ou même perpétuelle, est considérée comme une peine ecclésiastique, à laquelle on peut condamner les clercs coupables de crimes graves.

Le concile de Toulouse, en 1590, recommande aux évéques de ne proposer à la garde des prisons épisco pales que des gens qu'ils connaîtront être ad omne munus paraiissimos, vigilantissimosque , et vera pielate charitaleque commendabiles , et qui reorum commoditati et curiœ stcuritati consulant. Le même concile leur ordonne de visiter trèssouvent par eux-mêmes, ou par d'autres, non-seulement leurs propres prisons , mais encore celles des cours séculières. Il ajoute : Careeratorum religioni et vitœ alimentis sedulo consulant , sacramentaque illis opportunis temporibus administrai curent ( Mém.

du clergé, loin. VII , col. 1323 ).

La prison ne porte aucune note d'infamie, suivant le droit civil et canonique, p-irce qu'elle n'est établie que pour l'assurance, et non pour la condamnation des accusés :

Carrer enim ad conlinendos hommes , non ad puniendos fiaberi solet (/. 8, § 9, de Pœnis).

L'Eglise, comme on le voit, avait autrefois tes prisons de même que l'Etat a les siennes, moins pour punir les clercs coupables que |»<»ur leur donner le moyen de taire pénileace. Tel élait le but de ces prisons si cou-

nues dans les anciennes constitutions ecclésiastiques, sous le titre de decania 9 et que plusieurs auteurs ont confondues mal à propos atec le diaconium, qui n'était autre que ce que nous appelons maintenant la sacristie.

Le concile de Verneuil de l'an 8M, ordonne

Sue les moines apostats que l'on reprendrait e force, seraient enfermés dans dos prisons.

Dans la suite, on inventa une espèce do prison affreuse où l'on ue voyait point le jour; et comme ceux que l'on y renfermait devaient ordinairement y unir leurs jours, on l'appela pour ce sujet vade in pace. Pierro le Vénérable nous fait entendre que Matthieu, prieur de S<ijnt-Martin-dcs-Champs, à Paris, estlepremicrqui ail inventé cette sorte de prison, où il condamna pour le reste de ses jours un misérable qui lui paraissait incorrigible L'Eglise a toujours regardé la visite dos

Îrisons comme une œuvre de miséricorde e cinquième concile d'Orléans, canon 20, s'exprime ainsi à cet égard : « Ceux qui seront en prison pour crime , seront visités tons les dimanches par l'archidiacre ou le prévôt de l'église pour connaître leurs besoins, et leur fournir la nourriture et les choses nécessaires aux dépens de l'église. »

Les aumôniers des prisons sont nommés par l'autorité administrative; ils ne sont mis en fonctions qu'autant que l'évéque diocésain leur a conféré les pouvoirs nécessaires. Leur traitement est payé sur les fonds affectés au service des établissements.

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