‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 2)Chapitre 314 sur 479 · SORCIER, SORCELLERIE, SORT, SORTILÈGE · texte numérisé non relu

SORCIER, SORCELLERIE, SORT, SORTILÈGE

On appelle sorcier, celui qui s'efforce de faire quelque chose par la puissance du démon et par des moyens diaboliques, en se servant d'enchantements, de maléfices, de sortilèges.

Nous entendons ici par tous ces différents mots, Tari de la magie, dont l'exercice est réprouvé par les canons. Lancelot , en son Institute du droit canon, liv. IV, tit. 5, définit ainsi les sorciers , d'après les canons Sortilegi 26, qu. 1 ; c. Aliquanti ead. quœst. 5 : Sunt autem sortilegi qui prœtextu religionis , perquasdam sortesdivinntionis scientiumprofitentur aulquarumeumque script urarum inspection* factafulwapromitlunt. Les laïques, ajoute cet auteur, qui pratiquent ces sortes de divinations et de sortilèges^ doivent être frappés d'un anathème perpétuel, et les clercs dégradés, conformément à ces différents textes du droit : c. illud sanein fin. 26, qu. 2 ; c. Aliquanti 26 , qu. 5 ; c. Si guis ariolos;c. Admoneanl 25, qu. 7.

Le fameux canon Si per sortiarias caus. 33, qu. I, cap. k f permet la dissolution du mariage, qui ne peut se consommer après beaucoup de prières, à cause du maléfice

blCTtÔNNAftlÊ DE DROIT CANON.

IJH

appelé nouement d'aiguillettes. Les derniers conciles provinciaux de Tours en 1583, do Narbonne en 1609 y frappent d'analhême ceux qui pratiquent celle sorle de maléfice [Mém. du clergé, lom. V, page 670, 682). Ce qui fait penser que dans tous les temps l'E-

Î'iise a reconnu que Dieu peul permettre que c démon exerce sur la terre par lui-même, ou par le ministère des méchants, une puissance dont les effets ne servent qu'à mieux Taire éclater celle de Jésus-Christ, ou à remplir des desseins impénétrables aux hommes.

La glose dudit canon Si per sortiarias, remarque expressément que l'impuissance de maléfice n'a rien de commun avec celle dont parlent lesdécrétalesau titre de Frigidis.Mau voyez à ce sujet le mot impuissance.

On ne saurait douter qu'il n'y ait eu en effet des sorciers qui ont fait un pacte avec le démon, pour opérer par son moyen des choses extraordinaires qu'ils n'auraient pu faire sans cela. L'Ecriture, les Pères, les conciles, les rituels, le consentement des différentes nations qui ont fait des lois contre les sorciers, les différents arrêts qui les ont condamnés . et les témoignages d'un grand nombre de personnes dignes de foi ; tout cela est une preuve convaincante de la possibilité et de la réalité des sorciers.

Denisart en sa Collection de jurisprudence, rapporte un arrêt du parlement de Paris, du 9 mai 1597. par lequel un nommé Jean Delon, prêtre curé de saint Picrrc-de-Lampes , diocèse de Bourges, fut condamné pour crime de sorcellerie à être pendu et étranglé, et ensuite brûlé.

Page 1