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double concile, la première session de celui de Ferrare s'ouvrit le 10 janvier 1438. Il s'y trouya cinq archevêques, dix abbés et quelques généraux d'ordres. Les Grecs, dont la réunion faisait une cause importante de ce nouveau concile, furent exacts à s'y rendre ; mais les ambassadeurs de l'empe- * reur et des rois étant restés à Bâle par ordre de leurs maîtres, aucun prélat français ne passa de Bâlc à Ferrare. On y continua au contraire lt>s sessions du concile, comme s'il ne s'en fût point tenu ailleurs.
Eugène, de son côté, après avoir fait déclarer dans la première session du concile de Ferrare, qu'ayant transféré celui de Bâle en ladite ville de Ferrare, la translation était canonique et le concile général de Ferrare légitimement assemblé. On fit ensuite, dans les sessions suivantes, d'autres décrets contre le concile de Bâle et ceux qui le composaient; mais on y traita principalement de l'union des Grecs , dont les difficultés étaient : 1° la procession du Saint-Esprit; 2° l'addition filioque faite au symbole ; 3° le purgatoire et l'étal des âmes avant le jugement; h° l'usago des azymes dans les saints mystères; 5° l'autorité du saint-siége et la primauté du pape ( Voyez schisme).
Ces différents articles de contestations ne furent terminés que dans le concile de Florence, où le pape trouva à propos de transférer encore le concile en 1439. Là, après bien des discussions, se ût le décret d'union avec les Grecs. On le signa de part et d'autre avec assez de sincérité de la part du plus grand nombre des Grecs, ce qui méritera toujours des éloges au pape Eugène , dont le zèle, à cet égard, ne se ralentit jamais. Mais ces Grecs étant partis en ttoO , ils trouvèrent à Constantinople les esprits fort mal disposés ; la plupart avaient naturellement tant d'aversion pour l'union avec les Latins , qu'il fut facile à Marc d'Ephèse , le seul opposant à l'union dans le concile de Florence , de renouveler le schisme et d'en fomenter même un nouveau entre les Grecs qui avaient signé le décret d'union. Cependant le concile de Bâle continuait ses sessions, et le pape Eugène en ût autant dans le concile de Florence après le départ des Grecs. 11 y fil des décrets contre les Pères de Bâle et contre le pape qu'ils avaient élu; il fut question aussi de la réunion des différentes sectes grecques. Enfin le concile de Florence fut transféré, le 26 avril 1M2, à Rome, où il finit après deux séances ou sessions.
Quelques canonistes et quelques théologiens , comme nous le disons ci-dessus , ont cru qut ce concile n'avait jamais été véritablement et proprement œcuménique. Tel fut autrefois le sentiment du cardinal de Lorraine, qui s'en expliqua d'une manière assez vive , au temps même du concile de Trente.
« Mais, reprend sur cela le P. Alexandre, l'opinion de ce grand prélat n'oblige pas les théologiens français de retrancher le concile de Florence de la liste des conciles généraux ; car jamais l'église gallicane tic s'est récriée contre ce concile, jamais elle n'a mis oppo-
sition à l'union des Grecs ni à la définition de foi publiée à Florence ; au contraire, elle a toujours fait profession de la respecter. Â la vérité , les évéques de la domination du roi n'eurent pas permission d'aller à Ferrare et à Florence, mais ils y furent présents d'esprit et de volonté ; ils entrèrent dans les intérêts de cette union tant désirée entre les deux Eglises....; sans compter que plusieurs prélats de l'Eglise gallicane, mais établis dans les provinces qui n'étaient pas encore réunies â la couronne, assistèrent en personne à ce concile. Ainsi les actes font mention des évéques de Térouanne , de Nevers, de Digne, de Bayeux , d'Angers, etc. »
Le même auteur prouve ensuite très au long que l'assemblée de Florence fut générale par la convocation, la célébration, la représentation de l'Eglise universelle; en un mot, dit-il, Î)ar Vautorité : et il répond ensuite à toutes es objections.
Le P. Berthicr {Histoire de V Eglise gallicane, tom. XVI, liv. XLVJIIj ajoute quç ce sentiment du P. Alexandre est celui de Marca et Bossuet, de la Faculté de théologie de Paris et du clergé de France.
La répugnance d un petit nombre de canonistes et de théologiens français à reconnaître avec l'univers catholique l'œcuménicité du concile de Florence, viendrait-elle de la grande difficulté de concilier sa doctrine sur l'autorité du pontife romain avec les opinions gallicanes ? Sans doute il n'est pas facile d'accorder les trois derniers articles de la déclaration de 1682 et le décret de Florence qui attribue au pontife romain la primauté sur toute la terre et la pleine puissance de gou» verner l'Eglise universelle. Definimus sanctamapostolicam sedem et romanum pontificem in universum orbem tenere primalum ; et ipsum pontificem romanum successorem esse sancti Pétri principis apostolorum et verum Christi vicarxum, totiusque Ecclesim caput et omnium christianorum patrem et doctorem exister e; ipsi in B. Petro pascendi regendi et gubernandi universalem Ecclesiam a Domino nostro Chrislo Jesà plenam potestatem traditam esse, quemadmoaum etiam in gestis œcumenicorum conciliorum et in sacris canonibus continetur (Sess. ult. concil. Florent.).
Mais comment donc ces mêmes canonistes et ces mêmes théologiens qui , pour ce décret, voudraient rayer le concile de Florence du catalogue des conciles œcuméniques, placent-ils au rang des quatre premiers conciles généraux et révèrent-ils comme les quatre Evangiles les conciles de Bâle et de Constance ? Si un décret de Florence est difficile à concilier avec les derniers articles de la déclaration, comment ne voient-ils pas qu'il y a même difficulté à concilier le dernier de ces articles avec certains règlements des conciles de Bile et de Constance ?
En effet, le concile de Constance, non-seulement après l'union des deux obédiences de Grégoire XII et de Jean XXIII, mais lorsque les trois obédiences qui composaient le corps de l'Eglise furent réunies, défendit expressément a qui que ce soit, Fût-il empereur» roi*
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DICTIONNAIRE DE DIIOIT CANON
due, prince, comte, marquis, sous peine d'être privé, par le seul fait de la dignité temporelle, de porter obstacle à l'extinction du scnisme , on de contrevenir à la défense d'obéir à Pierre de Lune. Quicumque , cujuscumaue status aut conditions existât, etiamsi rcgalis, cardinalatus t patriarckalis, archiepiscopalis f episcopalis , ducalus, principatus, comitatus, marchionatus, seu alterius cujuscumque dignitatis , seu statué ecclesiasttci tel sœcufaris existât^ qui serenissimum et ehristianissimum principem dominum Sigismundum Rotnanorum et Hungariœ, etc., regem, vel alios eum eodem ad conveniendum cûm domino regeAragonum , pro pace Ecclesiœ, ad extirpationem prœsentis schismalis, per hoc sacrum concilium ordinatos, ad dictam conventionem euntes vel redeuntes impedivcrit... Sententiam etcommunications, auctoritale hujus sacri concilii generalis, ipso facto incurrat... et ulterius omni honore et dignitate officio, beneficio ccclesiastico vel sœculari, sit ipso facto privatus (Concil. Const. ses s. XVII). 11 est dit la môme chose dans la session XXXVII à l'occasion du schisme de Pierre de Lune. Le concile de Bâte renouvela les mêmes peines contre ceux qui auraient maltraité les légats du saint-siége qui devaient venir au concile, de quelque dignité qu'ils soient, même royale et ducale, etc.
On agite une autre question touchant le concile de Florence. Il s'agit de savoir si celle assemblée représentait véritablement l'Eglise universelle quand les Grecs furent partis, et en particulier quand on publia le décret célèbre pour l'union des Arméniens. Or, il semble, dit le P. Berthier, que le départ des Grecs n'empêchait pas l'œcuménicité du concile , puisque, durant le séjour de Florence, l'empereur Jean Paléologue y avait donné un plein consentement , puisqu'il y avait encore en celle ville deux des plus célèbres prélats de l'Eglise grecque qui pouvaient bien être censés représenter les suffrages des autres évéques d'Orient, puisqu'au concile de Trente le cardinal du Mont , qui en était un des présidents, assura que le concile de Florence avait duré près de trois ans encore après le départ des Grecs comme concile œcuménique. Enfin , le pape Eugène et tous les Pères qui étaient à Florence se donnèrent aux Arméniens comme formant encore l'assemblée de l'Eglise universelle , le décret même en fait foi : apparemment qu'ils prétendirent ne pas tromper les députés de cette nation, et apparemment aussi que leur autorité peut bien l'emporter sur celle de quelques théologiens français fort modernes qui ont voulu douter de ce point (Hist. de f Eglise gallicane, tom. XVI).
y FOI CHRÉTIENNE.
La foi chrétienne est une grâce donnée à l'homme par un effet de la bonté de Dieu, et une lumière surnaturelle qui éclaire notre entendement, par laquelle l'homme croit fermement tout ce que Dieu nous a révélé et proposé à croire par son Eglise, soit que ces ventés de foi se trouvent dans l'Ecriture ou
qu'elles n'y soient pas , c'est-à-dire qu'elles nous viennent par la toie de la tradition, telles, par exemple, que le canon des livres saints, le culte des images , etc.; parce que c'est entre les mains de l'Eglise que Dieu a mis en dépôt toutes les vérités de la foi % et qu'ainsi, nous devons acquiescer à ses décisions. L'objet matériel de la foi 9 qui est une puissance intellectuelle, sont les vérités que Dieu nous a révélées, et que l'Eglise nous propose. L'objet formel est la raison qui nous détermine à croire ces mêmes vérités que Dieu, qui ne peut se tromper ni nous tromper, a bien voulu nous révéler.
Les théologiens distinguent la foi en implicite et explicite, habituelle et actuelle, vive et morte. La foi implicite est la crovance de tous les articles de foi à les considérer tous en général. La foi explicite est la croyance de ces mêmes articles, i les considérer tous en particulier. La foi habituelle est une habitude surnaturelle de l'entendement, qui fait que nous croyons tout ce que Dieu a révélé, et que l'Eglise nous propose comme tel. La foi actuelle, ce sont les actes q ue produit l'habitude de la /bi\ soit intérieurs, soit extérieurs. La foi vive est celle qui est animée de la charité, laquelle donne la vie à l'âme. Enfin, la foi morte est celle qui est sans la charité, sans les bonnes œuvres.
La foi est de nécessité de précepte, chacun doit croire ce que l'Eglise lui enseigne concernant la foi et les bonnes œuvres : Ecclena universalis in his quœ sunt fidei errare non potest [Panorm.in c.Anobis f dcsent. ercom.); nec etiam finaliter statuendo et ordinando décréta contra bonos mores. I Voy?x canon , droit canon. ) Le précepte de la foi est affirma tif, en ce qu'il nous oblige de croire tout ce que Dieu a révélé, ou ce qu'il nous propose de croire par son Eglise ; et il est négatif, c'est-à-dire qu'il nous oblige de rejeter toutes les erreurs que l'Eglise a Condamnées ( Voyez hérétique ).
Voyez an mot profession, § 1, ce qui regarde la profession de foi.