TRÊVE DE DIEU
. H est beaucoup parlé dans l'histoire ecclésiastique de la paix que les évoques voulaient établir, autrefois, pour empêcher les désordres que commettaient les seigneurs dans leurs guerres particulières. Celte paix n'ayant pu être établie en France, dit Flcury (Histoire ecclésiastique, livre L1X, n. 41), on se réduisit à une trêve pour certains jours, c'est-à-dire que, depuis le mercredi au soir jusqu'au lundi malin, personne ne prendrait rien par force, ne tirerait vengeance d'aucune injure, et n'exigerait point de gage d'une caution. Quiconque y contreviendrait, paierait la composition des lois, comme ayant mérité la mort, ou serait excommunié ou banni du pays. On nomma cette convention la trêve de Dieu, et l'on crut qu'il l'avait approuvée, par un grand nombre de punitions exemplaires sur ceux qui lavaient violée. On y consacra les derniers jours de la semaine plutôt que les autres, en vue des mystères qui y furent accomplis, la cène de Noire-Seigneur, sa passion, sa sépulture et sa résurrection. Cet établissement fut confirmé dans divers conciles, et notamment dans le troisième concile de Latran, d'où ont été tirés les deux chapitres du litre IX des décrétâtes de Treugà et pace, extravag. comm.
L'époque la plus ancienne à laquelle on puisse rapporter celte institution , est l'an 1032 ou 103&. Peu -à peu .elle fut adoptée en France et en Angleterre, mais non sans résistance, surtout de la part des Normands.
Elle fut conGrmée par le pape Urbain II, au concile tenu à Clermont, Tan 1093.