RICHER
Edmond Richer, syndic de la faculté de théologie de Paris, né à Chaource, ancien diocèse de Langres, en 1560, vint achever ses études dans la capitale, et y fit sa licence avec distinction. Né avec un génie impétueux, il se distingua beaucoup dans le parti de la Ligue. II prit le bonnet de docteur en 1590, devint grand-maître du collège du cardinal Le Moine, puis syndic de la faculté de théologie de Paris, le 2 janvier 1608. Il s'éleva avec force, en 1611, contre la thèse d'un dominicain qui soutenait l'infaillibilité do pape et sa supériorité sur le concile. Il publia la même année, in-4°, un petit
écrit intitulé : De la puissance ecclésiastiqw et politique, pour établir les principes tar lesquels il prétendait que la doctrine de l'Eglise de France et de la Sorbonne, touchait l'autorité du concile général et an pape, était fondée. Mais il ne se borna pas là ; il y établit presque tous les principes de Mare-Antoine de Dominis (Voyez domiris). Sons prétexte d'attaquer la puissance do pape, il étalait des principes qui renversaient la puissance royale aussi bien que celle du souverain pontife et des évoques. Tel est celui ri: « Chaque communauté a droit immédiate- « ment et essentiellement de se gouverner « elle-même, c'est à elle et non à aucun par- * ticulier que la puissance et la juridiction « a été donnée. * Il ajoute : « Ni le temps, « ni les lieux, ni la dignité des personnes ne « peuvent prescrirecontre ce droit, fondé dats « la loi divine et naturelle. » Ce petit livre souleva contre lui le nonce, les évéques tt plusieurs docteurs. On voulut faire déposer Richer du syndicat, et faire anathématisrr son livre par la faculté de théologie ; mais le premier président du parlement eut assez dt crédit pour parer ce coup. Le cardinal do Perron, archevêque de Sens, assembla tous les évéques de sa province, et, après plusieurs conférences, l'ouvrage de Richer fut condamné le 13 mars 1612; son livre, proscrit à Rome, le fut encore par l'archevêque d*Aix et par les évéques de sa provincr, If 24- mai de la même année. On vit alors paraître de tous côtés une foule d'écrits pov le réfuter. * Cet ouvrage, dit le cardinal da « Perron, est un levain de vieille doctrisr « qu'il a couvée et soutenue dès longtemps, « en laquelle, encore qu'il ail changé depro- « cédure pour le fait de l'Eglise, neanmoi* « il a conservé les mêmes maximes qu'il « tenait alors pour le fait de l'Etat. Car « l'an 1591, au mois d'octobre, il sootist « publiquement en Sorbonne, que les Etals « du royaume étaient indubitablement par- « dessus le roi, etc. » Effectivement, Ion de la révolution de 1789. on vit l'Assembler nationale, composée dans sa partie dominante de richéristes, régler sur le système du vieux syndic toutes ses opérations, tait à l'égard de la constitution civile qu'à l'égard de la constitution ecclésiastique. La cour défendit à Richer de rien écrire posr sa justiGcation, et ordonna à la faculté de le dépouiller du syndicat. Il cessa d'aller aux assemblées de la faculté, et se renfernu dans la solitude, uniquement appliqué à IVtude; mais on l'accusait de continuer i dogmatiser. Il fut enlevé et mis dans les pnsots de Saint- Victor. 11 donna, en 1620, une déclaration par laquelle il protestait qu'il éu< prêt à rendre raison des propositions de soq livre De la puissance ecclésiastique ci politique. 11 en donna une seconde, où il reconnaît l'Eglise romaine pour mère et wiaUresM de toutes les Eglises, et déclare que ce qs"»l avait écrit était contraire à la doctrùu catholique, exposée fidèlement par tés smsa Pères, faux, hérétique, impie, et pris éti écrits empoisonnés de Luther et de £afc*