‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 2)Chapitre 5 sur 479 · FABRIQUES · texte numérisé non relu

FABRIQUES

L'Eglise de Jésus-Christ est une société spirituelle, mais société spirituelle qui subsiste et exerce son action dans le temps.

Comme société spirituelle, son royaume n'est pas de ce monde, non plus que celui de son divin fondateur; elle n a rien à démêler avec les intérêts grossiers de la ter<e, elle n'a que faire d'un or et d'un argent corruptibles. Ses richesses sont sa* grâce; son glaive, sa parole; sa force, la promesse de celui qui a dit : Je suis avec vous jusqu'à la consommation des sièctts. Toute sa mission ici-bas est d'encendrer des enfants, de les nourrir du lait de sa doctrine, de les affermir dans sa voie par la vertu de ses sacrements, pour les conduira enfin au terme de la gloire.

Mais, tandis qu'elle voyage et combat, elle ne peut se défendre d'avoir des relations avec ce monde extérieur; elle doit répondre à lu double pâture d? l'homme pour mieux s'em-

(Une)

MCnONNAIUE DE DROIT CANON.

parer de tonl son être; parler à son esprit et parler à ses yeux, intéresser son cœur en frappant son imagination par des pompes saintes qui lui rendent sensible la loi de vérité et d'amour. Ses mystères même les plus sublimes» les plus élevés au-dessus de la région des sens, ne se peuvent aecomplir sans le seeours d'éléments et de symboles nui leur senent de signe et d'expression. Il lui faut des temples pour ses assemblées, des autels pour son sacrifice, des ornements pour ses préires, une chaire pour ses enseignements, un tribunal, une table, une piscine pour la participation de ses enfants aux sources de la grâce et du salut. De là la nécessité d'une épargne qui subvienne à toutes ces exigences du culte public et. par suite, d'une administration temporelle préposée à la garde et a la dispensation de ce pieux trésor.

Aussi, dès les premiers temps de l'Eglise, vovons-nous 1 attention des apôtres se porter avec sollicitude vers la gestion des libéralités offertes par les fidèles, tant pour l'entretien du ministère ecclésiastique que pour l'assistance des veuves et des pauvres.

Mais Tadministratiou des fabriquée, qui acquiert tant d'importance par ses rapports avec le culte divin, avec l'ordre public et la tranquillité des paroisses, a éprouvé, depuis la naissance du christianisme, toutes les révolutions qu'entrain* la diversité des temps et des personnes.

Il est difficile, en lisant l'histoire, de suivre cette administration dans les vicissitudes qu'elle éprouve, et plus encore de fixer l'é»

1 toque ou elle a pris une forme régulière, îllc a eu l'instabilité des usages auxquels elle est asservie dans tout ce qui ne tient pas au droit primitif.

Les plus anciens monuments de l'histoire nous montrent la piété libérale et empressée bâtissant les temples, dressant et ornant les autels sous l'inspection et l'autorité des évoques. [Voyez biens d'église.)

Les premiers fidèles avaient vendu leurs héritages, ils eu avaient apporté le prix aux pieds des apôtres; Icuis successeurs chargeaient les aulc's de leurs présents, ils enrichissaient les églises de leurs bienfaits : c'est ce que disent de ces temps heureux saint Cyprien dans ses épttres, et Terlu lien dans *on Apologétique.

Les offrandes que chaque église recevait, et tous les biens qu'elle possédait étaient en commun ; l'évéqne en avait l'intendance et la direction, et ordonnait, comme il jugeait à propos, de l'emploi du temporel, soit pour la fabrique, soit pour la subsistance des minisires Je l'église.

Dans presque tous les lieux, les évoques avaient sous eux des économes qui souvent étaient des prêtres et des diacres auxquels ils confiaient 1 administration de ce temporel et qui leur en rendaient compte. (Voyez Eco-

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