HABITS
Il faut distinguer ici. avec le père Thomassin,deux sortes d'habits ecclésiastiques : les uns qui servent aux clercs dans la vie civile, et les autres destinés au ministère des autels.
§ 1. habit civil des clercs.
Il est prouvé que durant les cinq premiers siècles de l'Eglise, les ecclésiastiques n'ont pas porté un habit différent des autres fidèles, ni pour la couleur, ni pour la forme. On remarquait seulement alors dans les clercs une chevelure moins longue et plus modeste que celle des gens du siècle. (Voyez tonsure.) Quand les monastères se formèrent en Orient, on vil pour la première fois une différence dans l'habillement des moines. Ces saints solitaires , soit pour éviter la dépense , soit plutôt par humilité et pour fuir le luxe des habits séculiers, se revêtirent d'un long mnnteau serrée! grossier, qui couvrait en même temps le cou et les épaules; on appelait ce manteau, tnafortes (Cassien, Collât, de hnbil. et clrric. c. 7 ). Les clercs séculiers n'avaient pas les mêmes raisons pour se rendre si méprisables au peuple, parmi lequel ils étaient obligés de vivre ; ils continuèrent donc d'aller et de se vêtir suivant la règle générale de modestie, qui défendait une propreté ou une négligence affectée. Dans la suite, plusieurs moines ayant été tirés de la Solitude pour être élevés à l'épiscopal, con-
servèrent les habits et la manière de vivre de 1 urs monastères. On rite pour exemple saint Martin, évéque de Tours; Fauste, abbé de Lérins ; saint Germain d'Auxerre. Ce dernier, sans avoir été moine, voulut en imiter toute l'austérité pendant son épiscopat: l'hiver et Tété, il était vêtu d'une coule et d une tunique qui couvraient un cilice. Le pape Célestin n'approuva pas cette réforme qu'il appelait une nouveauté superstitieuse, ainsi qu'il l'écrivit, l'an 428, aux évéques de Vienne et de Narbonne. 11 se plaignait de ce que les évéques portaient un manteau et une ceinture, au lieu des habits ordinaires qui étaient la tunique et la toge romaine. Il disait que Jésus- Christ n'avait recommandé à ses disciples que la chasteté, en leur ordonnant de se ceindre les reins, et que c'était faire injure aux premiers évéques de l'Eglise , qui n'ont pas donné dans cette affectation : Unde hic habitus inEcclesiis gallicanis, ut tôt annorum tanlorumaue pontificum in aller um habitum consuetuao verlatur 9 etc., nam si incipiamus studere novilati , tradilum nobis a patribus ordinem calcabimus, ut locum supervasuis superslitionibus faciamus.
La lettre du pape Célestin pouvait avoir de bons motifs; mais il parait qu'elle n'eut point d'effet. La vie des disciples de saint Martin et des solitaires de Lérins avait inspiré dans les Gaules une grande vénération pour les moines et leur profession. Le peuple était plein de respect pour cet habit de ûénitence. C'était lui rendre l'épiscopat plus
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respectable, que de l'allier avec les marque» de 1 humilité monastique.
Des évéques, l'usage de ces habits monastiques et méprisables passa sans doute aux clercs inférieurs, comme le prouve la lettre même du pape Célestin ; mais celle distinction particulière dans Yhabillement des ecclésiastiques ne fut générale cl commune à loul le clersé que vers le sixième siècle, lorsqu'après l'inondation des barbares , les laïques ayant quitté Yhubil long, les ecclésiastiques le conservèrent (Thomassin, Dhcipl.
part. II, liv. I, chap. 22). En effet , ce n'est que dès celte époque que commencent tous ces différents conciles qui ont fait des règlements sur V habillement des clercs. Le concile d'Agde, canon 20, après avoir réglé la tonsure, vient aux habits des clercs , et y prescrit la même modcslie. Le premier concile de Mflcon, canon 5, défend aux ecclésiastiques l'usage des habits séculiers, surtout des militaires et le port des armes, sous peine de la prison et d'un jeûne de trente jours au pain et à l'eau. Il serait trop long de rapporter les autres canons des conciles qui, successivement de siècle en siècle, ont fait sur les mêmes sujets des règlements quelquefois différents, contraires-même, suivant le goût et les mœurs des temps et des lieux.
(Thomass. Disci. part. IV, liv. 1, ch. 35). Eu sorte qu'il n'en resle rien de bien précis , comme l'observe la glose in C/em.l, de Elect. Le concile de Trente, dont on voit ci-après le règlement, exige que les clercs portent Yhabit clérical. Ceux de Narbonne en 1551, de Bordeaux en 1583, cl de Milan, défendent aux clercs de porter la soie, les chemises froncées et brodées au bras et au cou ; ils déterminent la couleur noire, et n'exceptent àcc sujet que les prélats, obligés, parleur dignité, d'en a voir une autre sur leurs habits. \h défendent même les calottes, les soulanelles, les manteaux courts et le deuil des parents, toutes choses, comme l'on voit, que l'usage commun a rendues pour ainsi dire canoniques.
Les ecclésiastiques croient qu'il suflit de porter ce qu'on appelle la soutane longue, vestem t al are m pour qu'ils soient dans la décence que demandent les canons; et en effet, les plus sévères demandent seulement que Yhabit couvre les iambes. (Mémoires du clergé, Jc/m.IH, pagAlok;tom.lV,p(ig.il0ù;tom.Y,pag.k-20).
C'est donc celte soutane et la couronne dont il est parlé sous le mot tonsure, qu'on d >it entendre par Yhabit clérical, et c'est la .soutane aussi que le concile de Trente ordonne que les ecclésiastiques portent, sous certaines ncines , en ces termes : « Encore « que Yhabit ne rende pas l'homme religieux , « étant nécessaire néanmoins que les ccclé- « siastiques portent toujours des habits con-
• tenables à leur propre état, aûn de faire
• paraître 1 honnêteté de la droiture inté- « rieurc de leurs mœurs, par la bienséance « extérieure de leur* habits : et cependant le
• dédain de la religion, et l'emportement de « quelques-uns étant si grand en ce siècle,
• |u'au mépris de leur propre dignité et de
• * liouncur delà clcricaturc, ils ont la téuic-
« rite de porter publiquement des habits tout « laïques voulant mettre, pour ainsi dire, un « pied dans les choses divines et l'autre « dans celles de la chair ;
« Pour cela donc , tous ecclésiastique! , a quelque exempts qu'ils puissent être, ou «qui seront dans les ordres sacrés, ou qui « posséderont quelque dignité, personnats, a offices ou bénéfices ecclésiastiques quels « qu'ils puissent être ; si après en avoir été « avertis par leur évéque ou par son ordon- « nance publique, ils ne portent point Yhabit « clérical, honnête et convenable à leur or- « dre et dignité, et conformément à l'ordon- « nance et au mandement de leur dit évéque, « pourront et doivent y être contraints par « la suspension de leur ordre, office et bé- « néfice, et par la soustraction des fruits, « rentes et revenus de leurs bénéfices ; et « même, si après avoir été repris, ils tombent « dans la même faute, par la privation de « leurs offices et bénéfices, suivant la con- « solution de Clément V, publiée au concile « de Vienne, qui commence par Quoniam m- « novando, et ampliando. » ( Session XIV, ch. 6, de reform. )
Le pape Sixte V publia en 1588, conformément à ce décret du concile et à tous les anciens canons qui défendent aux clercs le luxe dans leur parure (c. Clerici 23, dist. c. fin. dist. 41, tôt caus. 21, qu. k; c. cler*ci; c. Quoniam de vit. et honest. cleric), une bulle commençant par Sacrosanctam.ov il ordonne aux clercs de porter Yhabit clérical 9 sous peine, en cas de désobéissance, dans un certain délai, d'être privés de leurs bénéfices ipso facto. Les canonistes ont expliqué celte bulle, ainsi que le décret du concile de Trente , en ce sens que les peines qui j sont prononcées n'ont pas lieu contre celui à qui il n'est arrivé qu'une fois de quitter Yhabit clérical, ou qui ne le quille que chez lui, dans sa maison, où il n'est point vu. Un clerc qui par misère n'aurait point de soutane, ou ne porterait point de tonsure, pour raison de maladie, non plus que celui qui, pour éviter quelque péril, se serait déguisé, ne mériterait pas ces peines. En voyage il est permis de porter des habits moins» longs, vestes breviores (c. Episcopis 21, quœst. 4 j.
Suivant l'analyse des conciles donnée par le père Hichard, lom. IV, pag. 78, on compte jusqu'à treize confeilcs généraux, dix-huit papes, cent cinquante conciles provinciaux»
cl plus de trois cents synodes, tant de France que des autres royaumes, qui ont ordonné aux clercs de porter Yhabit long.
Le père Thomassin remarque que» quoiqu'il n'y eût point de loi qui prescrivit le noir avant le concile de Trente, l'usage es était toutefois établi depuis longtemps.
Si les ecclésiastiques, après avoir lu cl pesé les règlements faits par ces conciles* trouvaient encore quelque difficulté sur ce point de discipline, pour se convaincre de l'obligation qu'ils ont de porter toqjours 1^ soutane dans le lieu de leur résidence, i*^ n'ont qu'à consulter les ordonnances que lr^ évoques des différentes provinces ccclésia*^ -
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liqucs de France ont Tait publier depuis dans leurs diocèses : ils rerront qu'elles tendent toutes à obliger les ecclésiastiques constitues dans les ordres sacrés, ou qui sont attachés au ser?ice de quelque église, à porter toujours, dans le lieu de leur résidence, la soutane uoire qui descende jusqu'aux talons ; et que, pour engager ceux qui ne se portent pas par estime pour leur état à s'acquitter tic ce devoir, de le faire au moins par crainte, plusieurs évoques ont ordonné des peines canoniques contre les réfractaires.
L'article organique 43 porte : « Tous les ecclésiastiques seront habillés A la française et en noir ». Mais cet article a été modifié par un arrêté du gouvernement du 8 janvier 1804 ( Voyez costume).
§ 2. habits ecclésiastiques destinés au ministère des autels.
Les habits dont on se servait anciennement dans les églises pour le ministère des autels n'étaient différents des habits civils et ecclésiastiques que par la propreté et la couleur. Ce n'a été que dans la suite que Ton a affecté avec des sens mystiques certains habits particuliers pour la célébration des saints mystères. Fleury remarque ( Mœurs des chrétiens, p. 41 ) que la chasuble était un habit vulgaire du temps de saint Augustin» que la daimalique était en usage dès le temps de l'empereur Valérien , et que l'étole était un manteau commun, même aux femmes. Nous l'avons confondu , dit-il, avec Vorarium, qui était une bande de linge dont sa servaient tous ceux qui voulaient être propres pour arrêter la sueur du cou et du visage; enfin le manipule, en latin manipula, n'était qu'une serviette ou une espèce de mouchoir sur le bras pour servir à la sainte Table. A l'égard de l'aube, c'est-à-dire cette robe blanche de laine ou de lin dont on se sert à présent dans les églises, e le était sans doute commune autrefois dans le siècle, puisque l'empereur Aurélien fil au peuple romain des largesses de ces sortes de tuniques. C'est sur tous ces habits et sur quelques autres, que les.conciles ont fait divers règlements. Les diacres de l'Eglise romaine se servaient de manipules pendant le sacrifice. Les diacres de Uavenne s'en servaient aussi; et afin que ce droit ne leur fût pas dis-
Ïmté, ils prièrent le pape saint Grégoire de e leur confirmer. Saint Césaire d'Arles obtînt du pape Symmaque que les diacres de son église porteraient la daimalique, L'auteur de la vie de ce saint dislingue la chasuble dont il se servait à l'église, de celle qu'il portail dans les rues. Cette circonstance prouve ce que nous avons avancé, qu'autrefois ou se serrait à l'autel des habits ordi- °*ires, mais arec une certaine distinction de Propreté. La couleur blanche parait avoir '"Ujours été celle qu'on a recherchée le plus "«*ns l'Eglise. Saint Grégoire de Tours nous ^Présente le chœur des prêtres en habits i* ?ncs, et saint Grégoire de Nazianze avait 1***1 la même représentation de son clergé,
vêtus de blanc, imitaient les anges par l'éclat de cette couleur.
Le quatrième concile de Tolède veut qu'on rende à ceux qui ont été injustement déposés les ornements dont ils ont élé dépouillés :
aux évéques, l'étole, l'anneau et la crosse; aux prêtres, l'étole cl la chasuble ; aux diacres, l'étole et l'aube; aux sous-diacres, la patène et le calice. En Espagne , les sous* diacres, dans ce temps-là, ne portaient point encore d'aube, ni les diacres de daimalique.
Le même concile défend aux diacres de porter deux étoles. Le troisième concile de Bretagne ordonne de déposer ceux qui emploient les vases et ornemenls sacrés à l'usage de la vie civile; il veut que le prêtre se couvre de l'étole, la tête et les deux épaules, et qu'elle soit croisée sur l'estomac de manière qu'elle représente le signe de la croix . ( V oyez étolb. )
Le pape Nicolas régla les habits que devaient avoir au chœur les chanoines de l'église de Saint-Pierre de Rome : il leur donna des surplis sans chapes, depuis Pâques jusqu'à la Toussaint, et depuis la Toussaint jusqu'à Pâques, des chapes de serge sur leur surplis, ce qui a depuis été pratiqué dans tous les chapitres. Ce surplis allait apparemment jusqu'à terre, puisque le pape dit :
Lineis togis superpelliceis. La chape de chanoine était différente de celle des autres bénéficier*. Le concile de Bâlc, session XXI, chap. 3, veut que le surplis descende plus bas que la moitié des jambes, et qu'on se serve de chapes ou de surplis, suivant les saisons et l'usage de chaque pays. On pourrait douter, dit le père Thomassin, si ces anciens surplis avaient des manches, parce que ce n'était que des chapes de lin, et le concile de Narbonne sembla opposer le surplis au rochet : Linea non machinata veste sine roqueto. Dans l'Italie, du temps de saint Charles, le surplis avait des manches. Le premier concile de Milan ordonna de les porter larges, afin qu'elles fussent distinguées de celles du rochet. Il se peut faire qu'on ait porté en quelques endroits de France le surplis sans manches plus longtemps que dans les autres églises. Le concile d'Àix condamne cet usage; il ordonne en même temps de porter le rochet sous la chape. Le plus ancien auteur qui ait parlé de surplis eut Etienne de Tournay; il dit : Superpelliceum novum, carididum talare.
Quant aux habillements de tête , l'usage n'en est pas fort ancien. En 1242, les religieux de l'Eglise métropolitaine de Canlorbéry obtinrent du pape Innocent IV la permission d'avoir le bonnet sur la tôle pendant le service divin, parce qu'y ayant assisté jusqu'alors tête nue, ils en avaient contracté de fâcheuses maladies. Le concile de Bâle veut qu'on se couvre d'une aumusse ou d'un bonnet qu'il appelle bire tum. C'est ce que nous appelons aujourd'hui barrette. Celte barrette n'était pas seulement portée dans l'intérieur de l'église, mais encore en lout temps. Aujourd'hui elle n'est mise que lorsqu'on est en hab t de chœur, soit dans l'église, soit
«c cette observation, que les clercs, ainsi dans les processions extérieures. Ce» orne-»
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munit de tête étaient communs aux ecclésiastique» cl nui séculiers ; car, dans la chronique de Flandres et dans lo continuateur de N'iiitfU, il est parié de l'aumusse et de la barrette delVmpereur Charles IV dans l'endroit où ces auteurs rapportent ce qui sYst passé à l'entrevue de ces princes. La couleur de la barrette doit être noire , selon le concile d'Asti, tenu en 1588 : Biretumnigri sit coloris , illudque non fronti vel alteri temporum descendens inclinât umque, $ed capiliœqualiler imposUum feront. L'écrivain Sarnclli rapporte que les chanoines d'Anvers portaient la barrette violette, non pas comme une prérogative, mais pour se conformer à une ancienne tradition. Les barrettes des cardinaux sont rouges, celles des évoques violettes et celles des chanoines noires avec un liséré rouge. (Voyez la Liturgie ût M. Pascal, col. 142.)
Ce qu'on appelait caputium est défendu dans le concile de Bâle. et permis dans les conciles postérieurs; peut-être que dans le premier il signiGe un chapeau, et dans les autres l'aumusse ou le capuchon de la chape.
Depuis, au lieu de porter l'aumusse sur la tête, on Ta mise sous le bras. Le coucile de Reims en parle comme d'un ornement propre aux chanoines : Sine aimutio et aliis canonieorum insignibus, dit ce concile au titre des chanoines; ensuite il défend de porter l'aumusse et le surplis dans les lieux publics. (Voyez le Dictiosîiairb liturgique de M. Pascal, col. 9i et col. 301, où il parle de l'aumusse et du chapeau.]
Le camail est un habillement de chœur usité surtout en hiver (Voyez camail).
L'aube était autrefois d'un usage ordinaire, il en était de même de l'élole ; mais toutes ces choses ont changé. Comme c'était alors, dit le père Thomassin, principalement par l'aube que les clercs se«distinguaient des laïques, qui étaient aussi bien qu'eux relus de long, il était de bienséance qu'ils la portassent toujours ; mais cet usage ayant été aboli, et la distinction des clercs d'avec les laïques se remarquant par tant d'autres choses, on a juge contraire A la bienséance de porter le surplis, qui a succédé à l'aube, hors de l'église. C'est aussi ce qui a été défendu par le concile de Reims, en 1583 : Ut sine superpelliceo et aimutio in ecclesia comparere plane irreligiosum est ; sic illa ad loca publica rerum yenalium de ferre , prorsus inaecorum ac sordidum esse % nemo est qui non videat (part. IVJiv.I, chap.37).
Comme l'aube devenait incommode à cause de son ampleur,on pritl'habitudede la serrer avec un cordon ou une ceinture. Mais cette ceinture n'est point, A proprement parler, un habit ou un ornement ecclésiastique. La ceinture ou cordon doit être de la couleur de l'aube. La même raison qui fil adopter la ceinture sur l'aube la fit aussi adopter pour la soutane. Celle-ci fait partie du costume ecclésiastique. Sa signification mystique,
omme l'indique la prière qu'on récite en lacei-
*nt autour des reins,est la chastelé.qui doit tout biillcr dans un ministre des autels.
La plupart des chanoines réguliers a vaïei t conservé l'ancien usage de porter le surplis sur la soutane hors de l'église. Quelques évéques cependant le font encore aujourd'hui.
A l'égard des ornements épiscopaux de ces derniers, et qui consiste ni dans la mitre, la crosse, l'anneau, la croix, le pallium, etc., nous en parlons sous chacun de ces noms.
Le concile de Milan dit que les curés doivent porter le chaperon sur l'épaule , et l'évéque doit avoir le rochel et le camail même à la campagne, et avec un habit court; qu'il doit s'habiller de noir les jours déjeune, et de violet en tout autre temps; et enfin qu'il ne doit paraître devant un cardinal, un légat, un métropolitain, qu'avec le mantelel sur le rochet.
Ou appelle habits pontificaux ceux qui.
sont propres aux évéques, et habits sacerdotaux ceux qui sont à l'usage des pré'res
§ 3. habits religieux.
Les religieux sont soumis à tous les règlements qui ont été faits louchant V habillement des clercs séculiers, et de plus à d'autres pat ticuliers qui les concernent el dont nous Ions sous le mot religieux.
« Les fondateurs des ordres monasliquesqnï ont d'abord habité les déserts, dit Bergier dans son Dictionnaire de Théologie , ont donné A leurs religieux le vêtement qu'ils portaient eux-mêmes, et qui était ordinairement celui des pauvres. Saint Alhanase, parlant des fatbits de saint Antoine, dit qu'ils consistaient dans un cilice de peau de brebis, cl dans on simple manteau. Saint Jérôme écrit que sain!
Hilarion n'avait qu'un cilice, une saie de paysan et un manteau de peau ; c'était alors V habit commun des bergers et des monta-
Snards, et celui de saint Jean- Baptiste était peu près semblable. On sait que le cilice était un tissu grossier de poil de chèvre.
« Saint Benoll prit pour s« s religieux l'fabit ordinaire des ouvriers et des hommes du commun; la robe longue qu'ils mettaient par dessus était Yhabit de chœur. Saint François ?t la plupart des ermites se sont bornés 'de même à V habit que portaient de leur temps les gens de la campagne les moins aisés, habit toujours simple cl grossier. Les ordres religieux qui se sont établis plus récemment dans les villes ont retenu communément Yhabit que portaient les ecclésiastiques de leur temps, et les religieuses ont pris Ykabit de deuil des veuves. Si dans la suite il s'y est trouvé de la différence, c'est que les religieux n'ont pas voulu suivie les modes nouvelles que le temps a fait nattre. »
Nous ne pouvons nous abstenir de rapporter ici les observations de Fleury sur re sujet. « Si les moines, dira-l-on, ne prétendaient que de vivre en bons chrétiens, pourquoi ont-ils affecté un extérieur si éloigné de celui des autres hommes? A quoi bon se tant distinguer dans des choses indifférentes? Pourquoi cet habit 9 cette figure, ces singularités dans la nourriture, dans les heures du sommeil , dans le logement ? En an mot, à
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