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quoi sort tout ce qui les fait paraître des nations différentes répandues entre les nations chrétiennes ? Pourquoi encore tant de diversité entre les divers ordres de religieux, en toutes ces choses qui ne sont ni commandées ni défendues par la loi de Dieu? Ne semblet — il pas qu'ils aient voulu frapper les yeux du peuple pour s'attirer du respect cl des bienfaits? Voilà ce que plusieurs pensent, cl ce que quelques-uns disent, jugeant témérairement, faute de connaître l'antiquité. Car si Ton veut se donner la peine d'cxanvner cet extérieur des moines cl des religieux , on verra que ce sont seulement les restes des mœurs antiques qu'ils ont conservés fidèlement durant plusieurs siècles, tandis que le reste du monde a prodigieusement changé.
« Pour commencer par Vhabit, saint Benoit dit que les moines doivent se contenter d'une tunique avec une cuculle et un scapolaire pour le travail. La tunique sans manteau a été longtemps V habit des petites gens, et la cuculle était un capot que portaient les paysans et les pauvres. Cet habillement de tête devint commun à tout le monde dans les siècles suivants , et comme il était commode pour le froid, il a duré dans notre £arope environ jusqu'à deux cents ans d'ici.
No Km -seulement les clercs et les gens de lettres, mais les nobles même et les courtisans portaient des capuches et des chaperons de diverses sortes. Ca cuculle marquée par la règle de sainl Benoît servait de manteau; c'est la colle ou coule des moines de Cit^aux ; le nom n éme en vient, et le froc des bénédictins vient de la même origine. Le scapulaire était destiné à couvrir les épaules pendant le travail et en portant des fardera*.
« Saint Benoît n'avait donc donné à ses religieux que l"s habits communs des pauvres de son pays, et ils n'étaient guère distingués que par l'uniformité entière, qui élan nécessaire afin que les mêmes habits passent servir indifféremment à tous les "Ciliés du même couvent. Or, on ne doit pas ^étonner si depuis près de douze cents ans H «'est introduit quelques diversités pour la c °o!eur et pour la forme des habits entre k* moines qui suivent la règle de sainl Be- D °tt, selon les pays el les diverses réformes; p l quant aux ordres religieux qui se sont établi* depuis cinq cents ans, ils ont conser- ? é les habits qu'ils onl trouvés en usage. Ne point porter de linge paraît aujourd'hui u ! lc grande austérité ; mais l'usage du linge n ^st devenu commun que longtemps après ***nt Benoit ; on n'en porte point encore en ^logne; et parmi toute la Turquie, on couc "^ sans draps , à demi-vétu. Toutefois **&tiie avant l'usage d s draps de linge, il y*}H ordinaire de coucher nu , comme on • a U encore en Italie; el c'est pour cela que " **ègle ordonne aux moines de dormir vél Q * 9 sans olcr même leur ceinture. »