‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 2)Chapitre 73 sur 479 · PROTESTANT, INQUISITION · texte numérisé non relu

PROTESTANT, INQUISITION

On livrait autrefois au bras séculier le clerc coupable du crime d hérésie (Voyez abandonnkmest).

I 1. Peines contre les hkbbtiqubs.

L'hérésie est punie des plus grandis peines

canoniques : de la déposition pour les clerc?, de l'excommunication pour tous ; et ceux qui demeurent en cet état sont privés de la *épulture ecclésiastique (C. Sicut ait 8, de koret.; c. Statutum 15, eod. in 6). La peine s'étend jusqu'à leurs enfants , et ils sont irrégulicrs pour les ordres et les bénéfices, an premier degré seulement, à cau«e de la mère; au second degré, à cause du père, c'est-àdire que, si c'est la mère qui est hérétique t l'irrégularité est encourue par les enfants seulement; au lieu que si c'est le père, elle s'étend jusqu'aux petits enf mis. Cette distinction esl apparemment fondée sur ce que l'on craint qu'une mauvaise impression qui vient du père ne soit plus forte cl ne dure plus longtemps que celle qui vient de la mère ; et surtout pour les garçons, dont l'éducation est plus du ressort du père que de celui de la mère.

Quant aux peines temporelles, les princes les ont imposées plus ou moins ri coureuses, selon les temps et la qualité des hérétiques^ plus ou moins séditieux. Les plus ordinaires étaient les amendes pécuniaires, la confiscation des biens en tout ou en partie , le bannissement et quelquefois la mort. Actuellement en France el dans les autres Etats catholiques, où Ton a proclamé la liberté de culte et de conscience, il n'y a plus de peines contre les hérétiques (Voyez peines).

Vhérésie ne fait pas perdre le pouvoir d'administrer les sacrements, car le caractère du sacerdoce ne s'efface pas plus que celui du baptême; seulement les hérétiques pèchent en exerçant ce pouvoir hors de la communion de l'Eglise ( De Consecrat., dise, k. c. 10). Ainsi, comme le baptême administré par un hérétique est valable, aussi bien que celui qui est administré par un ivrogne ou un impudique, ainsi , les prêtres ordonnés par un évéque hérétique sont prêtres, pourvu que l'évéque eût été ordonné loimême validement. C.ir ceux que des laYques ou de simples prêtres auraient prétendu établir évéques ou pasteurs, sous quelque nom que ce suit, ne seraient jamais que des laïques.

§ 2. Absolution du crime <f uéresie.

Les canonisles diffèrent de sentiment sur la question de savoir si les évéques peuvent absoudre du crime d'hérésie. Nous n'entrerons pas dans cette difficulté; nous noua contenterons de dire que. d'après la discipline actuelle de l'Eglise de France, les évéques absolvent de l'excommunication pour cause d'hérésie, et qu'ils donnent même cette fa* culte aux prêtres de leur diocèse, quand ils jugent prudent de le faire ( Mémoires du clergé, tom. Il , pag. 317). Suivant le concile de Trente, l'évéque est le seul qui puisse absoudre du crime d'hérésie : il ne peut commettre personne pour cet effet, pas même un de ses grands vicaires (Ses*. XXIV, ch. 6, de lieform.).

L'Eglise a toujours exigé que les héréliqttes rétractassent leurs erreurs pour rentrer dans son sein (Voyez abjuration Jl

Page 1