GABRIEL (CONGHÉGATIO!» DES FRÈRES DE
SAINT-). Maison- mire à Saint- Laurent lur-Sitre.
Noos terrons à l'article Ikstrcctiok cbrérawi [Frères deT) comment le P. Deshayes fondi en Bretagne, d'accord avec M. l'abbé de Lamennais, une congrégation destinée à iïaslrnction des enfants rouvres. Quand il fut élo sopérieur général des communautés de Saint-Laarent, Te noviciat des Frères de Vinftnetion chrétienne [c'est ainsi qu'ils se nommaient alors) était à Auray et comptait 15 sujets.
Le P. Desbayes en donna cinq a M. de Lanennais pour son noviciat de Saint-Brieuc, et il envoya les dix autres à Saint-Laurent- «or-Sèvre, où déjà quatre frères du Sainttyril faisaient la classe aux enfants.
Après quelques petites difficultés , qui furent aisément surmontées par l'esprit d'obéissance et de charité des bons frères, il j eut fusion complète entre les nouveaux Tenus et les ancien*; des concessions mu luelles furent faites, et, le nombre des nouées augmentant, le P. Deshayes dut songer 1 satisfaire aux demandes qui de toutes |4rts l'assiégeaient déjà, avant même que les sujets qu'il destinait à ce pieux enseignement fussent complètement formés.
Ce fut au mois de novembre 1822 que forent acceptés les deux premiers établissements, l'un à Saint-Martin de Beauprénu (Maine-et-Loire), l'autre à Moutraorillon (V>one).
Deai autres établissements furent fondés eo 1823.
la même année, la congrégation fut approuvée par ordonnance royale comme association charitable pour l'instruction de la jeunesse dans les départements de la Vendée, •le Maine et- Loire, de la Vienne, des Deux- Seves et de la Charente-Inférieure.
182fe vit naître neuf établissements, parmi lesquels ceux do Cbâtillon, de Noirmouliers et ae Saintes.
La fatale année 1890 arrêta les développero-jnts merveilleux que prenait déjà la congrégation. Les déplorables tendances de celte trute époque firent supprimer plusieurs étalements; par une conséquence toute naturelle, les vocations se ralentirent, de telle !*rte que le noviciat, qui dès 1826 comptait & sujets destinés à l'instruction, n'en renfermait plus que V ou 5 à la Gn de l'année 1*30. Les exercices furent interrompus; il n'y eut point de retraite en 1831. L'œuvre semblait destinée à périr ; mais elle se reprit à 'ure quand le calme revint à la surface du P»J«, et en 183* il fallut songer à établir le ooire de la congrégation grandissante en Mors de la maison des missionnaires de
Dictions, des Ordres relio. IV.
Marie, où elle avait jusqu'alors trouvé un asile hospitalier.
Une maison voisine fut achetée, réparée, el la prise de possession eut lieu le 15 octobre 1835. Ce fut Mgr Soyer, évêque de Luçon, qui bénit l'humble chambre choisie pour la chapelle du nouvel établissement et qui y célébra le premier la sainte Messe.
Le lendemain 33 frères s'y installèrent; et comme à dater de ce jour la congrégation semblait vivre d'une vie propre el particulière, on songea à lui donner un nom : on choisit celui du patron du fondateur. Les frères furent donc appelés Frères de Saint-Gabriel.
Ils durent passer par les rudes épreuves des privations et delà misère; mais ils surmontèrent tous les obstacles par leur admirable résignation, et lorsque le vénérable fondateur mourut (28 décembre 1841), les succès qui couronnaient son œuvre le récompensaient déjà de ses luttes pénibles et de ses durs travaux.
Au mois de septembre 1842, les frères se réunirent en assemblée générale, et le frère Augustin fut élu supérieur général.
En 1852, le frère Siméon, son premier assistant, fut élu en sa place, et c'est lui qui gouverne aujourd'hui la congrégation, qui compte environ quatre cenls sujets répartis dans soixante-treize fondations, sans y cnm-
£ rendre celle de Saint-Laurent-sur- Sèvre. ,e diocèse de Poitiers en possède un certain nombre, et les parents chrétiens, qui trouvent dans ces pieux établissements une éducation sincèrement religieuse pour les enfants, bénissent partout les modestes instituteurs auxquels ils doivent ce grand bienfait.
Nous manquerions à la justice et à la vérité, si nous ne rendions pas un hommage spécial à l'œuvre éminemment chrétienne dont les congrégations de Saint-Gabriel et de !a Sagesse se partagent les mérites.
Nous voulons parler de l'œuvre des sourdsmuelset des aveugles.
C'est encore le P. Deshayes, supérieur général des congrégations de Saint-Laurent, qui peut réclamer l'honneur de cette précieuse fondation.
Touché du malheur de tant de milliers d'Ames privées des consolatioos de la religion, le bon Père songea, dans l'ardeur de sa charité, à leur apporter le seul soulagement efficace qu'il fût donné à l'homme de leur offrir. 11 créa des instituteurs capables de erier h leur tour des êtres intelligents là où il n'y aurait trop souvent sans eux qu'une sorte de matière inerte livrée aux seuls instincts grossiers de la brute.
Le P. Deshayes était encore curé d'Auray
555 f.Mi DICTM
lorsqu'il commença à s'occuper dos sourdsrauels.
La Chartreuse d'Aurav oflïil son humble asile h Mlle Dulcr, première institutrice de l'établissement des sourdes-muettes de Paris dont la charité no recula point devant l'œuvre si modeste qui lui était proposée.
Elle enseigna la méthode aux sœurs de In Sagesse d'Aurav et a un excellent Chrétien de ce pays, M. de Saint-Henri, et bientôt sous ces élèves, devenus à leur tour maîtres habiles de pauvres petits garçons, de pauvres petites filles recevaient le grand bienfait d'une éducation jusque-là refusée h leur cruelle infirmité.
Lorsque le 1*. Deshayes devint supérieur général des congrégations de Saint- Laurent, loin d'oublier la pensée si chrétienne qui avait fait naître l'établissement de la Chartreuse d'Auray, il songea plutôt a la développer.
Toujours fidèle 5 ses nobles traditions la ville de Tuiliers lui fournit les moyens de fonder sa première école de sourdes-muettes. C'était en 1833; le préfet d'alors (M. Houlé) accorda sa protection officielle, M. l'abbé Lambert prêta l'appui de son zèle et de son éloquence persuasive, et bientôt l'école de Pont-Achard compta jusqu'à 20 élèves.
Après la mort de M. Lambert, M. l'abbé de Larnay recueillit le legs pieux du vénérable missionnaire, et, grâce à son dévouement sans limites cl a sa féconde activité, l'établissement grandit rapidement.
En t8V7, a l'époque où les travaux du chemin de fer vinrent troubler la paix du pieux asile, on dut songer à transférer ailleurs l'institution florissante (1).
Le département de la Vienne reçut en janvier 1838 une deuxième école de sourdsmuets, établis à Loudun par le P. Deshayes, et placée sous la direction des frères" de Saint-Gabriel.
En 183G, il avait fondé une école de sourdes-muettes à Orléans, et il l'avait confiée dux sœurs de la Sagesse.
Le 30 août 1810, les frères de Saint-Gabriel et les sœurs de la Sagesse remplaçaient à Lille le fameux sourd-muet Massjeu dans la direction de l'important établissement d'éducation de cette ville populeuse.
Plus tard, l'école des sourds-muets établie dans l'antique abbaye de Saint-Médard de Soissons était aussi confiée par M. l'abbé Dupont, son fondateur, aux mains des frères do Saint-Gabriel el aux sœurs de la Sagesse.
Les aveugles ne pouvaient manquer d'être l'objet do la sollicitude du P. Deidiaves. Lu accident arrivé à une sœur de la Sagesse, devenue aveugle tout en conservant une aptitude merveilleuse pour l'écriture el le des-
(1) Elle est aujourd'hui établie à Larnay, à peu de distance de Poitiers; de vastes constructions y mit été faites; une cliapellc (style du xnr siècle), ornée de riches vitraux, y a été hutte, el cet ensemble grandiose constitue un des plus beaux établissements de ce gcnir.
NNAIRE (.AU W
sin, parut au bon Père comme un arerti<<«meut do la Providence , qui le pres>.sit <u pourvoir aussi a l'instruction des aveugles, et dès 18'*1, à une séance publique d<mnéc dans l'établissement des sourde-muets >k Lille, on peut entendre une pauvre enfant aveugle accompagnant ses chants d'un instrument de musique.
Des compagnes d'infortune se réunirent bientôt h elle, et suivant l'exemple des sœurs de la Sagesse devenues institutrices des aveugles, les frères de Saint-Gabriel joignent aujourd'hui un nouveau titre h celui qui leur méritait déjà si bien la reconnaissance publique.
Statuts de la eongréyatfan des freret de Saint-dabriel.
Nous avons déjà dit que la règle de coup congrégation est la môme que celle des premiers enfantsduV.de Monfort, les missionnaires de la compagnie de Marie, sauf ce qui concerne spécialement l'instruction
Le but principal de la congrégation de» frères do Saint -Gabriel e>t l'instruction chrétienne des enfants, et surtout des enfants de la campagne.
El.'o peut pourtant former des établissements dans los villes, et même y ouvrir de> pensionnats.
Elle peut aussi instruire les enfants dm les hôpitaux, dans les maisons de détention ou d'orphelins.
Pour ces différentes écoles, les frères ne sont jamais moins de deux.
Il en est de môme pour les paroisses, à moins de raisons approuvées par le supérieur général.
Le Manuel de pieté à l'usage des frères de Saint-Gabriel contient un commentaire de la règle.
Il a été composé et publié par le F. Augustin, supérieur général de la congrégation, élu après la mort du P. Deshayes.
A la mort du vénérable fondateur, arrivée, comme nous l'avons dit, le 28 décembre 18U,la congrégation des frères de Saut- Gabriel fut gouvernée d'après les Maïuis donnés par le vénérable Père et approuvé par Mgr Soyer, évôque de Luçon.
Il est dit au chapitre onzième de cps statuts que les frères choisiront parmi eux un supérieur qui sera chargé du gouvernement de la congrégation; qu'il aura un ou deui assistants, selon l'accroissement que prendra la congrégation; qu'il y aura aussi deui conseillers et un procureur, et que tous seront choisis par la voie du scrutin serrer. Le supérieur général el les membres de son conseil sont nommés pour cinq ans, mai» ils peuvent Cire réélus indéfiniment. Tous les cinq ans, les principaux membres de la société se réunissent en chapitre général
On y comptai!, dès 18.S3, 50 sourdes-muetttt I 35 suivaient les classes; 2 donnaient des leçonf n qualité de répétitrices; plusieurs étaient oay*** aux soins domestiques, el les autres lravai!liif»{' |\>ii\roir, principalement à la confection desofO* iikiiIs dVtflise.
DES ORDRES RELIGIEUX. CER
joar réfection du supérieur el des membres s'exprime Jaillot, dans ses Recherche» sur do conseil, et pour traiter des Affaires les Paru, et M. de Saint-Victor s'exprime de plos importantes de la congrégation. même. Lo Gallia Christiana, qui semble Les frères de Saint-Gabriel portent une avoir puisé pourtant à cette source, dit que jrinde robe ou soutane de laine noire, à la- le fondateur fut Garin Masson, conjointequelle est attaché un manteau de même étoffe ment avec son fils Archer, prêtre ; semblant <juide«cend un peu au-dessus du genou. Leur faire de Maison un nom propre, et modifiant nbat est bleu bordé de blanc. Le chapeau l'ortographe de celui du fils. Quoi qu'il en soit ecclésiastique complète ce costume (1). du nom ou delà profession du principal
GERASIMO (Religieux du bienheureux), fondateur laquelle n'était pas alors ce qu'elle \ . . . . , . ' est aujourd'hui, et n en ferait que plusd hon-
s r a î i i !;i v; m »nas- ne„r a sa générosité, comme cette maison
étaitchargéede quatre deniers de cens envers Robert de France, comte de Dreux, frère uc
tivjue dans la Licie, province de l'Asie Minore, où il était né. 11 se retira ensuite en Palestine vers le milieu du v* siècle, à l'époque où commencèrent à se répandre l?< erreurs d'Euticbès, qu'il eut le malheur dVm .rasser lui-même; mais il fut heureux •le rentrer dans la voie de la vérité par les a'ionatious de saint Eutimius et de réparer ses erreurs par une rude pénitence. II ti construire à un quart de lieu du Jourdain un raste ermitage avec soixante-douze cellatepour autant de solitaires, et au milieu un monastère pour les cénobites.
L?i religieux étaient soumis à un silence
Louis leJeune.ce nrinco conjoinlcmentavec sa femme etson fils, cédace sens pour favoriser l'établissement. Le Maire, dit qu'il fut confirmé deux ans après par Alexandre III. Les historiens de Paris, que Pignariol de la Force a copiés dans sa Description de Parti, ont suivi le récit du Bénédictin Dubreul, qui place l'époque de la confirmation vers I an 1179. On voit par cette bulle de confirmation que cet hôpital était administré par un Maître ou Procureur et par des frères. Il n'est point question de femmes
n.f>ureui. ils avaient pour toute nourriture dans le? auteurs que je consulte, quoique à
u soin et des dates, et de l'eau pour boisun, excepté le samedi et le dimanche. Ils «rendaient à l'église pour participer aux ornas mystères, et où il leur était permis démanger en commun des aliments cuits et «le boire un peu de vin. Ils n'avaient d'autres meubles et ustensiles qu'une cruche d'eao. une natte pour se coucher et une simple couverture. Gerasimo s'imposait à lui-même une abstinence et des mortifications plus sévères encore, et saint Eutimius îwtunesi grande vénération pour ses vertu qu'il lui adressait ceux de ses disciples qu'il Toulail faire avancer dans la voie de la l<rf«ik><). Il mourut le 5 du mois de mars £ l'innée V75; c'est le jour où on a fixé sa dedans le Martyrologe romain.
GERVAIS (Les filles SAINT-).
Cest le nom qu'on donnait communément *ji hoipitaUères de Saint-Anastase, établies
ïuMMiî'fiî^l à 9uoi(!ue <*"e ™m" Je suis porté è croire qu'ils n'auront cessé
ri^, eAW,,eî qu0,Mapp,e,,e d.e 1 or~ d'élre re9us <Iue &r 'a force des choses et -tae saïui- Augustin, elle formait une des années, comme il est arrivé dans tant
SrHÏnfSt01^* ^U! ,,?.m.andel.ï.n c!?a" d'«ulre* hôpitaux, par exemple, Saint-Nicole part, eu lier. On peut diviser l'histoire las de Fougères, l'Hôlel-Dieu de Paris, qui
i «„,? n d;ï\é,lKMlues ou P*"'™* recevaient aussi d'abord des frères et ne aies, celle de I établissement de l'hô- reçoivent plus que des religieuses. Ces religieuses, que le Gallia Christiana qualifie du mot Sanctimonialei introduit par Foulques, d'où les avait-on tirées? Furent-elles tout de suite indépendantes de toute autre maison? Je le crois; mais cette position libre et même la spécialité de leur hospice ne suffiraient peut-être pas pour leur mériter une place dans notre Dictionnaire, si el'es n'avaient pas formé plus tard un institut spécial et nouveau. Jaillot fait remarquer que dom Félibien dans l'Histoire de Paris et tous ceux qui l'ont copié, se sont trompés
celte époque plusieurs hôpitaux fussent desservis conjointement par des frères et des sœurs de l'ordre de Saint-Augustin. Il faut remarquer que l'hospice Sainl-Gervais était destiné à reravoir des hommes seulement. On trouve encore en leur faveur une bulle de Nicolas IV, du 10 septembre 1190, qui place les maîtres et les frères, ainsi que leurs biens actuels et futurs sous la protection ilu Saint-Siège. Les choses restèrent sur ce pied jusque vers le milieu du xiv* siècle; alors Foulgues de Chanat, dit Foulques II, évêque de Paris, plaça dans cet hospice quatre religieuses pour régir cet hôpital avec un maître et un procureur ou
f»ro viseur. Les frères cessèrent -ils alors eurs fonctions charitables dans l'hospice ? je J'ignore, mais je supposerais qu'ils ne se retirèrent pas immédiatement, le nombre des pauvres reçus à Saint-Gervais surpassait la suffisance du service do quatre religieuses.
m ou plutôt de l'hospice Sairit-Gorvais, «"e de la communauté formée. Sauvai, un «* historiens de Paris, pense que cet »P»ul fui fondé sons le règne de Louis «Uros; Jaillot» dit au contraire, et il était Jkui informé, qu'il fnt foudé sons Louis « Jeune. M. de Saim-Victor adopte ce sen- «■eav Le plus ancien titre qui fasse men- «oude cel hôpital est de l'an 1171. Il nous jwead qu'un maçon, uommé Garin, et
ÏÏLi 1 wn B,Sf Prélre' uesl'n*rent pour perles pauvres passants, une maison qu'ils
J'iM1?? l1""'* Sainl-Gerrais, c est-Ji-dire, en plaçant ciî l'année 1300 l'introdurtiou ■m i église paroissiale de ce nom. Ainsi des rel.gieuscs dans la maison Saint-Gerva *| <■) H à la fin du vol., n' 102.
S.-jO GKIt DICTIONNAIRE CKR MO
« cite finie ne peut convenir à l'époque de du parlement, laquelle avait fait profeSMOa Foulques de Chanae, qui ne fut élu évêque entre les mains de Jeanne Girard, fui nomdo Paris qu'en 13V2 et qui mourut le 25 juil- mée par l'évôquc de Paris, coadjutnee de la lel l.'i'iO. Celle forme d'auministration dura précédente pr»eure, le jour où celle-ci se jusqu'à l'année 1608, et pendant col inter- démettait (lo 13 septembre 1608] et après la vnlle. les religieuses auront eu beaucoup à mort do Jeanne (iirard gouverna le reste dsoulfrir du caractère, des exigences du Mai- sa vie, quoique, à l'exemple de celle-ci, ire et du procureur, car, de nos jours, ce qui quelques années avant sa mort, qui arrin met un obstacle au développement de nos le 5 mars 16H, elle eût choisi une coadjnreligieuses el des chapelains dans les hôpi- tricc apte à partager son administration laux, c'est souvent la taquinerie, l'exigence Cette coadjutrice fut la révérende Mère Fran mesquine des administrateurs, médecins et çoise de Vassé, tille de Jacques de \ assé, directeurs, qui ont toujours le logement le seigneur de Saint-George, et, dAnne du plus commode de la maison... et le reste. Verger. Elle fut élevée à cette hooorable En 1608, le cardinal de (iondi, évéque de dignité, le 13 mars 1612, n'ayant encore que Paris, supprima le maître et le procureur 17 ans, et ce fut le premier archevêque «Je dans l'hospice Saint-Gervais, parce que leur Paris, François de Gondi, qui lui endom» mauvaise administration faisait présager la le titre. Le Gallia Christiana dit qu'il pa* ruine «le cette maison, et il se réserva le ralt des expressions de la bulle de Nicodroit de commettre quelqu'un pour recevoir las -IV, l'an 1290, qu'à cette époque il ni les vœux des religieuses, et les comptes avait point de religieuses dans la raaisoa qu'elles devaient rendre, ce qui fut toujours Saint-Gervais et qu on ne peut guère faire observé depuis lors, jusqu'à la suppression, remonter l'origine de la communauté a un j'ai dit ci-dessus que Foulques II avait éta- temps plus reculé. Néanmoins il y avai des bliquatre religieuses pour desservir cet nos- frères. Mais je crois pouvoir ajouter que pite, et le texte de Jaillol dit de même. Il cette communauté ne devint un institut spésemblerait d'après le texte du Gallia Chri- eial que sous le gouvernement de Françoise stitma que ce nombre de quatre devait rester de Vassé, et lo Gallia Christiana pense de fixé ainsi: .1/ rero... Fulcu II... per quatuor même. Elle avait néanmoins toutes les sanctimonialeSfUnummayistrumct unwnpro- parences et l'extérieur d'une bonne maison curatorcm,$cu provisoremadadministrandam bien réglée. La révérende Mère François domum constiluit. Néanmoins ce nombre Vassé, élevée dans un âge si peu avancé à augmenta comme on le voit par ce qu'il dit la dignité de coadjutrice, devenue prieure lui-même en parlant des prieures, dont il no en litre deux ans plus lard, ne devait procommence la nomenclature qu'à dater du xvi* bablementqu'àsa naissance seulement,etili siècle, je no sais pourquoi ces prieures faveur celte distinction dont elle fut honoré*; étaient perpétuelles. La première qu'il il est vraisemblable qu'elle laissait déjàentrenomme est Marguerite Noury, élue entre voir par ses vertus et ses qualités tout le bien une des sept religieuses qui étaient alors que pouvait attendre d'elle la maison quell* en la maison. Elle exerçait la supériorité en allait diriger. Aussi dèsles premiers temps de lo3V, et ce fut pendant son administration, son priorat, elle commença à la gouwoer que l'an 15V5, Robert, évôque d'Avranchcs, avec zèle ; elle ajouta à son lustre et i s* rémunide la permission du cardinal du Bellay, putalion, surtout à partir de l'année 165i. En évôque do Paris, accordée à la prière do celto année-là l'archevêquo de Paris, quej« Guy du Val, aumônier et conseiller du roi, viens de nommer, donna aux religieuses des maître et administrateur de l'hospice et des constitutions particulières dont undespoioli religieuses, consacra (itiauguravil) l'église leur laissait la faculté de se choisir tous les du couvent en l'honneur de la sainte Trinité, ans un supérieur, dont il recevait seulement de la sainte Vierge, do sainte Anaslasc ou la confirmation, privilège qui fut confina Anastasie, vierge et martyre, de saint Lazare, par son successeur, François de Harlar. (ie sainte Marie Madeleine, de sainte Mar- Françoise du Vassé, considérant l'exiguë the, de saint Denys et ses compagnons mar- du lieu où étaient reçus les pauvres, chatyrs el de saint Biaise, évôque et martyr, que soir, au nombre de plus de 30,000 par Madeleine mourut le 7 septembre 1558, et an, auxquelles on donnait le souperetl* l'ut remplacée par la Mère Jeanne Girard coucher, el môme l'insuffisance de la pvtie lille de François Girard, seigneur de Passy. do la maison où logeaient les religieuses, Il parait qu'elle gouverna longtemps, car alors au nombre de sept seulemeot. sans ce lut sous son priorat que le cardinal Pierre qu'on pût s'étendre en bâtissant, résolut de de Gondi, fil, eu 1608, te changement dans s'établir ailleurs; ce qu'elle fil comme F l'administration de la maison, que j'ai fait vais le dire en finissant. Elle donna sa deconnaître ci-dessus. Jeanne donna sa dé- mission en 1681, ou plutôt elle prit pw mission entre les mains de Henri de Gondi, coadjutrico sa propre sœur et mourotleso évôquo de Paris, cette année là mémo 1608, décembre 169i, emportant devant Dieu le le 13 septembre. Néanmoins elle continua mérite d'avoir été peut-être la prieure l» de gouverner la maison jusqu'à l'année do plus utile à cet établissement sous lerapK1 sa mort, arrivée le 30 janvier 1612. Elle matériel et spirituel, puisqu'elle y mit une aura, d'après les indications, exercé les fonc- forme particulière qui en lit un institut spolions de prieure pendant cinquante-quatre rial , comme ie viens de le faire remarque* ans. Elisabeth Chevalier fille ld un président Le bien qu'elle avait fait fut continué F*
*l GER DES ORDRES RELIGIEUX. CHÊ 5(iî
Perpétue-Françoise de Vassé, sa sœur, plus 7 septembre. Par les motifs que j'ai indiquas jeune quelle, puisqu'elle n'avait, en 1681 ci-dessus les religieuses achetèrent, en 165i, ijueWans, quand elle fut nommé coadju- un hôtel assez vaste, situé Vieille-Rue du Iriet. Elle prit r»osscssion de sa dignité de Temple, lequel s'étendait jusqu'à la rue des supérieure le 30 avril 1695 et mourut le 10 Francs-Bourgeois et à celle des Rosiers. Cet octoke 1712. hôtel avait d'abord appartenu au comte de Apres elle, la prieure fut Marie-Françoise Chateau-Vilain, et ensuite au marquis d'O, Lircber, fille de Jacques Larcher, secrétaire surintendant des finances et gouverneur do Ju roi, que le cardinal de Nom lies, arche- Paris. Ses créanciers le vendirent aux reli- »frjuede Paris, prit du nombre des religien- gieuscs de Sainte-Anastase, r-t il leur fut adsesde la maison. Les expressions du Gallia juçô par arrêt du 7 juillet 1655. Celte acqui- (kriitiana feraient penser que l'élection n'a sition fut approuvée par le vicaire général «il point lieu [assumitur a cardinal i Noallio) de M. l'archevêque de Paris, le 30 mars 1656, ri que la place était à la nomination du pré- ensuite confirmée et amorti» par lettres lu. Ij révérende Mère Larcber avait 43 ans patentes du mois d'août suivant, enregistrées 'iwodjelle fut élue, et mourut en 1738, le le 7 septembre de la même année. Les reli- JooTembre. Après elle le Gallia Chrisliana gieuses de Sainte-An&slase étaient de cette comme encore Marie-Thérèse de Boismai- famille nombreuse qu'on appelle l'ordre de çre, fille d'un secrétaire des bureaux du Saint-Augustin, mais étaient indépendantes mmisière et de l'administration de la guerre, et avaient des conditions particulières. La qui était prieure lorsqu'il fut publié et mit prieure étaient perpétuelle, et i! me semble ipprend qu'elle a été nommée prieure \in que plusieurs filles de b »nne maison choifnmuam cooptatur) par Charles-Gaspard- sissaient le séjour de Saint-Gervais, parce Guillaume de Vintimille, archevêque de que cet hospice jouissait probablement d'une Paris, è l'âge de 27 ans; il ajoute qu'elle est certaine considération. On donnait là l'hosrwc-tnroandable par sa piété et sa raansué- pitalité pendant trois nuits de suite, mais tuJe.llesl vraisemblable qu'elle aura fourni aux hommes seulement; les hospitalières de -.i Bénédictins une partie 'des matériaux Sainie-Catherine exerçaient le même acte do qui ont servi à la rédaction de leur ar- charité, mais seulement h l'égard des femmes ticle, où j'ai puisé en partie pour celui- et des filles. Les bâtiments de l'hospice Saintci. Laj concession faite par le comte Ro- Gervais et des religieuses de Sainte-Anastase i*rt, dont j'ai parlé, qui fut confirmée par furent, après la révolution française, occupés les lettres de Gaultier, chancelier de France, par une manufacture. Au milieu du dernier *coa«ervait en original dans les archives siècle, on voyait encore au bout delà rue de la maison, ainsi que les lettres de Gant- Tixeranderie les restes de la pauvre maison ner. la bulle d'Alexandre III et celle de qu'elles avaiont occupée vis-a-vis de Saint- »o!is IV. Le premier nom, comme le plus Gervais ; mais ces restes tombant en ruines, ordinaire de cette maison a toujours été on les abbattit en 1758, et sur leur emplafeluide Saint Gervais, parce que dans son cernent on construisit des maisons particu- <* 'P«e, cet hospice était construit près de lières.
TtgliîeSaint-Gervais : on avait même donné Gallia Christiana. t. VII. Salval, t.I, 550;
renom à la chapelle, quoi qu'elle fût sous Recherche», critiques, historiques et topogra-
le vocable de sainte Anastasie, martyre. Ce- phiques sur la ville de Paris, par Jaillot,
;*miant l'usage était d'appeler Religieuses l. III ; Tableau historique et pittoresque de
4t Sainte- Anastasie celles qui desservaient Paris, depuis les Gaulois jusqu'à nos jours,
!i maison, et j'aurais dû peut-être faire leur par J. B. de Saint-Victor, t. 11% seconde édi-
bnioire a la place que je leur donne dans te lion, 1822 ; Dictionnaire historique de Paris,
Dinionnaire avec un simple renvoi. C'est par Hurtaut elMegny, t. III, p. 229.
»ussi hospitalières de Sainte-Anastasie que B-d-b.
|w appelle M. de Saint-Victor qui parle de GRÉGOIRE LE GRAND (Ordbb de chbva-
Wf origine à la maison Saint-Gervais dans LEB1E DE SAINT-), à Rome.
un autre chapitre de son ouvrage, mais il ,i«
iJNto: dites Filles de Saint-Gervais, etc'était Dans les premières annéesdu pontificatde
mtfctte nom populaire. Peut-être portaient- Grégoire XVI, ce Souverain Pontife voulant,
la qualification de religieuses de sainte à l'exemple de ses prédécesseurs, récom-
«««foif, dans les constitutions données par penser ceux qui s étaient rendus recomman-
tondi. lesquelles n'ont peut-être jamais élé dobles par leur courage, ainsi que ceux qui
l ogées et que je n'ai point vues. Les his- se montraient dévoués au baint-Siege, à son
w.ens rapportent que la chapelle fut dédiée chef, et fervents Catholiques, institua un
mus le tilre de Sainte-Anastase ou Anastasie ordre de chevalerie auquel il donna le nom
1VU, mais cela ne doit s'entendre que de Grégoire le Grand, son illustre et tres-
d'une reconstruction, car dès Tan 1358, le aimé prédécesseur, pour la mémoire ci je
H août, Jean, évêque de Paris, avait statué respect duquel il avait adopté son nom, en
T" la «le de celte sainte, dont l'Eglise fait montant sur la chaire de saint
"«moire le jour de Noël, serait célébrée fonda cet ordre par la lettre apost oiique
>jm l'hospice le 7 septembre, mais en 1698, Quod summs du * ' *Tlero*™ «T«
h cardinal de Noailles, fixa la fêle de la ente par le cardinal Thomas BW^Uatgw
lionne, au second dimanche après l'Epi- prosecréta.re de I Wat.jiendanl l al «ençeuu
rhan.e, et la solennité de la translation au cardinal Joseph Albani, secrétaire des bref»
5J5 nos DICTIONNAIRE
pontificaux. Il établit cet ordre avec quairo «rades de chevaliers , c'est-à-dire do chevaliers grand'-croix de rar.lasse, de chevaliers grand'-croix de 2* classe , de chevaliers commandeurs et de simples chevaliers. La décoration ou la croix de l'ordre est d'or, émaillée en rouge; elle est surmontée des emblèmes do la guerre, si le chevalier e^i militaire; elle est snrmontéo d'une couronne de laurier avec, un émail vert; la croix a une forme octogone, ou à huit pointes ayant le champ émaillé en rouge : au milieu des pointes est un écusson rond dans lequel est l'effigie de saint Grégoire en or: l'autre côté de la croix est en or, au milieu e«t aussi un écusson également rond et en émail azuré sur lequel on lit la devise : Pro Deo et principe en lettres d'or, et dans le cercle d'or qui est autour de l'écusson, la légende : Gregorius AT/. P. M. anno I. Elle est suspendue à un petit ruhan de soie moirée de couleur rouge avec les bords jaunes. Les grand'-croix portent pour décoration une large bande de ruban des mômes couleurs; placée sur l'épaula droite, traversant la poitrine et le dos, ellose réunit au côté gauche où est fixée la grand'eroix; mais outre cela ils porteutsur la partie gauche de l'habit une croix de grande dimension et d'un beau travail ; ello est entouréo de pierres précieuses; les chevaliers grand'-croix de 2* classe portent la grand'eroix suspendue au cou , lix< e à une bande de ruban do nuance susmentionnée; l'autre grand'-croix au côté gauche de la poitrine; les chevaliers commandeurs portent seulement la grand'eroix suspendue au cou, comme les grand'-croix de 2* classe; enfin les simples chevaliers portent la petite croix telle qu'ont l'habitude de la porter les chevaliers des autres ordres, sur le côté gauche de l'habit, suspendue à un ruban de soie d'un pouce et demi de 'argeur et des couleurs de l'ordre.
Le Souverain Pontife Grégoire XVI régla,
outre cela, que les papes ses successeur! pouvaient seuls conférer cet ordre.
Pour augmenter l'éclat de l'ordre deSaint- Grégoire, le môme Pape publia de nouvelles dispositions par sa lettre apostolique : Cm amplissima honorum munera, etc., du 30mii 183i, et souscrite, par le cardinal J Alhani, secrétaire des brefs pontificaux. Par cette nouvelle lettre, lo Souverain Pontife réduit à un les deux grades de grand'-croix de la 1" classe en fixant à trente le nombre des membres qui devaient la composer; le deuxième degré fut celui des commandeurs, qui devaient Cire au nombre do 50; le troisième, celui des simples chevaliers, qui ne devaient pas dépasser 300. Il déclara aussi
Sue dans ce nombre on ne devait en:»} renie que les membres appartenant aux Etais de l'Eglise romaine, en se réservant poar lui et pour ses successeurs d'admettre les étrangers qu'ils trouveraient à pro|>os de recevoir. Il confirma la décoration des simples chevaliers et des commandeurs tels qu'il l'avait prescrit dans sa première lettre Quod summis, il abolit dans les grands-croii 1 usage de la grand'eroix ornée de pierreries qu'ils portaient sur la poitrine et qu'il réserva pour l'accorder à quelques hauts personnages comme uno marque particulière de distinction; il leur permit seulement l'usage de la grand'eroix simple, sur la partie gauche do la poitrine, au milieu d'un* plaque ou écusson avec des ravons d'argent en forme d'étoile à huit pointes; il régi* enfin que le grand chancelier de l'ordre de chevalerie grégorien serait toujours le cardinal secrétaire des brefs pontificaux pro tempore, et comme le cardinal Alhani mourut le 13 décembre 183i, il fut le premier mentionné en cette qualité dans les iVotia» di Jtoma, nui paraissent tous les ans; le deuxième fut lo cardinal Emmanuel deGregorio, son successeur
HOSPITALIÈRES (les soeurs), d Québec (Canada).
L'humble bourgade do Québec avait été prise par les Anglais en 1629, au moment môme où se signait la paix entre la France et la Grande-Bretagne. Celte coïncidence et une obscurité de rédaction dans le traité rendirent incertain si l'on rendrait le Canada à ses premiers maîtres. Lo peu de succès des tentatives do colonisation entreprises jusque-là ôlait le désir de revendiquer ces pays. Mais Champlain « qui avait beaucoup de piété, » dit Charlevoix, « et qui était bon Français, ». fit valoir des raisons prises du côté de l'honneur et de la religion, afin de ne pas abandonner une contrée dont les sauvages habitants s'étaient montrés si disposés à embrasser le christianisme. Louis
XIII cl Richelieu, animés du désir d'étendre le royaume de Jésus-Christ , négocièrent >our retirer Québec des mains des Anglais: e traité en fut signé à Saint-Germain en Layeen 1632, et la môme année les Jésudes s'y rendirent pour reprendre pos*es>ion de leurs anciennes missions. En 1633, 'I* J étaient au nombre de quinze Pères, et le* nouvelles des chrétientés formées parmi If* Hurons excitèrent en France une profonde synipatnie. Des communautés entière Paris et des provinces s'imposèrent des pénitences austères pour fléchir le Ciel en veur des sauvages du Canada. Le roi H les princesses envoyèrent de riches ornement* a leurs chapelles rustiques, el la cour de Homo exprima le bonheur qu'elle éprouvait de ces nombreuses i on versions.
« Mais, » dit Charle\oix, «deux choses
DES OUDllLS
manquaient encore à une colonie si bien réglée, à m voir, une école pour l'instruc- Uon des filles, et un hôpital pour le soûlait ment des malades. Le premier de ces deux projets fut presque aussitôt approuvé que proposé, et son exécution ne souffrit aucun retardement. La duchesse d'Aiguillon vou- Jot être la fondatrice de l'Hôte l-Dieu, et pour avoir des sujets propres à une telle entreprise, elle s adressa aux religieuses Hospitalières de Dieppe. Ces saintes filles acceptèrent avec joie et avec reconnaissance une n belle occasion de faire le sacrifice de tout ce qu'elles avaient de plus cher au monde pour le service des pauvres malados du Canada. Toutes s'offrireht, toutes demandèrent irec larmes d'être admises; mais on n'en choisit que trois qui se tinrent prêtes à partir par les premiers vaisseaux. Ce furent Marie Gunet de Saint-Ignace; Anne le Coinire de Saint - Bernard ; Marie Forestier de Sdint-Bonaventure. La supérieure avait Tiotf-oeuf ans, la plus jeune vingt-deux.» [Histoire de la Nouvelle-France, t. 1, p. 320, edit in-12; ou 1. 1, p. 206, édit. in-fc'.)
Les religieuses Hospitalières de la Miséricorde de Jésus sont cloîtrées, et suivent la règle de Saint-Augustin. La maison mère de Dieppe existait en France avant l'année 1250, et elle y était considérée comme for- ■tant un ordre régulier lorsqu'elle fut approuvée par une mille du Pape Alexandre Vil, du 19 juillet. 1664. Dans plusieurs villes de France, et entre autres à Paris et à Dijon, 1 Hôtel-Dieu était desservi par des Hospitalières formant des communautés distinctes, et n'ayant d'autre lien que la similitude de leur règle. C'est celle que saint Augustin fHligea en l'année 423 pour les religieuses tilippone, dont il était le fondateur, et elle »t encore suivie aujourd'hui par les diver- «s congrégations des deux sexes qui se glorifient d'avoir ce saint docteur pour me.
Le but principal de l'institut de Québec fut le soin des pauvres malades, auquel les religieuses ajoutèrent pendant quarante ans le soin des enfants trouvés.
Les premières Hospitalières qui se consacrèrent au Canada avaient pour supérieure li Mère Marie Guenet dite de Saint-Ignace. Bles s'embarquèrent avec le K. P. Barthélémy Viruont, de la Compagnie de Jésus, et le même vaisseau |>ortail trois Ursulines qui venaient aussi fonder à Québec une maison «te leur ordre. Après une longuo et périlteose navigation, cette pieuse société prit terre à Québec te 1" août 1639. I.cjourde Arrivée fut pour toute la ville un jour de ftte; les travaux cessèrent et les boutiques forem fermées. Le gouverneur, M. de Mont- «agny, chevalier de Malte, reçut ces héroiue» sûr le rivage, k la tête de ses troupes ei « bruit du canon ; après les premiers compliments, il les mena à l'église au milieu des acclamations du peuple; et le Te Deum fut • tonlé, en actions de grâces du double bien- ^t que Dieu Taisait au Canada. Ces saintes klles, tic leur côté, voulurent d'abord baiser
RELIGIEUX. HOS •r-ii
avec transport celte terre sauvage qui leur promettait des épreuves, des fatigues et un tombeau. Puis, Hospitalières et Ursulines s'embrassèrent tendrement, et se séparèrent pour aller se cloîtrer dans les modestes demeures qu'on leur avait préparées.
Jusqu'à sa mort, arrivée en 1675, la pieuse duchesse d'Aiguillon, nièce du cardinal de Richelieu, montra sa généreuse sollicitude pour l'Hôtel-Dieu de Québec, dont elle avait été la fondatrice. Par contrat du 16 août 1637, elle avait donné dans ce but une rente aunuelle de 1,500 livres à « prendre sur les coches et carrosses de Soissons, à la condition que l'hôpital serait dédié à la mort et au précieux sang du Fils de Dieu répandu pour le salut du genre humain. » Le montant de celle dotation fut doublé par la duchesse en 1640, et elle fit encore de fréquentes oirrandes h l'établissement auquel elle prenait un vif intérêt; mais les commencements de l'Hôlel-Dieu n'en furent pas moins très-difiieiles, et le grand nombre de malades qui réclamaient leurs secours réduisirent les Hospitalières au plus grand dénûmenl.
La Mère Jeanne Françoise Juchereau, admise à l'Hôtel-Dieu en 1662, à l'âge de douze ans, a écrit l'histoire édifiante de celte sainte maison, dont elle fut longtemps la supérieure. Son livre embrasse la période de 1639 à 1721 ; et c'est là qu'il faut aller chercher des détails émouvants sur toutes les épreuves dont Dieu favorisa ses servantes, jour leur prouver ses prédilections, et sur a vie exemplaire d'un grand nombre de reigieuses. La plus remarquable est celle de la Mère Catherine de Saint-Augustin, fille de Jacques Simon de Longpré, née dans lu diocèse de Coutance, embarquée pour le Canada en 1649 à l'âge de dix-sept aus, et morte à Québec en odeur de sainteté, eu 1668, après avoir été redevable à sa haute vertu de grâces spéciales et de mystérieuses révélations.
En 1640, les religieuses de l'Hôlel-Dieu avaient été assez heureuses pour offrir l'hospitalité aux Jésuites, dont la maison était devenue la proie des flammes. Plus de cent ans après, la Compagnie de Jésus s'acquittait de sa dette de gratitude, en offrant avec empressement sa maison aux dames Hospitalières, privées de tout asile. Le 7 juin 1755, un incendie affreux dévora l'Hôtel - Dieu de Québec, et la Mère Marie Anne de la Joue fut brûlée dans celte conflagration, pendant que la Mère Geneviève Duplessis ne fut sau vée par une fenêtre qu'en courant de grands dangers. Les Ursulines, l'hôpital général, l'évêque de Pontbriand et les Jésuites s'empressèrent à l'envi d'offrir un refuge aux pauvres religieuses. Elles passèrent d'abord troi&semaines chez les Ursulines, au nombre de 47 professes et, de 2 novices ; puis elles allèrent habiter chez les Jésuites jusqu au l"août 1757, où elles purent retourner dans leur maison rééditiôe.
Deux ans après, les Hospitalières étaient encore chassées de leur sainte demeure pas
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les dangers dont les menaçait le siège de Québec. Celte fois, elles se retirèrent à l'hôpital général, au nombre de 33 religieuses, au mois de juillet 1759; mais un manuscrit du temps dit que , pour garder l'Hôtcl-Dieu, « cinq sœurs converses restèrent, qui furent assez courageuses pour soutenir tout l'effort de l'artillerie, et se familiarisèrent tellement à ce bruit, qu'elles regardaient tomber les bombes et entendaient sifller les boulets, avec une espère d'intrépidité.» (Précis de l'incendit 'de V Hôtel- Dieu de Québec, en 1755 : manuscrit entre les mains de M. Lemieux, prêtre, chapelain de l'IJÙtel-Dicu}.
La capitula! ion ayant été signée le 18 septembre, après soixante-neuf jours de siège, les religieuses se bâtèrent de revenir a leur communauté pour y trouver la ruine et la misère. Quinze bombes étaient tombées sur les bâtiments de l'Hôlel-Dieu, et tant de boulets avaient ravagé leur terrain qu'on en lit des monceaux. Leurs moissons détruites, leurs arbres brisés, leurs soixante et dix bêtes à cornes enlevées, mirent les Hospitalières dans la détresse, et elles durent être nourries parla générosité du général Murrav. Cependant, dès le 22 septembre 1759, elfes recevaient des malades, « mais en petit nombre, messieurs les Anglais leur ayant défendu d'en recevoir, avant retenu les salles pour leurs troupes, ils payèrent le loyer des appartements jusqu 'en 178i, que les salles furent remises pour le besoin du public. »
A une époque antérieure, les Hospitalières furent soumises h une épreuve autrement douloureuse que colle d'être exposées aux dangers de la guerre, ou aux rigueurs de la pauvreté : c'est lorsqu'on 1694- le comte do Frontenac, par une scandaleuse bizarrerie, imagina de faire représenter la comédie du Tartufe a à l'hôpital, dans la salle des pauvres, où les religieuses eurent ordre de se rendre. » (Mémoires sur la rie de A/, de Laval, par l'abbé de la Tour, Cologne, 1761, p. 218.)
Le gouverneur fit la même sanglante insulte aux Ursulines, et il donna de force ce spectacle en leur présence; cherchant ainsi, en offusquant la vertu de saintes religieuses, à satisfaire ses rancunes contre Mgr de Laval «t contre les Jésuites. Un pareil fait ternit singulièrement le caractère du comte de Frontenac, et il ne permet pas d'ajouter beaucoup de foi aux éloges outrés que donnent de sa piété les Kécollets Hennepin et Le Clercq.
Aujourd'hui l'Hôlel-Dien compte 43 religieuse s prof, ss-es et 2 novices. Il a en général 50 lits occupés par des malades, et il «•u h admis 6i8 dans le courant de l'année
Ainsi, depuis plus de deux cent* ans les religieuses de la Miséricorde de Jésus ont poursuivi fidèlement a Québec l'œuvre de leur fondation, et l"Hôlel-l>ien qu'elle* diri- (1) Yoy. ï\ |j lin du vol., n"> I0T,, 108.