‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 12 sur 323 · AGA PÈTES · texte numérisé non relu

AGA PÈTES

Les A ga pètes étaient, dans la primitive Egijse, des vierges qui vivaient en communauté et qui servaient les ecclésiastiques par pur motif de piété et de charité ; ce mol signifie bien-aimées, il est dérivé du grec.

Dans la première ferveur de l'Kglise naissante, ces pieuses sociétés, loin d'avoir rien de criminel, étaient nécessaires à bien des égards. Le petit nombre des vierges qui faisaient, avec la Mère du Sauveur, pariie de l'Eglise et dont la plupart étaient parentes ue JèSas-Christ ou des apôtres, ont vécu en romani u avec eux comme avec tous les autres fidèles. 11 en fut de même de celles que quelques apôtres prirent avec eux en iiilant prèVber l'Evangile aux nations. Outre qu'elles étaient probablement leurs proches parente», et d'ailleurs d'un âge et d'une vertu qui les mettaient hors de tout soupçon , ils De les retinrent auprès de leurs personnes que pour le seul intérêt de l'Evangile, atin de pouvoir, f>ar leur moyen, comme dit saint Clément d'Alexandrie, introduire la foi dans certaines maisons, dont l'accès n'était perlais qu'aux femmes... On snit quo chez les lirccs leur appartement était séparé, et qu'elles avaient rarement communication avec les hommes du dehors On peut dire la même chose des vierges dont le père était promu aux ordres sacrés, comme les quatre iUesdc saint Philippe, diacre, et de plusieurs autrvs; mais hors île ces cas privilégiés et de nécessité, il ne parait pas que l'Eglise ail jamais soutTert que des vierges, sous quelque prétexte que ce fût , vécussent avec des ecclésiastiques autres que leurs plus proches rareiits.

(I) T** à b fin du vol., n« 2, 3.

On voit, par les anciens monuments, qu'elle a toujours interdit ces sortes de sociétés. Terlullicn, dans son livre des Vierges, peint leur état comme un engagement indispensable à vivre éloignées des hommes, à plus forte raison a fuir toute cohabitation avec eux. Saint Cyprien , dans une de ses épîlres, assure aux vierges de son temps que l'Eglise ne pourrait soutfrir non -seulement qu'on les vit loger sous le même toit avec les hommes, mais encore manger à la même taule : le même évênue, instruit qu'un do ses évêques venait d excommunier un diacre pour avoir logé plusieurs fois avec une vierge, félicite ce prélat de cette action comme d'un trait digne de la prudence et de la fermeté épiscopales : enfin les Pères du concile de Nicée défendent expressément h tous les ecclésiastiques d'avoir chez eux de ces femmes qu'on appelait subintroducto', si re n'était leur mère, leur soaur ou leur tante maternelle, à l'égard desquelles, disentils, ce serait une horreur de jienser que des ministres du Seigneur fussent capables de violer les lois de la nature.

Par celle doctrine des Pères et par les précautions prises par le concile de Nicée, il est probable que la fréquentation des Agapètes et des ecclésiastiques pouvait donner lieu à des scandales : c'est pour cela que saint Jean Chrysoslomc, après sa promotion au siège deConstantinople, écrivit deux traités sur le danger de ces sociétés ; le concile général de Latran les abolit entièrement en 1139.

La fréquentation des Agapètes avait eu lieu avant même qu'il y eut une loi générale pour le célibat ecclésiastique; celte loi même ne fui pas portée dans le concile de Nicée, qui défendit aux clercs promus aux ordres sacrés de retenir chez eux des personnes qui ne fussent pas leurs proches parentes; ce n'est donc pas la loi du célibat oui avait donné lieu h leur société avec les Agapèles , comme l'ont prétendu quelques protestants ennemis du célibat des prêtres, cl qui oui fait grand bruit.de scandales qu'on voulut prévenir, mais qui n'existèrent jamais. Le nom d'Agapèles fut encore donné, vers l'an 395, à une secte de gnostiques qui était principalement composée de femmes. Celles-ci s attachaient les jeunes gens, en leur enseignant qu'il n'y a rien d'impur pour les consciences pures. Uno de leurs maximes était de jurer et de se parjurer sans scrupule, plutôt que de révéler le» secrets de la secte. On a vu régner le même esprit parmi tous les hérétiques débauchés.

AGATHE. (Communauté de sainte-).

La communauté de Sainte-Agathe, dite du Silence, ou de la Trappe, règle de Saint-Bernard, a commencé son établissement en la rue Neuve-Sainte-Geneviève, faubourg Sainl- Marcel, en une grande maison située entre la rue du Pot-de-Fer et la rue des Rosier» ou du Puits-qui-parle, attenante à la communauté de Sainte-Aure. vers l'an 1697. Cette maison ayant été vendue par décret, elles furent obligées d'en sortir vers l'an 1698 ,

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pour aller s'établir près le village de la Chapelle, à une lieue de Paris, du coté de Sainl- Donis ; mais le curé de celte paroisse leur lit plusieurs poursuites, et les fit mettre h la taille, ce qui les décida à qnillercclieu pour venir occuper la maison, chapelle et dépendance d'une ancienne maladreric, appelée de Saintc-Valère, située à l'entrée île la rue de Loursine, faubourg Saint- .Marcel, paroisse Saint-Médard. où était pour lors une dame appelée Mlle Guinard, et se lièrent ensemble pendant quelques années ; mais no s'accordanl pas, elles se séparèrent vers l'an 1700. Mlles achetèrent pour lors deux maisons sous le nom de deux particuliers, l'une le 0 avril 1700, l'autre le 17 niai de la même année, située en la rue de l'Arbalète, paroisse de Saint-Médard, vis-à-vis les Filles de la Providence, dont elles passèrent titre à messieurs de Sainte-Geneviève, où elles ont l'ail bjUir, l'an 1701, une chapelle sous l'invocation de sainte Agathe. Files faisaient tous les ans le renouvcllementde leurs vieux, et portaient l'habit de l'ordre de Saini-Hernard.et le faisaienlaussi porter atonies leurs pensionnaires qui y étaient élevées avec beaucoup de soin, en leur apprenant loules sortes d'exer(i<es convenables h leurre.

L'on solennisait, en la chapelle de celte communauté, la tète de sainte Agathe comme l'ôle titulaire; il y avait un sermon.

Voilà ce (pie Sauvai nous apprend sur l'institut des Filles de Sainte-Agathe, et de tous les historiens do Paris, c'est lui (pu en a parlé le plus longuement, mais il est nécessaire d'ajouterde curieux délailssurcette association, dont l'esprit n'est nullement indiqué dans ce qu'on vient de lire et qu'on n'apprécierait point si l'on s'en rapportait au récit de Sauvai. Dans une des éditions de la Vie de M. l'abbé de Rancé.nbbédc la Trappe, par Domlenain, on lit en tète d'un chapitre : Fille» de Sainl e-Aijnthc, comme si l'auteur allait nous donner le fruit du zèle du pieux réformateur dans la fondation de ces sœurs, qui lui devraient alors leur institut. Or, dans tout le conrsdu chapitre, il n'y a pas un mol do ce qu'annonce ce litre, mais on sait que cette Vie n'a point été publiée telle (pie l'avait composée Domlenain de Tillemont. Je suis porté a croire (pie c'est au moins à l'inlluence moraleou autre de M. de Uancé qu'est • lue cette communauté de Sainte-Agathe, et c'est de là sans doute qu'elle prit ou reçut le nom de la Trappe et f babil blanc avec les usages de Cileaux, et de là aussi qu'on appela les religieuses les Sœurs du Silence, •arec qu'elles gardaient apparemment le sionce perpétuel, du moins autant que. leurs fonctions pouvaient le permettre. L'esprit qui régna dans cette nouvelle institution et qui finit par la perdre, ne ferait point honneur a M. de Uancé. si on pouvait croire qu'il lavait connu ou l'avait inspiré; mais à cet égard il n'y aurait de preuve toul.au plus «pie celle qui ressort des choses. Ces tilles de Sainlc-Aagathe s'attirèrent bientôt des tracasseries par leur esprit et leur conduite , l'un et l'autre livrés aux égarements du

nairf. \<;a r.s

jansénisme et des mauvais guides qui dirigeaient leur maison, l ue des sœur* les plu» connues fut une Itretonue , Mario-Anne Locomiu de la Nanlave de Saint-Thurial . nalivede Vannes, et d'une famillcdisliugiiéu dans le parlement de sa province. Pieuse «*t bien élevée, celle fil If avait lait vuu de se consacrer à Dieu: mais contrariée dans sa résolution par sa famille qui voulait lui procurer un bon parti, elle se détermina à prendre la fuite et s'en alla à Angers, décidée à s'y mettre en condition pour gardoises engagements. Tue dame chez qui ello demeurait voulut, au bout d'un an, lui donner son fils en mariage. Mais l'évèque, consultée par la dame sur le vieil que la jeun»? lillc avait déclaré, mit celle-ci en pension chez les Visitandincs. Par malheur, Mlle? Loi ointe de Thiirial lit connaissance d'une pensionnaire calviniste, qui lui avec elle le Nouveau Testament qu'elles interprétaient probablement un peu à leur manière, et <o fut là peut-être le coniiiHMiceineiit des égarements spirituels où elle donna depuis tfltn baissée, et pourtant elle avait contiibué h obtenir l'abjuration de la cahiniste. l'no tante que Mlie Saint-Tluirial avait à Versailles, l'ayant attiré'1 auprès d'elle cl nu pouvant l'y fixer, la plaça, en 1710, à Paris, dans la communauté oe Sainte-Agathe, où elle goûta facilement les idées étranges qui y dominaient, n'-»» ut d'y rester, et y lit 'profession le 1 juillet 1712. Il faut se rappeler qu'on ne faisait là que des vieux annuels. Cependant f entêtement, la conduite de ces religieuses faisaient bruit et scandale. Au mois de mars 17l-'i, un arrêt du conseil en chassa les pensionnaires elles religieuses avec ordre à celles-ci de prendre des babils séculiers; l'on avait d'ailleurs à mettre on avant le prétexte qu'elles n'avaient point de lettres patentes.

Li sœur Nanlave de Saint-Thurial, qui avait pris le nom de sieur Ïaintc-Atjnthc, s'associa avec deux on liois autres sieurs, et mena avec elles, autant que cela lui fut possible, la vie régulière et même austèi e dont elle avait contracté l'habitude dans la maison d'où ella sortait. Au bout d'un an, le P. Fouquet oralorien, lui conseilla de se faire Calvairicnnc, ce qu'elle agréa, et comme elle était trop notée à Paris, on l'envoya faire sa profession à Orléans en 1717, sous le nom de Sœur Olympiade. Deux ans apiès, on l'fl lit revenir à Paris, au couvent des Calvairiennes du Marais, où el'e se signala par le jansénisme le plus fanatique, et linit pour n'être pas exilée apparemment , par s'échapper de son cloître, et après onze ans de vie séculière, mais passés dans la retraite et sous I habit religieux, cette pauvre tète finit ses jours sur la paroisse Saint- Itenoit. à Paris, le 3 décembre l",r2. J'ignore pourquoi elle avait quitté la maison do Sainte- Agathe, car les Filles de cette communauté s'y m i ii 1 1 ii ■ «"Ht, mais probablement sous l'habit séculier, et on les qualifiait de Filles séculières; elles continuèrent l'exercice de l'enseignement aux jeunes personnes,

il AGA DES ORDRE!

fi ^anièreut toujours aussi ItMirs erreurs pn*én 11*11 nés. Le cardinal île Noailles les ar.ni protégées; sous Mgr de Vintimillc.son Mi«-.-e>5»»ur, elles oe furent pas aussi favon«.ees. Ce prélat retira la supériorité de la maison à l'abbé Guichon, chanoino de la métropole, prêtre fanatique, appelant, réappv^nt, adhérent à I évéque de Sénez (Soaurn). L*3et le 6 octobre 1733, le grnnd vicaire, M. de Komigni, visita la communauté, tit apporter les registres, dressa un état du temporel et des |>ensionnaires, demanda quel» livres on lisait. quel catéchisme on envngnait; si on ne se servait point de celui tie Montpellier. Enfin de quel droit on avait le Saint-Sacrement dans la chapelle. Le récitai de cette visite fut l'interdit de la chapeite.qui fui signifié par huissier le 30 octobre suivant. On avait peut-être été amené irrite rigueur par un acte de fanatisme qui » était (>a>sc dans celte maison un peu avant la visite du grand viraire. Une des sœurs «tant dangeureuseiuenl malade, on appela un prêtre de Saint-Médard, paroisse sur laquelle rU;i >itué rétablissement pour l'administrer. Le prêtre, après la cérémonie, s'approrha de la malade, et lui demanda si elle ne tri» au y-as loul ce que l'Eglise- croit, et si eilcn'êlaii |«as soumise à ses décisions ; ello répondît que oui. La supérieure, qui était p»é* du lit, ajouta : « Oui, Monsieur, mais

• non \*i a la constitution Unigcnitus : je « sais que tels sont les sentiments de ma

• seur. Qu'on juge de ce que devaient être les sentiments el les relations de toute la ronimunaulé! Le P. Coclfrol, Uenovéfain , prieur, curé de Saint-Médard, s'était vu, |«ur remédier à l'inconvénient des mauvais** inspirations données à la jeunesse, fnrré à enlever la permission de tenir les érole» a plusieurs maîtres dans sa paroisse, rt d f«.rma ainsi l'école de Sainte-Agathe. Rien ne pul iiompler l'orgueil et l'entôtem-iit de ces filles trompées. Le curé de smit-Médard se vit réduit à refuser les sacrements à toutes les malades de celte communauté, qui Utdéférer au parlement le refus bu aux sœurs Fouinera et Perpétue. Mgr l'archevêque OU. de Bcauuionl) fut même réduit à Caire transférer, par ordre du roi, celte MBur Perpétue, dans l'ablvayo de Porl- Boval. alors, comme on sait, maison édifiante cl catholique, el où, comme récrivaient les janténisles dans ce temps-là, les Jésuites avaient leur haut-par 1er. Enfin, la désobéissance allait si loin, quo M. de Bcaumont prit des mesures contre un ecclésiastique qui contribuait à eutrelenir la communauté dan» son entêtemenl, et prit, en 1753, le parti extrême de fermer celte maison, foyet ée révolte et de discussion. Ainsi périt, viemue de son jansénisme, un institut, dont le genre, l'austérité, etc. , avaient d'abord é- Wnné et même éditîé, et qui aurait pu être ouïe à l'Eglise si l'esprit d'erreur et une taawe direction ne lavaient pas perdu.

L'Abbé le Rœuf, dans son histoire du (bote* de Pans, garde ici, comme toujours une réserve qui prouve son penchant connu

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pour les novateurs, et se borne à dire que la maison fut fermée en 1753. Ce qu'écrit aussi M. do Saint- Victor dans son Tableau de Paris. Dom Lohineau n'a pas fait mention de cetto •maison dans son grand ouvrage sur la capitale.

La communauté de Sainto-Agalhe était située dans la rue de l'Arbalète, faubourg Saint-Marceau, et le local qu'elle possédait a été occupé, depuis la révolution, par les Dames Augustines, dites du Saint-Cœur de Marie, aujourd'hui établies dans la rue de la Santé, cl simultanément, après la révolution de 1830. par une petite corporation de Jésuites, à qui était cédée une portion des bâtiments à l'ouest de l'édifice qu'elle occupa peu de temps. Vinrent ensuite habiter cette maison les religieuses do l'Assomption, aujourd'hui établies à Auteuil. Actuellement elle est occupée par des ouvriers et en partie détruite. Nonobstant les renseignements que je donne ici, sa position topographique sera bientôt inconnue. [Renseignements recueillis, passim.)

AGNÈS (Congrégation des fili.es de S ai nie).

Il s'est formé depuis longtemps, dans le département du Puy-dc-Dômo et dans les diocèses voisins de celui de Clermont, des assemblées de filles qui, pressées du désir de servir Dieu d'une manière particulière, ont entropris de renouveler le fru qu'avait allumé parmi les jeunes Siciliennes, et prèsque dans toute l'étendue de l'empire romain, le toucliant el héroïque exemple do l'illustre viergo et martyre, sainte Agnès, et qui, pour atteindre cette fin, ont pris celle admirable jeune tille pour leur modèle, pour leur patronne, pour leur mère; ces heureuses dispositions se manifestèrent d'abord àAurillac, puis dans la Haute-Auvergne, surtout dans cette partie du diocèse de Saint- Flour qui est séparée de celle ville par les montagnes du Cantal. L'expérience a prouvé quo l'esprit de Dieu avait présidé à cet établissement, soit par la multitude de tilles qui en sont membres, soit par les exemples édilianls qu'elles n'ont cessé de donner et dont le parfum se répand toujours davantage, soit par les services qu'elles rendent au public , par les soins quelles prodiguent, dans les principales villes aux malades el aux prisonniers, par l'éducation solide et chrétienne qu'elles donnent à un grand nombre de jeunes enfants dans les paroisses où existent ces établissements.

Ces institutions si propres à procurer la gloire du Dieu et l'édification du prochain furent de lout temps pour les saints une occasion féconde qui excita et qui exerça leur zèle. Saint Ambroisc, ce glorieux docteur de l'Eglise, ne dédaigna pas de s'occuper do l'institut de Sainte-Agnès. Son exemple fut suivi par saint Charles Borromée, son digne successeur, tant de siècles a près. L'un et l'autre do ces doux grands pontilcs prirent un soin toul particulier de ces assemblées, qui, depuis le iv* siècle de l'Eglise et pendant les siècles suivants, n'avaient cessé d'imiter, au milieu du monde, le mépris que

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sainte Agnès en avait f.iil, son courage dans les sou lira nées , et à faire, à l'exemple de relie héroïque vierge el niarhrc, une glurieuse profession de la virginité. Ils regardaient même ninimc un des principaux devoirs de leur sollicitude pastorale de les former à toutes les vertus propres à leur état, el de leur donner des règles de vie <pii pussent les armer el les détendre contre l'amour du monde , contre les passions, et les garantir des pièges que la séduction tend incessamment à leur innocence.

C'est à ce zèle ardent pour conserver intacte et pour augmenter celte troupe de vierges, «lui ont donné de tout temps tant «l'éclat à l Kglise, qu'il faut attribuer ces livres admirables qu'a composés saint Ambroise sur la virginité, et ou il (race le plan de cette vie loute céleste pour les biles qni veulent vivre, dans le monde, dans la profession de cette Angélique vertu. Tel était le but que se proposait le grand cardinal saint i.harles Borromée, dans les instructions salutaires qu'il leur adressait, malgré b\s immenses Iravauv dont l'accablait l'administralion de son vaste diocèse.

Aussi la pieuse jeunesse répondait elle à un zèle si ardent par les fruits qu'elle en retirait, par son empressement et par la générosité de ses vertus. Une multitude de vierges venaieutde toutes parts puiser mprès de « e digne directeur l'esprit de la virginité, et on vit leur nombre s'élever par ses soins jusqu'à 4,000.

Les tilles de la société de Sainte- Agnès se consacrent au soin des malades, à l'éducation de la jeunesse, au service même des personnes du monde. On en voit même demeurer dans leur famille, dont elles sont l'ornement et où, par leurs bons exemples elles perpétuent la piété, et où elles sont pour tous la bonne odeur de Jésus-Cbrist. Chaque |»aroisse dans !e diocèse de Saint-Flour compte un certain uombredelillesde Sainte-Agnès; elles répondent toutes, en général, à l'esprit de l'institut, se livrent à la pratique de toutes sortes de bonnes œuvres, à tout ce qui peut contribuer à la gloire de Dieu cl de son Kglise, et aux œuvres de miséricorde spirituelles et corporelles du prochain.

Les devoirs dessilles de Sainte- Agnès sont de deux sortes, les devoirs spirituels et !es devoirs temporels; les premiers consistent dans les vertus qu'elles doivent pratiquer, et surtout celles qui leur sont pioprcs; les autres dans les fonctions purement temporelles qu'elles doivent remplir.

Leurs principales vertus doivent être une tendre piété, une modestie exemplaire, une charité inépuisable entre elles, une mortification prudente, une obéissance absolue el prompte, un zèle ardent, mais discret, pour le salut du prochain; un zele généreux de leur propre perfection, un sincère attachement au progrès et au bien spirituel de leur congrégation. Tout cela est traité longuement dans le livre qui contient leurs régies.

Le nombre des oflicières est ordinairement de treize, savoir : la supérieure, l'as-

(I) Y oi). à la fui du vol., n" i.

NNAIRE At;N 7*

sislante, la Irésorière. la maîtresse îles novices et la sons-m,'iitres>e,deux sacristines et m \ conseillères. La supérieure est choisie |>ar le directeur seul; ii en est de même de l'assistante et de la maîtresse des novices. Los autres choix se font par l'iulermédiain; «les trois personnes susnommées. I.a supérieure conserve sa charge tout le temps que le <lirerteur le trouve convenable ; «pumt aux autres, leur changement peut avoir lieu tous, les trois ans.

Nota. La bulle «lu souverain pontife Clément Xl«pii accorde les indulgences plénières aux tilles «le Sainte-Agnès qui remplissent les conditions prescrites, a été donnée, a Home, à Sainle-Maiie-Majeure, sous l'anneau du pêcheur, le .'10 sept. 1707.(1)

ACNKS (SoM'ns i>e Saimk-), maison mère, à Amis, Pas-de-Calais.

La véritable Kglise peut, avec une égale confiance, montrera ses amis et asesennemis les pieux personnages «pi elle entante sans cesse? à Jésus-Christ : aux premiers, pour les édifier; aux seconds, pour les « «nifoiiilre et leur fermer la bout lie. Dans chacun «feux , Dieu se montre admirable; «-n h'S faisant conuailn', on glorifie Dieu et son Lgbse, et ou sauve de l'oubli la mémoire «Jes servtli'iirs ou servantes «le Dieu, «pii méritent de passer à la postérité, et de devenir les mo- «lèles de nos descendants.

Jeanne fîiscoi, <pm l'on peut, avec raison, regar«ler comme un modèle de charité chrétienne, naquit a Arras, en l'année 1001, de Jean et d'Isabelle Vasscur, riches marchands, «pu se faisaient remarquer par leur dmituru et par leurs sentiments chrétiens. KUe s»;* donna à Dieu dès sa première enfance, lorsqu'clb; fut capable de le connaître. Douée d'un excellent naturel, «l'un esprit vif, d'un jugement solide, avec «les agiéuieuis extéi leurs, elle rapporta l'usage de ces dons à la gloire «le Celui de ipii elle h'S avait re«;us.

Son goût la portail vers la s«dilu«ie. I*i piété de celle vertueuse enfant croissait aver sou flge. Llle avait surtout une tendre déw>tion p«)ur la sainte Vierge, dont ebe imita la pureté, dans un temps où !a gu«-rre, ijui désolait l'Artois, exen ail une iiilluence luncsio sur les iineurs publiques. A l'amour de la retraite, au mépris des vanités, à la prati<|u<> «le l'oraison, elle joignait, «pioiqnc jeune encore, le soin «les malades, le soulagement «les pauvres, l'inslnu lion des orphelines, et généralement tout le bien que l'amour divin inspire à un c«enr qui en est rempli.

A l'Age de quatorze ans, « elle jeune servante i:e Dieu rompu entièrement avec h* siècle, s'habilla de mur, el d'une étoile commune. De l'avis de son confesseur, ■ Ile lit vti'ii de chasteté perpétueiie, et marcha avec une nouvelle ferveur dans les sentiers «le la perfection. Plus heureuse «pu: d'autres jeunes personnes, qui ne peuvent servir Dieu qu'au milieu «les dillicullés sans nombre qu«- leur suscitent leurs parents, elle pouvait vaquer sans contrainte à ses exercices de pieté et à la pratique des bonnes «ruvres.

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