‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 137 sur 323 · H5 MAD DES ORDRES · texte numérisé non relu

H5 MAD DES ORDRES

iprès lesquels ils retournaient à la chambre inosiolioue. Les autres privilèges que Sixte rartOfda aux chevaliers de I ordre furent rt* nombreux et très-précieux : ils étaient tftfpts de toute charge, ils étaient les com« Dentaux ou familier» du Pape; ils portaient les bâtons qui soutenaient le baldaquin dan» :tnâioes occasion;-, comme i«ndant la urocesswo do Saint -Sacrement.

Us enfants aînés itortaicr.t le titre de mute de Lorette ou d<* Latran, et les secouds ib de chevaliers prenaient celui de dorés M&fur«iydoratiouaurali; et si, parmi leur» tobots, il y en avait quelques-uns qui emi rivaient 'l'état ecclésiastique, ils avaient k droit de porter l'habit de notaires apostoliques. Quoique les chevaliers eussent cessé k jouir de ces privilèges, ils continuèrent ijvrter le titre de comtes de Latran. Pour rt |>rivdége, les chevaliers contractaient i'cblicaiion de défendre les côtes de la lUrcbe d'Ancone , la Romaine contre le»

toxinds, et de garder ta ville cl le sanclaiirf d? Lorette.

Jiistioiani nomme ces chevaliers de SainteeVif de Lorette, à la page 345 de son Histoire dts ordres de chevalerie, mais il en iitibue rin>tilution à PieV; il dit aussi que tel ordre cesaa d'exister après sa mort, ce qui r>i (aux.

Quand Sixte V voulut récompenser Fonuna «l'avoir érigé l'obélisque du Vatican, il Wcréa chevalier de l'ordre de l'éperon d'or, dit nomma aussi chevalier de Notre-Dame de Lorette. Alexandre VU ajoutant 70 chevaliers, eu 1656, il en éleva le nombre à î».

Dans la suite, Tordre perdit beaucoup de » j|>leodeur, et du temps de Bonanni cette i<iiice noble n'existait plus, ou du moins ses timbres étaient devenus officiers de la cuiûbre apostolique. C'est ainsi qu'il l'as- «re dans la page xur de son catalogue des Mires de chevalerie, qu'il ttt imprimer à &«uie sous Clément XI, où on en voit la tour» portant suspendue au cou une luétiilJed'or, qui était la décoration do l'orta ' il y avait d'un côté l'imngu de N.-D. de Lurette; de l'autre, les armoiries de Sixte V, tyu avait accordé aux chevaliers cette mar- ^M honorifique.

LOCEZ-DIEU (Religieuses dites de) de t institut dt Saint-Jérôme, ordre de Suint- Augustin, à Arra».

Ces religieuses existaient a Arras depuis Npùcopat de Dague, en 1W0. Philippe le

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Bon, duc de Bourgogne, honora celte communauté de sa protection, et lui vint en aide par ses libéralités. Les sœurs gardaient les malades dans la ville et la campagne; elles se livraient aussi à l'instruction de la jeunesse.

LOUIS (Dames de la Cdaeité de SAINT-).

Deux dames d'une naissance distinguée, qui habitaient Paris, où elles eurent beaucoup à souffrir pendant la Révolution de la fin du xviu* siècle, allèrent se fixer à Vannes, lorsque M. de Pan ce mont fut nommé à ce siège, en 1808 : c'étaient Mme D. Malesherbes, veuve du défenseur de Louis XVI, et Mme de Molé, sa fille. Elles établirent dans cille ville une société religieuse de femmes, pour remplacer les anciens ordres détruits. Les sœurs de cette nouvelle société joignent les travaux de la vie active aux exercice» de la vie contemplative ; elles se livrent a l'instruction de la jeunesse de leur sexe; leur maison principale est & Vannes, dans l'ancien couvent du Père éternel. Elles ont aussi des établissement» à Aurai, a Plechatel et à Saint-Gildas-de-RuK(j)

LUNE (Oedre équestre de la), royaume de» Deux-Sicile»,

Devenu roi de N a pies et de Sicile en 1266, Charles I", duc d'Anjou, voulant récompenser les services de plusieurs illustres chevaliers Siciliens, les annoblit dans la ville de Messine en 1368, au moyen d'un collier d'or composé de lis et d'étoiles, auquel était sus* pendue une lune en croissant avec l'épigraphe, Dunee totum impleat, et déclara former en ordre équestre, les chevaliers qui avaient reçu cette distinction. Comme cet ordre avait pour principal but de combattre |iour la foi, de loger les voyageurs et pèlerins et d'ensevelir les morts,* il reçut l'approbation du Pape Clément IV. Les chevaliers portaient aussi sur le bras gauche une lune en croissant d'argent. Menénins assure que personne ne pouvait faire partie de cet ordre militaire, si déjà il n'avait donné quelque preuve de sa valeur dans la guerre, et que ceux qui s'y enrôlaient devaient promettre de se soumettre pour autrui a toutes sortes d'épreuves et de dangers. L'ordre s'éteignit sous le pontificat de Pie 11. Bonanni, dans le tome 111% page 72, du Calalogue de» ordre» militaire» et equettre», traite de ce dernier, et donne la forme de la décoration.

*ADELElNE(CouvEirr de SAINTE-)d Strasbourg (Haut-Rhin).

Ce monastère avait élé fondé en 1225 par onqjvanes filles de haute vertu, qui voulant *"ir Jésus- Christ à l'imitation des cinq "*rSes sages de l'Evangile, s'étaient éta-

W »'o|. à la en do vol., n»« 130, 131.

blies hors de l'enceinte de la ville de Strasbourg, au lieu désigné sous le nom de Waseneck. Rodolphe, saint prêtre strasbour- ;eois, était leur directeur; témoins de leur» progrès journaliers dans les voies de la perfection, écrivant au Pape Grégoire IX pour e supplier d'approuver le genre de vie de

707 MAI) DICTIO;

ses pénitentes cl île les soumettre à une règle fixe, le Souverain Pontife adressa aux cinq vierges un bref apostolique daté du '* des ides de juin 1257, par lequel il les u<\mellail dans l'ordre des pénitentes de Sainte- Madeleine et Us soumettait à la règle do Saint-Augustin. Dès lors de nombreuses compagnes se réunirent à elles et d'abondantes aumônes leur permirent de bfltir un vaste eouveiit, au lieu môme où elles sciaient «l'abord établies. On les désignait habituellement à Strasbourg sous le nom de Iteuerinn en (repenties). Le monastère primitif subsista environ deux siècles, mais en !i7i, lors dc> guerres des Suisses, des Alsaciens et des Lorrains avec Charles le Téméraire, duc de Rourgoguc, Strasbourg s'attendait à un siège prochain et se mit en défense. Plusieurs des couvents extérieurs pouvaient offrir îles lieux de refuge à l'euiu iiii, cl faire courir des dangers à la place: on résolut de les détruire et d'assigner dans l'intérieur de la ville de nouvelles demeures aux habitants, celui des Repenties fut rasé;on acheta pour elles et on leur abandonna à perpétuité une maison particulière à laquelle on joignit un emplacement communal considérable.

Robert, comte palatin, duc de Bavière, landgrave d'Alsace et évoque de Strasbourg, approuva la translation.

Après quelques années, le nouveau monastère, son église cl ses dépendances, furent bâtis: la vie modifiée des Repenties les avait rendues l'objet de l'admiration générale, et le Souverain Pontife ayant ouvert le trésor sacré des indulgences en faveur de ceux qui contribueraient à la construction des divers édifices, les aumônes des fidèles affluèrent; les dons volontaires moulèrent à la somme énorme de 1^5,000 florins.

Les religieuses de la Madeleine ne se relâchèrent en rien après avoir quitté leur premier établissement. La (idélitéavccla juelle elles observaient leurs règles, leur constance et leur fermeté a pratiquer les conseils évangéliques, leur ardente charité et leur esprit profondément catholique, leur valurent la haine particulière des apostats du siècle suivant: elles étaient en quelque sorte, pour ces malheureux une protestation vivante contre les mensonges et les calomnies dont ils chargeaient tous les jours l'Eglise; il fallut donc faire disparaître ces témoins dangereux dont les importunes verlusauraient pu ouvrir les yeux au peuple.

On espéra pousser les Repenties à quitter leur ordre à force de vexations et de tourments; mais elles opposèrent à leurs persécuteurs une constance inébranlable, et si quelques-unes d'entre elles faiblirent, l'immense majorité de ces saintes tilles résista héroïquement aux elîorts des serviteurs de la parole et des magistrats de Strasbourg.

Les tracasseries commencèrent en 1523. On fit défendre aux religieuses de recevoir des aumônes, on leur interdit d'en distribuer, et on exigea qu'elles remissent les sommes consacrées a ecl usage aux magistrats, qui se chargeaient d'en faire la répartition.

NAIRE MAD fa

On alla plus loin: l'année suivante dans u matinée du samedi saint, 1524, le sieur Ber nard Wurmser, dont on connaissait l« sympathies pour le pur Evangile se présont) inopinément au couvent et exigea qu'on lu. en ouvrît les portes; il élail suivi deGaspan Baldung, de Gaspard HotTmeisier, magistrat) tous lesdeux, et du notaire Mb hel$cb*inok ces hommes, après avoir fait un invenlain exaet du vin cl du grain qui se trouvaient i la cave cl au grenier, obligèrent les nonne h leur communiquer un détail munitieai d< leurs revenus cl redevances. La premièn attaque avait été dirigée conlre la chanté celle-ci le fut contre le droit de propriété elle servit de. prélude à des atteintes beaucoup plus graves ; bientôt on défendit absolument aux religieuses de vendre leon grains, et de prendre des disposions quel touques louchant les terres du monastère

Ou a eu souvent occasion de dire que il catholicisme seul asseoit la propriété sur dm base parfaitement stable, quoique l'Kglwli considère plutôt comme une charge et um fonction que comme un droit égoïslejle désu de s'emparer du bien d autrui a été un granc mobile de la Réforme.

Le sieur Wurmser et ses compagne après avoir terminé l'opération de l'inventaire au couvent de Sainte-Madeleine, le sénateur déclara au nonnes rassemblées qu'il leur était interdit absolument d'avoir à l'avenir aucun rapport avec Louis Dietmar, prieur de Saint-tïuillaumc , leur ionfes>cai ordinaire, et qu'elles eussent à s'en remet* tre, pour toul ce qui regarde le spirituel et le temporel de leur couvent, au seul magistrat, lequel s'engageait à leur procurer dea directcursel dessupérieurs parfaitement cuovenables.

Wurmser se relira avec ses satellite»

après avoir intimé aux Repenties les ordres des PP. Conscrits strasbourgeois el ne »ou* lut pas écouter leur réponse. Louis Dictraar était un prôlre do très-sainlc vie et parfaitement orthodoxe. A ce tilrc les novateurs l'honoraient de leur haine ; ils avaient conseillé au Sénat de lui fermer l'accès du couvent de Saint- Marie-Madeleine, pensaol qu'après avoir soulevé aux religieuses leur guide spirituel, on viendrait facilement à boni d'une troupe de femmes livrées à ellesmêmes.

Réduites à celte extrémité, ces religieuses réclamèrent les secours el les conseils du premier paslcur du diocèse, elles écrivirent à Guillaume de Honsiein. Le Sénat qui le» surveillait do très- près eul connaissance de leur démarche el leur députa les sieurs Mathias, P. Furherr cl Sigefroi de Bietbeiffl pour leur défendre «le communiquer arec l'évôque, soil par lettres, soit verbalement, ou de recourir d'une façon quelconque a la protection du prélat. Quelques p^'t* vexations de détails marquèrent la un de 152'*.

L'annéel525 fut plus triste, encore. Ellf*» écrite en lettres d'or dans les fastes de I hénsie de Strasbourg; elle fut aussi doulcureu*

MAD DES O.tDRES

poorles religieuses. Les ma gH rats adoptai enl Jt» idées fort larges ; ils s'empressaient d'en iire l'application. Quelques religieuses efirnéesdes menaces dont elles étaient l'objet tbiquejour.eurent la faiblesse décéder : elles quittèrent le voile, acceptèrent les pensions iu'od leur offrit et se retirèrent dans leurs toi Iles; mais elles ne formèrent que la faille minorité de la congrégation; leurs campantes donnèrent des preuves d'une fidélité à ioute épreuve et furent aussi insensibles ut promesses qu'elles l'avaient été aux roe-

Cependant les prédicanls, les sénateurs et i bourgeoisie évangélique étaient irrités m}iusnaut degré de la fermeté avec la- ; "lie les Repenties refusaient do se soudure aux injonctions des magistrats. Les o'UTeaui curés tonnaient, du haut de la itmre, contre le coupablo entêtement qui lisait ces femmes à préférer les ténèbres jd i«pisme aux clartés de la parole dégagée k lout alliage humain , et au sortir du prcrtt la population ne manquait pas de se («rWr en masse aux abords du couvent de ùinif-Madeleine, afin de donner par ses cris, *i injures, et ses menaces, des preuves surabondantes du zèle chrétien qui l'animait.

La prieure en fut alarmée. Craignant que «jfauatiques n'en vinssent a enfoncer les !«rt*s du couvent, elle envoya secrètement »Hi-uenau, dans la maison de son ordre, W religieuses les plus jeunes qui eussent founi de grands dangers dans un tumulte tuj'olaire, ou qu'on eût pu enlever de krrepour les faire rentrer dans le siècle.

Teu de jours après leur départ, une dépu- Ution des magistrats , composée comme les ptvédentes, des sieurs Baldung, Hofmeister et Eleuhard, vint dépouiller la sa- «nsiie de ce qu'elle renfermait de plus pré- "f'Jt: ils y prirent un calice d'or massif, «me d'argent, plusieurs vases et ornements ««prix. Ces objets furent portés a la tour au Pknmngs; on ne se donna pas la peine h colorer d'une ombre de prétexte ce vol *riiCge; c'était une manière sommaire 1 «vpliquer l'un des principes du nouvel Ftingile cl d'exercer la puissance spirituelle Minu-nant dévolue aux magistrats.

t*$ vexations, les menaces et les mauvais (raitemenu exercés contre de pauvres inoktisWes religieusos privées de secours cireurs, de lout appui et conseils, ne s'ar- 'Wretit pas un moment. Pendant le cours de j année 1525 ces malheureuses femmes ne forent plus soutenues que par le sentiment <to Jeioir: on leur avait enlevé leur direc- ■«w spirituel ; la Messe ne se célébrait plus «m leur église, elles étaient privées de 'uuge des sacrements Dans celle doulou- *<i* extrémité la prieure se décida à partir HrHaguenau avec huit des sœurs, afin de **coofesser et de communier. Le voyage eut "eu U veille de la féte de tous les Saints; datant de se mettre en roule les reliâmes rédigèrent et signèrent en présence « Meurs Soselheim et Jean Mittelhausen, Meproteslation par laquelleelles déclaraient:

RELIGIEUX. MAR 7i0

1* qu'elles n'avaient ed aucune manière l'intention d'abandonner leur monastère, et qu'elles se rendaient à Haguenau simplement pour retrouver des forces dans le banquet eucharistique et pour s'entendre avec leurs sœurs; 2* que jamais elles n'avaient consenti et ne consentiraient à l'abolition du bénéfice de la Messe et des heures canoniales; 3* que jamais aussi elles ne consentiraient à coque les biens, revenus, ornements et vases sacrés de leurs couvents fussent vendus, aliénés,employés à des usages profanes; 4e qu'elles ne deviendraient infidèles en rien h leurs règles et à leurs vœux et qu'elles endureraient mille morts si cela se pouvait, plutôt que de manquer à leurs devoirs. L'absence de res religieuses ne fut pas longue ; elles revinrent après quelques jours pour être en butte à de nouvelles tribulations. La constance de ces saintes filles irrita de plus en plus les passions haineuses des apôtres de Strasbourg ; ils excitèrent les magistrats à ne pas leurdounerun instant de relâche, en leur répétant chaque jour « qu'une autorité vraiment chrétienne devait détruire dans ces domaines le règne de Satan et de l'idolAtrie. » Leurs efforts furent couronnés de succès; les autorités de Strasbourg disposèrent des biens du couvent de Sainte-Madeleine, laissèrent è peine le plus s; Met nécessaire aux religieuses et les réduisirent à une profonde misère. Mais nen ne pul les ébranler; leur conduite fut toujours telle que leurs implacables ennemis eux-mêmes n'ont pas osé les alir de leurs calomnies.

MADELEINE (Ordre équestre de la).

Jean Chesnel, gentilhomme breton, douloureusement affecté par la fréquence des duels qui avaient lieu en opposition évidente aux lois, et au préjudice du corps et de l'Ame, fil instance en 16U, auprès de Louis XIII, roi de France, pour obtenir l'institution de l'ordre de Sainte-Madeleine, dnnl les chevaliers a 'obligeraient par vœu spécial a renoncer au duel, hormis les cas où il s'agirait de l'honneur de Dieu et des biens du royaume. Louis XIII approuva cette généreuse pensée et créa chevalier Jean, qui composa les statuts du nouvel ordre et les fit imprimer à Paris en 1618. Cet ordre cependant ne progressa pas.

MARIAMETTES (Congrégation des religieuses de), en Palestine.

Les filles qui veulent embrasser la vie religieuse en Orient rencontrent beaucoup de difficultés, parce que c'est toujours l'usage dans le Liban, en Palestine comme dans le reste de l'Orient que la femme est achetée |iar son mari . Les parents, au lieu de payer unedot.la reçoivent; les filles sont donc pour eux une fortune;aussi renconirent-el les beaucoup de difficultés pour se l'aire religieuses. Les parents tiennent beaucoup aux piastres qu ils ne peuvent tirer du couvent. Il y en a auxquelles on fait souffrir une espèce de martyre; mais on trouve, chez les Maronites en particulier, un zèle, une ardeur qui don*

nent les meilleures esj érances. 11 y a Irois ans un père do famille Maronite mourut, laissant une jeune veuve avec cinq lilles dont la plus jeune avait quatre ans. Le défunt avait un frère prêtre auquel il recommanda en mourant son épouse, ses nmj filles et sa petite maison. Ce prêtre commence par instruire sa belle-sœur et ses petites nièces; il fait tle la petite maison un couvent, une maison de prières, il recrute parmi les filles les plus sages de cette montagne, les réunit à la petite communauté dont la vertueuse veuve devient la mère. Il n'y a plus que la plus jeune des cinq lilles qui ne soit pas religieuse, parce qu'elle n'a pas l'Age. Une de ces religieuses va faire l'école à deux îieues et demie de sa démeure dans un village grec schismalique de 1,300 âmes. Cette bonne lillc a été avec tant de persévérance et d'exactitude, malgré la longueur cl la difficulté du voyage, malgré les mauvais traitements et les outrages qu'elle essuyait de la part des hérétiques; elle s'est conduite avec tant de précautions et de prudence, elle a tant fait par ses prières, qu'au bout de quinze mois, elle a fini par convertir tout le village, le curé aussi bien que les paroissiens; les Pères tle la Compagnie de Jésus ont su mettre à proiit ces heureuses dispositions des Maronites; l'un U'eux, il y a quinze ou seizo ans, après avoir traversé la Mésopotamie, la Chaldéc et l'Arménie, cherchant un lieu où fonder une mission, s'était arrêté dans les vastes plaines de Dalhcck. Frappé de la beauté du pays et de l'air intelligent de la race, il se billit dans l'endroit le plus peuplé, une maison en terre, appela à lui les enfants qui étaient abandonnés, et bientôt il en arrêta un si grand nombre que seul il ne suflisaii plus. Quelques jeunes et douces filles formées par ses soins furent bientôt en état de le suppléer, et ces écoles par leur bonne dUeii'line et leur parfaite tenue font encore l'admiiation de tons ceux qui les visitent. Ou y enseigne les éléments des lettres , l'Kcnlure sainte, enseignement tout particulièrement plein de charmes pour des peuples qui v'v„nt dans le pays des patriarches, et « ] il i retrouvent dans l'histoire sacrée une histoire nationale.

Un frère, brillant professeur de rhétorique au ci llége des nobles, a Naplcs, s'avise de réunir les élèves de quinze à vingt ans, garçons et filles ; il les exerce sur un sujet donné pendant la semaine et le dimanche les envoie deux h deux (deux garçons ou deux filles), comme Notre -Seigneur envoyait les apôtres et les soixante et douze disciples dans les villages voisins de ces mêmes contrées pour leur enseigner sa parole. Les jeunes missionnaires s'en vont au lieu uni leur a été désigné, et quels que soient les moyens, souvent ils atteignent au véritable but de l'éloquence qui est de cou vaincre et de loucher. Les filles se distinguent par leur zèle à s'en aller le dimanche dans les villages les plus abandonnés de la plaine pour enseigner la Doctrine chrétienne, en attendant qu'on y puisse ériger des écoles.

Depuis quatre ans, il y a une congrégaior maronite ensoignante; un bon prêtre maro nitc.qui depuis vingt-trois ans vitenrappor avec les Jé>uilcs, conçut et exécuta le \>it\ «le celte institution; vendant tout ce .ju'i avait, il offrit asile a quelques jeunes filîev qui paraissaient avoir des dispositions *f rieuses pour instruire des enianb; il lem apprit a vivre sons une règle, à former à !< religion et à !a vertu les enfanbdeieur sexe el déjà les jeunes institutrices, consacrées i Marie, sous le nom de Mariamtlta, ont n;< à huit écoles de quarante à cinquante eu fants chacune. La Mariamelte peut-être cm sidérée comme le type de rinstilulrice LiU naisc, la seule qui puisse vivre au tmltri des populations les plus grossières, s'adajlei à leur genre de vie dur et pauvre, le>aime en se dévouant pour elles. Klle conimeno par chercher dans le lieu où elle s'éubn une pieuse fille ou veuve du village même laquelle lui sert d'aide el de compagne ci partage avec elle son habitation, le pain dut et sec «lu pauvre qui vient recevoir ses leçon*, est sa seule nourriture et l'unique prii J< ses travaux. Cependant il lui faut des vêlements, un asile eu cas de mal idie, il fcu quelque chose d'assuré dans la maison oc les novices viendront se former à leur tour ce sont les ressources qui manquent mai donnera celle excellente œuvre loul le développement dont elle est susceptible, nr << nouvelles demandes lui arrivent lou> le! jours; on demande des institutrices ruênit eu dehors du Liban.

Il y a des écoles dans les villages les pin* importants du Liban, qui sont tenues |iar M congrégation des su-urs MariamHtes. La maison mère est à Bekfaia. Le lundi malin, elles se rendent chacune h sa destination |>lu«"ti moins éloignée; les enfants leur apporteni h manger dans !a maison où elles font IVcole, et d'où elles ne sortent que lésant; pour s'en retourner à la maison mère et j passer la journée du dimanche en cotnmu naulé. Eu outre, dans le courant de la se mai ne, elles reçoivent la visite d'un Pèn qui fait le catéchisme aux enfauts : ces strur font un bien immense dans les montagne* elles ont déjà renouvelé des villages entier* Lue d'entre elles allait faire l'école dans ui gros village do Grecs schismntiques, àdeu' lieues el demie de leur résidence, | ar de chemins très-difficiles, éprouvant sanscew de la pan de ces schématiques, toutes sorie de rebuts et de mauvais traitement."; nui. son zèle, soutenu par la patience et la<™; fiance en Dieu, croissait a proportion de obstacles. Klle finit par convertir toute i paroisse et le curé lui-même, qui a fait '<» abjuration publique, tanl en son nom i"»11 celui de ses paroissiens. Maintenant u'U paroisse est une paroisse modèle.

Le bien que font ces sœurs partant n elles sont a engagé les t*I*. Jésuites à éLd-l une congrégation de frères arabes, à l in*:' do celles îles sœurs, pour l'intérieur ^ montagnes, où la langue française n'est j ^ encore en usage.

ïij MAR DES ORDRES

A Zahlée, les Pèros ont dos écoles de (il les et de garçons» que le grand nombre des élèves qui les fréquentent les a forcés de diviser en plusieurs classes. Ils ont choisi f*nni ces élèves des jeunes gens dos deux «les, qu'ils envoient deux à deux dans les ullagos circonvoisins, foire lo catéchisme et (•réparer la voie aux missionnaires. (1)

MARIE ( Congrégation des dames de SAINTE-). Maison mère à Angers [Mainett-Loire).

la 1340 vivait dans leur manoir d'Eveniini,avec leur (ils uuique, un homme et une femme passant le temps en bonnes œuvres, leur demeure était lo rendez-vous des malheureux. Le matin les pauvres y recevaient l!c nombreux secours. Les gens dans la gêne traient les trouver, et par leur bourse et eurs conseils ils les tiraient souvent d'embarras.

Ce charitable ménage allait tous les jours i ia ville visiter les malades, penser les Messes, etc. Le cbef de cette famille s'appert Guillaume de la Porte, dit fils du prêtre.

La province d'Anjou était alors sillonnée jvdiuuouibrables voyageurs venant de la B- ugne, de la Tou raine, de la Normandie, •lu Poitou et du Maine; épuisés de fatigues, rujanl aucun moyen de payer un gtle pour i**er la nuit, ils se couchaient sous If s aurais «les |K>rtes, sous les galeries des églises et la plupart du temps sur les places publiques, exposés aux intempéries des saison*. Guillaume de la Forte gémissait de *oirtaut de malheureux rester ainsi abantonnfs. Souvent des bandes de voleurs allecJaient ces étrangers aux coins des rues « les dépouillaient de leurs vêtements, ou tu peu qu'ils pouvaient posséder, et on •jy4»t de temps à autre le malin sur les r-iïcas et sous les portes, les cadavres nus «Tnfortuués morts de froid penda it la nuit.

l'n jour Guillaume de la Porte rentrant ùfz lui, le cœur navré d'un si émouvant «•ectacle, dit à sa femme : « Nous n'avons qu'on 61s, il sera toujours bien au-dessus iin besoin; si nous fondions une maison où <* pourrait recueillir pendant les nuictéet ^étrangers qui séjournent dans notre ville, /ï'TOis que nous ferions une œuvre agréa- "e an Seigneur, et que nous apporterions »msi un soulagement a bien des maux. »

Sa femme et son lils, en entendant ces paroles, ne le laissèrent pas continuer; ils lui Mutèrent au cou en versant des larmes d'at- '«wirissemenl et l'engagèrent au plus vile à rtaliser son excellente idée.

Or, il y avait à la montée des Forges, pafxstt de la Trinité, une belle chapelle consulte au xr siècle, dédiée à la sainte Vierge saiot Jacques, patron des voyageurs. C«' Ml>i*sdece lieu, que Guillaume résolut lètaitlir sa maison de refuge è laquelle il wnni le noai d'aumônerie de Mgr Sainthtfus te Forêt.

son testament écrit en latin, à Evente jour de l.i Sainte-Trinité, Tau 1406, il ^desreveiiusconsidérablesàraumônérie.

t'1 W i la fin du vol., »• 1».

Dictioxm. des Ordres rei.ig. IV.

Bientôt on vil les places et les rues débarrassées le soir de cette foule de gens sans asile. De dévoués serviteurs furent chargés par de la Porte, do recueillir les pauvres voyageurs; et tous ceux qui passaient In nuit a l'aumônerie, recevaient, avant de la quitter, une somme de 12 sols, avec l'obligation de réciter une prière pour le fondateur.

L'exemple donné par Guillaume de lu Porte no resta point sans imitateurs. A la fin du xvr siècle, on comptait a Angers huit aumôneries, situées à Saint-Michei-du-Tertre, dans lo faubourg Bressignv, à Saint- Julien, à Saint-Eutrope de l'Esviére, à Saint- Etienne, près la porte Lyonnaise, au tertre Saint-Laurent, puis l'aumônerie du Saini- Esprit, destinée à recevoir les enfants abandonnés.

Ces divers établissements étaient tous institués pour lo soulagement des nécessiteux, mais chacun était affecté à une certaine catégorie de pauvres.

Leurs revenus se composaient de dons particuliers, de fondations des taxes imposées aux ecclésiastiques et aux laïques, de quêtes faites dans fa province, etc., etc. Malgré ces nombreux refuges, les pauvres et les étrangers indigents abondaient à Angers à la fin du xvi" siècle, plus encore qu'au temps où vivait Guillaume de la Porte. Les places publiques étaient encombrées d'infirmes et de gens sans aveu. Les portes, l'intérieur des églises étaient obstruées par touto une gente bohème, qui ne craignait point d'interrompre les fidèles dans leurs prières. Il arrivait souvent que le culte était troublé par les cris et les plaintes des mendiants et des vagabonds.

Les maires et éclievins s'émurent d'un pareil étal de choses; une assemblée du clergé fut tenue à la maison do ville, le 24 mars 1534, pour arriver aux moyens de secourir les véritables indigents, et chasser cette tourbe d'éclopés, de malingreux, de cagneux, d'hydropiques, d'aveugles qui quittaient les églises à I heure du couvre-feu ot se tendaient dans les bas quartiers de la ville, où ils retrouvaient leurs yeux, leurs bras, leurs ïambes, devenaient lestes, et poursuivaient les passants attardés.

Des ordres sévères firent sortir d'Angers, dans un prompt délai, les indigents étran gers; défense fut faite de mendier dans les rues et aux portes des églises, et injonction donnée a son de trompe de refuser tout secours aux |»auvres qui se présenteraient à domicile

Sur la demande de Guillaume de Rusé, évôque d'Angers, ces sages mesures furent approuvées par lettres patentes du roi Chartes IX.

En 1556, une aumônerie générale fut organisée, et huit directeurs furent choisis par lévêque et les officiers de justice dans les rangs du clergé, de la noblesse et du tiers état. Ils prirent le nom de Pères des pauvres.

Chaque dimanche, a l'issue des Vêpres, il se faisait dans toutes les paroisses une col»

I>ICT!O.YY\IKK

ont amenés

hitc pour 1 .niihùii'! générale. Le lieu qui ; • 11 ut li- | tt ' i convenable [Oui- relit: «nsle «*iilro|'r;.so l'ut le local île l'aumôiierie Saint- J.n.pies de la Furèt, </ 1 <*< I » 1 1 o par Cnillaume »'<• la Porte, et où ci; vénérable personnage .isoit l'.ùl élever <le grandes constructions.

Les vieillards des deux sexes y reeurent <lr> soins assidus; les enfants pauvres et orphelins nés dans la viile, faubourgs et quintes d'Angers y étaient élevés et instruits: «Jeux prêtres étaient chargés d'administrer les secours u'e la religion.

Chaque année l'a iministraîion apportait de nouvelles aiuélioi allons a un élablissrirenl si utile. Au mois de mars î <i!8, il fut décidé (|ne les vieillards les plus valides parcourraient tous les matins les mes et faubourgs de la vi!le. n< i ompagnés d'un tombereau dans lequel iU déposeraient les boues et immondices qui seraient vendues au prolit de l'hospice.

C'est de celte époque que date à Angers l'origine des bouilloniners. Avant ee temps, les habitants se chargeaient eux-mêmes de nelloyer les rues; ils le faisaient avec une im urie extrême, et il y avait certains quartiers desquels s'exhalait continuellement l'odeur la plus infeele. Cet état de malpropreté nous indique la S' ur- e des nombreuses épidémies dont les ravi g»?

dans les archives de la faculté

La direction des hospices recul de nombreuses félicitations pour celte excellente mesure. Aussi voulut-elle encourager des voituriers en leur donnant un coslume spécial et en les désignant sous le nom d'huissiers de l'aumône.

Dès que les sergents royaux et les huissiers apprirent cette nouv. Ile dénomination, ils s'insurgèrent et formèrent de nombreuses plaintes aux pries des pauvres. Ils se regardaient connue humilié», eux, exécuteurs des sentences royales, d'être comparés à des réeureurs d'égoûts.

Le peuple aimait peu les huissiers, aussi rit-il beaucoup de leurs prétentions. Malgié les quolibets de toute nature lancés sur les pauvres sergents, ils n'en persistèrent pas moins dans leurs demandes, et obtinrent ample satisfaction. Mais si le nom d'huissier de l'aumône disparut de sur le chapeau îles conducteurs, ces derniers n'eu continuèrent pas moins Ions les jours leurs balayages, et celle industrie produisit de beaux héuélices a l'hôpital.

Le l.'I mars 1625, il se tint, dans la chapelle Saint-Luc, paroisse Saint-Pierre, une réunion où se trouvaient Amaury de l'Avocat, grand archidiacre el officiai en l'église d'Angers; Kené de la Cre/ille, chanoine ; llené Pothery, prieur de Saint-Aubin; Thomas Hagann'e, doyen de l'église Sunt-Laud; Franco s Lasnier, seigneur |de Sainte-Cemme, lieutenant général au siège présidial; Nicolas Marli- !ieau,juge de la prévôté; Etienne Duinesiiil, avocat, ancien maire de la ville, et Thomas Nepveu, échevin, tous pères administrateurs de l'nuniôneric publique. Là, il fut décidé que les nombreuses distributions quotidieu-

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nés de. pain faites par les abbau-s de sni.t- Aubiu-le - lliche, Saint-Nicolas- le- Paiirre, Toussaint l'Ksvière et le < hapilrc de Saint- Pierre, aux pauvres de la ville, seraient envoyées à raumônerie générale pour aider à iiiiiirn'r 1rs pauvres renfermés.

Tous les évè pies d'Angers, depuis la f idation de l'hô iial général, et lê> nu* Henri II, Henri III, Henri IV. Louis XIII « Louis XIV s'en sont constamment Qiain.u les | rotecleurs.

Louis XIII augmenta cet asile d'uni» cur dépendante de l'hôtellerie du I.von-il'Or.

lin 1627, la ville fut affligée d'une m.v.v.v contagieuse qui décima la population ; à r« lléau vint se joindre la famine. Les |orjvre« reparurent sur les placés f»ubl iques et dans les églises. L'hospice devint insuffisant pour loger les infirmes. C'est alors que les directeurs résolurent, dans une séance publique, de joindre à leur maison cel!» du rolié;e de la Frommagei ie , abandonnée depuis longtemps.

Le roi Louis XIV , par 1 r lires patentes données au mois d'août 1672, à SamMiermain en Laye, voulut que les bâlimerJs du collège de Ta Frommageric devinssent irrévocablement propriété de l'hôpital générât.

Le peuple ne donna jamais à cette demeure la dénomination ù'/IApilat de h Chanté.

Comme d'après les rè-lcments les poivres admis;» l'hospice ne pouvaient «ornnpi'à certaines heures, il appela celte maison In /în- /Vrmr's, et désigna les enfants alwutdouiiés sous le nom d'Fnfaiits-Hleus, à cause de il couleur de leur coslume.

Ce fut dans « elle même année, 1672, qu'-w tour destiné h recevoir les nouveau - né» f it placé lel que nous le voyons encore ntij- »urd'hui a droite de la porte d'entrée Auparavant, les enfants délaissés par leurs lurent» étaient déposés sur le parvis des» église? o» à la porte des auniôneries.

Déjeunes filles, des veuves vinrent s'établir a l'hospice pour soigner les infirmes et les malades. Parmi elles une supérieure fut choisie, et c'est ainsi que se forma li première association de femmes placées* I» lèle de celle maison de charité; pour aiotr le titre de sœur, il fallait faire un noviciat de cinq années.

Il appartenait au vertueux fondateur <H Monl-de-Piélé, du refuge des tilles repenti- s el d'un grand nombre de pieuses institutions donl l'Anjou s'honore, de donnai ces religieuses un règlement stable : Henri Arnaud, plein de zèle pour une si belle »utilution, établit les rapports des directeurs de la supérieure, des sœurs el des a^l>>- L 's sages prescriptions imposées par cft illustre cvèqne, prouvent l'intérêt qu'il 1^' l;:it à l'association des sœurs de la

Pendant plus de deux siècles ces pieu** femmes ne contractèrent aucun engagero^'j ellei étaient laïques, quoiqu'elles eus»1'" un coslume qui les distinguât dosge"*' monde. Ce costume était à peu de cn«> près lo môme que celui que |iortenl de w > jours les sœurs de Sainte-Marie. EH<* Ul'

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siienl de simples promesses d'obéissance, it« pauvreté et de chasteté. Plus tard, ces ^messes se changèrent en vœux, et actuellement, par une décision de Mgr Angebault, j -rès cinq années de vœux annuels, un cnp^oraent perpétuel est exigé pour faire juriie de la congrégation.

Dans l'année 1689, une cruel lo maladie ^Tit à l'hôpital. La plupart des pauvres fjrcnl atteints du scorbut. La faculté de Lj^ilecine s'assembla et délibéra sur les mot eus à prendre pour porter remède à ces nouvelles souffrances. On crut que les Labîlanls de l'hospice gagnaient cette mala- «ij*.- en buvant de Peau des puits. L'analyse •)m en fut faite parut constater que dans Mie eau était le germe du mal. Les bâtiments du prieuré de l'Esvière furent proies jiour y transférer l'hôpital. Les infir- CM, les vieillards, disaient les docteurs, «rsienl en meilleur air, et puis d'ailleurs l'tonlissemenl, déjà trop étroit pour loger bi t cents personnes, serait pJus que suffiii.iiauT six religieux de l'Esvière.

Les moines Bénédictins de l'Esvière so Usaient infiniment dans leur riant séjour, *' propice au recueillement et à la prière. I!s ne tinrent point compte de la décision de !a Faculté (I). Les jiauvres continuèrent à 'oire do l'eau de I hospice, et le scorbut (t<sa tout à coup ses ravages. Le règlement concernant les pauvres de l'hospice reçut «tyais sa création de nombreuses additif.

Le It juillet 1725, il fut décidé que les fourres attaché* à la maison ne sortiraient (lis sans porter au bras droit une large (Hi en drap rouge et sur la poitrine une •i itre en drap jaune indiquant la paroisse i Quelle ils appartenaient.

L'émission des billets de la banque de liv réduisit à une grande indigence les Wj'ilaux, fabriques de paroisses, commuriutés séculières et régulières de la jtrovince d Anjou.

Us administrateurs de l'Hôlel-Dieu d'Angers se trouvèrent dans la nécessité, lors- «ju'ils se virent chargés d'une valeur de f-ius de 300,000 livres représentée par du Wier.de renvoyer de leurs maisons quatre «ou malades et de n'en conserver que cent.

Les Renfermés beaucoup moins riches que l'Hôtel-Dieu, eurent encore plus a soufhr. La caisse de cet hospice se remplit ubuetneot d'une somme de 200,000 livres billets. Les pauvres de cette maison de *»riiô furent diminués de plus d'un cent, rt i peine si on put donner suffisamment 4« pam à ceux qui furent conservés.

Quant aux monastères de Sainte-Cathenoe» de la Fidélité, du Calvaire, leur silua- ^on fut «les plus misérables. Impossible de décrire l'état de gône où ils se trouvèrent, > ayant pour toute fortune que des renies

MLei religieux de l'Esvière adressèrent k la maiw >l^iHeun Mémoire pour être maintenus en posqui s« termiuait ainsi : Monasteria mue futrint

constituées, amorties en billets uc oanque. Les saintes filles de ces maisons religieuse» se virent réduites à implorer pour vivre l'assistance des gens du monde.

Le 25 juillet 1775, le nombre des sœurs desservant la maison des Renfermés fut porté à vingt-deux, et le *> juillet 1780 un recensement du personnel donna le chitlre de 591 pauvres.

La révolution détruisit les institutions de charité . mais l'urgence extrême força la Convention à conserver 1 hôpital. Seulement l'administration fut changée. Les directeurs ne furent plus que six y compris le maire ayant droit d'assister aux séances de la commission. Cet état de choses a été maintenu jusqu'à présent.

La première supérieure dont le nom nous ait été conservé est Mlle Perrine Vallenu, élue en 1710. Ensuite l.i communauté fut successivement administrée par Mmes Aimée Grandhomme, Martiueau, Blanchard, sœur Thérèse, Marie Aymer de la Chevallerie, Françoise Bouchereau, Klisabeth, Gabriclle de Villeneuve, Jeanne Bessonneau, Marguerite Mortier, et Jeanne Alleau, dite sœur Félicité, élue le 9 juin 18V2 et aujourd'hui supérieure générale. Un décret de Napoléon I" rendu À Fontainebleau le 15 novembre 1810 reconnut les sœurs de Sainte-Marie comme sœurs hospitalières, et l'hôpital général comme la maison mère de cette communauté. Le la> décembre 1852, Napoléon III, par un décret signé au palais des Tuilories , a reconnu cette congrégation non-seulement comme hospitalières, mais encore comme corps enseignant.

L'état de la chapelle, depuis le xi' siècle jusqu'à ce moment, a subi bien des changements. Il ne reste de la construction primitive qu'une magnifique fenêtre, type le plue pur de l'art roman en Anjou. Le clocher était jadis surmonté d'une flèche Irèsélevée dont il n'existe nul vestige. Le retable du maître autel était orné d'une toile représentant le Christ mis au tombeau. Ce tableau, d'un mérite incontestable, est de l'école du Bronzino(2).

Un annexe considérable fut ajouté à l'hôpital général. Nous voulons parler de la maison des Incurables.

Vers 1730 , Marie-Henriette de Briquemault perdit son mari , messire Joachim Descazaux, chevalier seigneur du Halla} . de Sainl-Fulgent du gué Auvoyer de la seneschallerie et autres lieux. Cetto pieuse dame, héritière d'une immense fortune, se retira a l'abbaye du Ronceray, et consacra tous ses revenus à des œuvres de bienfaisance. Depuis longtemps elle remarquait que les infirmes étaient difficilement admis à l'hôpital général, la préférence était donnée aux pauvres de la ville. Pour faire cesser cet abus, Mme Descazaux fonda, près

umel Deo dedienta, perpetuo remontant momulertm.

(2) Ceue betW peinture a été transportée dana la nouvelle chapelle de l'hopitat géoénri.

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