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quinze ans, appartenant à une des communions protestantes , déjà «ssez instruite, et nouvellement arrivée au pensionnat, fut fort étonnée de voir faire la prière, lille s'informa auprès de ses compagnes de ce qu'on ava l fait. On lui répondit qu'on avait prié le non Dieu.
« Qu'est-ce q.io le bon Dieu? » dit-elie : Ll les autres enfants de lui expliquer que c'était le bon Dieu qui l'avait créée , qui lui avait donné une âme.
« J'ai donc une âme? » disait -elle avec élonnemenl ; «mais qu'est-ce qu'une âme ? »
Celle ignorance est fréquente chez la plupart de ces pauvres enfants.
Les sœurs de la Providence s'efforçaient d'atteindre le principal but de leur institut, la visite des pauvres; elles répandaient surtout parmi eux l'aumône spirituelle, elles visitaient les familles, non pour les soulager mais pour les instruire. Klles étaient accueillies par ces pauvres âmes aveugles avec une joie vive, et celte confiance entière qu'excite toujours l'être consacréà Dieu. Dans une de ces maisons, dix enfants faisaient éclater leur joie dès qu'ils voyaient la sœur arriver, et la mère de cette nombreuse famille, quittant avec précipitation ses travaux, gra?e, souriante, avide d'entendre la parole •le vérité, venait s'asseoir auprès de la lionne religieuse que l'on pressait déjà de questions. Dans leur joie naïve, et au milieu des douceurs de la foi naissante, les jolis enfants embrassaient les médailles et le rosaire , et lorsqu'après plusieurs heures de ces entretiens cliarmanls la sœur faisait mine de partir, on la retenait par la robe et on la suppliait. « O ma sœur! parlez- nous encore du bon Dieu! »
\ji petite communauté s'était augmentée d'une sœur de lluillé, qui vint les rejoindre; dix-sept jeunes Américaines, tant postulantes que novices, s'étaient rangées sous leur direction. Cédant aux demandes qui leur étaient faites, elles formèrent de nouveaux établissements a Jasper et à Saint- Francisvillc. Une sœur et une novice vinrent, dans chacune do ces villes, ouvrir une école ; leur installation, à Jasper surtout, fut une fêle publique : on lit une procession solennelle; des arcs de triomphe en branchages et en Ileurs avaient été disposés, et des oiseaux aux belles couleurs, placés en grand nombre, saluaient de leurs chants et de leurs battements d'ailes le Sauveur «les hommes, que l'évêque montrait ainsi h la terre et a toute créature, conviées à se réjnuir et a l'honorer.
Pendant ces dernières années» les religieuses ont fondé plusieurs établissements : le premier a été celui de Saint-Pierre, où elles se >ont trouvées longtemps dans la plus exlrêmo pauvreté, dans un dénûmenl universel, mais où cependant lenrcœur surabondait oc joie. La congrégation de Jasper csl animée de la plus grande ferveur. Pendant une absence de six mois qu'a faite le missionnaire qui la desservait, Ses Allcmnndsqui composent «elle parot^e allaient à 10 milles,
h l'église, pour chanter des cantiques, t'n jour de l'Ascension, une paroisse tout entière avait fait filas de 10 milles en procession : après avoir assisté à la Messe, ils entendirent deux sermons, l'un anglais, l'autre allemand ; la cérémonie nefinilqa'i deux heures. Tel est le zèle de ces peuples, si avides de connaître la vérité, si généreux pour le service -le Dien.
II nous reste è faire connaître brièvement l'histoire de la sainte fondatrice de Sainte- Marie des Bois, et celle de sa pieuse compagne, la sœur Sainl-François-Xavier.
I.a bonne mère Saint-Théodore, supérieure et fondatrice de Sainte-Marie de»
Bois, est morte à Sainte-Marie des Bois, le ik mai ltto6, un mercredi, jour consacré i saint Joseph. Celle grande et digne servante des pauvres avait trente -trois ans de profession religieuse et seize ans de mission dans l'Indiana. Elfe était fondatrice de celle maison de Sainte-Marie des Bois, dont les mon matériels et les membres vivants avaient été assemblés, formés et élevés |>ar ses mains actives et habiles. Accabléo de travaux, chargée, dans les seize dernières années de sa vie surtout, des plus importantes et «les plus difficiles fonctions qu'une femme pub* remplir, elle sélail en tout montrée supérieure à sa lâche. Dieu la soutenait, fortifiait son cœur, élevait son âme à mesure que ses devoirs devenaient plus noinbreui et plus délicats.
La congrégation de Sainte-Marie des Bois possède dix établissements : je ne saurais préciser le nombre des sœurs qui s'j dévouent à l'éducation des enfants, au soin des pauvres, à tous les devoirs que l'aiestolat impose. On sait combien, dans ces derniers temps, les travaux des religieuses dans les missions de l'Amérique du nord ont été accompagnés de bénédictions. Lm évêques et les prêtres demandent sans cesse è la France l'aumône de quelques-unes de ses plus généreuses enfants. Partie à la demande du second évêque de Vinoenne>, sœur Saint -Théodore avait embrassé de toute l'ardeur «l'une grande âme, d'une aa>« déjà habituée à contempler les splendeurs de la vie surnaturelle, la mission qui lui était imposée. Savait-elle, en partant, ce qu'elle allait faire? savait-elle même ce qu'elle faisait dans celle petite maison Je planches ouverte à tous \cs yenls, Hi,rer envahie par la neige, l'été visitée par les serpents, où elle commença, avec quelques compagnes venues de France, à apprendre* lire aux enfants à demi sauvages qui se trouvaient dans les forêts de l'Indiana? Ce n otait pas seulement les ressources qui saicnl défaut. Kien qu'a voir la sœur -Mini- Théodre, elle semblait incapable de rien accomplir de durable. Si elle avait 'esl'™ grand et ferme, le cœur surabondant dj ;< «vouement et de générosité, une grâce «éloquence et de parole incomparable, tous ces dons excellents de l'âme et de l'intelligent étoieui unis à un corps de compleiio" chétive et vi fragile, qu'il >eœblait que la