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elle dirigea à la lois ou tour a tour le pensionnat des jeunes filles, l'école des petits garçons, leur orphelinat, et elle était maîtresse des novices. D'un esprit souple, ingénieux, enjoué, elle suffisait a tout.
Avec ses écolbrs, ses orphelins, ses pensionnaires et ses novices, la sœur Saint- François-Xavicr n'aimait rien tant sur la t*»rre que la Mère Théolore. Durant une des maladies de la bonne Mère, à un moment où elle paraissait à toute extrémité, la sœur Saint-François-Xavier entend lotit à coup un grand bruit dans la maison; toutes ses penséos étaient lixées sur l'état de la précieuse malade; elle fui aussitôt saisie- u'un tremblement violent : son émotion l'empêchait de se lever, l'n trait acéré transperçait et glaçait son cieur; toul le mouvement qu'elle entendait lui paraissait annoncer que la Mère venait d'expirer. Une sœur se précipite tout à coup dans l'appartement en criant : au feu l C'était la maison de planches, en effet, qui brûlait. Dieu soit loué ! s'écrie la sœur Saint-François-Xavier tombant à genoux, ivre de joie ei baignée do larmes; Dieu soit louôî qui ne nous a pas pris notre Mère 1
Ces deux âmes si étroitement liées, qui avaient partagé les mômes travaux, aimé, prié, souffert ensemble, ne devaient pas être longtemps séparées dans la récompense. Sœur Saint* François-Xavier partit la première. Elle est morte le 31 janvier 185C. Kilo est morte sans sentir quelle eût à so séparer de quelque chose sur la terre. Son âme, uniquement appliquée à Dieu et aux choses do Dieu, s'élevait comme par une force mystérieuse vers son Créateur. Des horizons nouveaux s'ouvraient devant elle: elle voyait le ciel, loul le cortège céleste, la sainte Vierge et le Père éternel.— «Que c'est beau ! » s'écriait-elle, t Omon Dieu, que c'est beau! Qu'il ,est grand le bonheur réservé à ceux qui vous aiment ! Tant de bonheur, ô mon Dieu, pour si peu, pour si peu l... O Marie, 6 ma Mère, que vous êtes belle l Je
vous vois je vois Dieu.... je vois Dieu....
je suis en Dieu!...» Quand elle semblait revenir un peu à ce qui l'entourait : — « No >iiis-jt; doue pas morte? disait-elle; me laudra-l-il revenir sur la terre, souffrir et mourir encore? Kh bien! je le veux, ô mon Dieu! pour votre amour, 6 Jésus! Mais j'irai au ciel, jo le crois, j'irai, j'irai 1 » F.t elle rentrait dans ses transports, répétant : — «J'irai, j'irai ! » Sa voix augmentait d'intensité ; on eût dit que sa poitrine allait se fendre. C'esl dans ces extases et ces désirs d'amour, ces aspirations et ces visions du ciel cpie la bonne sœur expira. Elle n'eut pas, dans un relour sur elle-même, la conscience nette de ce qu'elle quiltail. Quand on cherchait à ramener son esprit aux choses de la terre, quand on lui disait de prier pour sa guérison : — « Mais, disait-elle, ne suis -je pas guérie?* Le désir du ciel il ses premières lueurs lui faisaient tout « eblier.
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