‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 147 sur 323 · MAR T · texte numérisé non relu

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si pure au milieu de ses ravissement* ei di ses transports n'ait pas eu une consuenet bien précise de son passage a l'éternité, ei que la Providence ne lui ait pas ménagé H temps de réparer par un acte de contrition les imperfections inhérentes à toute créature humaine, la Mère Saint-ThéoiJore donnait celle raison a ses tilles : — « Elle aïojaii tant sa mission de Sainte-Marie d^s Bon, elle redoutait si peu sa peine, qu'elle eût demandé à vivre 1 et vous savez que Noire- Seigneur ne peut rien refuser aux prières de sa lidèle servante; il voulait cependant cueillir ce fruit mûr de son jardin 1 » (lj

MARIE- IMMACl'LÊE ( Congrégation ms enfants dk), Obluts d' Saint- Uiluirt dont la maison mère est à Chavaynes [ Vendc('r

M. L.-M. Baudoin , fondateur des congré^ lions des Enfants de Marie immuculte, Hc.

Louis-Marie Baudoin naquit à Monlaigu, diocèse de Luçon, le 2 août 17G5. Il perdit son père dès l'âge le plus tendre et fut dirigé daus les voies (Je la piété par sa mère, femme vertueuse, qui mourut avant qu'il eût onze ans accomplis. Louis-Marie ao i commencé ses éludes au petit collège de Montaigu; il les continua sous la direction de son frère, Pierre-Martin Baudoin, aiers vicaire de Chantonna}', et il put entrer en philosopic au grand séminaire de Luçon A la tin du mois d'octoble 1*82. Imil leur d*-s vertus de saint Louis de Conzague, il *c fit également estimer de ses condisciples et de ses maîtres. En 1788, n'étant encore que diacre, enflammé d'un saint zèie pour la gloire de Dieu et le salut des croe>, il se rendit a Paris et demanda d'être admis au noviciat de la congrégation de Sainl-Lazare; il espérait être envoyé comme missionnaire dans les contrées infidèles ; mais bicnlô* son évêque, Mgr de Mcrcy, le rappela dans son diocèse. L'année suivante (1789) il reçut l'onction sacerdotale des mains de Mgr de Pressigny, évêqne de Saint-Malo, et il fui placé comme vicaire chez son frère, quiara»! été nommé curé de Luçon.

Quand la persécution des prêlres tilles commença, il. fut incarcéré à Fonlenay-le- Comte, puis, au mois de septembre l?Ji ,il s'embarqua aux Sables-d'Olonne pour I rispagne, où il arriva le U septembre. Il employa le temps de son exil a se perleeti"finer dans la science des divines Ecriture, des Pères et de la tradition.

Sans attendre que l'effervescence des passions révolutionnaires se fût apaisée.11 revint en France 5 travers bien des périls et arriva, dans la nuit du li au 15 «uûtlW. aux Sables-d'Olonne. Il y exerça ea secM les foinlions de son ministère; chaque jour il «dirait le saint sacrifice de la Messe <M«* la maison où il avait trouvé un asile, el * administrait le sacrement de pénitente à un bon nombre de personnes de la vide. Plusieurs fois il courut de très-grands ilao^ doni la ibvine Providence le délivra heureusement.

*l MAR DES ORDRES

bit que les églises furent ouvertes, il itonn* un nouvef essor à son zèle. Après ifoir desservi [tendant un an la paroisse de la Jum-bère et les paraisses environnantes, il fut nommé curé de Chavagnes-en-Paillers, où il se rendit en 1801. Il v Ut fleurir la piété et r jeta les fondements du séminaire diocésain. En 1805, Mgr Paillou, le voyant surchargé d'occupations, lui ûta la charge pastorale et lui laissa la direction du séminaire, cil bientôt se trouvèrent réunis trois cents élèves; oo y venait même des diocèses voiras.

En 1812, par suite d'un décret de Napoléon, l'établissement fut supprimé el .transféré partie a Saint-Jean-d Angély, comme école secondaire ecclésiastique, partie h la Rochelle, eomme grand séminaire. Mgr Paillou, qui appréciait le mérite du P. Baudoin, l'appela auprès de lui pour continuer a Jinger le grand séminaire, et lui donna des pouvoirs de vicaire général.

Quand le siège de Luçon fut rétabli, le P.Baudoin, sur las instances de MgrSoyer, rentra dans le diocèse où il avait pris naissance. Le prélat le nomma tout a la fois chacune, vicaire général et supérieur du grand séminaire. L'homme de Dieu dirigea cet étabissemont jusqu'à la Un de 1825, époque à libelle l'épuisement de ses forces le contraignit de se retirer. Il continua cependant d habiter Luçon , qui avait pour curé son DfTeu, M. Joseph Baudoin.

En 1828, le vénérable vieillard fixa sa résidence a Chavagnes, où il mourut le 12 février 1835.

C'était un prêtre d'une haute sainteté; i&*ensible à ses propres intérêts, il ne cherchait que ceux de Jésus-Christ; il n'est ]>as >:e sacrifice qu'il ne fût dis|K>sé à faire pour l* gloire de Dieu et pour lu salut du prochain. Son désintéressement était parfait, sa charité sans bornes ; les pauvres avaient en lui un père qui pourvoyait à leurs besoins »utant qu'il était en lui. Il allait jusqu'à se •té|4oaîller d'une partie de ses habits (tour les recouvrir. La douceur et l'aménité de *<m caractère lui gagnaient les coeurs de tou> ceux qui avaient des rapports avec lui. Aminé d'un zèle ardent pour sa perfection, ijatait embras>é la pratique des conseils de 'Evangile. Après rétablissement des séminaires, les œuvres les nlus im portantes que i«o zèle lui ait inspirées, sont la fondation de la congrégation des Enfants de Marie immaculée, oblats de Saint-Hilaire, et celle de la société desUrsulines de Jésus, dites aussi religieuses de Chavagnes.

Nous devons accorder ici une place près du P. Baudoin à un saint prêtre oui fut son aiui et son coopéralcur le plus zélé dans les ««mes qu'il entreprit pour la gloire de Dieu.

M. Jean-Baptiste-Cvr Fleurisson naquit à '« Kéorthe, diocèse de Luçon, le V septembre 1701. Il commença ses études à Saint- ^.*t en Taltnondais sous la direction de son fr^Mui était curé de celte paroisse, et il les

continua au séminaire de Luçon, où il tint un rang honorable par son intelligence et sa piété. La révolution de 1789 ne lui permettant pas de poursuivre la carrière ecclésiastique, il sortit de France et s'enrôla dans l'armée des princes, puis dans le corps que forma le duc de la Châtre sous le nom de Lnyal-Emigrant ; il se trouva au siège de Meniu, où il montra le plus grand courage.

Après un pénible exil, il rentra en Franc? en 1802; il vint n Chavagnes, attiré par Je P. Baudoin, avec lequel il avait été lié d'amitié au séminaire do Luçon, et devint son auxiliaire dans la formation du séminaire. Elevé au sacerdoce, il dirigea cet établissement en qualité de préfet des éludes jusqu'en 1812, époque à laquelle le séminaire fut dissous par un décret de Napoléon. Le P. Baudoin, obligé d'aller se fixer a la Rochelle, laissa à M. Fleurisson, qui possédait toute sa confiance, le soin de diriger la maison mère de la congrégation qu'il avait fondée à Chavagnes. Ce digne prêtre s'acquitta de cette fonction pendant trente-neuf ans avec un dévouement admirable.

Il fut aussi le modèle et le guide des ecclésiastiques de la contrée. Son zèle et sa charité ne connaissaient pas de bornes, et, malgré ses occupations continuelles, il dirigeait les consciences d'un grand nombre de personnes de toutes conditions, que la contionco et la vénération attiraient vers lui. Il remplissait pieusement le ministère que lui avait confié la divine Providence, lorsqu'il fut atteint de la maladie dont il mourut le 22 août 1849. Ses émineutes vertus l'avaient fait nommer lo taint homme; il se distinguait surtout par sa douceur et sa bonté, bon corps repose dans le cimetière des religieuses de Chavagnes, auprès de celui du P. Baudoin, son ami.

Pendant que lo P. Baudoin était en Espagne, il conçut, de concert avec de jeunes ecclésiastiques qui partageaient son exil, le

Iirojet d'établir une société de prêtres qui se ieraienl par des vœux de religion, et commença dès lors A former cette association. L'exécution de ce dessein fut d'abord entravée; mais son auteur ne le perdit point de vue. Rentré en France, il mit la main a l'œuvre, traça une règle, s'appliqua aux exercices de la vie religieuse avec un inlimo ami , M. Lebedesque, qui, après avoir été vicaire avec lui à Luçon, l'avait accompagné dans l'exil.

Le 20 janvier 1800, ils Grent l'un el l'autre les vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance et celui de pureté de loi, par lequel ils s'engageaient principalement è ne prêter aucun serment qui ne lût pas certainement et positivement approuvé par Rome, a moins qu il ne fût évident pour tout le monde qu'il no renfermait rien de contraire h la foi ou aux mœurs; et, dans ce cas même, ils devaient consulter l'ordinaire. Devenu curé de Chavagnes et supérieur du séminaire, la P. Baudoin reçut dans la congrégation nais- Mule plusieurs ecclésiastiques de mérite,

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entre autres M. Pérocheau, aujourd'hui évèq-iede Maxulnet missionnaire au Su-Oilinett (Chine), et M. Mounerrau , fondateur de la congrégation îles Sai-rés-Cœurs île Jésus et île Marie. Los rit constances ne permirent pas au zélé fondateur de donner à sa congrégation les développements qu'il aurait désiré; il fut môme obligé de la dissoudre tMi 1817, mais ii eut bientôt I'e>pérance de la reconstituer.

Mgr Soyer venait d'être nommé évô ]ue de l.uçon, et il s'était lié de correspondanee avec le P. Baudoin; il lui avait môme fait pari du désir «ju'il avait «le voir se former dans le dionSe dont il allait prendre en main le gouvernement une société de prêtres sur le modèle de la congrégation des oblats de Saint • Ambroise , instituée par saint Charles, archevêque de Milan. Dès son arrivée dans la Vendée, le nouvel évêijue insista près du P. Baudoin pour tpj'il mît la main à l'œuvre; mais le saint prêtre ne put pas, à celte époque, se conformer aux intentions du prélat. Knfin, ayant fixé sa demeure à Chavagnes, en 1828,* il lit connaître ses vues aux professeurs du petit séminaire, et ceux-ci, à la grande satisfaction de Mgr Soyer, commencèrent sous sa direction les exercices de la vie religieuse. Quelques-uns d'eux ne tardèrent pas à se lier par des vœux, qu'ils prononcèrent en particulier. La conduite du gouvernement à l'égard des congrégations religieuses vouées a renseignement obligeait en etret d'user alors d'une grande prudence et même de couvrir d'un voile la nouvelle soi iété. La congrégation des Knfants de Marie fut arrêtée dans sa marche par la moit du P. Baudoin ; mais, soutenue et encouragée par Mgr l'évôque de Luçon, elle continua de suivre la voie que son vénérable fondateur lui avait ouverte Le successeur de Mgr Soyer, Mgr Baillés, daigna aussi lui donner des marques de. sa bienveillance, et elle put se développer à J'ombre de sa protection.

Statuts de ta congrégation.

Voici un aperçu de \a règle des Knfants de Marie, extrait de la Vie du vénérable fondateur.

Les membres qui appartiennent à celle congrégation portent le nom d'Enfants de Marie immaculée (1), oblats de Saint- Uilaire (2). Le but qu'on doit se proposer en

i) Le mol immaculée a été ajouté au titre de la société i n c<msé»|iienee de la proclamation Ou domine de l'Immaculée Conception, que les Enfant» de Marie font profi ssion d'honorer spécialement.

(i) D'aptes les intentions de Mgr Soyei, éteque de Luçon, I.; P. Baudoin s'occupa, eii 1821 , de dresser pour Ja cougiégation de piètres dont il avait depuis lontemps conçu le projet une régie calquéo sur celle des oblats de Sainl-Amhrnisc, fondée à Milan par saint Charles bonomée. De là esi venu le nom d'Ob/cJU, ainpiel ou a ajouté de Sniut-llttaire, parce que sainl lldaire fut pour le diocèse de Poitiers, dont celui de Luçon faisait autrefois partie, ce que sainl Ambroise lut pour le diocèse de Milan. D'ailleurs saint llilaiie s ëlaiil rendu particulièrement ee£ct»re par son ici* à défendre la

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y entrant, c'est : 1* de glorifier Dieu, d'honorer d'une manière tonte spéciale le VerLe incarné et sou immaculée Mère; 2* de travailler à sa propre perfection; 3* de s'employer courageusement à procurer le salut des Ames.

L*'s Enfants de Marie immaculée, oblats de Saint-Hilaire, doivent avoir autant que possible l'esprit du Verbe incarné, par couséqueul conformer leurs pensées, leurs amietions et leurs désirs à ceux de cet adorable maître, et suivre en toutes leurs actions les mouvements de son divin esprit. Ils portent sur la poitrine un crucifix, qui les fait ressouvenir de l'amour que le Sauveur a eu pour nous, et de l'obligation où nous sommes de l'aimer, de l'adorer et d'imiter les vertus dont il nous a donné l'exemple. Un scapulaire plus grand que ceux dont on revêt les tidèles ordinairement leur rap|»ell« i|u'ils sont spécialement consacrés au service de Marie, et que cette auguste Vierge, qu'ils ont choisie pour leur mère, les couvre de sa puissante protection.

A l'amour de Jésus et de Marie doit s unir dans leurs coeurs l'amour de saint Joseph, lu glorieux chef de la famille; ils le regardent comme leur père et l'invoquent fréquent ment.

Les membres de la congrégation doivent avoir un attachement tout liliaïet la vénération la plus profonde pour l'Eglise romaine, la mère et la maîtresse de toutes les autres.

Pour entrer dans les vues de leur pieux fondateur, il faut qu'ils fassent consister leur perfection principalement dans ces quatre points : !• observer jusqu'à un iota les commandements de Dieu et de l'Eglise; 2' accomplir lidélement leurs voeux; 3* garder exactement leur règle; 4* chercher leur bonheur dans les huit béatitudes.

Les moyens employés pour atteindre la lin de la congrégation son» de deux sortes: les uns regardent la sanctification de chaque membre de la société, les autres celle du prochain.

Les premiers sont : ]• les voeux ordinaires do religion et ce, ni d'étendre la connaissance cl l'amour de P^iotre-Seigneur Jésus-Cbrist, ainsi ijue la dévotion envers la Vierge immaculée dans sa conception (3) : ce dernier vœu ne doit é'.re fait quo par ceux qui sont prêtres ou sont destinés au sacerdoce. Les vœux se prononcent après un aa de proba-

consubsianlialité du Verbe et la divinité de Noire- Seigneur Jesus-Clu ist, cet illustre docteur menurt d'être le patron d'une congrégation nui a pour oUjel principal le culte cl l'amour du Verbe incarne.

(3) Ce quatrième, vécu, iu roJuit dans la règle pour faire atteindre avec plus de perfection le bol de l'institut, a élé prononce pour la première fuis le jour de la fete de saint Matthieu, il sep erabre 1841, avec l'autorisation de Mgr Soyer, qui recevait à la profession, dans lu chapelle du peut séminaire de Chavagnes, neuf enfants de Marie, dont liuii prélrcs et un diacre, cl admellail au noviciat m prêtre, deux diacres el deux frères cuadjuteunt. La société, dont la marche avait été suspeodof par la mon du vénérable fondateur, recommençait â suivra la voie où il l'avait fait entrer.

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