APOSTOL1NES
Les religieuses qu'on désigne sous ce nom appartiennent-elles h l'ancien ordre des Apostolins? Nous ne le croyons )>as. Voici un précis de l'histoire des Apostolins. Leur origine est incertaine. Hélyot regarde comme plus probable que plusieurs ermites vivant au xv* siècle, dans l'état de Gènes, s'unirent ensemble, et qu'ils furent appelés frères de Saint-Barnabe ou Apostolins, à cause qu'ils avaient pris saint Barnabé pour patron et qu'ils menaient une vie apostolique. Ils ne faisaient point do vœux solennels et étaient de simples laïques. Jean do Scarpa fut dans la suite, par autorité apostolique, vicaire général de cette congrégation oui se multiplia en Italie, et ce fut lui qui obtint du Pape Alexandre 11 la permission de taire des vœux solennels sous la règle de saint Augustin, afin de retenir les religieux dans cette congrégation qu'ils quittaient quand ils voulaient. Le chef-lieu de cet ordre était le couvent de Saint-Roc!» à Gênes. Cet institut fut uni à celui des religieux de Saint-Ambroise, ad nemus, dont il se sépara pour y être réuni de nouveau, en 1589, par Sixte V. Ces deux congrégations furent supprimées en 1650, par Innocent X. Les Apostolins avaient |>our habillement une robe et un scapulaire, et par dessus un grand camail de drap gris auquel était attaché un petit capuce. Après leur union avec les religieux de Saint-Ambroise, ils prirent l'habit de ces derniers, qui était de couleur brune. On ne lit point qu'ils aient eu des religieuses de leur institut. Il
(t)toiei les noms des cinq Filles de Sainte-Anne
În frmi profession le 8 septembre 4850 : Marie- »Aer Serrau -Blond m — sœur Marie-Aune, Supérieure . Julienne Lailouceur — soeur Marie de la
Conception; Justine Poirier — sœur Morie-Michcl; Suzanne Pinault — sœur Marie de l'Assomption • et Salomée Véroiincau — sœur Marie de la liviie.
10S ASr. DICTH
; a eu, et peut-être existe-t-il encore <]<•> religieuses «Je l'ordre de Sainl-Ambioise ad newus, qui n'oni eu qu'un seul monastère ei n'étaient point soumises à l'ordre dont nous venons de parler, quoiqu'il nous semble qu'elles aient calqué leur institut sur celui des religieux. Mais elles n'ont point porté le nom d'Apostolines, et leur costume, de couleur brune, consistait en une robe et un «capillaire dessus. Il n'y a point tfApostolines à Home. La ligure donnée à !a lin du volume est dans l'atliliide, la pose, etc., de la ligure donnée par HéUot a l'occasion du chapitre consacre aux religieuses de Saint- Ambroise ad nemus, que peut-être le V. Bonanni a appelées Aposlolines.
ASCETES.
Ce mot est d'origine grecque, il signifie littéralement une personne qui s'exerce, qui travaille. Dans les premiers siècles de l'Eglise, on donnait ce nom à ( eux qui menaient une vie retirée, plus pénitente, plus austère, et qui par la s'exerçaient avec plus d'ardeur que le commun <Jes hommes a la pratique de la vertu. Les Grecs nommaient Ascètes, soit moines, anachorètes, solitaires, soit cénobites, toutes sortes ue solitaires. Parmi les Chrétiens , dans les premiers temps, on donnait ce nom à tous ceux qui *e distinguaient des autres par la sévérité Je leurs mœurs, qui s'abstenaient de vin et de viande. Cn. grand nombre passait une partie de la nuit en prières et occupés à la lecture des Livres saints. Fleury nous apprend que les Ascètes vivaient loin du monde, observaient l'abstinence et 'a cha>teté, ne mangeaient <Jue des aliments durs, qu'ils observaient quelques jours de jeûnes continus, qu'ils portaient le ciliée.
Depuis, la vie monastique ayant été mise en honneur en Orient et regardée comme plus parfaite que la vie commune, le nom d'Ascètes est demeuré aux moines, et particulièrement à ceux qui se retiraient dans le désert, et qui n'avaient d'autre occupation (pie de s'exercera la méditation, .H la lecluie, aux jeûnes et aux autres mortifications. On l'a aussi donné à des religieuses; en conséquence, on a nommé Asreteria les monastères, mais surtout certaines maisons dans lesquelles il y avait des moniales ci des aco- Ivthes , dont l'ollice était d'ensevelir les morts.
M. «le Valois, dans ses notes sur Eusène, et le V. l'âge, remarquait que le nom d'Ascètes et ceiui de moines n'étaient pas synonimes. Il y a toujours eu des Ascètes, et la vie monastique n'a commencé a y être en honneur que dans ie i>* siècle. Binghan observe plusieurs différences entre les moines anciens et les Ascètes; par exemples, que ceux-ci vivaient dans les villes; qu'il y en avait de toute condition, même des clercs, et qu'ils ne suivaient point d'autres règles particulières que les lois de l'Eglise, au lieu que les moines vivaient dans la solitude, étaient tous laïques, du moins au commencement, et assujettis aux règles ou consti-
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unions île leurs fondateurs. Delà on a nommé vie ascétique la vie que menaient le? Chrétiens Ici vents. Llle consistait, selon Fleury, à pratiquer volontairement tous les exercices Ue la pénitence. Les Ascètes s'enfermaient d'ordinaire dans des maisons où ils vivaient dans une grande retraite, gardant la continence, et ajoutant à la frugalité chrétienne des abstinences et des jeûne.» extraordinaires, ils pratiquaient la xeropha^ie, ou nourriture sèche, et les jeûnes de deux ou trois jours et plu» encore; ils s'exerçaient à porter le cilice, à marcher nu-pieds, a dormir sur la terre, à veiller une grande partie de la nuit, à lire assidûment l'Ecriture sainte, à prier le (dus continuellement possible. Telle était la vie aswétique. De grands évôques et de fameux docteurs, entre aulies Origene, l'avaient menée. On nommait par excellence ceux qui la pratiquaient, les élus entre les élus. ^Ch-m. d'Alexandrie; Eusèbe, llisl, ceci., chap. 3; Fleury, Mœurs dcsChrci., n* p., n* 26; Bmgham, Uriy. teci, livre vu. ch. 1, $ G.)
Les Chrétiens surent distinguer dans tous les temps, à l'exemple de Jésus-Christ, les conseils évangéliques des préceptes. Nuire- Seigneur nous a dit qu'il y a quelque chose de plus parfait que ce qu'il a prescrit et ordonné à tous les hommes, et qu'en le faisant on peut mériter une plus graude récompense. C'est aussi lui qui a donné l'exemple de la vie ascétique, que ses apôtres ont pratiquée comme lui.
Jésus-Christ a loué la vie solitaire, pénitente, chaste et mortifiée de saint Jean-Baptiste, vie ascétique, s'il en fut janms; il a »raliqué lui-même la chasteté, la pauvreté, a mortification, le jeûne, le renoncement à toutes choses, la prière continuelle. Tout cela cependant uV>t pas commandé a tous les hommes r mais un grand nombre d'entre eux ont marché dans celle voie, attirés pries maximes et par l'exemple de Jésus-Christ. Notre divin Suiveur dit qu'il y a îles hommes qui se sont faits eunuques pour le royaume des cieux. (Matih. xix, 12); il appelle bienheureux ceux qui pleurent; il a prédit que ses disciples jeûm ront, lorsqu'ils seront privés de sa présence; il leur promet le centuple, parce qu'ils ont tout quitté pour le suivre. [Mal th. v. 5; ix, 15; xix, 2'J.) Saint Paul nous apprend qu'il châtie son corps; qu'il le réduit on servitude, de peur qu'après avoir prêché " ix autres, il ne soit lui-même réprouvé. (/ Cor. ix, 7.) Ceux qui sont ù Jésus-Christ, dil-il ailleurs, crucifia leur chair nvre ses rires et ses convoitises. ( Calât, v. -JV. ) Montrons-nous digues ministres de Ifieu par la patience, par les souffrances, par le travail, par le jeune, par tes veilles. ;/ Cor. vi, 4.) Il a loué la vie pauvre, la vie austère et pénitente des prophètes, [liebr. xi, 37.) C'est encore ce qu'a voulu enseigner saint Paul quand il a du que la pieté est mile à (ont. {I Jim. iv, 8..1 îVexcrcer à la piété, c'est s'occuper de la prière, de la méditation, do la lecture de» louanges de Dieu, des veilles et des jeûne.».