‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 18 sur 323 · ANC · texte numérisé non relu

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Leur cadre d'enseignement comprend, outre l'instruction religieuse : la lecture, l'écriture, le calcul , les éléments de la gram» maire, et tout ce qui est nécessaire ou d'unu utilité réelle pour la bonne direction du ménage.

Dans le but de perfectionner ce genre d'enseignement, qui est d'une importance capitale surtout pour certaines familles, les sœurs de l'Ange-Gardien ouvrent aussi des pensionnats, dans lesquels les élèves font elles-mêmes, sous la direction des sœurs, les divers emplois du ménage et sont formées à tous les détails pratiques de l'économie domestique.

La congrégation ne forme pas d'établissement particulier avec moins de deux sœurs. Néanmoins, pour ne pas priver des bienfaits de l'éducation certaines localités dont les ressources seraient insuffisantes pour l'entretien d'un établissement, la congrégation forme des circonscriptions desservies par des sœurs qui vont une è une faire la classe dans ces pauvres localités et rentrent tous les soirs dans l'établissement central appelé doyenné.

Il est pourvu à l'entretien des sœurs régentes et infirmières par des allocations ou rentes et par le produit des rétributions scolaires.

Il y a dans la congrégation des sœur* qui, sous le titre de sœurs-aides ou converses, sont employées uniquement au tempo* rel de la communauté.

La durée du noviciat est de dix-huit mots et quelquefois de deux ans, après lesquels les novices sont revêtues du saint habit de religion; mais elles ne sont admises è faire des vœux qu'un an après leur vêture.

Pendant cette seconde période, dite deprobation, elles sont appliquées, autant que possible, aux emplois qu'embrasse le but de la congrégation.

Les vœux de règle ne sont qu'annuels, sans toutefois exclure les vœux perpétuels de la profession à laquelle les sœurs ne peuvent être admises qu'après neuf ans de fidélité constante aux vœux annuels. Cette faveur n'est accordé» qu'à celles qui ont donné dos garanties irrécusables de leur attachement h celte simplicité de vie et de manières qui constitue le carat 1ère distinctit de la congrégation des sœurs de l'Ange- Gardien.

Destinées a exercer les fondions de leur pieu\ ministère plus particulièrement dans les campagnes, tout dans la personne des sœurs, dans la tenue de leur petit ménage et de leur ameublement et jusque dans leur régime alimentaire, respire cette simplicité qui fait et doil faire les mœurs des populations agricoles. En se faisant ainsi petites avec les petits, elles réussiront mieux h leur servir do modèle et à perfectionner par la pratique des vertus évangéliques une précieuse disposition qui dégénère trop facilement en brutale rusticité.

Les fatigues de l'enseignement étant par elles-mêmes une rude épreuve pour la saa-

DES ORDIIES RELIGIEUX.

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té, il n'y a pas dans la congrégation de pratiques surérogaloiies de privations ni de pénitences.

Le lever est à 5 heures en hiver et à V ri. 1/-2 en été. le coucher à 9 heures.

Leurs exercices de piété comprennent la prière du matin et du soir, demi-heure de méditation et la sainte Messe , l'examen particulier, la lecture; spirituelle un quart d'heure le matin et autant dans la soirée, lo chapelet et plusieurs pieuses aspirations récitées autant (pie possible en commun aux différentes heures de la journée.

A la maison mère la communauté récite en chœur le petit Ollice de la suinte Vierge, le dimanche et les jours de fêle.

Le 1" dimanche de chaque mois toutes les sœurs fonl la retraite dite de la bonne mort; pendant ce temps elles observent le silence comme dans les retraites annuelles.

Elles se confessent tous les quinze jouis. Trois fois au moins dans l'année elles ont un confesseur extraordinaire. Il y a deux communions de règle par semaine, le dimanche et le jeudi et à certaines l'êtes dans le courant de l'année.

Saur des raisons graves toutes les sœurs rentrent chaque année dans la maison mère pour y passer un mois de vacances et proliter des exercices d'une retraite générale qui dure quatre jours pleins.

Pendant les vacances on consacre quelques heures dans la journée à la répétition de tous les exercices classiques, afin d'assurer le maintien de l'uniformité. Les améliorations ou nouveaux procédés dans la méthode d'enseignement sont soumis a un sérieux eiameu , et , s'il y a lieu, ils sont adoptés et notdiés comme règle du directoire.

Quoique les sœurs ne soient pas tenues a la clôture, elles ne fout ni ne reçoivent de visites que celles que nécessite l'accomplissement de leurs saintes fonctions.

Le dimanche et les jours de fête, à l'heure la plus convenable par rapport aux Offices de paroisse, elles réunissent les mères de famille et se mettent en rapport avec, elles par des entretiens ou des lectures qui doivent assurer un concours mutuel d'efforts et de soins intelligents pour la bonne éducation des enfants. Les mêmes jours elles se fonl une douce obligation de revoir leurs anciennes élèves et d'autres jeunes personnes dont le contact no peut inspirer aucune crainte, afin de les entretenir dans les sentiments et la pratique d'une véritable piélé.

Le costume religieux des sieurs de I Ange-iiardien comprend : le Christ, le chapepolet, la cape, le scapulaire, la robe et les manchettes en laine mure, tissu dit auacoste; la coiffe, la cornette cl le col ou petite guimpe.

Le Christ en cuivre sur une croix d'éhènn «le -H) centimètres ?» peu près de hauteur est li\é sur le devant du scapulaire.

Le chapelet en noyaux d'olive, monté sur fil de fer, a une longueur développée de l mètre à 1 mètre 23 ; il est assujetti par deux l>outs au lien de la ceinture.

(I) Xoif. .t h (in du vol., u S.

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La cape, qui recouvre la coiffe. dc«ceri:l Jusqu'au bas de la robe; elle e>t as>ujettie par-devant avec un lien à la hauteur des épaules. Les sœurs ne portent pas la cnpe dans l'intérieur de leur» maison , ni quand elles sont en pleine campagne.

Le scapulaire dépasse la largeur des épaules et se serre à coulisse .autour du cou; il descend, en diminuant à peu près de la moitié de sa largeur, jusqu'à 15 ou 20 centimètres au-dessous de la ceinture; il est tixé sur le devant par un lien qui passe dans une boucle sous le dos du scapulaire pour le maintenir convenablement.

l*a robe faite à dos plat descend jusqu'à. -f» centimètres de terre; les manches, d'une largeur mo\enne. de 25 centimètres, recouvrent, déployées, l'extrémité des doigt>.

Les manchettes , presque collantes ou poignet, remontent jusqu'au coude.

La coiffe en balisie claitese compose d'un fond très -peu froncé et d'un devant d'un»; seule pièce, coupée à droit fil. largeur moyenne de devant en arrière 35 centimètres sur 70 de largeur, en sorte qu'elle retombe jusqu'aux épaules. Celle pièce se replie de devant en arrière et ne forme ainsi qu'une largeur de 20 centimètres environ. Ijh coiffe est serrée et fixée par un lieu et des épingles.

La cornette en calicot s'applique sur le haut du front, recouvre les tempes en descendant presque carrément jusqu'à la guimpe.

La guimpe ou col également en calicoi se replie sur le scapulaire et le rccouvri' tout autour de 5 à 8 centimètres de largeur.

Le> bas sont de laine noire pour l'hiver et de coton bleu-foncé pour l'été.

La chaussure, de la forme la plus simple en cuir, est sans lien aucun (1).

La congrégation des sœurs de l'Ange- (lardien est une colonie de la congrégation •les sœurs de l'Insiruclion-Chréiienne, dont la maison chef-lieu est a S.unl-liildas-des- Bois, diocèse de Nanti s.

L'une et l'autre reconnaissent pour leur fondateur le vénérable abbé Desha ves que son zèle infatigable et sa charité font rehouver bien des lois dans l'histoire de plusieurs congrégations religieuses dont il a été le fondateur, le restaurateur ou le dévoué piote< leur.

Le P. Deshaves, qui avait déjà fondé un noviciat de frères de l'Iusiruclion dans le diocèse de Digne, répondit avec empressement à la demande d'un noviciat de sœurs dans le Midi. Le conseil de la congrégation s'effrayait des charges cl surtout de la responsabilité d'une fondation aussi éloignée île la maison mère; le digne supérieur, M. l'abbé xngebault, depuis évêque d'Angers, partageait ces ( raintes et signalait aussi de graves dillicultés. Il ne s« rendit entin aux désirs du l\ Deshaves qu'à la condition expresse que la colonie du Midi serait tout à fait indépendante de la communauto mère.

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Le choix des sujets pour cotte importante fondation ne laisse aucun doute sur les motifs qui arrêtèrent pendant deux années entières l'exécution de co projet et prouve combien l'on avait è cœur d'en assurer la réo»Mte. Les trois sœurs fondatrices furent installées dans la nouvelle communauté à Ituillan, diocèse deCarcassonne, le 3 décembre 183».

Vers la fin de 1840 celte petite colonie avait déjà recueilli trois novices, et, è peine quatorze ans se sont passés, qu'elle a fondé 24 établissements et compte un personnel de 125 sœurs ou novices.

ANNE ( Les filles de Sainte-).

Le 13 septembre 1848, l'évêque de Montréal autorisa quelques pieuses personnes à se réunir a Vaudreuil, pour y vivre en corn- BQnaulé (6). M. Paul-Loun Archambeault, curé et vicaire général, fut leur premier bienfaiteur, et le 8 septembre 1850, cinq d entre elles firent profession sous ie titre de FiUes de Sainte- Anne , sous la protection de foire- Dame de Bon secours. Mlle Marie- Estber Sureau-Blondin fut la première supérieure, sous ie nom de sœur Marie-Anne. Les fins de cet institut sont l'enseignement des petites filles et le soin des malades et de* pauvres iuGrroes dans la maison mère, ainsi que la visite des malades À domicile : 4e plus l'enseignement de filles pauvres, propre* i entrer dans l'institut. La maison mère a été transférée a Saint -Jacques de VXekiaa, en 1853, dans l'établissement ort-Df* auparavant par les Dames du Sacrédru r.

Les Filles de Sainte-Anne ont fondé deux missions, l'une à Sainte-Geneviève, lie de Montréal, établie en 1850, l'autre a Vaudreutl, datant de 1853 : mais dans ces étabtissemeals elles ne reçoivent pas de malaies.

ten* ces trois maisons elles comptent & professes et 10 novices ou postulantes, files instruisent 232 élèves la plupart gra-

Cette communauté est la dernière dont la a* i séance soit exclusivement canadienne; elle u'a que sept ans a peine d'existence, et iéjk elle a envoyé des essaims autour d'elle itec une fécondité qui n'appartient qu'aux «uvres catholiques. Tous les couvents du Canada sont en voie d'accroissement et de ffogrès. Ils sont pauvres, il est vrai; ils argueraient souvent du pain quotidien, si li Providence ne nourrissait les religieuse*, toujours imprévoyantes selon le monde, nia me elle nourrit les oiseaux du ciel qui ne sèment ni ne moissonnent sur la terre. Mai* les craintes de la misère n'empêchent p«« les tonnes sœurs de se considérer comme «u voie de prospérité, tant que les vocations

RELIGIEUX APO «os

leur amènent de pieux sujets, et tant que les malades aiment le chemin de leurs hôpitaux, ou les enfants celui de leurs écoles. Pour le soutien de ses communautés, le Canada ne trouve plus, il est vrai dans l'ancienne France des bienfaiteurs magnifiques comme la duchesse d'Aiguillon ou Mme de Rullion; mais les évêques de la province de Québec s'imposent mille privations, afin de multiplier et de perpétuer le bien réalisé par les servantes du Seigneur. Les curés et les séminaires secondent leurs premiers pasteurs dans cette voie ; et de pieux laïques ennoblissent et consolident leur fortune en en consacrant une partie a doter des établissements d'éducation ou de charité.

Les noms de M. O. Berthelet, de la famille P.-J. Lacroix, de Mme D.-B. Vjger, de Mme Ch. Baby, de Mme Jules Quesnel, de Mlle Thérèse Berthelet et de Mlle Josephle Leborgne viennent se placer ici d'eux-mêmes sous notre plume; et leur exemple dans le passé nous garantit que dans l'avenir les Catholiques du Canada ne laisseront pas péricliter leurs saintes communautés.

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