‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 218 sur 323 · PRESENTATION DE LA SAINTE VIERGE · texte numérisé non relu

PRESENTATION DE LA SAINTE VIERGE

( SOKDM DE CU A BITS DE LA ) , à TOUTS ,

[Indre-et-Loire ).

Notice sur la communauté des Sœurs d$ Charité et de la Présentation de la sainte fitrge.

La communauté des sœurs de Charité de la Présentation de la sainte Vierge a été fondée en 1G& , par la vénérable Mère Marie l'oussepin.

Marie Pousse pin, non moins rocommandable par ses qualités naturelles que par ses rares vertus, naquit en l'année 16&, d'une famille riche et honorable de Dourdan , petite ville du diocèse de Versailles.

Quoique jeune encore, elle ne pouvait voir sans gémir l'ignorance profonde, et par suite, l'irréligion et la corruption où étaient [longées les coutrées qui l'environnaient. Die résolut d'y remédier , autant du moins qu'il serait en son pouvoir. Ce fut dans ce lieux dessein, quôgée seulement de dixnuit ans, suivant une pieuse tradition, elle quitta la maison paternelle et vint d'abord à sngerville qu'elle abandonna au bout de quelques années pour se Gxer à Saiuville, [Poisse du diocèse de Chartres, qui devint 1* berceau de sa communauté.

Secondée dans son entreprise par quelques Paonnes animées des mômes sentiments, 'He ouvrit une école pour l'éducation des enfants «le son sexe. Elle en confia le soin à Joe maîtresse remplie de zèle et de moyens,

M) V«T à la On du vol., n* 185.

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sans toutefois cesser de la surveiller, ni môme d'y consacrer les moments libres que lui laissait le soin des malades et des pauvres qu'elle allait visiter dan* leurs maisons, et auxquels elle prodiguait tous les secours que réclamait leur état.

Son zèle ne resta pas inaperçu : quelques jeunes personnes aussi distinguées par leur piété que par leur condition, frappées de sa charité, de son abnégation, de son dévouement sans bornes et de ses autres vertus, lui demandèrent comme une faveur de s'adjoindre à elle, de partager ses bonnes œuvres , et de suivre son genre de vie.

L'exemple des unes en attira d'autres : et le nombre s'augmentent tous les jours, Marie sentit le besoin d'établir parmi elles une forme régulière. C'est pourquoi , avec In pratique des divines règles que le Sauveur a tracées dans l'Rvangilo pour tous les Chrétiens en général, elle introduisit dans sa maison celles qui sont en usage dans les communautés, sans toutefois se distinguer a l'extérieur des personnes séculières, autrement que parleur simplicité et par leur modestie; car leur habit même, qui a toujours été et qui est encore le costume de la communauté, ne différait point de celui qu'on portait communément alors.

Marie , qui jusque-là n'avait été regardée des siennes que comme une bienfaitrice, une directrico, fut dès lors considérée par ses Filles comme une mère qu'elles aimèrent et comme une supérieure qu'elles honorèrent et & laquelle elles rendirent obéissance.

Le bien que ces saintes Filles faisaient à Sainville sous sa conduite, les services qu'elles rendaient à toutes sortes de personnes, tirent bientôt envier a d'autres paroisses et à d'autres diocèses les mêmes avantages, et les portèrent h demandera la Mère Poussepin des Filles formées a son école, pour faire au milieu d'eux le bien qui s'opérait si admirablement à Sainville. C'est ainsi qu'outre les établissements qui existaient déjà dans le diocèse de Chartres, on en vit s'élever dans ceux d'Arras,de Paris, de Meaux , d'Orléans, de Blois, de Sens... Les évêuuesde ces différents diocèses furent si satisfaits de la manière dont les enfants étaient formés, les malades soignés, les pauvres assistés, qu'ils auraient voulu voir dos sœurs dans toutes les paroisses sans exception. Bossuet visita la maison mère do Sainville et installa lui-môme des sœurs dans plusieurs paroisses de son diocèse. Louis XIV, Mme de Maintenon, Mgr de Noailles, archevôquode Paris et autres personnages éminents témoignèrent le plus vif intérêt à cette communauté naissante et lui firent éprouver plus d'uue fols les effets de leur bienveillance.

L'heureuse impression que produisit le bien opéré par les Filles de la Présentation, engagea les prélats des diocèses sur lesquels elles travaillaient, à solliciter Louis XIV de reconnaître par des lettres patentes cet établissement comme communauté religieuse.

A cet effet, MMgrs de Chartres, de Meaux,

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d'Orléans, lui adressèrent, de concert avec la Mère Poussepin, uno demande datée du mois de juin 1712, et motivée sur les services que rendaient les sœurs de Sainville.

Cette affaire qui resta pendante durant douze ans, à cause des enquêtes qu'il fallait faire, et plus encore à cau*e des lenteurs interminables des bureaux par lesquels devaient passer les pièces avant d'arriver à l'autorité première, eut enlin une heureuse issue. Louis XV, en 172i, donna des lettres patentes en vertu desquelles il reconnaissait comme communauté religieuse l'institut de Mme Marie Poussepin, pourvu que les autorités ecclésiastique et civile fussent consentantes. Elles furent en effet <onsullées : elles donnèrent leur assentiment, et les lettres patentes furent enregistrées a Taris le 31 juillet de l'année 172V; au grell'e civil du bailliage et siège présidial d'Orléans, le i juillet 1725; et au greffe du bailliage et châtellenie du Piaissis Saint-Benoit,' A uthon et Sainville, le 24 des mômes mois et année.

La vénérée Mère Poussepin, ayant obtenu co point si longtemps attendu, et voyant s'augmenter le nombre de ses établissements, sentit la nécessité de réunir en un même corps les règles non écrites, d'après lesquelles les sœurs s'étaient jusque-là conduites, et les pratiques de piété qui avaient été en usage parmi elles, afin d'établir dans son ordre et dans les maisons qui en dépendent, l'uniformité et la stabilité. Elle fut puissamment aidée dans celte œuvre si importante par les pieux et savants Dominicains. Lorsqu'elle eut composé, ou plutôt écrit les saintes règles qu'elles suivaient depuis si longtemps, elle réunit ses sœurs, leur en donna connaissance, et, après avoir obtenu leur libre approbation et acceptation, elle les présenta à l'ordinaire pour qu'il les approuvât et sanctionnât : co qui eut lieu le 5 mars 1738. Cette règle n'a subi aucun changement jusqu'aujourd'hui.

Cette femme admirable n'ayant plus rien à désirer sur la terre, termina sa carrièro et s'endormit dans le Seigneur pleine de jours, du mérites et de vertus. Kilo avait quatrevingt-dix ans lorsque la mort la ravit à la vénération et à la tendresse de ses lilles, le 2i janvier 17H. Ses précieux restes furent uéposés dans la chapelle de la communauté.

Après la mort de la vénérable fondatrice, la communauté fut successivement gouvernée par différentes supérieures générales qui continuèrent et augmentèrent l'œuvre si bien commencée. Elle s'accrut en peu do temps au point de fournir non-seulement les sujets demandés en France, mais encore d'en envoyer dans les pays étrangers. Elle en était à ce degré de prospérité, lorsque la révolution vint tout détruire. Le monastère, avec tout ce qui en dépendait, fut aliéné et passa aux mains de plusieurs acquéreurs. Les archives furent livrées aux flammes et réduites en cendres. Les sœurs furent dispersées de tous côtés; plusieurs eurent à souffrir un long et véritable martyre, pas uue ne lut infidèle.

MAIRK PRB tlîo

Lorsque la tourmente révolutionnaire fut apaisée, et qu'il fut permis aux ordres religieux de se reconstituer, les membres épars de la Présentation se réunirent, non pas à Sainville où rien ne leur restait de leur chère communauté, mais d'abord à Janville, gros bourg du département d'Eure-n- Loir, sous l'autorité spirituelle de Mgr l'évôque de Versailles, qui, par le changement de circonscriptions diocésaines, avait succédé a la juridiction de Mgr l'évêque de Chartres, premier et principal supérieur de la communauté.

C'est là [que se trouvait la maison mère, lorsque l'institut fut de nouveau recounu comme ordre religieux, par un acte du gouvernement du 19 janvier 1811.

Depuis, et pour de graves raisons, la supérieure générale, ayant été autorisée, lit l'acquisition d'une maison pins spacieuse à Tours. Le chef-lieu de la communauté y fut transféré au mois de novembre 1812, translation que le gouvernement confirma le U août 1813.

La communauté, peu nombreuse à la suite de la révolution, s'est considérablement accrue depuis. Elle compte aujourd'hui un grand nombre d'établissements disséminés sur toute la France, et desservis |>ar douze cents sœurs environ qui y exercent la charité sous toutes les lormes. Les unes soi>l livrées au soin des malades dans les hospices et dans les maisons privées où elles vont les visiter; au soulagement des pauvres dans les dépôts de mendicité, dans les maisons alimentaires, dans les bureaux de charité, ou à domicile, portant les secours que la honte ou l'infirmité empêche d'aller chercher... Les autres sont occupées à l'instruction des jeunes filles dans les écoles communales ou dans les pensionnats... Cellesci sont employées à tenir les crèches, Ici salles d'asile, les orphelinats, les ouvroirs.. Celles-là sont chargées des économats fol dépenses, des infirmeries, des pharmacies, etc., dans les institutions ecclésiastiques et laïques. En un mot, il n'est point d'oeuvres de charité, spirituelles ou corporelles, qu'elles n'embrassent : tous les maux, toutes les misères, toutes les infortunes, toutes les maladies, les infirmités, les besoins, excitent leur compassion et leur zèle, et deviennent l'objet de leurs soins les plus empressés et les plus dévoués.

Celte communauté, précieuse h tant d» titres à l'Eglise et à la société par les service* qu'elle a rendus et qu'elle continue d* rendre, a conservé dans sa pureté ses coo*tulions et ses règles, et par là môme son** prit primitif, esprit do charité et d'unie esprit de zèle et de dévouement, espm ac modestie et de simplicité.

PRÉSENTATION DE MARIE (SoeiasDEu).

Maison mère à Jiourg-Saint-Andéol, div

cèse de Viviers (Ardèche).

Mlle Rivier naquit à Montpezat, parois»" du diocèse de Viviers, le 19 décembre de parents religieux mais pou forlanes. *

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