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son fils s'y oppose» malgré les reproches sanglants que lui adressait ia vue seule du pasteur du rrai troupeau, et, cette fois eucore, M. Coudrin est sauvé.
Après avoir déposé dans plusieurs paroisses les germes de foi que les persécutions semblaient rendre plus féconds, M. Coudrin se hasarda, au péril de sa vie, à pénétrer dans la ville de Poitiers, où l'appelaient de grands besoins religieux, 11 se ut alors appeler Marche -à- terre; mais ce surnom ne le protégeant bientôt plus suffisamment, parce que son zèle le mettait trop en relief, il dut y substituer celui de Jérôme.
De ces deux noms cependant, le premier est resté te plus historique, et il nous souvient que dans notre jeunesse, alors que nous recevions des pieux disciples de M. Coudrin les soins qu ils donnaient à l'enfance, c'était le seul qui eût cours, et encore bien qu'un quart de siècle nous séparât à neiue des tristes événements dont il rappelait le cruel souvenir, il était pour nous sans signification.
Au milieu des actes de zèle et de dévouement que M. Coudrin n'épargnait ni par crainte de la mort ni par calcul pour le soin de sa santé, il fut souvent sur le point de tomber dans des embûches et d'être pris ; tuais la Providence, qui veillait sur lui, le préserva toujours, et par des voies souvent merveilleuses, contre les recherches les plus actives et contre les conséquences terribles qu'elles auraient nécessairement entraînées. 11 poussa même le mépris de la mort jusqu'à pénétrer dans les prisons pour y offrir aux malheureuses victimes de ces temps u'anarchie les secours de son ministère et les consolations saintes de la religion. Nous aimons à dire qu'il ne fut pas le seul à payer le tribut de sa courageuse charité, et, 'parmi Jes hommes qui s'honoraient alors en honorant le sacerdoce poitevin, nous ne pouvons oublier Mgr Soyer, que la religieuse Vendée vit plus tard s'asseoir sur le siège épiscopal de Luçon.
Ce lut au milieu île ces travaux et des peines qui furent pendant longtemps sa seule récompense que M. Coudrin songea sérieusement a réaliser le projet d'association
tueuse dont if avait entrevu le germe du taut de sou réduit hospitalier du château de la Motte. Une réunion de dames chrétiennes lui fournit le premier noyau de la société qui se voua dès l'origine a la dévotion aux sacrés cœurs de Jésus et de Marie. Mais des difficultés surgirent bientôt; elles avaient pour cause, outre la réserve qu'exigeait encore la rigueur des temps, l'impossibilité d'établir un lien religieux entre les associés et le principe d'obéissance qui constitue surtout 1 essence d'une congrégation. Le zèle et la persévérance de M. Coudrin eussent échoué peut-être contre cet écueil, s'il n'eût été providentiellement secondé par une sainte fille appelée comme lui à l'accomplissement des desseins du Seigneur.
fut alors en effet que Mlle Henriette
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Aymerde la Chevallerie, dont nous dirons bientôt la vie et les vertus, entra dans l'association, après avoir été refusée une première fois. Sa piété éminente et son entière soumission à la direction que lui imprimait M. Coudrin en firent bientôt après un instrument sûr de l'œuvre méditée, et lorsque, avec les fonds personnels dont elle pouvait disposer, on eut acquis, dans la rue des Hautes-Treilles à Poitiers, le logement anpelé alors comme aujourd'hui la Grana- JUaison, on put dire que, n'étant plus soumise aux vicissitudes uu'ontraine l'incertitude même de la stabilité, l'œuvre était consommée.
D'accord sur tous les points avec son saint directeur, Mlle Henriette l'aida à surmonter des difficultés sur lesquelles nous donnerons des détails en disant l'immense part qu'elle prit au succès, et elle fut bientôt mise à la tête de l'institut, dont le but était d'assurer la vénération des sacrés cœurs de Jésus et de Marie, l'adoration perpétuelle du très-saint Sacrement et l'instruction gratuite des jeunes filles.
Les bases de cet institut ainsi jetées d'une main ferme, et les constitutions approuvées par l'autorité compétente (17 octobre 1800), on le vit s'étendre, se développer par des moyens si faibles, que la main de Dieu s'y manifestait d'une façon incontestable, et bientôt il compta plusieurs maisons répan dues sur le sol français.
Le concordat venait de signaler la paix donnée à l'Eglise de Jésus-Christ, et il était permis à ses enfants d'espérer de longs jours de bonheur pour elle qui avait tant souffert. Les confesseurs de la loi étaient rappelés au sein de la patrie, les anciens évéques retrouvaient sinon leurs sièges, du moins les honneurs dus à leur caractère et à leur inébranlable fermeté. L'un d'eux, oncle do Mlle Henriette de la Chevallerie, vint alors à Poitiers, et apprit a connaître M. Coudrin : c'était Mgr de Chabot, ancien évêque de Saint-Claude. Nommé évêque de Mende, il crut ne pouvoir trouver mieux que chez M. Coudrin les vertus qu'exigeait le titre de grand vicaire, et il se 1 attacha en cette qualité. Le séjour de Mende fut pour l'évêque et pour son grand vicaire marqué par de douces consolations mélangées de cruelles amertumes : la vie de l'homme, la vie des saints surtout, est composée de ces alternatives nécessaires pour rappeler a la pensée ce qu'un bonheur trop constant pourrait faire oublier. Parmi ses joies pieuses, M. Coudrin put compter la fondation d'une maison de son institut à Mende, laquelle, après de bien humbles débuts, deviul bientôt florissante et féconde.
Mgr de Chabot, ayant cru devoir laisser au temps le soin de calmer de fâcheuses impressions produites dans son diocèse par les actes violents du pouvoir è son égard, était venu a Paris avec son grand vicaire en 180"», M. Coudrin mit è la disposition du clergé d« la capitale les talents naturels qu'il avait déjà montrés pour la prédication, et les suc-
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cès les plus éclatants couronnèrent ses pieuses intentions et ses généreux efforts. Son ministère, comblé de bénédictions, reçut une glorieuse sanction de l'honm ur qui fut fait au prédicateur de donner le sermon au jour solennel où le Saint-Pèro le Pape Pie VII vint olllicr pontificalement à Sainl-Ro.di : c'était le 30 décembre 180V. M. Coudrin fut, en celle occu>ion, le digne interprète du clergé français près du (bel suprême de l'Eglise, et il nu fut point audessous de la noble mission qui lui était confiée.
Les diflicullés existant entre le gouvernement et Mgr de Chabot n'ayant point été levées, les ministres et l'empereur lui-même tentèrent d'obtenir du prélat une demi-satisfaction en lui demandant de sacrifier son grand vicaire; mais le digne évêque, n'ayant tien à reprocher fr M. Coudrin, refusa noblement cette lâche concession, et préféra résigner son propre tilre. Il donna eu 1803 sa démission, et se retira près de son ancien grand vicaire. Ce fut alors cjue l'institut des Sacrés-Coeurs de Jésus et de Marie fut établi à Picpus, dans les bâtiments d'une ancienne communauté dont les jardins avaient reçu pendant la terreur les dépouilles mortelles de plus de treize cents victimes immolées aux fureurs révolutionnaires. Une chapelle expialoiro avait élé, dès 1800, élevée ii la mémoire do ces martyrs du devoir. M. Coudrin, en achetant ces terrains consacrés par le sang, y joignit quelques acquisitions voisines, et y fonda un collège et un séminaire qui devinrent bientôt le siège principal de la congrégation.
Les maisons du Mans et de Séez furent établies peu après, et ce fut pour obtenir quelques dames de l'institut que Mgr de Kois-Chollet, évôque de Séez, renoua avec M. Coudrin les liens d'une ancienne amitié en lui envoyant en mai 18013 des lettres de grand vicaire.
Ce fut alors que M. Coudrin reçut de la piété d'une sainte dame (Mme Coipelt, le don de la statue miraculeuse de Noire-Dame de la Paix, qui, après avoir appartenu, pendant de nombreuses générations, à la famille de Joyeuse, avait échappé, au travers d'une succession de fortunes diverses, aux profanations révolutionnaires, et venait recevoir, dans le saint asile de Picpus, les honneurs publics dont elle était digne. La renommée de ce précieux monument de la piélé de nos pères augmenta encore l'importance de l'établissement de Picpus, dont le collège et le séminaire, malgré les embarras du fondateur et la pénurie des ressources, fournirent bientôt au sacerdoce et à la société des membres capables d'honorer l'un et de servir l'autre. Pendant que la maison mère prenait ces développements, de nouvelles maisons se fondaient en diverses provinces et y jetaient les semences fécondes d'une bonne éducation. Les années de malheur, du disette et de guerre, se passèrent sans que Picpus, réduit pourtant quelquefois à manquer de pain, souffrit des maux que pouvait
entraîner celte situation précaire; l'invasiwi étrangère respecta sa clôture. La Restauralion, qui devait plus tard lui porter un coup bien cruel, parut lui être favorable en permettant, sous un régime à ses débuts plus bienveillant pour l'Fglise, que la congrégation nouvelle fournil un de ses nieiiiù .s (le P. Hilarion) pour accompagner à R<»îu-, en qualité de théologien, le prélat qui devait représenter la France près du Sainl-Siége.
Ce c hoix avait quelque chose de providentiel, car, lorsque M. Coudrin soumit à l'approbation du Pontife suprême les Constitutions de son ordre, le P. Hilarion, <pji avait pris part aux difficiles épreuves des premiers temps de la fondation, put fournir tous les renseignements, éclaircir les dout<>. Aussi, après un mûr examen, après avoir consulté les prélats qui possédaient , dads leurs diocèses, des maisons «le la congrégation et en avoir reçu les plus honoiabes témoignages de satisfaction, le Saml-I'ère accordait-il, le 10 janvier 1817, la bulle \vrtaut autorisation de la société de Picpus et de ses constitutions.
Au moment où l'institut recevait du cli-f de Civilise ce témoignage de haute estime qui paraissait devoir assurer ses dévelopi*ments, il semblait au contraire menacé de défections fâcheuses provoquées par des mesures qui n'avaient pourtant rien que de très-naturel et de très-honorable pour le fondateur.
Parmi ces mesures, on a cité la part que l'affection de M. Coudrin avait faite aux sujets d'origine irlandaise; mais depuis que il charité de M. Coudrin avait offert un a i e aux jeunes gens appartenant à cette terre catholique, et qui ne trouvaient plus, eu France, l'hospitalité qu'elle leur donnait autrefois, le nombre des pieux lévites de l'Irlande augmentait chaque année à Picpus. Il était donc juste de faire aux sujels qu'elle fournissait une part plus large, et celte jart était justifiée, puisque l'épiscopil d'Irlande lui-même devait bientôt se féliciter d'avor emprunté l'un de ses membres (Mgr Biggm>J aux élèves de Picpus.
Pendant que l'institut éprouvait ces lir.vilemenls intérieurs contre lesquels lestmtfs imperfections de noire nature ne peuvent défendre les meilleures institutions, il faisait, en la personne de Mgr de Chabot, son protecteur, mort le 22 avril 1819, une perte bien sensible.
Ce fut au mois de septembre suivant qoe se tint, conformément aux Statuts approuvé* par le Saint-Siège, le premier chapitre général, dont une déclaration solennelle ft unanime nomma M. Coudrin supérieur général à perpétuité de la congrégation.
Le 24 octobre 1819, la maison de Seint- Mai tin de Tours fut fondée. En 1820,Mgrrfe Boulogne, évôque de ïroyes, prélat rendu célèbre par son talent et* par la résistant uour.igeu.se qu'il avait opposée aux entreprises de Napoléon centre la liberté del'£gl|5f' appela près de lui M. Coudrin, qu'il nooitw son grand vicaire, el le chargea de farf.
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Arec quelques-uns des prêtres de Pic-pus, .les missions dans son diocèse. Pendant dix ans, leur ministère fut comblé de bénédictions, et l'éloquent évêque de Boulogne leur donna souvent des témoignages de la satisfaction que Jui causaient leur zèle et leurs succès.
M. Coudrin était déjà grand vicaire de l'archevêque de Tours, et le séminaire de «lie ville, ainsi que celui de Boulogne, étaient dirigés par des prêtres de la congrégation de Picpus.
Après la mort de Mgrde Boulogne, M. Coudrin Ut un voyage à Rome, d'où il revint le 8 août 1825, le cœur plein des bénédictions qu'un ûls respectueux et soumis de l'Eglise \mse toujours «u sein du père commun des fidèles. Le fondateur et l'œuvre Avaient été appréciés, et la Propagande avait demandé à I. Coudrin des missionnaires de son institut pour les lies Sandwich. Ces nouveaux soldais du Cbrist furent rapidement organisé?, et, au commencement de 1826, ils partirent sous la conduite de M. Alexis Bachelot, nommé vicaire apostolique. Tout avait été préparé par les soins et aux frais de la congrégation.
Plus tard, en 1832, c'était encore parmi les prêtres de Picpus que le Pane Grégoire XVI choisissait un évôque de Bnbylone, Mgr Bonamie, dont il sera question d'une façon i-Ius détaillée en sa qualité de successeur de M. Coudrin.
Le fondateur avait été confirmé par le successeur de Mgr de Boulogne dans son titre de grand vicaire; mais ayant été appelé en la même qualité près de S. E. le cardinal prince deCroï, auquel ses doubles fonctions de grand aumônier et d'archevêque de Rouen faisaient désirer vivement un aide sur lequel il pût compter pour l'administration de ton diocèse, il so rendit au vœu de l'éminent prélat (1825). La maison de Picpus fournit alors des missionnaires à ce nouveau champ ouvert au zèle apostolique de ses membres, et des prêtres au grand séminaire, dont la direction lui fut confiée.
Ce fut alors que les fatales ordonnances de 1828, arrachées à la faiblesse d'un roi vraiment pieux , et qui ne sauvèrent rien de <"« qu'on espérait sauver par elles, vinrent fermer les établissements d'instruction nombreux cl florissants que l'institut de Picpus avait ouverts aux familles religieuses et aux pauvres, et au'il ne pouvait plus tenir en présence de l'université triomphante, parce <|u'd était lui-même une congrégation non approuvée par l'Etat. Ce fut une source d'amers chagrins pour M. Coudrin, qui, s'il eut plus tard la consolation d'entrevoir l'aurore d'une plus généreuse liberté, ne put pas du moins voir briller le jour des complètes satisfit) Telle était du moins l'opinion reçue sur la «ii^nuou du Marie-Joseph et des vénérable» pasujer» qui le montaient, lorsque tout récemment la découverte d'un anneau cpi&copal entre les mains duo naturel de l'Océanic a provoqué une enquête « laquelle il semblerait résulter que le Marie Jo- »tph existe ; qu'il a dû être débarrassé de ses pas-
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faclions. Celles-ci, du reste, ne seront peutêtre jamais en France garanties contre de déplorables retours.
En 1829, le cardinal de Crol, appelé à prendre part aux travaux du conclave réuni pour nommer le successeur de Léon XII , emmena avec lui son grand vicaire en qualité de conclavistc. M. Coudrin, déjà apprécié à Rome lors de son premier voyage, reçut des témoignages non équivoques dessenliments dont il était l'objet, et le Pape nouvellement élu, Pio VIII, de sainte mémoire, voulant lui donner une preuve de l'intérêt personnel qu'il prenait à l'institut de Picpus, accorda la faveur d'un autel privilégié dans toutes les maisons de la congrégation, et honora le fondateur lui-même du titre do prélat (18 septembre 1829).
Les jours mauvais s'étaient levés pour la France et la religion. Pendant les journées de juillet 1830 , qu'une appréciation plus juste et plus saine des choses n'oserait plus aujourd hui appeler glorieuses, mais déplorables, la communauté de Picpus reçut (a visite des ômeuliers, qui venaient y chercher des armes qu'on disait être déposées dans cet arsenal du despotisme. Nuls excès regrettables ne souillèrent les mains du peuple vainqueur de la royauté; mais plus tard, lors du sac de Saint-Germain-l'Auxerrois, de l'archevêché et do Conflans, Picpus eut A subir de tristes déprédations. Les habitants de ces lieux dévastés se dispersèrent, et plusieurs allèrent chercher un refuge au sein des maisons de l'ordre et près do M. Coudrin, dont la place était marquée près de son archevêque privé de son titre de cour par la révolution triomphante , mais demeuré fidèle et dévoué au peuple rouennais.
Peu a peu néanmoins les anciens hôtes de Picpus regagnaient sans bruit leur demeuro saccagée; mais ils ne purent v reparaître publiquement qu'au momenloù Mgr de Quélen, proscrit lut aussi comme amt du pouvoir tombé, vint offrir à ses brebis égarées et punies par l'horrible fléau du choléramorbus les soins, le dévouement du bon pasteur et lessecourscharilableadeses pieux coopérateurs.
Ce fut peu après que, sur la demande du Souverain Pontife, de nouveaux missionnaires furent envoyés par M. Coudrin dans l'Océanie méridionale, et que Mgr Etienne Rouchouse, l'un d'eux, sacré à Rome évôque de Nilop'dis, fut chargé de gouverner toute la Polynésie orientale (22 décembre 1833). Plus tard, ce digne ministre de Dieu périssait englouti par les flots avoc les missionnaires et les religieuses qu'il était venu chercher en France et qu'il conduisait dans l'Océanie (1).
Le 7 novembre 1833, M. Coudrin, sentant
sagers dans un bot facile à expliquer, et que. loi»' bés au pouvoir de quelque tribu sauvage, les malheureux ont péri misérablement. Les déclara tions du possesseur de l'anneau épiscopal autorisent a croire que Atgr Rouchouse a subi le sort de ses compagnons, et qu'il a été dévoré comme eux.
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que ses forces l'abandonnaient, avait quitte la ville de Kouen pour se retirer à Picpus, où il voulait mourir; tuais, avant que Dieu lui donnât la récompense de ses longs travaux, il devait le faire passer encore par de rudes épreuves semées de douces consolations.
Au nombre de ces dernières, nous devons signaler la fondation d'un établissement à CliAteaudun (11 novembre 183i), cl surtout celle de Coussay- les- Bois (5 janvier 1835), aux lieux mômes où M. Coudrin avait vu le jour, aux lieux qu'il avait édifiés par ses vertus, et qui gardaient le souvenir de la piété do son vieux père cl des membres do sa famille justement honorée. Nous no pouvons oublier de dire aussi le bonheur qu'il éprouva en voyant le vertueux M. (iossin confier aux Prêtres de Picpus l'enseignement des pauvres, dont s'occupe l'Œuvre de Saint-François-Régis, cetteOEuvre sociale e* réparatrice, dont le but est <lo réhabiliter la famille en faisant disparaître les unions illé gitimes cl en faisant bénir par la religion les époux qui avaient repoussé sa bénédic lion.
Au moment où il fournissait les moyens d'évangéliser les pauvres de la capitale du royaume de France, M. Coudrin n'oubliait pas la terre lointaine sur laquelle ses enfants avaient planté la croix du Christ, et le 23 octobre 18.10, il avait la consolation de faireembarquer do nouveaux apôtres pour les missions de l'Océanie. — Moins d'un mois après, un établissement de son ordre était fondé à Lavcrpiltère (20 novembre 1830) : c'était le dernier auquel ildulnicttre la main.
En effet, la mort de Mme Henriette Aymer de la Chevallerie, sa noble et sainte COOpératrtce (23 novembre 183i) , celle do l'une des plus anciennes associées, celle de Mme Charles Coudrin, sa belle-sœur, suivie le lendemain par sa tille Henriette [2'» août 1836), avaient préparé M. Coudrin par do bien amères douleurs au sacriticc d'une vit vouée tout entière au service du Seigneur. Après avoir fait une visite à Coussaye-les- Mois, lieu de sa naissance, où s'élevait un établissement cher à son cœur, après avoir accordé quelques heures à celui de Châteaudun, M. Coudrin revint a Paris et put recevoir, le premier jour de l'an 1837, le renouvellement des vœux des cent quarante-cinq religieuses de Picpus et les résolutions de seize novices. Le 8 février, une profession eut encore lieu. Peu après, une maladie mortelle, cachée sous les apparences d'une légère indisposition , le frappa au commencement du Carême. Malgré les recommandations de son médecin, il voulut adresser, selon la coutume, la parole à ses tillos chéries à la Messe de chaque dimanche; mais un pressentiment secret semblait l'avertir que l'heure était proche. Au troisième dimanche de Carême, sa voix affaiblie faisait entendre ces paroles prophétiques : « Cette sainte quarantaine est bien avancée; néanmoins nous ne serons pas tous à la Pâque... Non, nous n'y serons fias tous ; pcul-ôtro moi le
premier. » il disait vrai. Le quatrième vendredi du Carême, il prêcha pour un exercice en l'honneur de Ja Passion ; ses forces l'abandonnaient chaque jour. Le dimanche iio la Passion, il ne put célébrer le saint sacrifice; le mal empirant avec rapidité, il reçut, le vendredi saint, les sacrements de l'Egusc avec la sérénité d'une âme prêle à paraître devant son juge, et le 27 mars 1837 il rendit le dernier soupir au milieu des larmes et «les regrets de la communauté, qui perdait en lui un père, un modèle.
Aprèsavoir été exposé pendant deux jours il fut enterré à côté «le Mgr de Chabnt et Je Mine Aymer de la Chevallerie, dans le caveau creusé dans le cimetière de Picpus. Mgr de Janson voulut, en célébrant luimême la triste solennité des funérailles donner au serviteur de Dieu un témoignage de sa profonde vénération pour lui.
Ainsi mourut à l'âge de 09 ans et 27 jours M. Pierre- Joseph Coudrin, en religion F. Marie-Joseph, fondateur et premier su| trieur général de la congrégation des Sacré>- Cœurs de Jésus et de Marie et de l'Adoration perpétuelle du très-saint Sacrement do l'autel.
La vie do M. Coudrin s'est écoulée humble et pure, sans que les vertus douces qui faisaient le fond du caractère de cet Iminnje de bien aient produit de ces effets extraordinaires qui étonnent les contemporains d'abord, et laissent aux générations suivantes un long souvenir; mais cette vie fut pleine d'œuvres qui ne sauraient avoir moins de mérite aux yeux de Dieu, et il suffit «lèse reporter au récit bien imparfait que nou> venons de faire des travaux modestes de ce prêtre dévoué, pour qu'aux yeux même <tu monde il occupe parmi lesservitcursde Dieu Ja place dont il est digne.
Lorsque le vénérable fondateur delà société des Sacrés-Cœurs fut mort, ses enfat.ts cherchèrent à lui donner un successeur capable de continuer l'œuvre commencée rt d'achever ce que le bon père, accablé d'intirtnités pendant ses dernières années, lai>sail imparfait. Ils jetèrent les veux sur Mgr Bonamic, membre de la société, élevé depuis quelques années sur le siège arcliié piscopal de Smyrne.
BoMAMJB Pierre-Dominique-Marcellin (en religion Raphaël), lils de Dominique Bonamie et de Victoire Pagês-Labouisette, est né le 2G mars 1798 à Al bas (Loi), diocè- Cahors. Le soin de sou éducation fut confié aux RR. PP. de la société de Picpus, qui dirigeaient à Cahors un établissement connu alors comme aujourd'hui sous le nom de collège des Petits-Carmes. M. Bonaune avait a ieine terminé ses éludes lorsqu'il sollinia a faveur d'être admis dans la société de* ri igieux qui avaient guidé son enfance. Le bon père Coudrin accueillit avec bonheur !i demande du jeu^"- lulant, lequel . après le noviciat fut admis, le 21 no-
vembre I t des vœux perpé-
tuels haél.
s cours de philo-