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minuent,je me sens mourir, et cependant vous ne parlez pas de me faire transi^orter â l'hôpital 1 Qu'attendez-vous donc pour tenir voire engagement? » M. Dandrade fol un moment embarrassé. La maladie de son confrère avail fait des progrès sr rapides, qu'il devenait impossible de le faire transporter a l'hôpit d sans s'exposer à le voir expirer dans le trajet. Il se recueille un instant, et montrant du doigt une chaise, la seule qui ornâila pauvre chambre du moribond. «Cette chaise.» lui deinanda-l-il, • est-elle à vous? —Non,» répondit le malade, « elle m'a été prêtée parun congréganiste. — Et cette table? —Je la dois à la charité de l'un de nos jeunes gens. Votre lit. du moins, vous appartient?— Non, des personnes charitables me l'ont fait apporter en remplacement du mien qui étal hors de service. — Cher confrère, » dit alors M. Dandrade,* puisque la chaise, la table, lelt même, rien n'est à vous dans cette eliamke, je vous prie de consentira mourir ici : Vous ne seriez pas logé plus pauvrement à Tbèpi* tal. » Ainsi vivaient et mouraient les prêtres du Sacré-Cœur, dit Tailleur de la vie de M. Allemand.
Le collège que tenaient les Prêtres du Sacré-Cœur attirait des élèves même des pars étrangers, et ils formaient làmê ne les jeun- s séminaristes, selon l'autorisation que leur en avait donnée M. de Bellov, alors évêqne do Marseille, et mort cardinal-archevêque do Paris. Pour former les âmes à la vertu el les maintenir dans la bonne voie, le> pieux directeurs avaient établi trois congrégations; l'une dite du Très-Saint-Enfant-Jésus, recevait l'enfance depuis 7 jusqu'à 18 ans. Cest du sein de celte congrégation que sortirent les premiers prêtres qui complétèrent !e nombre de douze, nécessaire à l'apostolat du Bou-Pasteur. La congrégation de Saint-Jean- Baptiste recevait à dix-huit ans ceux qoi avaient été formés par celle de l'Enfant- Jésus; c'était, si l'on veut, la même œuvre divisée en deux camps, comme pour donner à la jeunesse la satisfaction de la séparer de l'entance, elles associés fré«|uentaieni,que|ques-uus du moins, les réunions jusqu'à l'âge avancé. La troisième congrégation était pour les hommes do la classe ouvrière, et réunissait ses membres sous le voral>le<ie Saint -Joseph. Elle eut pour directeur, te P. Donnadieu, fusillé il Marseille au mots de septembre 1797, refusant de faire un mensonge qui aurait pu le sauver. Quelqo^5 les trois congrégations faisaient ensemble une procession solennelle, dont les rm> étaient grossis par les anciens confrère- Pour peu qu'on considère avec intérèi divers genres de travaux embrassés jarceite maison, on se persuade aisément, dit l'«utcur delà Vie de M. Allemand, queson pieux dessein éiail de remp'acer dans Mar>e,i!e l'institut des Jésuites, qu'un édit récent tenait de supprimer en France. La maisons Bon-Pasieur a été démolie, et Ton foule aujourd'hui au pied le sol où s'élevaient î-.ancluaire oison collège.
L'auteur où cous avons puisé cesdeïa^
IUCÏ IO.NNAIKK
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DES ORDRES RELIGIEUX
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n'avait à parler qu'incidemment de la société du Sacré-Cœur, et ne parle point des colonies qu'elle a pu former. Or. nous savons qu'elle s'était établie a Agde, par M. de Charleval, évèque de cette ville. Ce prélat, mécontent de l'esprit qui régnait chez les Oraiorieus, chargés du séminaire, résolut de confier cet établissement à la société formée récemment h Marseille, et cinq membres de cette société, dont deux prêtres, entrèrent dans le séminaire d'Agde, en 1742, sous la direction de M. Nicolas, qui fut nommé supérieur. Ces deux ecclésiastiques établirent a Agde les mêmes œuvres de zèle que celles u'on faisait à Marseille. M. Nicolas donnait es missions et des retraites dans le diocèse, ainsi que son confrère, et plusieurs fois dans l'année, ils encourageaient l'évêque lorsqu'il allait dans quelques-unes des dix-neuf villes ou bourgades qui composaient le diocèse y faire des missions. Pendant les dix-neuf années que dura l'épiscopat de M. de Charleval, les Pères du Sacré-Cœur continuèrent «ie faire le môme bien et d'obtenir le même fruit de leur zèle. Ils contribuèrent surtout è étendre la dévotion au Sacré-Cœur dans la ville épisoopale, et célébraient sa fête avec une solennité et une procession éclatantes. Les curés, mus par des principes qu'on peut apprécier, vireut cette solennité avec ombrage, et allèrent même jusqu'à rédiger un Mémoire sur les prétendues atteintes portées à leurs droits, et à ce Mémoire à consulter répondirent plusieurs avocats de Paris et de Toulouse, que cette fête devait être locale et réserver ses pompes pour l'intérieur de la maison. Cette démarche déplut à M. de Charleval, mais ce vénérable prélat mourut et, au mois d'août 1750, il eut pour successeur M. de Saint-Simon, qui, favorable au parti janséniste, n'eut garde do traiter favorablement la colonie des Pères du Sacré- Cœur et les obligea à renfermer dans l'inlôlieurde leurs établissements la solennité dont nous avons parlé. Il les vexa ensuite sous le prétexte du peu de capacité des professeurs de leur collège, mais ces vexations ne rompaient point encore l'union et l'accord qui semblaient être à l'extérieur entre lui et ces Pères. Après plusieurs années, il lit un traité avec eux, les supérieurs furent remplacés par d'autres, et la maison continua probablement son existence jusqu'à la suppression générale des maisons religieuses, a l'époque de la révolution française.
Vie au serviteur de Dieu Jean-Joseph Allemand, fondateur de la jeunesse, par F. Brunello, prêtre, directeur de l'OEuvre, in-8, i8o2.
Nouvelles ecclésiastiques... Statistique du département des Bouches-du Rhône. R d e.
SACRES COEURS DE JÉSUS ET DE MARIE (Congélation des), et ADORATION PER- PÉTUELLE DU T.-S. SACREMENT DE L'AUTEL ( dite de Piepus ).
Cette congrégation a été fondée à Poitiers i l'année 1800, par M. P.-J. Coudrin et par Ajmer de la Chevallerio, tous les
(I) Vo9. l'article consacré à cette conarégaiion
en Mme H
deux originaires du Poitou, et dont nous allons raconter la vie.
M. P.-J. Coudrin, fondateur de ta congrégationdesSS. Cœurs de Jésus et Marie, etc.
v Pierre-Joseph Coudrin naquit le 1" mars 1768, à Coussav-les Bois, diocèse de Poitiers (aujourd'hui de l'arrondissement de Châtelleraull , département de la Vienne). Sa famille, vénérée dans la contrée pour ses vertus, était de celles qui, contentes de l'humble sort que leur avait fait la Providence, vivaient alors heureuses en cultivant le modeste héritage de leurs pères et en donnant l'exemple d'un profond respect pour les choses saintes uni à la stricte observation des loisetdes préceptes de la religion.
Son père se nommait Abraham Coudrin , sa mère Marie Riom. Celle-ci était sœur de M. l'abbé Riom, vicaire de Saint-Fêle de Maillé, qui eut plus lard l'honneur de mourir pour sa foi sur les vaisseaux de la déportation inventée par un gouvernement persécuteur et sanguinaire.
Ce saint prêtre se chargea de donner à son neveu les premiers soins qu'exigeait son éducation, et il confia la direction de sa conscience à M. Fournet , alors curé de Saint-Pierre de Maillé, qui depuis fut lo fondateur de l'institut vénérable des filles de la Croix , dites Sœurs de Sainl-Andr4(l). Ainsi le matlre et l'élève dans ta science do la vie religieuse devaient, après une laborieuse carrière, léguer au inonde chacun une famille nombreuse vouéeà la prière etaux pieuses pratiques de la perfection chrétienne.
M. Coudrin sut mettre à profit les enseignements et les exemples qu'il puisait près des guides sûrs que lui avait donnés la Providence, et, après avoir reçu do son oncle les premiers éléments de la science, il alla continuer ses éludes au collège de Cbatellerault. Ses succès y furent marqués, et, ce qui n'étonnera personne, à cause des principes solides qu'il avait reçus avant de quitter la maison paternelle, ces succès ne lui firent point oublier une vocation presque innée pour l'état ecclésiastique.
Il vint à Poitiers faire sa philosophie, qu'il termina à la On de 1786, étant Agé de 18 ans. Trop jeune pour entrer au séminaire, il parut assez prudent et assez grave néanmoins pour qu'un magistrat respectable du présidai de Poitiers lui conllât l'éducation de * ses enfants, et bientôt après la direction matérielle de sa maison.
Depuis trois ans il remplissait ce rôle, qui n'eût pas été peut-être sans danger pour uno vocation moins sûre que la sienne, lorsque, résolu à donner suile aux premières inspirations de la grâce, il se présenta pour subir les épreuves auxquelles étaient alors astreints les sujets qui désiraient entrer au grand séminaire. Après des examens qui lui firent honneur, il fut admis et s'attira, par sa pieuse régularité, l'estime et l'amitié de ses directeurs et de ses condisciples.
1279 SAC DICTIO.
Lorsqu'il s'agit d'entrer dans les ordres sacrés, une difficulté sérieuse et toute matérielle parut devoir lui fermer l'accès do cette carrière. On exigeait alors des jeunes aspirants au sacerdoce, comme on l'a exigé depuis, dans d'autres temps, de ceux qui se destinaient à la magistrature, qu'ils justifiassent de la possession d'un litre de rente. Il semblait que ce titre , en constatant que le sujet était au-dessus du besoin et n'aurait point a se préoccuper du soin matériel de >on existence suffisamment assurée d'avance, fût pour le prêtre une garantie de dignité, et aussi pour la société ecclésiastique une preuve que la vocation et non pas le calcul avait présidé an choix du saint état. Un procès malheureux, qui avait compromis pour un temps la fortune paternelle de M. Coudrin, mit obstacle a la production du lilro de rente exigé. Néanmoins, et par une exception honorable pour le jeune séminariste, il en fut dispensé et recul le sous-diaconat, puis plus t.ml le diaconat.
On était alors aux mauvais jouis de la révolution suscitée contre la vieille société, et surtout contre le catholicisme; la persécution qui atteignait ses ministres dispersa les élèves du grand séminaire de Poitiers, • t M. Coudrin, pour recevoir l'ordre de la prêtrise, lui obligé de se rendre à Paris, où se trouvait encore Mgr de Donnai, évêquo de Clennont. La cérémonie cul lieu le 1" mars 1*792 , dans la bibliothèque du séminaire des Irlandais. Les prières de la consécration durent être dites à voix basses, car tout prè> de là , dans la chapelle même du pieux établissement, les démo* rates tenaient leurs clubs sanguinaires, et une indiscrétion, un acte d'imprudence, pouvaient entraîner la mort du « onsécraleur et du consacré.
Ucvêlu du saint caractère qui en faisait un soldat »lc Jésus-Chi isl au moment même où le nom de Jésus-Christ était proscrit , M. Coudrin revint a Coussay-les-Bois ; il y seconda le curé légitime, qu'il remplaça môme apiès l'expulsion du celui-ci jusqu'au moment où l'arrivée d'un pasteur intrus lui fournil l'occasion publique de protester contre lui, cl d'exposer par cet acte de courage une vie qu'il dut soustraire à la fureur des impies.
Pour ne pas perdre de vue ses brebis fidèles, M. Coudrin, qui avait reçu de M. de IJruneval, administrateur du diocèse de Poitiers, les pouvoirs les plus étendus, se cacha dans le t hûteau de la Molle dTsseau, près ChAlelleraull, appartenant à Mme de Viard, qui devint plus tard supérieure générale «le l'ordre fondé par M. Coudrin.
Les craintes de recherches devenant plus sérieuses, le fugitif dut se soustraire infime aux regards des habitants et des domestiques, et, pour y parvenir sans donner de soupçons , il se réfugia dans une sorte de grenier dépendant d'un bâtiment isoié, où il pouvait a peine se tenir debout cl faire quelques pas. Des perquisitions furent fanes néanmoins ; mais il échappa d'une façon
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merveilleuse au moment même où 1rs recherches allaient fitre couronnées «Je succès.
Ce fut au milieu des pratiques pieuses et surtout des méditations profondes auxquelles se prêtaient si bien et sa situation et l'étal de son esprit, que M. Coudrin conçut comme un vague projet de l'œuvre qu'il réalisa (dus lard. Du haut de son grenier, dominant une vasle campagne, il aperçut un jour de nombreux ouvriers qui se livraient aux travaux des champs : c'était su mois île septembre. Des femmes mêlées aux hommes payaient à la terre le tribut commun de leurs sueurs. A cette vue, l'imagination du confesseur de la foi s'exalta puissamment et lui fit comprendre que ses nommes n'étaient autres que des ouvriers évan« géliques auxquels il donnerait un jour naissance, et qui recevraient des mains des religieuses d'un ordre nouveau le concours énergique rendu nécessaire pour les !*• soins d'une société minée dans ses fondements par l'impiété.
L'inaction parut dès lors impossible à M. Coudrin; il abandonna sa retraite. et, faisant d'avance le sacrifice de sa vie, il dirigea ses courses apostoliques vers les paroisses voisines de Poitiers. Au milieu de ses sainte imprudences, il était difficile qu'il ne fût pas découvert; un gendarme reconnut lerrêtre sous l'habit du laïque déguisé; mais Is noble franchise et le courage du confesseur louchèrent le cœur du soldat, qui, loin ;e le livrer au bourreau, lui offrit un nsiie et attribua plus tard à cet acte de niété rare la protection providentielle qui le couvrit et le rendit sain et sauf à sa famille, alors que presque tous ses ca mandes avaient succombé dans des campagnes ineurtr.ères.
Les infatigables courses auxquelles se livrait M. Coudrin, au travers de mille dangers, donnèrent lieu a des scènes dont le récit serait plein d'intérêt si nous |K)UTion* les raconter toutes; bornons-nous a en redire quelques-unes. Un jour, aux enrirons de Migné, M. Coudrin, fatigué par la marche, et couvert d'habits pauvres, est inné à mouler dans une charrette que condu it un partisan des idées révolutionnaires. Refuser, c'était faire naître des soupçons; il accepte. Mais la blancheur de ses mains contrastant avec son costume d'ouvrier, le conducteur défiant lui en fait l'observation, et lui demande le nom du maître sous iequei il Iravailb?. * 11 s'appelle Rabbi, » réponJ M. Coudrin. « Je ne le connais pas, » fé* plique lo paysan. « Je vous plains bien.» répond à son tour avec calme le sertiteu; de Dieu; et, trompé par son ignorance, l'incrédule dépose bientôt le précieux f»1"deau qu'il eûl sans doute livré s'il connu pour ce qu'il était.
Plus tard, dans un chemin peu fr*.^' M. Coudrin rencontre un de ses ancienscon* disciples du séminaire, dévenu prêtre as.*r" monté; ils se reconnaissent; le père <<" transfuge veut arrêter le urètre Ddèlc; nius