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pour recevoir la sanction du Saint-Siège.
Sur un rapport favorable présenté à Sa Sainteté au nom de la sacréo congrégation des Kvêques et des Réguliers, Ie22 août 1839, lesConslilulionsfurentapprouvéesle24innrs 1840 par un bref apostolique de Sa Sainteté Grégoire XVI. Mgr Bonamie, qui s'était rendu lui-même à Home et qui avait été accueilli avec bienveillance, obtint alors de précieuses faveurs pour sa congrégation. De retour en France, il s'occupa d'assurer la stricte observance de la règle, et il s'efforça d'atteindre le but que se proposait la con-
f;régation. Il envoya des professeurs dans es anciens collèges pour donner l'enseignement primaire ; il forma deux établissements en Belgique; et comme des difficultés sérieuses s'opposaient à ce que la congrégation se livrât en France à l'instruction secondaire, les ouvriers évangéliques disponibles furent envoyés pour exercer leur zèle au delà des mrrs. — Déjà Valparaiso dans le Chili possédait un commencement d'établissement; les Iles Gambiers étaient converties. Sandwich après avoir expulsé et maltraité les missionnaires, consentait à les recevoir, malgré les méthodistes (1837). Sur ces entrefaites arrive en France un zélé missionnaire de l'Océanie, connu dans les Annales de la propagation de la foi, le R. P. Caret; il se rend à Rome, où il réjouit le cœur du Saint-Père en lui racontant les merveilles opérées parmi les sauvages. Picpus revit le missionnaire des Gambiers, et un grand nombre de membres de la congrégation se présentèrent pour l'accompagner en Océanie. Les nouveaux missionnaires, vêtus de l'habit de l'ordre (l'habit blanc), re-
Surent avec attendrissement la bénédiction e leur supérieur général et partirent joyeux et pleins de zèle pour la conversion des sauvages (1840). Sandwich reçut bientôt du renfort, et l'établissement de Valparaiso fut consolidé. Ces premiersmissionnaires étaient à peine arrivés, qu'en janvier IBM, quarante-deux membres de la société s'embarquaient à Bordeaux.
En 1842, Mgr Rouchouse, évêque de Nilopolis, revenu en France pour chercher des missionnaires, partit de Saint-Malo sur le Marie-Josepk avec vingt-cinq membres de la société, qui malheureusement ne sont point arrivés à leur destination. La perle du Marie-Joseph ne ralentit point l'ardeur pour les missions. En 1843, le gouvernement réclamait et emmenait aux lies Marquises six nouveaux missionnaires. En 1845, vingtdeux nouveaux ouvriers évangéliques s'embarquaient au Havre pour le Chili et l'Océanie, et reconduisaient dans sa patrie un jeune Sandwichois. En 1846, le Havre vit encore une nouvelle colonie se diriger vers Sandwick. En 1848, un nouveau départ trèsnombreux eut lieu au Havre. En 1849 et en 1650, de nouveaux essaims de missionnaires partirent pour aider en Océanie ceux qui succombaient à la fatigue, ou |>our aller fonder les collèges de Sau-Iago et de Copiai po au Chili, rétablissement de Lima au Pi-
DES ORDRES RELIGIEUX. SAC
m\ sac
rou, il'.' San -Francisco en Californie. Partout ces missionnaires, malgré une opposition puissante des méthodistes, obtinrent des Miccès surprenants. Au l<out Je trois ans de prédication, Sandwich comptait douze mille catholique*; el aujourd'hui les mômes lies comptent trente mille catholiques, scplcgli- >i's en pierre, cent cinquante chapelles, r-L'nt cinquante écoles catholiques, deux collèges. Depuis la mort de Mgr do Nilopolis, Sandwich est conlié à Mgr Maigret, qui porte h» titre d'évèque d'Aralhio et de vicaire apostolique. Plusieurs lies de l'Océanio centrale, Taiti, les Marquises, Paoumolou, etc., etc., sont défrichées non sans peine, mais avec succès, par Mgr d'Axiei i et ses dévoués eoopéraleurs.
Pendant que le catholicisme faisait ces progrô> dans l'Océanie, il lui était permis, eu France, de rouvrir ses collèges et ses établissements religieux, si déplorab'.ement fermés en 18-28. Mgr Bonamie protitn de celle heureuse liberté pour rétablir les collèges de la Grand'Maison a Poitiers, des Petits-Carmes à Cahors. de l'Adoration à Mende. de (iraves près Villefianche (Aveyion), de Sarzeau (Morbihan).
Cet acte important a terminé l'administration de Mgr Bonamie, qui crut devoir en 1851 résigner entre les mains du Saint-Père la haute dignité dont il était investi. Le Souverain Pontife, en acceptant sa démission, le nomma chanoine de Saint Jean de Latran, avec privilège de n'être pas obligé h la résidence. Le prélat a usé de celle liberté, et j| s'est retiré dans la maison des Pctits-Carines à Cahors, où il avail l'ait ses premières études.
Le chapitre chargé de lui donner un successeur, se réunit au mois de décembre 1851. Tous les suffrages se portèrent sur le R. P. Kulhyme Rouchouse, directeur au noviciat d'Issy, cousin de Mgr l'évêque de Nilopolis, lequel gouverne actuellement la congrégation.
Mme U. Aymcr de ta Chcvallcrie, fondatrice de la Congrégation des Sucres Cœurs de Jésus et de Marie, etc.
Henriette Aymer de la Chevalleric naquit nu château :1e' la Chevallcrie, en Poitou, le S20 août 1767. Sa famille, illustre entre celles que le Poitou compte au nombre de ses plus anciennes maisons, est originaire des enviions de Saint-Maixent et a fourni une longue série de services militaires, depuis Aymer de Mortagne, tué on défendant la ville de Poitiers sous le règne de Charles VI. Elle était même titrée du titre de marquis pour les honneurs de la cour. Il n'est donc pas étonnant qu'après avoir reçu une éducation, conforme à sa naissance, Mlle de la Chevalerie, que nous appellerons désormais Mme Henriette, ait obtenu, dès 1778, l'honneur, «lors fuit recherché, d'être admise comme chanoinessc de l'ordre religieux, militaire tt souverain de Malte.
Les principes que Mme Henriette avait puisés au sein de sa famille la guidèrent
SAC
dans la voie sûr* aux jours de révolution qui firent surgir pour tant d'autres de dangereux écueils : elle re-ta fidèle è son culte et à sa foi. Klle eut bientôt l'honneur d'être emprisonnée avec sa mère [HOty. Son ennir. c'était d'avoir caché un prélre, crime punissable alors, el que le code sanglant des apôtres de la tolérance religieuse permettait (J«* réprimer par la peine de mort. Mme Henriette ne dut son salut qu'aux soins tonchants qu'elle prodigua dans sa prison à une malheureuse femme repoussée par toutes ses compagnes d'infortune. Délivrée de ses fers, la prisonnière sauva, par les habile* lenteurs qu'elle sut ménager, la vie de sa bienfaitrice et celle de sa mère. En etTet. avant que les difficultés soulevées eussent été aplanies, Robespierre porta lui-même si tôle sur l'éi hafaud, et la chute de celle tête coupable fut le signal du salut de Mme Henriette, de sa mère el de lanl d'autres victimes promises au bourreau.
Cependant le séjour de la prison, la pensée d'un danger permanent et la nécessité de se tenir toujours prête à Goro paraître devant le juge du ciel, qui devait prononcer après les juges de la terre une plus redoutable sentence, toul avait développé chez la captive une tendance innée déia vers les idées religieuses. Lors donc quelle fut libre, elle s empressa do se faire affilier (mai 1795) à une association de pieuses dame» de Poitiers, que la pratique de bonnes œuvres avait réunies, et qui, au milieu de? persécutions dignes des siècles de Néron el de Domitien, donnaient aussi l'exemple de la ferveur des temps primitifs.
Au mois de mars 1797, elle manifesta * son directeur le projet do l'Œuvre qu elle préparait depuis longtemps par une vie plus retirée, et elle fil a cet effet l'acquisition d'uno maison dite la Grand' Maison, situé* ruo des Hautes-Treilles, à Poitiers.
Parmi les dames associées, quelques-une< avaient le désir de s'isoler d'un monde dont les soins exigeaient d'elles moins de sacrifices; on les appela les Solitaires; et coma* Mme Henriette se distinguait entre ellu par sa fervente piété, elles la choisirent jour marcher à leur téle (juillet 1797).
Après le 18 fructidor, la réaction politique fut pour elles un motif de plus de s<? dérober aux regards d'un monde qui pourau encore redevenir persécuteur, et que se* tendances poussaient Irop naturellement «u mal pour qu'il ne s'y laissât pas aller. La (irand'Maison devint alors un asile pieui. retiré loin du bruit et des événements toujours plus menaçants.
Bientôt la piété de la nouvelle supérieure lui valut les suffrages des associées de l'extérieur, el le nom de bonne mère qu'elle reçut, et qu'elle garda toujours depuis, lénwgna du respect qu'elle inspirait déjà par une incontestable vertu.
Dès 1800, la société intérieure d»
Grand'Maison reçut une organisation *|£ ciale, et sous cette forme elle fut approuve par les vicaires généraux du diocèse «•
blCTIONNAlRL
129 > SAC DESORDRES RELIGIEUX. SAC ti<H
Voilier», qui, le 17 octobre, confirmèrent bties & Laval (1804-1805), au Mans (S juin l'élection de Mme Henriette comme supé- 1805), et a Séez (30 mai 1807). rieure générale à perpétuité de son insti- La possession d'une statue miraculeuse tôt. de la sainte Vierge fut |K>ur l'établissement Mme Henriette, mue par celle pensée que de Picpus, ainsi que nous l'avons dit, une Dieu, ayant été surtout outragé pendant les source de prospérité qui ne fit qu'augmenter fureurs révolutionnaires dans le sacrement av°c la confiance des fidèles, auguste de nos autels, réclamait une ré|»a- M*,s bientôt Mme Henriette eut l'occasion ration éclatante par une adoration plus pro- de montrer toute l'énergie de son caractère, fonde et qui fût de tous les instants, voua sa Napoléon, qui avait voulu se faire de la renouvelle société à 1 adoration perpétuelle du l'g^n un instrument politique , avait essayé très-saint Sacrement cl aux sacrés cœurs do de briser le chef de l'Eglise le jour où ce Jésus el de Marie. chef, pénétré de ses devoirs, s'élait refusé
Mais, persuadée qu'une vie purement ^ « J?,^01\™ f ^ ^J?? ÎÎÏS5Ï,r^* ï^oe».
ronicn.plative ne paraîtrait pas devoir suffi- li^S^lV!!^^1^? t S cl?l?,eid.î
Moment rendre au inonde les services que C1U "LT^V"' ,e T™Ua ^qnfl J1.*"1
la société actuelle, dans son ignorance des SJ£? «i^nT? ,m{;éna,£; «oui rem-
rhoses d'ordre purement divin, demande à ^,0,1t1!°"s ^ T,n dK fer' Mme Hennelle ne
un plus grand nombre d'établissements re- ™cu,a, P°,nt' dan/ ms graves cirronslances,
ligieux, elle voulut que sa fondation frap. ^]tSWJ0n V *T 8M?rti"
ilt i«« vaut nj»r «nn niiiiiA An *nnnror»î»fl ment alors ses dangers; elle ordonna dans
Pp^itive "e't cônféquenî^l^ ~ 8e Ia ^cita-
iiarmonie avec un siècle qui se dit positif 'on dîL HL?'."?0* d? ,a Pén',ence }
avant lout. Elle appela donc sa congrégation °ï " ^^Lin*', * ^r obtenir la
à propager les bienfaits de l'éducation, délivrance du chef visible de 1 Eglise,
dont les orages révolutionnaires avaient ?n sii~?.m/ î • *iu,ss*nce. du yàw.'
privé une génération tout entière. TiïJiZ T £\ JaJnC.Uî W T*?*
?x ..... , , , ,. résignation du pauvre el faible vieillard...
La première obligation du nouvel établis- Ce vieillard était Je représentant , le vicaire
^ement, après celle de la sainte prière et de de Jésus-Cnrist sur la terre, voilà le secret
l adoration perpétuelle du très-saint Sacre- de son triomphe.
ment, fut donc d'instruire la jeunesse, et pius tard l'empereur fut encore vaincu, plus spécialement la jeunesse des classes mais par les puissances européennes contre pauvres; mais, pour assurer irrévocable- iui; Paris fut assiégé; les armées innomment Renseignement gratuit de ces classes brables des alliés l'investirent; Picpus , ce déshéritées des biens du monde, Mme Hen- rjeux asile de la retraite, touchait presque nette songea qu elle devait faire de son ins- au cnamp de bataille; mais ces exercices îniitot une congrégation enseignante a la- térieurs ne furent jamais troublés, et le flot quelle les enfants des riches pussent venir des armées étrangères s'écoula sans que apporter des moyens d existence en échange rétablissement eûl souffert. Les prières arde< bienfaits inappréciables d une éducation dentés de la fondatrice ne furent pas sans solide et religieuse. influence sur un résultat aussi prodigieux
L'Œuvre ainsi comprise , ses développe- qu'inattendu,
roenis ainsi assurés par le concours inté- La Restauration ne fit rien pour l'Œuvre
ressé des classes riches, grandit bientôt de Mme Henriette, et cette pieuse femme
malgré les difficultés sérieuses qui Tassait- ne demanda rien pour elle, ne voulant point
lirent, comme nous l'avons dit è l'article du aj'outer un prétexte de déclamations aux
P. Coudrin. C'était en effet ce digne prêtre visionnaires qui croyaient trouver, on plu-
dont les conseils avaient guidé la fondatrice tôt feignaient de trouver partout le narli
du nouvel institut dès son début dans une prêtre et les congrégations. Elle dut déplo-
carrière difficile et hérissée d'écueils. rer plus tard celle honorable réserve.
Un appui sur lequel on ne pouvait comp- Son institut n'obtint donc pas tes droits
1er se présenta bientôt. Ce fut Mgr de Cba- d'une congrégation reconnue par la loi, et
bot, oncle de Mme Henriette, qui, peu après Mme Henriette préféra, comme nous la m
»a nomination à l'évéché de Menue, invita bien dit l'auteur auquel nous empruntons
>a nièce a lo suivre et nomma M. Coudrin les éléments de ce récit, « laisser ses tom-
sen grand vicaire. pagnes trouver dans leur conscience la loi
Une deuxième maison fut fondée à Mende de leurs obligations , sans qu'elle leur fût
(1802), el une troisième à Cahors (1803). imposée par des liens légaux. »
Après la démissiou de Mgr l'évêque de Mais si elle dédaigna "approbation civile,
Mende, Mmo Henriette suivit ce protecteur qui fait toujours payer du reste sa protec-
dc l'Œuvre à Paris (septembre 1804), où elle tinn officielle , Mme Henriette s'empressa
prit à bail pour vingt-neuf années les bâti- au contraire de réclamer celle du chef de
inenls de Picpus, qu'un esprit d'expiation l'Eglise, qui l'accorda par un décret aposto-
avait élevés aux cendres des victimes révo- lique du 10 janvier 1817 et par une bullo
lutionnaires. Elle y fixa le centre de ses datée du 17 novembre suivant,
établissements religieux. Dix établissements nouveaux furent for-
Uoe impulsion nouvelle fut le résultat de més : a Sarlat (juillet 1815) , à Rennes ( oc-
cetie centralisation; dos maisons furent éta- tobre 1818 ?, è Tours (octobre 1819), à Troyei
SAC
DICTIOSNAIUE
(décembre 1820), à Mortagne (août 1821}, à Vincennes près Paris (septembre 1824) , à Sainte-Maure (octobre 1826), à Alençon (janvier 1828), à Uoueii (mars 1829), à Yvetot (juillet 1829).
( Chili ), a Lima ( Pérou) ; ello envoya plusieurs fois des sœurs au Chili. Elle mourut en 18^5 à Chfilellerault.
Mmo Esther de Guerry fut élue, mais elle refusa d'accepter. Alors Mme Constance lo-
Toutes ces fondations témoignaient du bert, vicaire désignée par Mme Françoise de
xèle et de l'activité de la supérieure géné- Viart, fut déclarée supérieur générale,
raie , lorsque colle-ci fut frappée, le k oc- Cette élection ne put être validée, el plus
lobre 1829, d'une apoplexie foudroyante qui tard Mme Gabrielle Aymer do la Chevallerie,
paralysa tous ses membres , mais qui laissa nièce de la vénérable fondatrice, fut nom-
comme par miracle a sa tôle et à son cœur inée supérieure générale : c'est elle qui
toute leur énergie. gouverne aujourd'hui la congrégation, dont
Pendant les funestes journées de juillet sa vénérable tante avait été la fondatrice.
1830 et de février 1831, la maison de Picpus Un schisme s'est élevé dans ces derniers
et sa digne supérieure échappèrent miracu- temps, dans )a Congrégation des Sacrés
leusement aux forcenés qui avaient brisé à Cœurs de Jésus et de Marie. Mme Esther de
coup de hache les portes de l'établissement Guerry, dont il vient d'être parlé, «'est tio-
i-l qui menaçaient de leurs armes de pau- lemment séparée, avec une vingtaine de
vres filles sans défense.
Mme Henriette, quoique clouée sur son lit de douleurs, songeait toujours a la propagation do son Œuvre. Ce fut peu de jours avant de dire un dernier adieu à ses compagnes fidèles qu'elle désigna celles qui devaient composer la nouvelle maison fondéo à Chateaudun (1834), el le 23 novembre suivant elle succomba.
Depuis le mois de juin 1800 jusqu'au mois d'octobre 1829, c'est-à-dire pendant plus de
religieuses, du reste de la communauté. Le prétexte de cette séparation fut la modification que Mgr Bonamie voulut apporter aux Constitutions. Le différend fut déféré au Souverain Pontife, qui ordonna l'obéissance; mais la guerre était déclarée, et l'on ne voulut pas se soumettre. Mme de Guerrr, en se séparant, demanda è rentrer dans les biens qu'elle avait apportés à la communauté, et elle exigeait une restitution de douze cent mille francs. La communauté
vingt-neuf ans de son existence, Mme HVn- n'étant pas approuvée par l'Etat, la donation
rielte n'avait pas eu de lit, et pendant les qui avait été faite de ces biens n'a point été
courtes heures qu'elle accordait au sommeil, regardée comme valide par les tribunaux
elle restait assise sur une chaise; les légumes devant lesquels le procès a été porté. Mais
les plus communs, pris en très-petite quau- la somme réclamée par Mme de Guerry a été
tilé, étaient sa seule nourriture. Malgré ces réduite à quatre cent vingt-cinq mille francs
rudes austérités , elle était partout où sa par arrêt de la Cour impériale de Paris,
présence était nécessaire , et la direction février 1858.
d'une immense administration ne l'empô- c#«#«f. a. /« rn«n,jnntin« c*rV< f<r«n
chait pas de remplacer pendant de longues 5'a'u" de lad^Z 'it d Tmrit heures de la nuit les religieuses qui sur tU 1 lU '/ ?
combaient de fatigues au pied des autels.
Voici du reste l'opinion qui nous est transmise sur le compte de celle sainte femme par l'une de ses compagnes les plus distinguées : «Notre révérende mère, » dit-elle, « avait la tète froide , l'esprit sain et une imagination prompte oui lui rendait facile la compréhension des choses abstraites, mais qui était dégagée de ce tumulte d'idées , de
ce goût
pour
Le but de l'institut est de retracer les quatre âges de Notre -Seigneur Jésus-Chris'; son enfance, sa vie cachée, sa vie é*angélique, et sa vie crucifiée , et de propager ta dévotion envers les sacrés cœurs de Jésus et de Marie (1).
Pour retracer l'enfance de Jésus-Cbrtît, les membres de la Congrégation ouvrent drs écoles gratuites pour les enfants panvres.
ir fé merveilleux que l'on repro- et tiennent des collèges et pensionnats ob
; — t r . ..il. : . r . j j» j ..;«., m. l
cbe ordinairement aux femmes; elle avait une longue habitude de souffrir sans chercher à trouver do consolations dans les créatures. Son invincible opposition à découvrir les socrets de son flme avec Dieu lui avait ménagé des peines extraordinaires en ce monde. »
Mme Françoise de Viart, de la Molhe-d'Usseau, près Châlelleraull , fut choisie pour succéder à la fondatrice '1834). Elle fonda plusieurs maisons : à Chartres (1837), à Saint-Servan (llle-e:-Vilaine), a Chàtellerauli (Vienne), à Valparaiso (Chili), à San-lago
(t) Pour propager la véritable dévotion (Hivers tes (acres cœurs de Jésus et de Marie, telle qu elle «si approuvée par le Saint-Siège apostolique, on edmci a. la communion spéciale des prières les fidèles qui, \ riant au milieu du necie, désireraient
ils fo font un devoir ^admettre gratuitement un certain nombre d'enfants, suivant q« le permettent les ressources de chaqoe maison. Pour retracer la vie cachée de Jé<»*- Christ, ils tendent à réparer par l'adorat'oa perpétuelle du très-saint Sacrement de i autel les iniuros faites aux sacrés cœurs* Jésus et do Marie par les crimes des pécheurs.
Ils retracent la vie évangélique do S** veur par la prédication de l'Evangile et ptf les missions.
Ils doivent rappeler la vie crucifié* de
cependant mener une vie pins chrétienne. Ht *** ment une association extérieur* jWaeée *t»* li P" I rouage de saint Jean-François Régis, •« «*»^ membres prennent l'engagement de se aux exercices de pietc qui '
tt07 SAC DES ORDRES
Jésus-Christ par la pratique de la mortification chrétienne.
La Congrégation a pour patron particulier saint Joseph , et pour prolecteurs particuliers saint Augustin, saint Dominique, saiul Bernard et saint Pacomo.
La fondement de la Règle ai la Règle de Sainl-Benotl. Les frères vivent en commun dans les pratiques régulières, sous l'obéissance du supérieur général et des supérieurs particuliers; ils font des vœux perpétuels, mais simples, do pauvreté, de chasteté et d'obéissance.
Les sœurs font les mêmes vœux, vivent aussi sous la même règle, sous l'obéissance du supérieur général de toute la Congrégation, de la supérieure générale des sœurs, et du supérieur et de la supérieure de chaque maison particulière.
Il v a dans la Congrégation trois classes : i* celle des prêtres, qui portent après leur profession le nom de révérends père$t ot sont spécialement destinés aux missions, à l'enseignement dans les séminaires et collèges , aux autres fonctions du ministère sacré et à l'exercice des différentes charges de la Congrégation; 2* celle des frères de chœur, qui ne peuvent, à moins d'une décision solennelle du supérieur général et de l'assentiment de la majorité de son conseil, être promus au sacerdoce, et dont les fonctions ordinaires sont la récjtatioii journalière de l'Office canonial, l'adoration perpétuelle du très-saint Sacrement et la tenue des écoles gratuites; 3* enfin celle des frères convers, qui sont appliqués aux travaux manuels i t employés pour l'adoration perpétuelle (1).
Les sœurs de la Congrégation se composent de sœurs chargées do l'enseignement, tic sœurs de chœur, qui sont spécialement consacrées h la récitation publique de l'Office divin, et à l'adoration perpétuelle du très-saint Sacrement; de sœurs converses, qui sont employées aux travaux manuels, «t do sœurs données, qui se retirent dans les maisons de la Congrégation pour vivre dans la retraite, mais sans être liées comme les autres par des vœux.
Les frères sont gouvernés par lo trèsrévérend P. supérieur général de toute la Congrégation , lequel est toujours nommé À vie et désigne lui-même un vicaire général chargé du gouvernement par intérim, eu cas de mort du supérieur général. L'élection est faite au chapitre par le vicaire, par tous les membres en exercice du conseil de la maison principale, et par tous ceux qui sont membres du chapitre général.
Les sœurs sont gouvernées par une supérieure générale, qui est aussi nommée à vie |>ar la sœur vicaire générale, par trois dignitaires do la maison principale, assistées de sept religieuses de chœur, aux voles desquelles se joindront les votes écrits envoyés par toutes les supérieures locales. La
(!) H y a m outre les donne», qui se retirent dans !♦•» maisons de l'institut pour vivre dans la retraite et sans taire de vœux, et qui sont seulement
supérieure générale doit toujours demeurer dans la même ville où réside lo supérieur général ; elle fait vœu d'obéissanco entre ses mains, et doit, tous les ans, lui adresser un rapport écritde son administration, quant au spirituel et au temporel.
Le supérieur général est assisté d'un conseil do cinq membres, qui sont : le prieur, le mallre des novices, le procureur et deux frères profôs choisis par 1« chapitre général. Ce conseil se réunit deux fois par mois, et dans les choses importantes, et, sauf les cas d'urgence, le supérieur général ne peut rien décider sans son avis ni contre l'avis de la mniorité. Mais aussi la délibération du conseil no peut avoir d'effet sans le consentement du supérieur général, dont (a voix est toujours prépondérante en cas de partage
La supérieure générale a aossi un conseil sans l'avis duquel elle ne peut rien décider dans les affaires spirituelles ou temporelles d'un grand intérêt. Ce conseil est composé de la prieure, de la maltresse des novices, de la sœur économe, des deux sœurs les plus anciennes de profession, et de trois autres sœurs professes a son choix.
Tous les cinq ans au moins, il se tient dans la maison principale un chapitre général qui est convoqué de droit pour le 1" septembre de chaque cinquième année, a moins que des circonstances de la plus haute gravité ne rendent la réunion très-difficile ou dangereuse. Ce chapitre se compose du supérieur général, de tous les membres du conseil de la maison principale, et d'un certain nombre de supérieurs locaux et de délégués nommés spécialement pour chaquo chapitre. Les droits de ce chapitre sont fort étendus , en ce qui concerne le bien de la congrégation ; mais ils sont fixés de manière a no pas entraver d'une façon fâcheuse l'autorité respectable du supérieur général. Les décrets du chapitre général doivent toujours être soumis à l'approbation du Saint-Siège, autrement ils demeurent sans force ni valeur.
Pendant la tenue du chapitre général des frères, la supérieure générale des sieurs tient aussi son chapitre général, auquel sont appelées de droit toutes les supérieures locales. La supérieure générale peut leur adjoindre, jusqu'à concurrence du tiers do leur nombre, d'autres sœurs désignées par elle. Les droits du chapitre générai sont aussi fort étendus, mais ils sont subordonnés à un concours de volontés dont l'action est sagemeut maintenue par la haute suprématie du supérieur général, de la supérieure Igénérale et de lour conseil. Les Règlements adoptés sont soumis à l'approbation du supérieur général et de son conseil, et ensuite à la sanction du Souverain Pontife pour avoir forco de loi. Chaque maison de frères e»t gouvernée par un su-
snumis, suivant leur sexe, au supérieur ou à la supérieure de chaque maison, en c qui louche le bon urdre.
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UlCflONNAlKU
SAC
pér oui local nomme pour trois au* par .e supérieur général, qui conserve toujours la faculté, d'accord avec la majorité du conseil de la maison principale, de le rappeler plus tôt, s'il le juge convenable , do m>vme qu'il pcul le continuer tacitement on formellement dans ses l'onciions , à l'expiration des trois années. Chaque supérieur local est assisté d'un conseil composé du prieur, du maîtro des novices, du procureur et d'un autre père à son choix. Il doit réunir oo conseil au moins deux fuis par mois, ne rien faire sans son avis , qu'il n'est cependant tenu de suivre que dans les cas où il y aurait unanimité.
Toutes les dispositions qui précèdent s'appliquent également aux maisons des sœurs, a l'égard desquelles la supérieure générale exerce les droits attribués par ces dispositions au supérieur général.
Chaque année, le supérieur général cnvoio des Pères visiteurs dans les maisons de frères et de sœurs de la congrégation qu i I n'a pas visitées lui-même dans le cours de l'année. Les fonctions de ces délégués consistent à examiner avec le plus grand soin, si les observances régulières y sont en vigueur, si tous ceux qui sont en charge s'acquittent exactement de leurs devoirs, si l'esprit de l'institut est religieusement conservé, si lo noviciat , si le séminaire, le collège ou les maisons d'éducation sont dirigés avec soin, si l'administration du temporel est dans un état inquiétant ou prospère. Les visiteurs rédigent , do toutes leurs observations cl inquisitions, un procès-verbal auquel ils joignent les pièces h l'appui, et ils adressent le tout au supérieur général, auquel ils ne doivent rien cacher, sous les peines les plus graves.
Le supérieur général doit faire lui-même tous les ans, la visite de la maison principale des sœurs.
Le pouvoir d'admettre les postulants n'appartient qu'au supérieur général ou à ses délégués spéciaux. La durée du noviciat est de dix-huit mois ; le supérieur général peut donner, après avis du conseil, dispense des six derniers mois. Le temps du noviciat expiré, le novice est proposé, après consentement du supérieur général ou du supérieur local, à la profession dans un chapitre tenu par le supérieur local, si la maison a élé désignée par le chapitre général pour recevoir les vœux. Le chapitre d'admission se compose des pi ètres prolès, et c'est après examen des titres du novice que celui-ci est admis; le scrutin est secret, et le novice doit réunir les deux tiers des suif rages. Les vœux doivent être faits dans les deux mois, sous peine de déchéance.
Les dispositions qui précèdent s'appliquent également hux sœurs (I).
L'instruction do la jeunesse et les écoles gratuites étant une des principales obiigagalions de la congrégation, les Statuts rè-
glent d'une manière très-sage à quels inen bres sont conliés le soin de présider aux classes gratuites ou au pensionnat, et les précautions que les supérieurs ou supérieures doivent prendre, dans l'intérêt de l'éducation littéraire et.religieiise des écoles.
L'adoration perpétuelle du très-saint Sacrement de l'autel étant aussi un des principaux devoirs de la congrégation, elle a lieu de nuit et de jour, dans toute maison composée de trente-six personnes, s'il s'agit (l'une maison de frères, et de dix-huit personnes, s'il s'agit d'une maison de sœurs. Les adorations sont successives autant que possible, et eu égard au nombre et aux occupations des membres de la maison.
Au moment de l'adoration, les frères et les sœurs portent toujours le long manteau d'écarlate.
Les Missions étrangères, qui sont une des œuvres principales de la Congrégation, sont mises sous la protection spéciale de la très-sainte Vierge, de l'archange saint Michel, et do saint Joseph. Eiles sont soumises à des supérieurs particuliers, qui relèvent du supérieur général, auquel ils rendent compte chaque année de leur mission. Les missionnaires doivent se conformer en tout aux règles tracées par le Saint- Siège apostolique , pour les missions où ils pourraient être employés.
Les membres de la Congrégation, devant rappeler la vie do Jésus-Christ crucifié , ajoutent aux prescriptions do l'Eglise certaines pratiques particulières, concernant les jeûnes. Ainsi, tous ceux qui ont atteint l'Age de vingt et un ans accomplis jeûnent M premier vendredi de chaque moi-, la veille des fêtes du Sacré-Cœur de Jésus, du Sacré- Cœur de Marie , de saint Joseph, de saint flenoit, de saint Pacôme. de saint Augustin, de saint Jean-François Uégis. «le saint Dominique, de saint Bernard, ct!a veilledos six fêles suivantes de la très-sainte Vierge, savoir : la Purification, l'Annonciation, la Nativité, la Conception, la Présentation, et Notre-Dame de Paix. Cette dernière fête se célèbre le 9 juillet, et Sa Sainteté Pic MI y a attaché des indulgences. Les jeûnes de règle sont toujours accompagnés de febtinence.
Il y a toutes les semaines un chapitre de coulpe pour les frères (deux pour les sœurs), dans lesquels les membres de fa Congrégation s'accusent publiquement des fautes extérieures qu'ils ont pu commettre contre la Hègle, suivant ce qui s'observe ordinairement dans cette pratique commune à presque toutes les Règles des ordres religieux.
Les lêtes du Sacré-Cœur de Jésus, du Sacré-Cœur de Marie, et du patronage Je Saint-Joseph (3* dimanche après Pâques),. sont
célébrées avec solennité dans toutes les maisons de la congrégation, comme étaut les principales fêtes propres à l'inslilut.
<D Lw Statuts imprimés à Tio:..;sen IS2 ; n r.vig nt r?j.endai!i , i vu l'a lini^ion au yœn, <!<»< - Wkii-. 'le« siitliax- i. du ■ ha, iti *: .
1301 SAC DESORDRES RELIGIEUX
Les sœurs portent en santé des chemises
SAC
et des bas de laine. Les draps sont aussi de laine ; elles se couchent vécues.
Elles se lèvent en tout temps à cinq heures du matin , et se couchent a neuf heures du soir, dans un dorloir commun. Les travaux et les occupations des frères entraînant beaucoup de fatigues , le gras et le maigre leur sont permis ; ils font trois repas; une collation peut être permise par les supérieurs aux frères jeunes ou fatigués.
Les sœurs font aussi trois repas : le déjeuner a sent heures du matin, le dîner à onze heures, le souper à six heures et demie.
Les sœur» âgées do vingt et un ans accomplis et en bonne santé font toujours maigre, sauf dispense des supérieurs pour cause de maladie, faiblesse ou travaux pénibles. Dans ces cas-là, une collation peut être permise, de même que pour des causes opposées les supérieurs peuvent permettre aux sœurs fixées de mot n s de vingt et un ans accomplis de faire maigre; mais les sœurs ne peuvent s'imposer d elles-mêmes aucune mortification ou privation en dehors de la règle.
La nourriture des sœurs comme celle des frères doit être saine, mais commune et conforme aux productions du pays, sans recherche ni supeifluités.
Costume de la Congrégation des Sacrés Cœurs de Jésus el Marie.
Le coslume tel qu'il est porté déjà dans l'Amérique et l'Océanie, et tel qu il sera porté en Europe par les frères profès, lorsqu'un chapitre général l'aura décidé, est ainsi déterminé par les Statuts : la soutane blanche, une pèlerine de couleur blanche , le manteau blanc, le cordon blanc, les bas blancs, le scapulaire des Sacrés Cœurs, le chapeau ecclésiastique. La pèlerine ne devra descendre que de quatre pouces au-dessus du coude ; elle ne sera attachée que par deux boutons placés au haut de la pèlerine, à partir du cou, et il n'y aura qu'un doigt de distance entre les deux boutons. Le scapulaire, aussi de couleur blanche, descendra jusqu'aux genoux et sera d'une égale Ion* gueurdes deux cotés. Les extrémités en seront carrées. La largeur sera de dix à douzo pouces. Les sacrés cœurs brodés sur le scapulaire auront trois pouces de hauteur à partir de la croix ou des llammes ; ils seront entourés d'une couronne d'épines de trois braoches entrelacées. La circonférenco de la couronne sera de quinze pouces. Le manteau blanc sera assez long pour couvrir tout le corps, sans col et sans pèlerine.
En attendant qu'on porte cet habit religieux, tous les membres de la Congrégation, qui sont dans les ordres sacrés, portent la soutane ordinaire, le chapeau ecclésiastique, le cordon au lieu de ceinture, et la barrette dans l'intérieur de la maison, lis la portent aussi à l'église avec le rochet à manches, sans broderies el sans garnituros. L'hiver, ils portent sur leur soutane une houppelande de couleur noire.
Le costume adopté el porté par les sueurs
(I) Yot,. à la Qn du vol.. n«« Î16. 217.
professes est une robe de laine blanche, nn voile clair de laine, blanc, un cordou blanc, un scapulaire de couleur blanche, où est brodée eu laine de couleur rouge l'image des sacrés cœurs de Jésus et de Marie. La coiffure ostde percaleel de mousseline blanches; un manteau long de laine blanche pour les sœurs de chœur, et un manteau long de laine écarlale pour le moment où les sœurs soil de chœur, soit converses, font l'heure d'adoration devant le très-saint Sacrement, complètent ce costume. Les glands du cordon de la supérieure générale sont en laino écarlate; son manteau esl bordé d'un v. lours écarlale ; le scapulaire est brodé eu soie or et argent.
Le costume des novices esl semblable à celui des sœurs professes , à l'exception qu'elles n'ont ni scapulaire, ni cordon, ni manteau, et que leur voile esl de mousseline blanche, petit et attaché sur le devant do lacoilfure.(l)
SACRÉS COEURS DE JÉSUS ET DE MARIE (Coîuîbêgatiox des), maison mère aux Brouzils ( Vendée).
SI. P. Mounereau, fondateur de la Congrégation des religieuses des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie.
M. Pierre Mounereau naquit à Sainl-Mortin des Novers (diocèse de Luçou), le 23 juillet 1787. Il fut baplisé par le vénérable curé de la paroisse, M. Cm Met, nui se tint caché chez les parents do M. Mounereau pendant tout le temps que dura la révolulion de 1793, et qui lui' lit faire sa première communion à l'âge de douze ans. M. Mounereau resta dans le monde jusqu'à l'âge de dix-huU ans. A cette époque, ayant eu une maladie grave, il fit des rétlexions sérieuses sur la vanité des choses de la terre, et résolut d'embrasser l'état ecclésiastique. Il entra le 2 novembre 1808 au petit séminaire do Cbavagpos-en-Paillers (Vendée), établi eldirigé par le R. P. Baudoin, fondateur de la congrégation des Enfants de Marie immaculée, Oblats do Saint-Hilairo, el de la société des Ursulines de Jésus. 11 sut apprécier le bonheur qu'il avait d'être sous la direction de cel homme de Dieu. Après avoir fait rapidemeul ses éludos, il fut ordonné prêtre à l'âge de 23 ans, dans la chapelle du petit séminaire de Chavagnes, par Mgr Gabriel -Laurent Paillou, qui gouvernait alors les diocèses réunis de la Rochelle et de Luçon. Il remplit successivement les fonctions* de vicaire aux Sablosd'Olonne, à Fonlenay-le-Comte, à la Garnache et à Aizenay. Enfin, en 181V, il fut nommé curé de la paroisse de Noire- Dame dos Brouzils, où il se rendit la veille do l'Assomption. Dans l'instruction qu'il fil le lendemain à la Messe paroissiale, il conjura ardemment Marie de lo bénir avec lo troupeau qui lui était confié. Depuis cette époque, il ne cessa point do meure sa confiance en la Mère de Dieu et de gouverner sa paroisse avec beaucoup de zèlo et de piété. M. Mounereau esl décédé le 26 avril
DICTlONNAlulî
185G. So mort sainte .1 dignement couronné sa vie édifiante.
En arrivant aux Bronzils, M. Mouncreau Y avait trouvé une excellcnlo institutrice, Mme Macé (Angélique-Urbaine Jourdain), native de Châleau-Gonlicr. Quelque zélée que'le fût pour l'instruction de la jeunesse, le sage pasteur, persuadé (juc des personnes .spécialement consacrées à Dieu feraient encore plus do bien, pria le H. P. Baudoin (Je lui envoyer quelques religieuses de ia Congrégation qu'il avait fondée. Ses d sirs n'ayant pu être satisfaits, l'institutrice et •Jeux jeunes personnes, devant lesquelles il avait parlé de la beauté et des avantages do la vie religieuse, conçurent le désir d'embrasser ce saint état. Elles le tirent connaître au pieux pasteur, qui en éprouva une vive satisfaction et se chargea de les diriger dans la voie des conseils évangéliques. Eu 1818, elles se réunirent dans une maison particulière, et s'assujettirent h un règlement que leur donna leur vénéré père.
Mme Macé, qui avait reçu le nom de sœur de l'Ascension, conserva l'autorité sur ses jeunes associées jusqu'à sa mort, qui arriva en 182V Elle fut remplacée par la sœur Marie de Jésus, née aux Brouzils, et appelée dons le monde Maric-Aiinc-Charlollc Payraudeou. Quoiqu'elle ne fût âgé'? que de 23 ans, elle était bien digne de la confiance} qu'on lui témoignait. Elle donna l'exemple de toutes les vertus à ses sonirs, dont le nombre s'augmenta bientôt. Ce qui la distinguait surtout, c'était sa dévotion envers la sainte Eucharistie. Quand elle était devant le saint Sacrement elle ne pouvait contenir les élans do son amour; on l'entendait souvent s'écrier: « O mon divin époux 1 ô cher objet de mou amour 1 » Trèssouvent, après qu'elle s'était approchée de la table sainte, elle versait des larmes de bonheur et de reconnaissance. Les jours où elle était privée de la sainte communion, elle ressentait une tristesse qu'elle ne pouvait pas dissimuler, quoiqu'elle eût un caractère très-gai. L'amour dont elle était embrasée pour Dieu la fusait sans cesse soupirer après le moment où il lui serait donné de jouir da is le ciel de sa douce présence. Aussi, quand elle fut atteinte de la maladie qui l'emporta, le vénérable fondateur de la Congrégation dont elle était supérieure, perdant toute espérance de la conserver, lui dit que ses vœux allaient enfin être accomplis; qu'elle allait voir Noire- Seigneur Jésus-Christ cl les merveilles du paradis. A ces mots cllo sourit et poussa un criilc joie. Un quart d'heure après elle raidit le dernier soupir, le 7 novembre 1835.
On élut pour lui succéder sa sœur, Adèlc- Eramanuelle-Pcrpétuc Payr.uidcau, appelée en religion Marie du Sacré-Cœur, qui marcha sur ses traces et lit une mort édifiante le 2 avril 1851. La Congrégation a grandi au milieu des épreuves, sous la haute protection de Mgr Soyer et par les soins paternels de Mgr Baillés, son successeur. Elle compte aujourd'hui 200 religieuses, cl 'iï (1) Yo,j :» l.i fin du <.<-)., ir il*.
établissements répartis dans trois diocèses.
Statuts de la Congrégation des religieuses des Sacres Cœurs.
Le premier but que se proposent les religieuses des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie est de s'unir au divin cœur de Jésus par un culte d'adoration, d'amour et d'imitation ; elles se proposent aussi de faire amende honorable à ce divin cœur pour les outrages qu'il a reçus et qu'il reçoit dsns te sacrement de son amour.
Le second but est d'honorer cl d'imiter d'une manière toute spéciale le très-saint et immaculé cœur de Marie, leur tendre mère.
Leur troisième but enfin est l'instruction des petites lilles de la campagne, et principalement des pauvres; elles instruiseut gratuitement ces dernières.
La Congrégation des religieuses des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie se compose : fdes religieuses institutrices ou de chœur; 2* des sœurs de travail.
Kilo est régie et gouvernée par un conseil composé decinq membres, c'est-à-dire d'une supérieure, d'une assistante et de trois conseillères. Ce conseil doit être renouvelé tous les trois ans, à la majorité des voix, par scrutin secret.
Les novices font une année ou deux de noviciat avant d'être admises à l'émission des vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance pour cinq ans. Ce temps écoulé, elles font un second noviciat d'une année, ou pour le moins de six mois, après lequel ou les admet aux vœux perpétuels.
En vertu de leur vœu d'obéissance, les religieuses des Sacrés Cœurs sont tenues d'obéir : r à Notre Saint-Père le Pape; 2* à Mgr l'évôquo du diocèse où se troure la maison mère; 3* au supérieur élu ou n\* prouvé par le seignour évèque ; k' à la supérieure générale et à ses assistantes.
Costume des religieuses des Sacrés Cturs.
La robe est en grosse étoffe de couleur noire avec pèlerine semblable. La coiffure, de forme conique, est blanche et se termine en pointe vers le front; le bandeau est de même couleur; le cou est couvert d'une guimpe blanche. Un voile noir tombant sur les épaules couvre la tête. Un cœur d'argent surmonté d'une croix est suspendu par une ganse* noire et lixé sur la poitrine par une épingle.
Los religieuses portent un cordon DO'f qui touche presque la terre. Les extrémité? se terminent par plusieurs glands. A ce cordon est attaché, du coté gauche, un chapelet d'assez grande dimension, dont le crucifix a dix ou douze centimètres de longueur.(1)
SACHES COEURS DE JÉSUS ET DE MARIE (Congrégation des), établie à l'abbaye « Saint- Fuscien, près Amiens (Somme).
L'origine de cette humble congrégation
remonte è l'année 1818. M. Lard eux, son supérieur actuel , dont Dieu s'est servi pour lai donnner naissance , n'était alors qu'un simple laïque engagé dans les liens du mariage et père de cinq enfants. Touché d'une grâce particulière, il se sentit appelé à renoncer au monde et à so consacrer a Dieu par la profession religieuse. Ce ne fut toutefois que d'après la direction de deux ecclésiastiques de la plus haute réputation do vertu et de science, qu'il tourna loutes ses vues vers la nouvelle vocation que Dieu lui montrait.
Du consentement de son épouse, il se retira avec elle et ses enfants a Dohem-Mesnil, nllaga d'Artois où il avait une terre. Son dessein était d'y faire ses études ecclésiastiques et d'y commencer l'éducation de ses enfants, avec l'aide, et sous la direction de l'un des ecclésiastiques dont on vient de parler, qui avait établi là nn petit séminaire.
Le curé-doyen de l'endroit était un respectable vieillard plein de zèle et de vertus, li avait eu, avant la révolution, des rapports intimes avec M. l'abbé Cossarl, prêtre d'un talent et d'un mérite si reconnus, qu'ils lui valurent d'abord l'administration d'une cure importante à laquelle était attaché un bénéfice considérable, et l'appelèrent ensuite, en 1789, à siéger parmi les membres de rassemblée constituante. Or, M. Cossarl avait entrepris À celte époque de fonder dans sa paroisse, située près Boulogne-sur-Mer, uoa espèce de Séminaire de mailret d'école. Il avait môme fait construire uue maison à celle fin ; mais les événements politiques avant pris la direction que l'on sait, il fut obligé de renoncer à son entreprise.
Le curé de Dohem, maintes années plus tard, conservait un vif désir de voir réaliser cette bonne œuvre. 11 eût bien voulu l'entreprendre à sou tour, mais son grand âge et ses fondions pastorales ne lui permettaient pas de s'y livrer comme il l'eût désiré. Il jeiales yeux sur M. Lardeur, lui confia ses vues, lui ût comprendre quels fruits une institution de ce genre devrait produire, et il le pria d'y prêter son contours.
11. Lardeur qui n'avait d'autre intention que de se faire ordonner prêtre au plus lût, pour entrer ensuite dans la Compagnie de iésus, selon qu'il l'avait concerté avec le P. provincial d'alors et les PP. supérieurs de Sainl-Acheul, prit conseil. Ses guides spirituels jugèrent h propos qu'il donnât quelques soins a l'œuvre projetée, dans ses moments de loisir, sans déroger en rien au règlement de vie auquel il s était assujetti. C'est ainsi que la divine Providence, qui conduit souvent les choses a ses ûns par des foies secrètes, initiait, à son insu, M. Lardeur au ministère pour lequel elle l'avait destiné, y faisant concourir indirectement «•dessein même de se faire Jésuite; carel'e sut bien, dans la suite, mettre des obs'a les insurmontables à son exécution.
t Lno maison fut achetée, on Ht connaître l'établissement ; un certain nombre d'élèves
se présentèrent, parmi eux se rencontra un jeune homme de dix-huit ans, déjà tout formé, et dont les qualités le rendaient propre è être le moniteur de ses condisciples. On In plaça à leur tête, et sous ia direction de M. Lardeur, et par les soins du bon curé, cette école normale primaire, la première, croiton, qui ait existé en France, prospéra a souhait. La bonne conduite des sujets qui en sortirent et qui furent répandus dans les pnroisses du diocèse d'Arras, fit honneur a rétablissement qui les avait formés; l'Œuvre alignait son but, et le conseil général lui fit des allocations en titre d'encouragement.
Ce premier succès inspira è M. Lardeur le désir d'étendre le bienfait de l'éducation chrétienne, que les enfants de ta campagne allaient recevoir par l'entremise des maîtres qu'il leur formait, aux jeunes gens appartenant aux classes intermédiaires de la société : ces classes si nombreuses, et si dignes d'intérêt, et que les institutions ecclésiastiques et religieuses semblaient négliger complètement pour ne s'occuper que des classes extrêmes. Pour combler cette lacune, du moins autant qu'il était en son pouvoir, il admit & l'école de Dohem, des jeunes gens qui se destinaient aux professions agricoles, commerciales et industrielles.
Mais cette école était purement laïque, et M. Lardeur sentait que pour perpétuer l'institution et opérer le bien qu'il souhaitait, il serait avantageux, nécessaire même, qu'elle fût dirigée par des religieux. Une circonstance imprévue devait lui offrir les moyens de réaliser cette pensée. Des raisons personnelles l'ayant porté à aller prendre à Amiens les avis d'un P. Jésuite, connu par son zèle et ses vertus, il se rencontra que Mgr de Chabons méditait alors l'érection d'une congrégation religieuse, pour la tenue des écoles paroissiales de son diocèse. Il avait obtenu du roi Louis XVIII , une ordonnance qui en autorisait la formation. Le religieux consulté n'eut pas plutôt connaissance de ce que faisait M. Lardeur è Dohem, qu'il se hâta d'en parler à Monseigneur. On entama une négociation è l'effet d'obtenir que M. Lardeur voulût bien prêter son concours a l'Œuvre, et en diriger au moins les commencements. On lui confia d'abord un homme d'un âge mûr, sur qui on avait jeté les yeux, pour remplir dans le noviciat futur les fonctions d'administrateur. Il demeura quelque temps à Dohem pour s'y former, sous les yeux de M. Lardeur, au nouveau genre de vie qu'il allait embrasser. Mgr annonça par un Mandement la fondation de la nouvelle congrégation, et le 2 février 182i. il fil lui-même la cérémonie de l'ouverture à Longues u près Amiens, où l'on avait établi provisoirement les premiers postulants.
Au bout d'un an le noviciat était établi , et le 10 mars 18-25, fête de saint Joseph, six postulants recevaient solennellement l'habit religieux dans la cathédrale, des mains de Mgr-de Cbabons. Un mois plus tard une nouvelle prise d'habil avait lieu, et de nouveau! sujets continuaient a se présenter.
SAC DES ORDRES RELIGIEUX, SAC
1507 SAC
Oi avait hâte de voir les nouveaux instituteurs à l'œuvre; niais les fondateurs redoutaient les suites d'uno trop grande précipitation; néanmoins cédant aux instances de personnes aux sentiments desquelles ils croyaient devoir déférer, ils consentirent 5 installer les frères de Saint-Joseph dans les paroisses qui avaient la faculté d'en entretenir deux. Ià, ils remplissaient les fonctions de maîtres d'école et de chantres. L«'S enfants de la campagne, luut en recevant auprès de ces religieux l'instruction élémentaire dont ils avaient besoin, étaient en môme temps imbus des préceptes de la morale chrétienne, et accoutumés de bonne heure à la pratique des devoirs religieux. L'installation seule de ces quelques religieux était déjà une amélioration sensible; car elle excita l'émulation parmi les instituteurs du pays, et (ut l'occasion d'une réforme avantageuse dans la tenue de leurs écoles. On songea alors à procurer à la congrégation naissante un domicile stable, car la maison qu'elle occupait à Longucau n'avait été prise qu'en location. M. Lardeur lit l'acquisition de l'ancienne abbaye de Sainl-Fuscicn, par le moyen d'un lcg> considérable qu'un ecclésiastique venait de lui faire, uniquement eu vue de l'Œuvre, sans détermination néanmoins de temps ni de lieu (1J. Quant aux premiers frais d'instruction et d'entretien des novices, ils furent couverts, paitie par le revenu d'une quôle que Mgr ordonna dans tout le diocèse, partie par quelques allocations du conseil général.
La bénédiction de la maison et l'installation des religieux et des novices eut lieu en novembri! 1825. AL l'abbé Dozé, vicaire général du diocèse, nommé quelques mois plus tard évéque de Nevers, fut chargé par Mgr de faire cette cérémonie, que M. l'abbé Allie, lu niarhr de la charité, le K. V. Loriquet, supérieur de Saint-Acheul, et plusieurs autres ecclésiastiques de mérite, honorèrent de leur présence. La bénédiction lut suivie d'une troisième prise d'habit.
M. Lardeur, selon ses vues louchant l'éducation des enfants do la classe moyenne* proposa l'adjonction d'un pensionnat professionnel au noviciat. Mgr de Chabons, qui voyait dans cet établissement un moyen de ressources temporelles pour la congrégation, entra facilement dans le projet.
Ce qui restait des bâtiments do l'ancienne abbaye ne consistait qu'en un corps de logis assez vaste, et en d'autres petites constructions impropres à l'habitation. Il fallut donc élever un nouveau bâtiment : M. Lardeur un lit les frais do ses propres deniers (2*. Mgr voulut encore donner une certaine solennité à la pose do la première pierre. Le bâtiment fut bientôt élevé, et Tannée suivante on put recevoir des élèves
L'entreprise des deux œuvres distinctes nécessita la division des membres de la nou-
(I) l*e sorle que M. Lanlcur crtl pu on disposer ainsi liioii en laveur tic la maison de Douent que de elle, du diocèse d'Amiens, cl meme h» tu* nci pou» un icuq»- à venir.