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velle congrégation en deux catégories. Ceux qu'on destinait h professer dans le pensionnat professionnel devaient nécessairement posséder des connaissances plus étendues que leurs confrères destinés à enseigner dans les campagnes. Il fut même jugé à propos que plusieurs des premiers élèves lussent élevés au sacerdoce, afin que les exercices religieux pussent se faire commodément dans l'intérieur de l'établissement. La Providence pourvut à ce nouveau besoin, eu envoyant plusieurs sujets qui avaient fait leurs" humanités et qui furent bientAt préparés à la préirise.
Le pensionnat prenait peu à peu du développement; on voyait avec bonheur le bien s'opérer par ces deux entreprises, de la réunion desquelles on espérait les meilleurs résultats. Mais la révolution de juillet 1830 vint entraver l'Œuvre commencée. sous «l'heureux auspices. Cette révolution était, en effet, de nature à inspirer les craintes les plus sérieuses a la nouvelle congrégation. Ses membres n'étaient pas plus è l'abri des vexations que le clergé. Des corps de garda furent établis dans les maisons qu'occupaient les frères; eux mêmes furent contraints de faire a leur tour !a ronde nocturne; ( eux de Saint-Fuseien furent assujettis à U môme loi.
Mgr de Châtions, consulté sur ce qu'il serait prudent de faire, jugea qu'il serait avantageux, dans ces fâcheuses conjonctures, d'accepter l'offre plusieurs fois réitérée d'un établissement en Belgique, ajoutant qu'il importait à la conservation de la petite société, qu'elle eût un asile hors du royaume, en cas d'événements semblables à ceux qui agitaient l'Etal.
Il faut dire que parmi les élèves du pensionnat se trouvait un certain nombre de jeunes belges que leurs familles, pour cause de religion, envoyaient en France faire leurs éludes. Ces famines, la plupart d'une condition élevée, satisfaites de la manière dont on formait leurs enfants à Sainl-Fuscien. sollicitèrent vivement, lors de la révoluiiun des Pays-Bas (postérieure de quelques mois seulementà celte de la France) l'établissement d'une maison de l'institut en Belgique, assurant l'accueil le plus sympathique et le succès le plus certain. L'archevêque de Ma- Unes, aujourd'hui cardinal, qui connaissait M. Lardeur, joignit ses instances aux leurs; mais la révolution de juillet plaida plus eV queminent en leur faveur que toules leurs démarches.
On rappela ia plupart des frères jifo:'-* dans les paroisses; on en congédia quclquesuns dont ou avait eu h se plaindre; un petit nombre fut laissé à Saint -Fuscien, et l« reste se dirigea vers la Belgique. L'archevêque de Malines s'était mis à la recherche d'une maison convenable, et l'on avait Irouw
(2) On mentionne ces circonstance», parce <|««" a cherché à susciter des embarras an u>j»'' k"r'*
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I Detirne, dans le Brabant septontrional, ce qu'on désirait.
Sor cette terre d'exil, il n'était pas loisible à la Congrégation de se renfermer dans ses attributions primitives. Les élèves qu'on loi présentait appartenaient pour la plupart i la noblrs.se et nu haut commerce, et il faillit leur offrir une éducation assortie à leur rang. L'admission qu'on avait faite depuis quelques années de plusieurs sujets qui , comme on l'a dit plus haut, avaient fait leurs humanités, en donnait les moyens. On les mit à l'œuvre, et dès le début, l'établissement obtint un succès inouï, pourrait-on dire. En deux ou trois années, il s'acquit ooe telle réputation dans le pays, que le nombre des élèves s'éleva à cent cinquante. Mgr l'archevêpue pressa alors M. Lardeur de dresser les Constitutions de la congrégation. Sa Grandeur lui donnait bien l'assurance de sa protection perpétuelle ; mais de peur que ses successeurs ne portaient pas le même intérêt à l'œuvre, il jurait celle mesure nécessaire a sa conservation. M. Lardeur suivit ce conseil, et Sa Grandeur revêtit les Constitutions delà plus bienveillante approbation.
Ce fut vers le môme temps que M. Lardeur reçut les orJres sacrés. On a vu qu'il avait été tellement impliqué dans les affaires de la Congrégation qu'il ne lui était plus possible do s'en dégager pour suivre son iMojel d'entrer dans la Compagnie de Jésus. Lut faire embrasser les intérêts spirituels aussi bien que matériels de la petite société était, selon l'avis des prélots et des directeurs qu'il consultait, le terme où la divine Proviuence avait voulu le conduire.
En conséquence, un saint prêtre, religieux, connu de tout le clergé français par ses nombreuses et fructueuses retraites ecclésiastiques, le P. Maxime Debussy, mort en odeur de sainteté, qui avait dirigé longtemps M. Lardeur, fut chargé par Mgr de Chabons, de demander h Home les dispenses nécessaires pour l'ordination de M. Lardeur; car son épouse était encore en vie. Sa Sainteté, Léon XII, les accorda avec des faveurs toutes particulières, approuvant ainsi (indirectement , il est vrai ) la Congrégation ; puisque c'était surtout en sa considération qu'elle accordait les dispenses demandées, comme elle le témoignait dans le bref expédié à cet effet. Mgr de Chabons, à qui l'âge eilesinGrmilés ne permettaient plus défaire d'ordination, voulut au moins conférer la tonsure à M. Lardeur, qui reçut tous les autres ordres dans l'espace de quelques jours des mains de Mgr l'archevêque de
Malines.
L'établissement de Belgique continuait h marcher dans une voie de prospérité qu'on n'aurait jamais osé espérer; mais la mesure des épreuves par lesquelles les œuvres de Dieu ne manquent jamais de passer n'était remplie, les plus rudes allaient arriver. Belgique venait do. se soustraire à la 'lorai nation du roi Guillaumo d'Orange.
Male*ié la proclamation du l'indépendance
RELIGIEUX. SAC UKl
belge, le roi ne Hollande comptait encore des partisans qu'on nommait orangistes.
Comme les enfants embrassent d ordinaire les opinions de leurs parents , il se forma, parmi les élèves de la maison de Deurne, deux partis qui avaient entre eux de vives altercations, malgré les précautions qu'on prit pour les éviter, soit en empêchant tout journal de pénétrer dans le collège, soit en usant d'autres mesures que suggérait la prudence; mais les patriotes qui avaient eu le dessus dans le pays, voulaient aussi l'emporter dans le collège. Les parents soutinrent la querelle de leurs enfants, et les patriotes, à qui l'établissement devait en partie sa fondation et sa prospérité, prétendirent lui imposer de résister au parti orangi*lc, menaçant de faire tomber la maison si l'on ne se déclarait pas ouvertement pour leurs opinions. La chose était facile dans un pays où tout le monde presque se livre aux spéculations de bourse : un simpto bmit répandu suffisait quelquefois pour occasionner une ruine complète. Dans cette situation critique, il fallait prendre un parti: d'un côté comme de l'autre, on allait se créer des ennemis. On crut que le plus sage était de songer à rentrer en France où les troubles étaient calmés, et où l'on concevait l'espoir de se rétablir d'une manière, stable. Mgr l'archevêque apprit avec une sensible peine cette résolution; il regrettait vivement que le bien, si heureusement commencé par la Congrégation, ne pût se continuer. On lui représenta qu'il y avait alors assez d'institutions dans le diocèse pour l'opérer; que celles que les PP. Jésuites avaient récemment établies offraient toutes les ressources désirables, et que d'ailleurs, on avait observé que le caractère belge sympathisait peu avec le caractère français.
On aurait pu se fixer à Saint-Fuscien qui subsistait toujours ; mais le personnel était trop nombreux pour s'y rendre utile, et cette maison souffrait alors de l'opjiositioii d'une autorité imposante. Tandis qu on était en délibération à ce sujet, la vénérable sœur Rosalie, cette sainte tille, coopérntrice de tant de bonnes œuvre3, qui rendait à M. Lardeur tous les services qui étaient en son pouvoir, et que lui-même sé plaisait à obliger en toute occasion, la sœur Ho^alie dont: proposa l'acquisition d'une institution située b Gien, dans l'Orléanais, dont le directeur voulait se déposséder. Cello proposition faite dans une circonstance si opportune paraissait tout naturellement ménagée par la divine Providence. M. Lardeur se rendit a Gien, il y trouva les autorités assez bien disposées en sa faveur; il traita avec te chef de l'institution, et avec In concours des notabilités de la contrée, M. Lardeur fit l'acquisition de l'établissement. Là. au moins, quoi qu'il pût arriver de Saint-Fuscien, la petite congrégation trouverait asile et subsistance; peut-être' aussi multiplication de voriilions, trop rares en Picardie.
Pondant qu'on s'établissait a Gien, les
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alTaires de Belgique prenaient la direction la plus fâcheuse. Les patriotes persistaient dans leurs eiigeuces. Déjà par l'effet du discrédit qu'ils commençaient à jeter sur l'établissement, le nombre des élèves était diminué. On en conservait cependant encore assez pour se maintenir sur un pied honorable; mais la détermination était prise de quitter la Belgique, et l'on fit connaître l'intention ou l'on était do fermer bientôt le collège. A cette nouvelle, à laquelle les ennemis de la Congrégation donnèrent de fausses interprétations, tous les fournisseurs s'empressèrent de réclamer ce qui leur était dû. M. Lardeur croyait pouvoir aisément les .satisfaire; car, selon les bilans que le procureur lui présentait plusieurs fois l'année, il restait à sa disposition, toute dette acquittée, un actif très-considérable. Il ne lui était
Jamais venu à l'esprit aucun doute sur la oyauté du procureur, car celui-ci avait donné, jusque-là, des preuves d'un dévouement sur lequel la congrégation entière comptait ; et sa capacité était aussi généralement reconnue au dehors qu'à l'intérieur de l'établissement ; mais le malheureux avait abusé de la confiance dont on l'avait revêtu : il avait commis de graves omissions dans la tenue de ses livres, et avait trompé son supérieur surle véritable état des affaires de la maison ; de sorte que la confrontation de ses livres avec les mémoires des fournisseurs fut pour l'un et pour l'autre le sujet d'une étrange déception.
Les ennemis de M. Lardeur profitèrent de ce mécompte pour le perdre de réputation dans l'esprit môme de ses meilleurs amis; le procureur, que le dépit poussait à la destruction de la Société, s'efforça de rejeter sur lui tout l'odieux de sa conduite, et l'on ne saurait dire les ingratitudes, les violences qi/e M. Lardeur eut a endurer de la part do personnes mômes qu'il avait obligées. Ce fut au milieu de ces traverses qu'il quitta le sol de la Belgique, emportant pour seule consolation les regrets et la reconnaissance du vénérable archevêque de Malines, qui avait fait toutes les instances et les promesses imaginables pour le retenir, cl qui, contraint de céder, lui assura, en s'en séparant, que jamais il n'oublierait le bien qu'il avait fait dans son diocèse.
Arrivé à Saint-Fuscien, M. Lardeur y rencontra de nouvelles i>eines. L'épreuve avait ébranlé la vocation de quelques sujets, et à la fin do la première année scolaire, il eut à déplorer plusieurs défections. Les ennemis de cet établissement continuaient leurs tracasseries, sans que Mgr de Cliabons, alors accablé de vieillesse, pût s'y opposer.
Quant à la maison doGicn, après s'étro établie assez péniblement, elle commençait à prospérer, lorsque les vues d'élévation et d'indépendance du supérieur que M. Lardeur y avait placé, le poussèrent peu à peu hors des voies do l'obéissance. L'éloignenient de la maison mère ot la diflicultédes communications étaieul bien propres à favoriser
cos mauvaises aisposilions; aussi, de degré en degré, les choses arrivèrent à un point où une séparation décisive devint absolument nécessaire. Elle s'opéra en 18W d'une manière affligeante pour M. Lardeur, mais fort humiliante pour le supérieur réfrai^ taire. Les membres qui étaient restés attachés au premier revinrent à Saint-Fuscien; plusieurs autres, que le second avait entraînés dans son schisme, ne tardèrent pas à s'en séparer et à se disperser. Trois, et laimôme, supplièrent dans la suite M. Lardeur de leur permettre de rentrer dans la congrégation, ce qu'il ne crut pas devoir leur accorder.
La maison de Saint-Fuscien, protégée sans doute par le sang des martyr, qui coula dans son enceinte, résistait seule aui orages qui agitaient continuellement la petite congrégation ; mais elle ne pouvait plus envoyer de frères dans les campagnes, ni môme former des instituteurs laïques comme elle avait fait à Dohem; la création des écoles normales primaires officielles y niellant obstacle. Le ministre de l'instruction publique avait bien offert à M. Lardeur, la dirertion de celle du département de la Somme, à l'époque de sa création ; mais Mgr de Cbabons avait toujours montré de la répugnance pour celte entreprise, et M. Lardeur,
Quelque grand que fût son désir d'accepter, evait déférer aux intentions de celui que la congrégation regardait comme son prineipa! fondateur. Force lui fut donc de borner son action, bien entravée encore, à la conduite du pensionnat professionnel qu'il a dirigé jusqu'aujourd'hui.
Le successeur de Mgr do Chal»ons, Mgr Mioland, depuis archevêque do Toulouse, avait reçu, à son arrivée dans le diocèse, des impressions peu favorables à l'institut; miis les éclaircissements qu'il prit les dissipèrent bientôt, et pour lui donner un témoignas* de ses bons sentiments et calmer toutes le* inquiétudes, il voulut honorer la maison d« Saint-Fuscien d'une visite pastorale, selon toutes les formes canoniques.
Dans cette circonstance solennelle, »l>re avoir adressé des paroles d'encouragenwnt aux membres de la congrégation, en présence d'un certain nombre d'ecclésiastique* du voisinage et des élèves , € Celte œu»re,» dit -il en terminant, « sera comme le grain de sénevé de l'Evangile, qu'un homme pni et sema dans son champ; ce grain croîtra rt deviendra on grand arbre, et les oiseaui do ciel viendront se reposer sur ses branches. » {Luc. xiii, 19 .) Depuis, et durant les owe années que ce vertueux prélat administra k diocèse d'Amiens, c'est-à-dire jusqu'en l*»9> la petite société reçut de lui de iréqoeaw visiles et mille marques de la plus bienveillante sollicitude. Cependant, ell« ne p«| prendre d'accroissement : la législation <t*l contraire.
La loi du 15 mars 185D l'invitait à retiw dans ses attributions primitives, et à s'ester de remplir la fin «le son institution. S:» premières vues se portaient sur l'école *>r*