SAI DES OR DUCS
Noué un détachement absolu des biens de la terre; dès ce moment elle prend un genre de vie digne d'imitation en général, mais qui a uo côté qu'on ne peut qu admirer. Elle connut que Dieu voulait d'elle une abnégatiou entière de toutes choses, et qu'elle devait la pratiquer dans l'exercice d'une charité sans bornes. Sur l'indication de Françoise Souchet, Jeanne alla porter des secours à une famille dénuée de tout et qui demeurait a Saint-Florent, petit bourg situé a une lieue de Saumur. Elle commença alors une suite d'actes de dévouement héroïque que je ne puis indiquer qu'en général, et oui furent précédés d un étal extraordinaire dans sa personue, et cela pendant trois jours que je rappelle seulement comme une de ces faveurs que personne ne doit envier, qui ne sont point nécessaires à la sainteté, mais que le Seigneur accorde quelquefois aux âmes qu'il appelle à des sacrifices extraordinaires.
En vertu d'un contrat, elle avait des intérêts communs avec sa nièce, qui, voyant s'en aller ainsi en aumônes continues tout ce qui était dans la maison, dit à sa tante : Vous voulez donc tout donner? Oui, répondit la tante , je suis résolue à tout donner, jusqu'à ma dernière chemise, ainsi vous l>ouvez prendre votre parti , car, pour moi, c'en est fait. C'était avertir la nièce ou de retirer sa part ou de suivre la même voie, car sans cela c'eût été une injustice, et elle n'avait point le droit de donner ce qui appartenait à la nièce. La pauvre enfant ne pouvait se déterminer ni a quitter sa tante, ni à se livrer à une si grande profession de pauvreté. Elle pleurait en voyant la persévérance de sa tante, et Dieu lui envoya bientôt une autre peine, en l'affligeant d'un accès de frénésie qui obligea à la lier, et cet état dura plusieurs mois. Sa pieuse tante, qui seule pouvait la contenir, la veilla iour et nuit, essuyant ses injures, et vit, au bout de quatre mois, cette crise suivie d'une seconde. Au milieu de ces occupations pénible» , Jeanne n'oublia point ses chéri pauvres, et en vint à contracter des dettes considérables pour continuer ses bonnes œuvres. La Providence vint À son secours par la charité d'autres marchands qui lui donnèrent de quoi satisfaire, car ils étaient édifiés de son dévouemeut; en cela elle est à admirer plus qu'à suivre dans les exercices ordinaires de l'aumône. A tant de dévouement pour les autres, Jeanne de La Noue joignait pour elle-même l'habitude d'une vie plus que mort i fiée, qu'on en juge en se rappelant qu'elle prenait aux pauvres les morceaux ramassés par-ci par-là, pour en faire sa propre .nourriture, et qu'elle mangea ainsi le pain trouvé dans la pôche d'un pauvre noyé auquel elle avait rendu les derniers devoirs.
La nature souffrait et beaucoup, des violences que la générosité de Joanne lui demandait, et l'amour-propre lui-même était sans cesse dans la dureté dn sacrifice, mais ces sacrifices, le bras de Jeanne de la Noué
Dictions, ors Ordres rblig. IV.
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sut !os faire et les continuer. Elle ne pensait à autre chose qu'il continuer ses œuvres de bienfaisance, et n'avnit point l'idée d'une fondation religieuse; elle n'attachait même qu'une importance médiocre, peut-être aucune foi à la parole de la veuve bretonne qui lui avait prédit que sa maison deviendrait un hôpital général, qu'elle y recevrait les étrangers et qu'il y aurait une croix sur sa porte. Quand ellexommença a recevoir d'abord quelques petites orphelines, puis jusqu'à douze de ces enfants, elle n'avait pas encore le projet d'un institut. C'était au commencement du xviii* siècle. Elle logea ces petites pauvres dans une de ces caves
3ue l'on voit en cette contrée, creusées ans le rocher aspectant, offrant une demeure agréable et saine , à bon marché. En 1702, un éboulement de rocher écrasa onze maisons entre lesquelles était celle de Jeanne de la Noué, qui, comme les autres habitants, eut le temps de se sauver, ainsi que sa nièce, mais les pauvres petites furent enseveiios sous l'éboulement, et on les crut mortes. Après le déblaiement, on trouva qu'une seule avait succombé, et les onze autres étaient saine» et sauves. Cette épreuve ne la déconcerta pas ; bien quo tous, et même son dirncleur, lui dissent que Dieu se contentait de sa bonne volonté et ne voulait pas qu'elle continuât son entreprise, ello pensa au contraire que, par cet accident, Dieu avait voulu l'amener a louer une plus grande maison pour ses pauvres. Les voisins, victimes du désastre, se logèrent comme ils purent, et il restait près de l'église, des écuries où elle voulait abriter ses filles; mais les Pères de l'Oratoire no voulaient pasles lui laisser occuper, quoiqu'elle offrit une forte somme d'argent. « Vous ne voulez pas que mes chers- pauvres occupent des écuries, leur dit-elle, un jour nom occuperons les plus belles chambres; » cette
firédtction, plaisanterie ou menace, se réaisacinq ans plus tard, maisdansoet espace de temps, il lui fallut payer successivement des loyers fort cbers, sans trouver à se loger convenablement. Cependant l'œuvre prenait de l'extension. Ce n'était plus seulement les enfants qu'elle admettait chez elle; des indigents, des infirmes de tout âge demandaient à y entrer, et elle n'en refusait aucun. Elle aimait surtout à y recevoir les fil les. abandonnées au désordre ou exposées à y tomber; elle allait même les chercher et ne se rebutait point des critiques et des railleries qu'on faisait sur ce genre d'entreprise et son inutilité pour quelques-unes des brebis égarées. La crainte cependant d'infecter son troupeau, malgré sa vigilance, lui fil depuis abandonner cette spécialité dans sa charité. Elle exécuta avec une personne pieuse i«n voyage méritoire, qui lui fil apprécier le prix de l'aumône et la peine de la mendicité pour les pauvres qui n'en font pas métier, car Jeanne n'avait pas do goût pour ces gens-là. Ella partit donc et «'éloignant de Saumur, où elle était connue, s'avan<;a par Candes dans la Tou-
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raine, a\anl «le l'argon t dm» sa po-:hc, mais demandant mi morceau «le pain, pour l'amour do Dieu. Presque tous les riches Ja refusèrent, Elle n'était assistée que par des gens auxquels elle faisait elle-même une aumône par compensation. Mlle répéta souvent que dans eu voyage elle avait appris qu'il est plus facile 'de faire l'aumône que de la demander. Elle avait eu peine souvent à trouver un gîte; cela la détermina à ajouter l'hospitalité h ses autres bonnes œuvres; elle donnait à ceux qu'elle ne pouvait recevoir, de l'argent pour paver leur coucher. Elle joignit h tout cela la visite et le secours aux prisonniers, qu'elle édiliait par de lions avis et qui, sous le rapport matériel, n'étaient pas alors dans les conditions qu'ils trouvent aujourd'hui, conditions qu'on pourrait dire être trop avantageuses en certains lieux, car elle établit les coupables dans un bien-être qui ne leur imprime guère l'horreur d'une rechute et d'un retour dans ces lieux où ils se trouvent si bien.
Pour consolider ses a-uvres en 170i, elle songea à fonder une société pour 'a perpétuer. Elle avait, depuis quelques années une sorte «le pressentiment que des tilles viendraient se ranger sous sa conduite, et son imagination leur dressait déjà des Règlements, mais elle rejetait ces pensées comme de vaines distractions. Cependant le 22 septembre 1703, une fille do Saint- Nicolas de Bourgueil, nommée Jeanne Itruneau, vint lui demander « à vivre sous sa direction, pour servir Jésus-Christ dans la personne des pauvres. » C'était précisément la lin que Jeanne proposa toujours à sa Congrégation. Elle dit donc à celte première postulante qu'elle pouvait entrer, si elle était disposée à supporter toutes sortes d'humiliations et de mépris. Le 25 avril 170i, Anne-Marguerite Tennien, de la paroisse de Chouzé , vint encore se joindre à la sœur de la Noue. Quoique cette fille n'ait pas persévéré, la pensée do fonder une congrégation ne parut plus à Jeanne de la Noue être une illusion. Elle résolut de prendro un habit conforme à cette vocation, et dit à ses associées qu'elle désirait qu'il fût de grosso .serge grise. Elles eurent d'abord une grande répugnance à prendro un habit si extraordinaire, qui les exposeiait à toutes les railleries du monde, au milieu duquel leur vocation les ramènerait a chaque instant. Après les avoir exhortées à souffrir patiemment, Jeanne disposa tout, et le 26 juillet 170V, jour de Sainte- Anne, qu'elle choisissait pour patronne de sa congrégation, elle prit avec sa nièce et ses deux associées l'habit des sœurs de la Providence, peu différent de celui qu'elles ont porté jusqu'à ces dernières années; car depuis peu, on a songé à le modifier. La
(t) Saint-Lazare était un prieuré dont le patron fondaient-, M. de La Itédoyeic, procureur géuèial :iu parlement de Urelngiie, obtint |.« suppression en ilhh, cl donna les levenus aux sœurs «le la Pro'-ideucc de Saumur, à condition qu'elle:» c!c-
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nouvelle communauté s'intitula : Les Sam de Suinte -Anne, servantes des pauvret de m Providence de Saumur. Le nom de prm<he servante fut affecté h la sœur supérieure. Elle prit en religion le nom de Saur dt la Croix , mais on continua de l'appeler de son nom de famille. Bientôt de nouvelles filles se joignirent aux premières, et Jeanne put fixer les heures de la prière, des repas, du travail, et jota ainsi les fondements des Constitutions qui, peu d'années après, fureni revèiues de la sanction épiscopale. Dès que Jeanne de la Noue reconnut que Dieu l'appelait b fonder une communauté religieuse, elle voulut disposer l'intérieur de sa maison conformément à ce dessein, et réserva un appartement pour les exercices dont j'ai parlé, et pour les entretiens qu'elle avait a faire à ses sœurs. Un petit autel de papier fut d'abord le seul ornement qui fil rappeler qu'un tel lieu était unechapelle; une pieuse demoiselle en donna un plus convenable. Jeanne voulait y faire placer îles confessionnaux pour éviter l'inconvénient des sorties continuelles et surtout de la multiplicité des confesseurs. Son établissement était encore trop peu connu 5. Angers pour qu'on lui accordât celte grâce ; elle l'obtint plus tard a la suite d'une visite que fil un ecclésiastique aux communautés de Saumur par l'ordre de Mgr Poucet de la Rivière, nouvellement élevé sur le siège épiscopal. La pieuse veuve de Hennés avait prédit 5 Jeanne de la Noue que des personnes de Bretagne viendraient établir l'ordre et les premiers Règlements dans cette maison. Le P. Oignon de Monllort , fondateur des Pilles de la Sagesse, vint à Noire-Dame des Ardilliers en 1706, prêcha plusieurs fois à l'oratoire des sœurs de la Providence, mit la supérieure à une grande épreuve d'humiliation, et on tient par tradition que Jeanne le consulta sur le gouvernement de sa communauté et sur les Règles dont elle faisait alors l'essai. Les Filles de la Provtdencede Saumur conservèrent toujours une vénération profonde pour la mémoire de ce grand homme, et le dertiier auteur de sa Vie (M. N., supérieur de Saint- Laurenl-sur-Sèvrc) attribue à ce sentiment la fondation qu elles firent un demi-siècle plus lard, dans la maison de Saint -Lazare de Monifort, que le vénérable missionnaire avait choisie pour relraiteà une demi-lieue de la ville, et où il avait placé cette statue de la sainte Vierge qu'il honorait sous le nom de Notre-Dame ue la Sagesse (1). Je viens de dire que le P. de Montforl avait mis la sœur de la Noue a une grande épreuve d'humiliation. 11 t'avait taxée d'illusion en présence- de toute la communauté sur les voies extraordinaires où Dieu la menait et sur le genre de vie eirep tnmnel qu'elle suivait. Il l'engagea i venir
veraii'iil une écolo el prendraient soin des pauvre.* des trois paroisses dont il était seigneur, ii Trr vaux, dans son Histoire de l'Eglise de Butai" n'a point mis au rang des antres celle maison, I»' lui était probablement inconnue.
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à !a Messe qu'il allait dire el d'y demander la lumière du Seigneur. Après la Messe, son opinion fut tellement modifiée qu'il lui dit de continuer.
Plusieurs autres ecclésiastiques consultés modifièrent également la leur sur les roics de cette fille qu'ils avaient condamnée d>bord. Ces voies, nous ne les indiquerons qu'en passant; il faut les regarder comme une exception, une récompense, ou un moyen; admirer celle sur qui Dieu agit ainsi, et n'en rien désirer pour soi, si ce n'est l'esprit d'humilité et d obéissance qui les accompagne toujours; sans cela elles ne viendraient pas de Dieu. Jeanne eut de dores épreuves à subir d'un côté plus sensible, et dont les etrels pouvaient avoir des suites terribles. Elle se vil critiquée par son directeur, M. Genneleau, par ses religieuses, qui attaquèrent le* Règles . les pratiques, le gouvernement de la fondatrice. Ces Règles n'étaient qu'un essai, et Jeanne de la Noué ne les donnait que pour en faire l'expérience. M. Genneieau voulut mettre uno pieuse fille du monde à la place d'assistante, sans embrasser la vie religieuse; cette personne, Mlle Marthe Rousseau, s'y refusa absolument. Le directeur en fut donc pour son ièle,qui procédait, sans doute, d'un bon désir, mais qui était peut-être une imprudence. On mil à cette place une soeur que le directeur estimait, mais qui était incapable, et donna ombrage et jalousie aux sœurs; mais Jeanne soutint celte humble fille» qui garda la fonction d'assistante tout le temps que sa santé lui permit de l'exercer. En 1709, le S septembre, M. Martineau de Pnncé réunit la communauté, composée alors de neuf religieuses y compris la supérieure, et présenta, de la part de Mgr l'évêque d'Angers, les Règles demandées par les sœurs pour la conduite spirituelle et temporelle de la maison, leur enjoignant de les recevoir et de s'y conformer. Les sœurs s'y obligèrent, el à 1 instant M. Marlineau mit les Uègles,signées du prélat et scellées de son sceau, entre les mains de la supérieure. L'année suivante le môme supérieur revint à Saumur, et apporta la permission de faire célébrer la Messe dans la chapelle de rétablissement, mais seulement les jours de la semaine, el immédiatement lui-même y dit la Messe le premier et y fil faire la première communion aux petites pauvres qu'on y avait préparées. Le 9 mai 17S0, il dressa le premier acte d'association, el reçut les engagements des premières sœurs de la Congrégation.
Klles faisaieot les trois vœux ordinaires de religion , mais en particulier au confesseur. Pour former le lien extérieur, on établit un acte dans lequel l'associée déclare son engagement et promet la stabilité. Jeanne de la Nouë voyait avec bonheur et consolation le succès de la maison , mais Dieu lui réservait de nouvelles croix ; elle en eut d'abord à l'occasion du désir qu'elle témoigna d'avoir le saint Sacrement dans sa « liapelle, et le curé de Saumur lui fit une forte opposition; il alla jusqu'à la menacer
de faire renverser la maison de la Providence. Il se réconcilia dans la suite, à la prière de l'évêquc, bénit même le saint ciboire qui devait servir à porter, après In Messe, la communion aux ronlades.de ta maison; néanmoins tant qu'il vécut, Joanne. ne put obtenir la faveur dé garder le saint Sacrement dans son tabernacle. Elle l'obtint depuis et même celle de l'exposer à certaines fêles de l'année. Au milieu de toutes ses difficultés et de ses peines, Jeanne de la Noué se sentait conduite par des voies particulières, comme je l'ai déjà fait remarquer, et elle semblait favorisée du don de prophétie, d'inspiration et de vues intimes. Son humilité n'en perdit rien, et de concert avec son directeur, elle choisit une de ses Filles, la sœur Marie Laigle, pour lui servir de supérieure el de moniteur. Par ce moven elle se donna, dans sa position, le mérite de l'obéissance. C'est par le moyen des notes que prenait celte sœur Marie que nous est parvenue la connaissance de quantité de particularités sur la vie privée de sœur Jeanne, car Jeanne de la Nouë avait obtenu de faire toujours usage d'aliments maigres, découcher plusaustèrement et de pratiquer plusieurs autres mortifications auxquelles la Règle n'astreignait point la communauté.
En 1716, Jeanne de la Nouë et ses compagnes quittèrent la maison dite le logis de la Fontaine, que lui louaient les Oratoriens, pour s'établir avec leurs pauvres dans la maison des Trois anges que le chevalier de Vallière avait achetée pour elles en 1713. Ce bienfait eut une compensation; M. Genneteau ne larda pas à renoncer aux soins qu'il donnait à Jeanne et à sa communauté. Pendant vingt -cinq ans ce confesseur et bienfaiteur zélé consacra à la Providence, aux sœurs et aux pauvres, ses soins, son argent, sa santé; mais quand la Congrégation naissante eut des Règles approuvées, le bon vieillard eut peine à se défaire de ses pieuses habitudes du pouvoir absolu qu'il avait de gouverner la communauté à sa discrétion; il en sentit de la peine et du dégoût; il y avait quelque temps qu'il ne venait plus à la maison, lorsqu'il mourut en 172V. Ce bdn prêlre était natil de Brézé. La reconnaissance de la nouvelle Congrégation n'en fut pas moins grande pour cet ecclésiastique vénérable, à qui elle a donné, un peu gratuitement, le titre de fondateur. Celle abstention de M. Genneleau mit la communauté dans l'embarras, d'abord pour le changement de directeur, ensuite pour lu choix d'un autre, car Jeanne de la Noue, fidèle et simple dans son obéissance à l'Eglise, n'avait voulu avoir aucune communication avec les ecclésiastiques savants, austères en apparence, qui suivaient, à Saumur, le parti janséniste, et avaient déjà gagné et fasciné une communauté; elle refusa donc l'offre avantageuse que lui présentait, sous le rapport matériel, un prêtre aux nouvelle! idées, qui se proposait, si on t'acceptait pouf directeur, de venir loger dans la maison, et d'y laisser sa fortune. La courageuse supé-
ir.n sai
ricure sut remettre en son chemin , comme on l'exprime. un a1111*0 prêtre qui, par ses largesses, s'élait ouvert un accès près d'elle, et voulait en profiter pour lui parler en faveur de son partit Kilo sut se défaire d'un troisième, qui s'était insinué dans la maison sans laisser rien paraître, et qui, au retour de la Trappe, où ses opinions l'avaient fait refuser, voulait recommencer ses soins ;i l'égard d'une sœur qu'il avait confessée. Klle trouva enfui dans M. Joseph Jacob du 'l'igné, chapelain de Notre-Dame de Nanti lly, un digne successeur de M. (lenneteau. Cependant le nombre des sœurs augmentait, et plusieurs colonies étaient déjà sorties de la maison mère. Les unes étaient destinées à desservir des hôpitaux, les autres a tenir des écoles. Sur les dix maisons établies du t<-mps de sœur Jeanne, sept subsistèrent jusqu'à l'année 1793. Trois étaient tombées, entre autres celle de Nantes, mais celle-ci rétablie en 1758, est encore aujourd'hui un des établissements édifiants que j'ai vus dans celte ville.
Cette maison, néanmoins, a toujours été séparée de celle de Saumur. Il y eut encore huit établissements formés avant lu révolulion, par les religieuses de Saumur depuis la mort de leur fondatrice. Celte fondatrice, épuisée par tant d'actes de dévouement et d'austérités, avait, en outre, eu à suppotlor plusieurs maladies. Il était temps, aurait-on pu dire, que le Seigneur la récompensât de ses travaux. Une longue soulfrance, supportée avec une édifiante patient e, vint mettro le terme à une vie si pleine, que Jeanne de la Noue termina après avoir reçu saintement les sacrements de l'Eglise. Le vendredi 1G août 1730, elle s'endormit dans le Seigneur, dans sa 71' année. Ses funérailles furent un triomphe, à en juger par les témoignages que donnèrent à sa vertu les personnes empresséos a faire toucher a son corps divers objets pour les garder avec vénération. Ce corps, précieuse relique de la sainte fondatrice, reposa dans la chapelle de son établissement jusqu'à l'année 17%. Après elle, sa pieuse confidente, Mario Laigle.fut supérieure générale, et eut elle-même pour successeur, sa propre sœur Catherine Laigle, qui était aussi entrée dans la Congrégation. JÊn 179C, l'hospice de la Providence fut transféré dans la maison des Pères de l'Oratoire, chasses par la révolution. Les restes do Jeanne de la Noue y furent enterrés dans l'église de N.-D. des Ardilliers, au pied de l'autel de Marie, où elle était venue si souvent apporter le récit de ses peines; mais, en 1837, des fouilles nécessitées par les réparations do l'église, les firent transporter définitivement dans un caveau creusé sous la chapelle qui sert de chœur aux religieuses. Les Sœurs tic Sainte-Anne, avec leur robo de laine, portaient une coiffure empesée, à pattes, dans le genre de celles des Sœurs de Ja Sagesse, mais recouverte d'un capot noir attaché sous le menton, un fichu blanc, ave^ un crucifix en sautoir, sur le côté droit de la poitrine. Nous mettonstout ceci au passé, car,
SU li«
actuellement, ulles ont sans doulo exécuté le projet qu'elles avaient formé de changer de costume. Autrefois il n'existait point dans celte Congrégation de profession proprement dite; mais, en 183V, Mgr Montaultdes lies évêque d'Angers, retrancha la perpétuité des vieux qui se renouvellent chaque minée, et, en même temps, il les rendit publics, les entoura de l'éclat d'une cérémonie, et ajouta le quatrième vu-u, si touchant et si conforme à l'esprit de la fondatrice: de servir Jésus- Christ en la personne îles pauvres.
lies des justes parmi les filles chrc'titnnts,
I vol. in- 12, par M. Cairon.
Vie de Jeanne de la Moue, fondatrice de la Cuw/rnjation de Sainte-Anne, par M. l'abbé Mare; 1 vol. in-12, 18V5.
SAINTE- CATHERINE (Reliuiklsbs dk
LUÔriTAL).
Le premier nom de cet hôpital, institut particulier, était celui de : Hôpital des pauvres de Sainte - Opportune. Dans Vliislmrt de Paris, par les PP. Féhbien et Lohineau, qui reportent la fondation de cet hôpital a la fin du xn* siècle, vers 118i, on troure qu'il avait été d'abord destiné à recevoir les pèlerins qui venaient à l'église Sainte-Opportune, et fut, dans les commencements, administré nar des frères ou religieux hospitaliers. Thibaud Chevalier, de Saint-fiermain-l'Auxerrois, leur donna une maison qu'il avait près de l'hôpital, qu'il avantagea, et sa fondation fut confirmé*; par Maurice, évêque de Paris, en 1188. Le Pape Honoré III, par sa bulle du 17 janvier 1322, adressée au maître et aux frères de la Maison-Dieu-Sainte-Catherine, prit cet hôpital sous sa protection. Grégoire IX, son successeur, les favorisa également et invita les fidèles de la province de Sens (dont Pari* était alors suifragant) à les secourir de leurs aumônes. Bientôt après les religieux se tirent aider par des sœurs, comme plus propres au service et au gouvernement des malade.».
II est fait mention des frères et des sœurs «Je l'hôpital de Sainte-Catherine dans des actes de 1328 et de 1372. Leur chapelle fut rebâtie et réparée en 1479, et la dédicace s'en fil sous le nom de Sainte-Catherine et de Sainte-Marguerite. En 1521, François Poncher, évêque de Paris, et en celle qualité, supérieur de la maison, ordonna qu'a l'ave* nir il n'y aurait plus de religieux dans cet hôpital, et nomma à leur place Pierre de la Folie, prêtre séculier, pour en être le directeur spirituel, et pour avoir soin du temporel conjointement avec les religieuses, qui y demeurèrent seules. Ces religieuses suivaient la Règle de Saint-Augustin, comme l'ont toujours fait, surtout anciennement, les religieuses hospitalières, mais elles ne se rattachèrent à aucune société, et formèrent un institut particulier. Selon quelques auteurs, ce changement dans la direction de I* maison, qui ne devait plus recevoir que des religieuses, n'eut lieu qu'en 1557. La mai'
DICTION* Aibi: