‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 265 sur 323 · CS3 SAI DICT1C · texte numérisé non relu

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2,000 francs d'une personne dévouée, d'aumônes obtenues de la charité des fidèles, un enclos fut acheté en 18V2, près de la croix dite du Miracle, à cause d'un miracle opéré en te lieu pnr saint Frai.nbault ; vers la fin de la même année, la chapelle bâtie est dédiée à la très-sainte Vierge sous le (itre de rimmai'iilée Conception et des Sept Douleurs; la maison • <m\ ont nolic et f hôpital adj ti ent furent ensuit'' construits et «i la fôte de Saint-François 18V.1, de pieuses filles, dont une portait déjà l'habit gris du tiers ordre, vinrent l'habiter, pour soigner les malades, et pour faire l'école aux jeunes filles de la paroisse.

M. Huygnard a élé secondé très-efficacement par un laïque pieux cl dévoué, M. Félix Beueher, qui a quitté une position assez agréable qu'il occupait aux Harpes, paroisse voisine, pour se sacrifier à celte œuvre de charité, à laquelle il consacre encore tout sou leuips et toute sa sollicitude.

En ce moment môme, un ecclésiastique zélé, dépositaire des intentions de M. Huygnard, décédé il y a plusieurs années, s'occupe de cette maison, pour en régulariser la situation, avec l'autorisation de Mgr l'évêque de Meaux. Mgr Bouvier voulut bien approuver les Constitutions après les avoir examinées. Celte fondation n'est donc pas encore complète sous le rapport de sa constitution religieuse, mais il y a lieu d'espérer qu'olle le sera prochainement. (1)

SAINTE-ANNE. (Congrégation ï>es Soeurs de), servantes des pauvres.

Vie de Jeanne de La AW, fondatrice de cette Contjreijation, et de l'hospice de la Providence, à Suumur.

Jeanne de La Nimë, fille de Pierre de La Noue et de Françoise Bureau, marchands, naquit à Sauinur, diocèse d'Angers, en 1GGG, et fut élevée dans des sentiments et des habitudes de piété. Douée d'une imagination ardente, elle fut longtemps attaquée de tentations violentes qu'elle eut toujours le bonheur de vaincre, mais qu'elle combattit avec force, et tomba même dans un inconvénient qui ajoutait à ses peines celui du scrupule que lui laissait toujours l'incertitude de l'état de grâce, et la portait à des précautions et des pratiques exagérées. Sa mère, qui ainsi qu'elle s'adressait à un des Oratoricns qui desservaient le pèlerinage et l'église de Notre- Dame des Ardilliers, pria leur confesseur commun d'appuyer de son autorité les défenses de jeûnes qu'elle fai*ail à sa fille. Elle fut donc obligée à se modérer. Néanmoins elle crut dès lors que la volonté do Dieu était qu'elle changeât de confesseur. Toutefois elle n'exécuta celte pensée qu'après la mort de sa mère, pour ne la pas consister, et peut-être aussi dans la crainte que le confesseur ne remarquât son absence. Elle compta celte faiblesse parmi ses fautes, et disait depuis s'être confessée pendant six ans aux PP. de l'Oratoire par respect humain. Agée de vingt-quatre ans elle perdit sa mère; tic» ses premières années elle avait perdu

(!) Yoy. ii h Ou du vol., n" 231.

NAIRE SAI iSHi

son père Libro de suivre ses inclinations et les inspirations du ciel, elle se livra àtouio sa ferveur; mais le tentateur profita de 5» nouvelle position pour lui livrer un assaot, dans lequel il eut quelques avantages. Héritière de la demeure paternelle, Jeanne continua le commerce de ses parents, qu: consistait, à ce qu'on recueille de quelque indications, h vendre de la toile et de U lite mercerie, et elle sentit quelque atlr -rt pour les conseils de l'avarice; faibles allaques, sans doute, qui dans beaucoup d'autres n'auraient paru que des dispositions a l'éionnmie, mais qu'une âme comme la sienne reconnut enfin pour dangereuses ci opposées aux vues que Dieu avait sur elie. La Providence, pour la porter à des dispositions d'une charité étrange et généreuse, se servit d'une voie extraordinaire que je vais indiquer ici, du moins en abrégé.

Françoise Souchet, femme pauvre et veore, vivait à Hennés, en Bretagne, dans une chambre nue, où des personnes riches subvenaient à .-es besoins, car elles étaient édifiées de ses vertus. La pieuse veuve donnait à d'autres indigents les aumônes qu'elle recevait. Une partie de sa vie était passée à saints pèlerinages, dont le but ordina r* était Sainte Anne-d'Auray et Notre-Dame >.i Heuon. Elle alla aussi pendant dix ans à Notre-Dame des Ardilliers, chapelle «élèbn dans la ville de Saumur. Si les pèlerin* étaient trop nombreux"" pour les hôtellerie? de Saumur, les habitants du faubourg •!« Fenet se faisaient un mérite de les loger. Dans une circonstance pareille, la pieuse veuve de Rennes fut reçue par Jeanne de La Noue; c'était la veille de l'Epiphanie 1093. Il ne se passa rien de remarquable! cette première entrevue; Françoise Soikbi dit en pariant que Dieu ne l'avait envoyée que pour apprendre les chemins; cette 1* rôle fut prise par son hôtesse fur une pn> messe de revenir, et en etfet,"la veille de lé Pentecôte de la môme année , la voilà revt» nue C'était un peu tôt, et Jeanne, en If voyant, craignit, si elle la logeait, de perdre le profil que lui procurerait quelque pèlent aisé. Fille ne voulut point céder ases offre* de payer, ou môme de coucher sur le carreau , et la renvoya. Toute la nuit la pieuse bretonne se sentit pressée de retourner chez Jeanne de La Noue, et y alla en effet, le lendemain de bonne heure, et ne trou»» que la nièce de Jeanne à la maison, car Jeanne était à la Messe. Elle dit des choses extraordinaires qui frappèrent la nièce eu tante 5 son retour de l'église. Jeanne, supposant que c'était une diseuse de bonne tn*tare, se proposait bien de l'envoyer au'au* 1res faire ses contes, et la fit parler. La^u* vre veuve ne pouvait ni s'expliquer, ru expliquer aux autres les choses éloquentes et touchantes qui lui sortaient de ia boucla Jeanne en fut si touchée qu'elle regarda cette étrangère comme un ange de Dieu,« la pria de passer quelques jours chei tlb- Le fruit de ce fait, qui a que'lque ch»> ^ singulier, fut sur le cœur de Jeanne it »

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