IÎ97 SEN DES ORDRES
*i 10- dessous les cinq mots : Invenimus taMin campit silv*.(Psal. cixxi, 6.)
Deux portes conduisaient de la chapelle au dedans de l'ermitage et au jardin; sur la jirecnièr» on lisait : Bienheureux ceux qui ont le cour pur, parce qu'ils verront Dieu ; j Mnitk. v, 8. ) Sur l autre , ces quatre ws :
Eotre let sans y faire lort, Souvieus-loi que le premier homme X? pni d'uu jardin qu'une pomme, Et qui] lui en coûta la mort.
La ch'pel'e, dont j'ai vu les ruines, était du style gothique et fort ancien. Il y avait ■lins la nef deux autels. Le chœur était séparé de cette nef par une balustrade de bois. L'autel était simple tomme tout le reste, il j avait cinq petites niches dans lesquelles on voyait les statues de la sainte Vierge, de saiot Joseph, de saint Pierre, de sainte Elisabeth et de saint Paul. Les religieux faisaient leurs prières et chantaient leur Office dans une tribune. Du jardin, une porte, goi eiistc encore, conduisait dans le bois. Sur les différentes portes on lisait des sentences tirées de l'Ecriture et des Pères. Dans les allées solitaires dites de saint Antoine et de saint Pa< ôine, au pied des croix, etc., on lirait aussi des sentences.
les religieux se levaient à quatre heures, et alors on sonnait VAnçelus ; ils se rendaient immédiatement dans la chapelle, où ils récitaient la prière, ensuite Matines, Laudes, Prime et Tierce de l'office de la sainte Vierge, puis faisaient une méditation d'une heure, et lui donnaient ordinairement pour sujet la passion de Noire-Seigneur, la présence de Dieu, etc. Pour satisfaire l'attrait de chacun, on lisait l'Evangile du jour, sur lequel le communauté faisait un quart d'heure ou une demi-heure de méditation. Comme la principale occupation de ces religieux était le travail des mains, au sortir de l'église chacun allait à son travail manuel jusqu'à buil heures, et alors ils assistaient à la Messe. Au sortir de la Messe, chacun retournait a son travail jusqu'à onze heures. On revenait alors a la chapelle dire Sexte, et on passait de la au réfectoire pour le dîner, durant lequel on gardait le silence et on entendait une lecture. Après les grâces on allait a la chapelle en récitant le Miserere,\k on Amodiait None,l'w*ii0e/u*,et ensuite chacun retournait à son occupation comme le matin. A cinq heures on récitait Vêpres et Complies, puii on faisait une lecture et une méditation jusqu'à sept heure? moins un quart. Alors» "près \' Angélus on allait au réfectoire où tout *e passait comme le matin. Les religieux iaisaient ensuite une conférence sur les Pères du désert on autres sujets pieux jusqu'à neuf heures; on revenait taire l'examen et la prière du soir, et on allait se coucher.
Les dimanches, on disait à trois heures de l'après-midi, les Vêpres du grand Office ; après ces vêpres on faisait une lecture dans les Vies des saints, ou autres livres de piété, puis chacun se relirait dans sa cellule pour
y faire quelque lecture jusqu'à cinq heures. Alors,auson de la cloche, les frères se rendaient à l'église pour y réciter les Vêpres de la sainte Vierge et des morts, ensuite un faisait dans Y Imitation ou autre livre une lecture suivie d'une méditation.
t On observait régulièrement les jeûnes de l'Eglise, outre cela on jeûnait pendant l'Avent, tous les vendredis de l'année et la veille des sept fêtes de la sainte Vierge, à laquelle il paraît que ces solitaires étaient spécialement dévoués. A la tin des prières et des offices, on récitait YExaudiat, pour le roi et la famille royale.
Ces solitaires étaient laïques mais i I est trèspossibie et même vraisemblable que des ecclésiastiques se sont quelquefois retirés
fiarmi eux. Ils ont Vu au nombre de leurs rères deux hommes distingués dans le monde, entre autres le comte d'Arcos que nousavons déjà nomraé,et que le roi Henri IV venait voir souvent. Le frère Marcian, autrement Raimond, de l'ancienne maison d'Arces en Dauphiné, lieutenant des gardes de la porte du roi, après avoir vécu vingt-cinq ans dans l'hérésie et mené une vie licencieuse, se convertit et se relira dans l'ermitage de la forêt de Sénarl, où il fut reclus et enfermé l'espace de deux ans, sans que personne le sût. Le fameux Camus, évêquo de Belley, en parle dans l'un de ses livres et apprend qu un grand seigneur exerçant la vénerie du roi dans la forêt de Senart, ayant été averti par hasard de la retraite du frère Marcian, et ayant parlé à Henri le Grand son maître, remplit ce prince et toute la cour d'étonnement sur cette conversion admirable. L'évêque ajoute :
« L'odeur de la bonne vie de ce reclus, et l'estime que Sa Majesté en faisait, engagea plusieurs personnes de le venir voir; et quelques -unes demeurèrent avec lui en société au nombre de six. » Le roi fit diverses propositions au solitaire qu'il appelait son carabin et son gendarme, pour le ramener dans le monde , mais il fut fort édiûé de ses refus. Il disait un jour au supérieur qu'il avait plus appris là qu'au Louvre, parce que ce frire désintéressé lui dirait beaucoup de vérités que de plut habiles que lui qui sont tous les jours à ta cour n'oseraient avancer; car ils ont peur de préjudicier à leur for tune, etc..
Ayant appris la mort de ce frère, étant à la chasse, il dit : Voilà comme Dieu attire à soi les bons. Il s'était retiré en cet ermitage en 1588, et se logea dans une petite maison qu'il fit bâlir, et mourut le 14 mai 1598, âgé de 59 ans, regretté de la noblesse et de ceux du pays. C'était lorsqu'il habitait ce désert que Vincent Mussart et Antoine Daupin y firent fleurir la vie érémitique, en 1593, avant d'aller établir à Francon ville la réforme du tiers ordre de Saint-François.Ua autre ermite célèbre est le frère Pacome» dont j'ai parlé ci-dessus et qui a fait le plan présenté au roi en 1703. Il avait vécu» comme on l'a dit, à la couj de Versailles et il parait qu'il avait du talent et de-
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i'.nlrait pour ce genre do travail, car, en 1708, il lit et présenta au roi un |»lan en relief île l'abbaye de la Trappe, qui est remarquable par ses belles gravures. Si le frère est aussi auteur du texte qui accompagne i es deux ouvrages, il est permis do croire que sou instruction littéraire n'égalait pas son talent pour le tracé des plans. Qui ne croirait d'après ce qu'on vient do lire, tiré presque tout entier du Mémoire du frère Paeôme, que l'ermitage de Notre-Dame do Consolation a été bâti par ordre de saint Louis et toujours habité par des ermites 1 Eh bien! le savant abh'; Lebeuf, dans son histoire du diocèse de Paris, ne dit pas un mot do saint Louis en parlant de cet ermitage, dont il a trouvé la première mention dans le pouillé du xiii* siècle et que les habitants du quartier attribuent cependant à saint Louis, par tradition. Je dis qu'en 171 1, on lisait encore dans le cbœur de ce prieuré sur une tombe ces mots seuls lisibles entre ceux qui composaient l'épitaphe : Ilermiirc que trépassa en l'an de CJncarn. Al-CC et LXXlI au mois d'havril. Priez Dieu pour l'âme de lui.. Le mot hermitre était là pour signifier non un ermite^ mais l'ermilago qu'en vieux français on prononçait hermitoire, dérivé du bas latin hermitorium ; par abréviation fiermitre. Ainsi cette tombe était celle d'un chanoine régulier do Notre-Damo de l'ilcrmitoire. Ce bénéfice fut desservi et occupé par des chanoines réguliers do l'abbaye d'Hiverneau dont il était membre jusqu'à l'extinction de la régularité, soit par manquement de sujets, soit par pauvreté.
Depuis le règne do Charles IX on ne vit plus de communauté à Hivcrncau, et par conséquent il n'y eut plus de prieur à l'Ermitage. Ce prieuré tomba dans l'oubli et n'était plus qu'une chapelle délabrée. Cependant il resta toujours prieuré a nomination, sur le pied de chapelle, c'est-à-dire non conventuel. Ce bénéfice était à Homo dans le rang de ceux des chanoines réguliers, sous le nom de N. D. de Couplivc; mais je n'ai point à faire ici l'histoire du prieuré; j'ai à parler des ermites et de l'ermitage. Depuis que ce lieu fut inhabité en conséquence du mauvais état où se trouva l'abbaye d'Hiverneau, vers l'an 1560, quelques ermites s'y retirèrent sans que personne les troublât ; et pourtant l'abbé Lebeuf dit aussi qu'un homme nommé Bénigne Billcry, qui avait reçu l'habit d'ermito du prieur des Chartreux , Gahricl Billccoq, s'y retira en 1V96; et depuis, à cause du grand nombre d'ermites qui y étaient, il alla au diocèse de Noyon. On sè demande s'il y avait alors aussi des chanoines et un prieur. Kn 1627 cet établissement avait dégénéré; l'archeléque de Paris, Jean-François de Gondy, ordonna, le 12 mars, à tous les ermites do Sénart, de sortir de son dior èse, et sur leur refus, de les conduira dans les prisons de l'archevêché, saisir leurs meubles, etc. Quarante ans après l'archevêque permit à Héliodore Duel, Camaldule malade, de se retirer dans cet etïnitag»-, appelé Notre-Dame de
Consulalion. En 1690, Jean-Ftamois-l'au1 Lelèvre de Caumartin, possédant ce'pneuri-, le remit, par acte notarié, aux «hannines d'Hivernau , stipulant par Jean Moullin, leur prieur, pour y rélahlir la régularité; mais faute de sujets, ce iraité n'eut i/unt lieu ou ne fut point exécuté. Ce prieuré étant toujours abandonné, M. le cardinal de Noailles ordonna, en 1710, à quelques ermites du Mont-Valérien, d'y venir demeurer; mais instruit, en 1721, qu'il dépendait d'Hivernau, et que M. de Cautuarlm , alors évôque de Blois, l'avait remis à cette nbbave, il y introduisit les chanoines réguliers de cette maison, qui y restèrent jusqu'à la tin de 1723; la disette de sujets et la pauv.vié du lieu ne leur ayant pas permis d'y rester davantage. C'est l'abbé Lebeuf qui nous apprend ces choses; mais comment les concilier avec ce quo j'ai dit du livre du frère Pacôme et «les exercices des ermites en 1703? Ce prii-uré n'était donc pas toujours alwndonné? Lebeuf ne dit pas que les chanoines d'Hivernau étaient de la réforme de Bou;g- Achanl et jansénistes. Ce dernier inconvénient était peut-être une des causes de leur insuccès. Quoi qu'il en soit, leur retrait lut autorisé par «les ordres du conseil de conscience, qui les réglèrent avec les ermites, au mois de janvier 172V. Depuis ce terni* les ermites y ont demeuré seuls (expression de Lebeuf, qui ferait croire qu'ils y étaient aussi du temps des chanoines), et ont retâti l'église et les lieux réguliers. En 1739, M. Paris de Montmartel posa la première pierre. Les ermites étaient alors an noml>ro de douze ou quinze, et avaient pour chapelain un prêtre séculier. Le curé de Drave»l allait chez eux iairc les enterrements et leur administrer la communion pascale ; prétentions dans lesquelles il fut maintenu parun traité du 29 novembre 1730, approuvé par M. do Vinlimille, le 6 décembre suivant. Ces ermites portaient une tunique blanche, une ceinture et un scapulaire de la rofino couleur ; avaient un bouquet de barbe à l'extrémité du menton, les cheveux courts sans tonsure ou couronne monastique, lu se couvraient, quand ils sortaientau dehors et portaient à la maison une chape noire qu# les Charlreu x voulurent leur faire quitta» dans la première moitié du dernier siècle, la croyant trop semblable à la leur, reaisen 1749, les ermites prouvèrent qu'elle éuii différente. Vers l'an 1750, ils commencèrent 4 se servir du chant grégorien. Il est vraisemblable que leurs règlements étaient alors celui que nous avons tracé ci-dessus, d'après le Y. Pacômii; peut-être se rapprochait-il du règlcmentdesermitesdumont Valérieo.s'iln** tait le même, puisque quelques frères de ce dernier ermitage avaient été attirés à St'nar par le cardinal de Noailles. En 1751, temtri credi 3 novembre, lête de saint Marcel, leur église fut dédiée, avec permission de Itf* eheveque de Paris, sous l'invocation 4 sainte Vierge, litre de Notre-Dame de Consolation, par M. Jean- Antoine Pinseau,«M" que de Nevcrs : le lendemain, le curé «
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