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second qui se rapporte flux oeuvres Je miséricorde spirituelles et corporolles.
2* L'amour et l'imitation de Jésus-Christ: la méditation de ses grandeurs, de ses perfections, de ses vertus, de ses mystères; l'adoration de Dieu en Jésus-Christ et par Jésus-Christ
3' La réparation des blasphèmes et du travail du saint jour. — Des outrages que reçoit le divin Sauveur dans la sainte Eucharistie. — Des profanations faites aux croix et aux autres ohjets de notre culte, surtout pendant les révolutions.
y La dévotion h la très-sainte Mère de Dieu, que la congrégation doit faire aimer cl honorer selon ses facultés.
Quant au but extérieur, la congrégation du Sauveur et de la Sainte-Viergo a pour tin le sorvicc des pauvres et des malades dans les hospices et a domicile; l'instruction gratuite des filles pauvres; les salles d'asile, l'éducation des jeunes demoiselles; la formation d'institutrices, de filles de campagnes, et enfin toutes les œuvres de charité qui peuvent s'allier avec la demi-clôture.
La congrégation du Sauveur et de la Sainte-Vierge peut établir des maisons dans les grandes villes, mais son but est, surtout, de venir en aide aux petites localités dénuées de secours, et elle le peut, puisqu'elle réunit, h elle seule, les œuvres qui nécessiteraient plusieurs communautés.
Li congrégation est gouvernée par un supérieur général, agréé par Mgr l'evéquc du diocèse où est située la maison mère; par une supérieure générale élue tous les cinq ans, qui a une assistante, une vice-assistante et quatre conseillères.
La congrégation du Sauveur peut fonder d'autres communautés dépendantes de la supérieure générale. Chaque communauté a une supérieure locale, une assistante et deux conseillères qui sont nommées par les supérieurs généraux et gouvernent sous la dépendance de leur autorité
Ghaquc communauté est soumise pour le spirituel à l'évèque diocésain; et pour le temporel, aux autorités civiles.
La nomination aux divers emplois dans toutes les communautés, le placement des sujets, leur translation d'un lieu dans un autre, appartiennent aux supérieurs généraux.
Le temps de probationest de deux ans.
Les sœurs l'ont, pour un an, des vœux simples do pauvreté, chasteté, obéissance, et restent libres, chaque année, de les renouveler ou de quitter la congrégation; celle-ci est en droit de renvoyer la sœur qui deviendrait scandaleuse ou incorrigible.
Après cinq ans de profession, los sœurs peuvent, avec la permission des supérieurs, faire des vœux perpétuels.
Les Sœurs du Sauveur et de la Sainte-
Vierge ont des sœurs converses qui n'ont point de part au gouvernement do la congrégation; elles ne récitent pas rOmVe.num elles font les mêmes vœux et sont traitées en tout comme les sœurs de chœur.
Le* sœurs de la congrégation portent une rebe en laine bleue et un cordon hlanr, aussi île laine, comme marque de leur consécration à la sainte Vierge; elles ont une guimpe blanche et un voile noir; un Rrand chapelet à la ceinture, et è la profession elles reçoivent un crucifix d'argent, sur bois d'ébène, ayant de l'autre côté l'imago de la Vierge.
Les sœurs converses portent aussi la robe bleue, le cordon blanc et le voile noir; mai* il y a une différence dans le costume. Elles ont, sous le voile, une coiffe blanche, et un mouchoir blanc à la place de la guimue; l'étoffe de leur robe «loi t être plus grosse et la couleur bleue plus foncée.
Les religieuses de chœur psalmodient le petit Office de la sainte Vierge à différentes fioures de la journée, les petites Heures après l'oraison du matin, Matines et Lau>Jes après la prière du soir, et la lecture du sujet d'oraison qui se fait a huit heures. Dans les grandes communautés seulement on psalmodie Vêpres elComplies à trois heures après-midi.
Toutes les sœurs se lèvent a quatre heures et demie en été, h cinq heures en hiver; font la prière du matin, une heure et «leroe d'oraison aussitôt après, et autant le ^>ir avant le souper; elles entendent tous les jours la sainte Messe, font deux lectures dans la journée, dont l'une avant ou aprè« le déjeunpr, suivant la commodité «le la maison, l'autre h une heure trois qu.vt<; l'examen particulier h dix heures trois quarts; la visite au saint Sacrement à une heure et demie; elles disent le chapelet dans l'après-midi, à l'heure la plus coicmode pour chacune d elles.
Le silence est soigneusement par!»1, excepté aux heures do récréation aprè» dîner et après souper; il y a, en sus, quelque récréations extraordinaires.
11 y a, dans toutes les maisons, un parloir avec une grille ; et c'est là, seulement, qu'oo peut parler aux sœurs; les personnes du dehors n'entrent pas, sans permission, dans la communauté, mais les religieuses peuvent sortir pour les devoirs de piété et di charité.
La révérende Mère Marie de Jésus lot aidée, dès le commencement, par M. Vâblié (iuines, en ce moment-là curé de Terrasxw. dont le zèle a contribué très-puissamment à la fondation de la communauté du Sauveur dans celle ville ; devenu premier supérieur général «le la congrégation, il la gourenu avec le plus généreux dévouement. Ce ssirt prêtre s'est fait, «lepuis, religieux deSaict* François, et il est actuellement supérieur d une communauté do Capucins, sou* nom de révérend I'. Ambroiso
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Le second supérieur généra! de la congrégation du Sauveur et do la Sainte-Vierge, est M. l'abbé Dissandes, de Bogenct, vicaire général du diocèse- de Limoges; il protégea et aida beaucoup la congrégation dès son arrivée dans le diocèse; puis il en fui nommé supérieur général, en 1839, par Mgr TouriK'fort, et fut continué dans cette charge par Mgr Buissas, évoque de Limoges, sous la protection duquel la congrégation du Sauveur a grandi et prospéré d une manière remarquable. M. de Bogenet, continue de la gouverner avec la plus haute sagesse, et, de concert avec la Mère fondatrice, il y développe de plus en plus l'esprit du Sauveur en s efforçant d'imprimer dans les fltues, les vertus de charité, d'humilité, de régularité et de zèle.
La première communauté de la congrégation du Sauveur et de la Sainte Vierge a été fondée en février 1833, à Ten asson (Dordogne). Elle est maintenant l'une des plus importantes, ayant l'école normale du département et un nombreux pensionnat.
Une autre maison du Sauveur fut établie en 1834, à Orcival, près Clermont (Puy-de- Dôme), puis, en 1835 au mois de septembre, celle de la Souterraine (Creuse), qui est devenue maison mère de toute la congrégation, et c'est là, seulement, que se fait le noviciat.
Depuis la fondation de cette communauté, la congrégation a fait de rapides progrès. A l'époque actuelle, 1856, elle compte vingtcinq maisons établies, dont quinze (onze des Sœurs proprement dites et quatre des Petites-Sœurs] dans le diocèse de Limoges, où est située la maison mère, cinq dans le diocèse de Clermont, dont l'une à Clermont même; deux dans le diocèse de Tulle (Corrèze). Deux dans celui de Pôrigueux : Terrasson, dont il a été parlé, et la communauté de Bergerac, aussi très-importantes : et une à Lauzun (Lot-et-Garonne), diocèse d'Agen. Beaucoup d'aulres fondations sont demandées, et Ton a peine à satisfaire toutes les localités, bien que la congrégation reçoive un grand nombre de sujets.
Afin d'étendre de plus en plus le règne de Dieu, la Mère fondatrice, autorisée par ses supérieurs, a établi une seconde branche de la congrégation du Sauveur et de la Sainte-Vierge.
Les sœurs qui en font partie se dévouent au soin des pauvres et des malades et à l'instruction des enfants, dans les campagnes.
Elles sont soumises aux supérieurs de la congrégation; font les mêmes vœux que les autres sœurs, ont les mêmes exercices de dévotion, moins la récitation de 1'Oflke, et sont dirigées par le même esprit.
Elles |»ortent le nom de Petites-Soeurs du
Sauveur et de la sainte Vierge.
Leur costume se compose d'une robe noire en laine et d'un cordon bleu aussi en laine. Elles ont une pôleriue noirs de même
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étoffe que la robe, sur laquelle est brodé en bleu le chiffre de Marie. Leur coiffe est blanche, épaisse, et elles mettent de plus un voile noire. 1
A leur profession elles reçoivent un crucifix de cuivre, sur bois noir, ayant de l'autre côté l'image de la très -sainte Vierge.
Il est défendu anx Petites-Sœurs de s'établir dans les villes. Elles peuvent aller deux dans les campagnes et n ont point de clôture.
Quatre communautés des Petites-Sœurs du Sauveur et de la Sainte-Vierge, pour les compagnes, sont déjà établies dans le diocèse de Limoges, et te bien qui est résulté de cette nouvelle œuvre fait présager son succès pour l'avenir.
SOEURS GRISES ou SOEURS DE CHARITÉ, à Montréal.
L'hôpital général de Montréal doit sa première fondation à un vertueux citoyen de cette ville, M. François Charon de la Barre, qui voulut y consacrer ses biens et sa personne. Deux autres pieux laïques, MM. Jean Fmlin et Pierre Le Ber, le secondèrent puissamment, et donnèrent avec lui commence* mont è sou œuvre de charité, de zèle et de désintéressement. M. Le Ber était le frère de la sainte Recluse qui vécut vingt ans dans une cellule du couvent de la congrégation de Ville-Marie, sans communication avec le monde. Il resta tidèle à sa vocation jusqu'à sa mort, ne ût point de vœux, mais termina une vie sainte, comme pensionnaire, à l'hôpital général, en octobre 1707. Les trois amis voulaient former une communauté de frères Hospitaliers, destinés à soigner des hommes pauvres et intlrmes.
Dès 1688, M. Charon et ses aeux associés obtinrent du supérieur de la maison de Saint- Su Ipice de Montréal, un terrain convenable à la Pointe à Callière, et ils firont bientôt à leurs frais plusieurs autres acquisitions pour servir à la fondation de l'hôpital.
Le but de l'établissement, comme le por» tent les lettres patentes du roi du mois d'avril 1694, était de « retirer les pauvres enfants, orphelins, estropiés, vieillards infirmes etaulres nécessiteux deleur sexe, pour y être logés, nourris et secourus dans leurs besoins, les occuper dans les ouvrages qui leur seront convenables , faire apprendre des métiers auxdils enfants , et leur donner la meilleure éducation que faire se pourra.» Plus tard, ce même établissement se chargea du soin de fournir aux paroisses de campagne des maîtres d'école qui enseignaient les garçons , comme les sœurs de la congrégation enseignaient depuis longtemps les tilles.
En octobre de la même année 1694, Mgr de Saint-Valier, deuxième évêque de Québec, approuva cette communauté d'hommes sous le nom de frères Hospitaliers de Saint" Joseph de la Croix; mais la suite ne répondit
DES ORDRES RELIGIEUX
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pas au zèle «les fondateurs, et i!> se virent incapables de former aux vertus de leur état les sujets qu'ils avaient réunis. L'éreclion d'un mou v l institut dans l'Fglise n'étant pas une chose commune et ordinaire, Dieu ne donne pas son Esprit indifféremment a tontes sortes de personnes pour en établir. C'est en vain que M. Charon frappa à toutes les portes pour se procurer des coopéraleurs dévoués. Les uns manquaient de probité, les autres de piété ; et en 17-V7, plus de cinquante ans après la fondation de l'hôpital général , rétablissement, criblé de dettes, ne contenait que deux frères, dont un frappé d'interdit; et on y donnait seulement asile à quatre vieillards qui y végétaient dans l'indigence cl le délaissement.
Ce fut 5 ce moment qu'une femme se présenta pour administrer l'héritage des pauvres qui se dilapidait indignement en d'autres mains, et cette femme fut Mine Marie-Marguerite du F rosi de la Jeminerais, née en 1701 à Vareuue, près de Montréal, et lille d'un brave officier de marine breton qui s'était fixé au Canada. Jusqu'ici nous avons vu des Français quitter leur pays natal pour initier les Canadiens aux vertus de la vie religieuse; maintenant c'est une Canadienne de naissance qui va à son tour fonder un institut de charité, sur cette terre où la générosité est dans toutes les bourses, et la bienfaisance dans lous les cœurs.
Mario du Frost de la Jemmerais se maria, en 1722, à M. d'Vouville; niais étant devenue veuve en 1730, avec deux enfants qui plus tard entrèrent dans le sacerdoce, elle ne songea plus qu'à se consacrer aux bonnes œuvres, et elle commença par visiter les malades a domicile et par recevoir quelques estropiés dans sa maison. Bientôt plusieurs saintes filles s'étant jointes à elle , Mme d'Youville étendit le cercle de ses charités ; et le zèle intelligent qu'elle mettait à toutes ses actions la dérdgna aux Sulpicieus, seigneurs de Montréal, pour prendre la direction de l'hôpital géu< ral. Lille en fut chargée provisoirement en 1747; mais aussitôt il se forma une cabale fâcheuse contre elle, parmi les plus honorables habitants. Malgré les infructueux efforts des frères Hospitaliers, on tenait par patriotisme à la conservation de cet institut, d'une existence déjà ancienne, et le peuple lui-même, ingrat et égaré, s'abandonna à d'incessantes insultes contre la vertueuse dame qui se dévouait à soulager la misère des pauvres. Le gouverneur et les autorités se liguèrent pour faire expulser Mme d'Youville de l'hôpital général, et l'on écrivit à Pans tout ce qu'on put imaginer de plus défavorable contre elle. Malgré tant d'efforts, la cour de Versailles se montra, celte fois , plus éclairée que ses agents; et des lettres patentes de 175.'t substituèrent Mine d'Youville cr ses compagnes aux anciens Hospitaliers, et les érigèrent en communauté pour prendre soin de l'hôpital général. Les premières personnes qui se joignirent à Mme d'Youville, pour l'accomplissement de celte œuvre dut ilable, furent
Marie- Louise Thauinur, de la Source, Catherine Dcmers-Dessernioiit, Catherine deRinville , Thérèse Las>er-Laform«, et Aga'.ho Yéronneau. Aussitôt la Mère supérieure s'ingénia de mille manières pour arriver à paver les dettes de l'hôpital, et pour lui assurer des recettes à l'avenir. Les épreuves n'étaient pas à leur terme, et deux fois elle vu périr par le feu l'asile de ses vieillards et de s* s orphelins.
Kn 17G5, un incendie affreux laissa san« ressources les cent dix-huit personnes que Mme d'Youville logeait et nourrissait à *«n hôpital. Cinq ans après, les bâtiments élaictl reconstruits et agrandis, et elle y recueilli. t cent soixante-dix personnes.
Avant la conquête, elle était arrivée à réaliser G0.000 livres de recettes annuelles par les aumônes et par l'ouvrage qu'elle taisait pour l'armée et pour les particuliers La prise du Canada par les Anglais tarit une grande partie de ses revenus; elle n'en donna pas moins suite h son projet d'adopter les enfants trouvés, cl elle y ouvrit encoie un refuge pour les repenties. Sa confiant en la Providence était sans bornes , et elle écrivait peu de temps après sn mort
Nous sommes dix-huit sœurs , toults infirmes, qui conduisons une maison où il y a a ni soi j unie-dix personnes à nourrir, tt presque autant à entretenir; très-peu de renia, lu plus considérable est celle de nos ouvraqa, qui sont tombes des deux livrs depuis (pu nous sommes aux Anglais. Toujours à la redit de manquer de tout . et nous ne manquons jamais , du moins du nécessaire. J'ndmirt chaque jour la divine Providence gui veut bien se servir de si pauvres sujets pour faire quelque petit bien.
11 n'était pas petit le bien que réalint Mme d'Youville , et son abandon complu entre les mains de Dieu lui valut dos grâces spéciales pour la soutenir dons toutes se< traverses. Son histoire relate les nombreux exemples d'assistance qui lui arrivèrent d'une façon miraculeuse. Tantôt elle trouve des pièces d'or dans la bourse de la communauté qu'elle savait vide; tantôt, au moment ou l'on manque de pain, des tonneaux <l» farine se rencontrent inopinément dans oc»» salle, sans qu'aucune personne connue ah pu les y porter. Celte protection spéciale de la Providence s'est continuée jusqu'à nos jours sur l'hôpital général. Cet établissement, qui ne peut compter que sur 50,000 fr. de receltes assurées, ne dépense pas moins de 150,000 fr. par an, et les sœurs de Charité n'ont jamais compté en vain sur les aumônes pour permettre de soutenir toutes les œiwr* dont elles sont chargées. Yoici quel est le détail de ces œuvres :
Le syom des malades infirmes des deux sexes. L'œuvre des tilles et femmes repenties, qui a élé disconlinuôe. L'œuvre des enfants trouvés, commencée en 1754. L'œu» « des aliénés, commencée en 1783 et abandonnée en 18'*i. Le soin d'un orphelinat o< filles irlandaises, établi en 1824 dans t'bôpita!, et entretenu parle séminaire de Moi;»-