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sainte Vierge. L'époux de In Vierge était aussi l'un des saint:» en qui elle avait plus de confiante et pour lequel elle s'efforçait d'en inspirer. Kilo aimait h prononcer ces paroles que l'Ecriture met dans la bouche du Pharaon :Alle z à Joseph:» Itead Joseph (Gen. xu. 5o), » pour exhorter les personnes qui étaient dans la peine et dans le besoin de s'adresser à lui.
La conliance de Mme de Bavos au milieu des contradictions et des épreuves de tous genres dont sa vie fut continuellement remplie, ne fut pas moins ferme et inébranlable que sa foi avait été vive; c'est elle qui lui inspira ce nobledévouemeul, celte intrépidité qui lui fit faire et souffrir de si grandes choses pour la gloire de Dieu et qui rendit sa vie si féconde en actes héroïques. Elie ne recula jamais devant la volonté divine; plus elle se méfiait d'elle-même, plus elle était forte dans le secours qu'elle attendait d'en haut. En sorte qu'au milieu des plus grandes difficultés elle était sans hésitation et sans crainte. Elle disait souvent dans les circonstances épineuses où la mauvaise volonté des hommes était évidente : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous? (Uom. vin, 31.) Et forte de >a conliance, elle demeurait ferme et impassible dans les circonstances les plus difficiles.
Cette espérance et cette confiance qu'elle lui inspirait entretenaient l'union habituelle de sa volonté à celle de Dieu, cl en lont temps elle pouvait dire : ■ Je ne veux rien que ce que Dieu veut; je ne vais pas seule. Dieu me conduit, *. Elle prononçait souvent ces paroles : Mon cœur est prc'ttSci<jneur, mon cœur est prêt (Psal. i.vi, 8). De t elle disposition habituelle naissait cette iruperturhabililô qu'on remarquait dans son extérieur, mémo lorsque les circonstances ou les événements contrariaient le plus >es vues.
C'est le feu divin dont son âme élail embrasée, qui lui inspira tant de bonnes œuvres, lui fil embrasser tant d'austérités, endurer tant de souffrances, supporter tant de peines et de contradictions pour la gloire de Dieu, et lui lit soupirer après le bonheur de verser son sangen signe de sa foi. Son cœur était un lover «le charité, source de ce zèle ardent qui lui inspirait tanl de générosité et de dévouement, charité qui la rendit mère pleine de charité, de douceur et de compassion pour ses Filles. Elie versait sur toules le baume de la consolation, elle soutenait les faibles, elle était toujours prêle à se sacrifier pour le prochain. La nuit comme le jour elle élail à leur disposition. Elle était heureuse de leur bonheur, mais c'est surtout à l'égard des malades qu'elle exerça toujours la charité la plus tendre ; elle ne négligeait rien pour leur soulagement, elle s'informait avec détail de leurs moindres indispositions. Les malades d'esprit étaient plus encore l'objet de ses sollicitudes et de ses soins ; elle les écoutait sans se lasser pendant des heures crinières. Si elle ne laissait passer aucune oc casion de soulager les pauvres, les maux de leurs âmes la louchaient encore plus vi-
vement ; aussi invitait-elle ses Filles à prier pour la conversion des pécheurs, à onVir leurs jeûnes, offices, communions, pour fléchir la miséricorde de Dieu en leur faveur.
Quoique le cœur de la «ligne abhe»e lût si brûlant de charité, il était je plus humble. Elle était si déliante d'elle-même qu'elle veillait sans cesse comme si elle n'eût encore fait que le premier pas dans le chemin de In perfection. Elle se croyait Irès-piuvre en vertus, et elle craignait excessivement le jugement de Dieu; elle aimait les humiliations: elle se plaisait dans les fondions les plus basses el les plus viles. L'humilité la rendait douce el calme; dans les discussions elle écoutait et parlait peu; déliante d'elle-même, elle était toujours disposée à suivie lavis des autres, quoiqu'elle fût ferme comme le roc, et que rien ne pût la faire mollir, quand sa conscience, le bien de la régularité ou quelque autre grave motif exigeaient de laferinetédans la résistance. Elle s'acquittait avec une sainte allégresse des occupations les plus communes, en pensant aux travaux de la vie cachée de notre tout aimable Sauveur.
Tout ce qui l'entourait, et ses habits mémo respiraient l'humilité; dans ses appartements rien d'inutile, el tout était simple. Ses vêtements lui plaisaient d'autant plus qu'ils étaient plus rapiécés, et il fallait lui faire violence pour lui en faire accepter de neufs.
Telle fut cette admirable abbesse, dont Dieu se servit pour ressusciter en France l'ordre de Saint-Benoît, qui fut (tendant tanl de siècles une pépinière de tant de saints el de saintes, et de tant de grands hommes.
La maison mère ayant reçu plus de sujets qu'elle n'en pouvait tontenir.a fond*'*, comme nous l'avons dit, d'autres établissements. Le premier est celui de Cuire, près Lyon. Il a été failà lademandedeMgr dePins, en 1831. Mme de Ha vos envoya dans celte localité huit religieuses de choeur et deux converses. Le personnel de cette maison se monleaujourd'hui, comme à Pradines, à cinquante religieuses de chœur et trenle sœursde peine. Le >eeonda ét loiidéà Jouarre-sur-la-Ferié,cn 1837, à la demande de Mgr Calard.Minede Bavos y envoya douze religieuses de chœur et deux sœurs converses. Leur local est celui de l'ancienne abbaye. Le personnel de cette maison se monte aujourd'hui a3C religieuses de chœur et vingt sœurs converses. Le troisième • été fondé en 1839, à la demande de Mgr de Villecourl. Mme de Sainte-Marie-Justine, qui a succédé h Mme de Bavos, décédée en 1838, a envoyé à Saint-Jean d'Angély six religieuses de chœur et deux sœurs converses. Le quatrième a été .fondé en 1853, à la demande de Mgr de Dreux-Brézé. Mme de Sainte-Marie Justine a envoyé à Chanlelle-le» Chdteau quatorze religieuses de chœur et cinq sœurs converses. Cette maison, qui est encore à son berceau, occupe un ancien prieuré qui, avant la révolution, appartenait a des moines génovéfains, et avait dépendu autrefois du château des princes de Bourbon.
Chaque établissement jouit d'une parfaite liberté pour son gouvernement. Les aiem