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Mère. On n'entendait partout que gémissements et que plaintes, et toutes fondaient tellement en larmes qu'a peine pouvaientelles respirer. » (Vie de la Mère de Matel, par le révérend P. Antoine Boissière de la Compagnie de Jésus, lir. vi, chap. 5.)
Jamais, en effet, larmes ne furent plus légitimes, puisque l'ordre perdait dans sa fondatrice une personne tellement privilégiée de la nature et de la grâce, qu'on croirait, si la foi ne nous enseignait le contraire, qu'elle n'avait point péché en Adam; son innocence et sa simplicité s'élevèrent si haut dans la contemplation de Dieu, qu'elle était presque continuellement ravie en extase.
KHe ne descendait de ces sublimes élévations que pour se plonger dans l'abtme de son néant, et se livrer aux exercices les plus bas de l'humilité, s'élaut presque' toujours employée à faire la cuisine dans ses divers monastères, se regardant comme la servante de ses Filles.
Sa charité était éminente, rendant le bien pour le mal avec tant de générosité qu'il était facile de se convaincre que sa patience était à toute épreuve et sa vertu incontestablement héroïque.
Comme sa simplicité était admirable et ses lumières extraordinaires , elle parlait do Dieu avec une facilité et une onction qui pénétraient singulièrement les Ames. Les personnages les plus illustres de son temps recherchaient ses entretiens, et professaient pour cette sainte fondatrice la plus haute estime et la plus profonde vénération. M. Séguier, chancelier de France, l'un des plus grands hommes de son siècle, faisait tant de cas de sa vertu et de son mérite qu'il quittait souvent ses grandes occupations pour venir la visiter et pour conférer avec elle do l'affaire de son salut. Quand il eut appris de l'nhbé de Cérisy qu'elle avait écrit sa Vie par l'ordre du cardinal de Richelieu, archevêque de Lyon, il la voulut voir, et après l'avoir lue il avouait qu'elle lui donnait de l'amour pour l'Ecriture sainte, parce Qu'elle s'en sert si à propos dans tout co qu elle a écrit qu'il est aisé de voir qu'elle n'a point eu d'autre maître que le Verbe incarné. Cette lecture lit de si vives impressions sur le cœur de ce grand magistrat, qu'il en répandait des larmes, et elle lui donna des sentiments de dévotion si tendres et si forts, qu'il les conserva jusqu'à la mort.
Une aussi grande réputation ne pouvait manquer de blesser les esprits jaloux, car l'éclatante sainteié, comme le grand génie, a ses détracteurs. Voilà pourquoi la Mère de Maiel a eu des ennemis, mais leurs basses attaques n'ont servi qu'à faire briller avec plus d'éclat cette illustre fondatrice aux yeux de ses contemporains.
Quant à la postérité, on peut regarder qu'elle lui a été et lui est encore presque inconnue, ainsi que l'ordre qu'elle a fondé, lequel par analogie à la personne adorable du Verbe incarné, qu'il représente sensiblement, doit demeurer longtemps caché comme Je*u$ à Nazareth, ainsi qu'il a été prédit à la
Diction x ots Onones anuo. IV.
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fondatrice. Mats après les jours d'obscurité il sera manifesté au monde, toujours selon les promesses faites à la Mère de Matel par le Verbe incarné, qui applique à son ordre les plus beaux passages d lsaie à La gloire de l'Eglise.
Parmi les moyens qui peuvent entrer dans les vues de la divine Providence pour la manifestation et la propagation de cet ordre, les écrits de sa fondatrice nous semblent tiès-propres à atteindre ce but, puisque d'après l'opinion «des plus doctes, jamais femmn n'a traité avec autant d'élévation et d'onction les plus hauts mystères sans s'écarter d'un iota de la plus stricte théologie, employant même les termes de l'école avec une exactitude et une précision qui ne sauraient être dépassées.
On ne peut lire ces pages pétillantes de science et de piété sublime sans se sentir pénétré d'admiration et de dévotion. C'est le témoignage qu'en a rendu le cardinal-ministre de Richelieu, un grand nombre de PP. Jésuites et autres religieux de différents ordres et plusieurs évêques contemporains de cette illustre Mère. M. l'abbé de Ccrisy, membre de l'Académie française, en faisait aussi le plus grand cas.
Et quoiqu'on notre xix* siècle, ses écrits, qui sont manuscrits, soient pour ainsi dire inconnus, un prédicateur distingué, qui a eu occasion de les connaître vient d'avouer aux religieuses de cet ordre que depuis qu'il s'est adonné à la lecture des œuvr. s de leur Mère fondatrice il a trouvé en chaire des accents qui lui étaient auparavant inconnus.
Les ouvrages de la Mère de Malet, énara dans les divers couvents de l'ordre, comme l'héritage de la famille, peuvent former 12 vol. in4\ Ce sont des traités sur divers mystères, sur certains évangiles des dimanches et fêles, sur la sainte Vierge, les anges et quelques saints, sur les huit béatitudes pnur servir de conférences à ses religieuses. La mystique cité de Dieu. Le premier projet des Constitutions sous le nom de Filles de l'Agneau -Jésus, tiré de l'Apocalypse; une R^glc pour des Pères ou religieux du Verbe- Incarné non encore mise en exécution; trois Explications mystiques du Cantique des cantiques, des Lettres à ses communautés, à ses directeurs et à ses ami?, parmi lesquels so trouvaient les personnages les plus distingués du temps, cl enfin sa vie par elle-même, qu'elle écrivit par l'ordre du cardinal de Richelieu, archevêque de Lyon, son supérieur.
C'est dans les trois volumes de celte Vie suradmirablc que se trouvent les grâces extraordinaires qu'elle a reçues de Dieu, le choix que le Seigneur a fait d'elle pour l'institution de cet ordre mystérieux, les magnifiques promesses sur sa prospérité, malgré l'opposition des hommes.
On y voit que c'est par révélation que le costume blanc et rouge a été établi en mémoire de la très-sainlo passion du Sauveur : la robe blanche pour représenter celle àoiA
DES ORDRES lUUGIElX.