‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 298 sur 323 · VI.K DICTIO · texte numérisé non relu

VI.K DICTIO

il fut revêtu chez Hérode par moquerie, le manteau rouge pour le lambeau de pourpre qu'on lui jeta sur les épaules en signe d'une royauté dérisoire, le scapulairc rouge pour représenter la croix teinte de son saut; précieux.

La couronne d'épines, brodée de soie bleue sur la partie du scapulaire qui correspond à la poitrine el où se trouvent également le nom de Jésus avec un cœur surmonté de trois clous, e*t en mémoire de celle dont le chef adorable du divin Epoux fut si cruellement percé.

La ceinture rouge, el pendante du côté gauche jusqu'aux pieils, est tout à la fois pour honorer les liens du Sauveur, qui, n'ayant jamais pu être retrouvés, sont privés des hommages rendus auxautres instruments de la passion, et le sang préi icux qui roula de son coeur par l'ouverture de la lance.

Enfin les souliers rouges que portent les religieuses de cet ordre, sont pour signifier les pieds du Sauveur rougis du sang précieux qui découla de son corps adorable depuis le prétoire jusqu'au Calvaire et sur la croix.

Après l'indication du coslume, Noire-Soigneur mit le comble à ses faveurs en imposant à son ordre son nom de Verbe incarné, disant a la Méro de Maiel : Ma fille, je suis Ot vérité infaillible, je te tiendrai toutes tues promesses. Le nom que je veux que tu demandes est le Verbe-Incarné , ce nom comprend avec éminence et par exce'lence tout ce tjui est de moi en tant que } erbe incréé et I erbe incarné. En ce nom tu auras tout ; qui a le tout a les parties.

Je t'assure, ma fille, que ce nom le sera donné sans contradiction* pour mon ordre ; c'est moi, ma très-chère, qui le nomme et lui d'uine ce nom glorieux. J'ai été et je suis dès I éternité le \ erbe incréé, et je serai éternellement le Verbe incarné, c'est le nom que moimême, qui suis le Seigneur, je t'ai donné.

Ce nom renferme ce que ma bonté tt ma puissance ont opéré de prodiges durant ma rie mortelle et il le donnera tous les avantages qu'il te promet. (Extrait de la Me delà Mère de Matel, chap.

Kn eiret, notre Saint-l'ère le Pape, Urbain VIII, en la bulle de l'érection de cet ordre lui donne par spéciale faveur le nom du Verbe -Incarné et du Saint-Sacrement, el pour les lins de son institution, il en remarque principalement cinq :

La première, l'accroissement du culte divin qui se fait par rétablissement de ce nouvel ordre, lequel fournil à plusieurs âmes le moyen de se retirer des vanités du monde et de se consacrer entièrement au service de leur Créateur.

La deuxième, l'utilité qui en revient au public par l'instruction de la jeunesse à laquelle celle congrégation s'est particulièrement dévouée, principalement de celles qui, par leur propre volonté, l'inspiration du Saint-KsprU ou la piété des parents, sont destinés à être religieuses, alin que cette cou-

NN.VIHR VLR lyj

grégation prépare des épouses au Roi leur Epoux et soit comme le séminaire des autre» religions.

Celle congrégation embrasse aussi a»«nn grand zèle la conversion des pécheurs qu'elles tâcheront d'avancer par leurs prières, oraisons et mortifications.

La troisième, l'honneur spécial que celle congrégation désire de rendre au Verbe incarné, en s'efforcent d'imiter h vie qu'il s menée sur la terre et les vertus qu'il a pratiquées, surtout son humilité, son obéissance, son innocence el sa pureté, sa douceur et sa charité, et de conserver une souvenance continuelle des obligations infinies que le momie lui a, en y joignant une particulière vénération de tous les mystères de sa vie.

La quatrième, le spécial hommage qu'elle a intention de rendre au très-saint Sacrement de l'autel, tant pour reconnaître incessamment les faveurs inestimables qu'il a accordées à une infinité de belles âmes, et spécialement à toute l'Eglise , que pour comprendre en quelque manière le mautaw et indigne traitement qu'il reçoit en divers endroits, soil par les ennemis de la foi, soil par ceux qui, sous le nom de Chrétiens: trahissent l honneur et le respect qu'ils lui doivent.

La cinquième, le culte de la très-sainte Vierge Marie, mère de Dieu, qu'elle a entrepris d'avancer par toutes les voies possibles, tant aux personnes a qui Dieu fera la grâce de les appeler à cet institut qu'a ceux avec qui elles traileront, spécialement aux jeunes filles dont la charge leur sera commise, et surtout défaire leurs efforts pour que le mystère de son Immaculée Conception soil parmi le peuple chrétien en honneur et vénération. ( Tiré des Constitutions, i" partie, chap. 1".)

L'esprit de cet institut doit être, dit la Mère de Maie), l'innocence, la charité, d une parfailo imitation des vertus que le Verbe incarné a pratiquées enterre, surtout son humilité, son amour, son obéissance en mourant pour tous les hommes.

Quand ce divin Sauveur eut rendu son âme divine à sondiviu Père, sonamourét-mt plus fort que la mort, lit sortir le sangeiu était auprès de son cœur.

C'est île ce sang cordial que les Filles du Verbe-Incarné sont nées; comme étant des dernières venues a l'Eglise de Dieu, elles doivent être les plus ferventes, humbles et fidèles a leur vocation, imitatrices de la mortification de leur Epoux divin qui est un époux do sang; si elles ne peuvent répandre le leur pour son nom, qu'elles se consument par la charité ardente du feu qu'il est venu allumer en terre; l'une des principales dispositions que le Verbe incarné detnandeaui filles qui doivent entrer dans cet ordre, c'est d'y venir |»ar amour, 'disposées à se dénuer de tout el d'être de perpétuelles holocaustes pour celui qui l'a ëlé pour elles.

Cet institut est doux, la Règle de Samt- Augustin que l'on y observe, n'étant pas austère , c'est pourquoi il ne faut pas Ja

Vi9 VER DES ORDRES RELIGIEUX. VER \X»

grandes forces corporelles pour y être ad- pour la plus çrandc consolation des sœurs, mise, les fonctions que Ton y exerce étant l'Office romain se récite & certains jours plus relevées par leurs fins que fatigantes plus solennels, et en outre tous les jeudis pour le corps. eelui du Su ut Sacrement, et les samedis cotes infirmes ne pouvant vaquer à Tins- lui do l'Immaculée-Conception. truction de la jeunesse, n'y sont pas facile- Tous les jours après Vêpres on récite les ment reçues; mais quand elles y sont, on litanies du très-saint Sacrement, et tous les exerce la charité envers elles en les servant, jeudis on fait une procession pendant l'Ocet elles acquièrent du mérite en souffrant tave de la Fête-Dieu, avec patience. (Tiré d'une lettre de la Mère Le saint Sacrement doit être exposé tous de Matel.) les jours do cette semaine, les jours des so- Les Constitutions de l'ordre se divisent en lennilés de Notre-Seigneur et de Notretrois parties : la première traite des per- Dame, les premiers dimanches du mois, le sonnes qui y doivent être reçues et de la jour de Saint-Augustin, de Saint-Joseph, de manière de les recevoir et diriger jusqu'à Tous les Saints et les trois jours des quarante la profession; la seconde concerne ce que heures.

toutes doivent savoir et pratiquer, et la Outre les communions générales, mar-

troisième règle les emplois ou offices en par- quées en un calendrier, il y a chaque jour

liculier. une ou deux religieuses oui commuuient

Les personnes les plus propres a être re- en réparation des outrages faits à Notre-Sei-

çues sont les jeunes tilles de quinze & vingt gneur au très-saint Sacrement de l'autel, et

aos à cause qu'il est plus facile de les for- qui font pendant l'action de grâce une amend«?

mer à la vertu et aux exercices de la reli- Itonorable.

gion; cela n'empêche pas pourtant qu'on n'en Quoique les obligations que l'on contracte puisse recevoir de plus âgées et même des en s'atlachant à cet ordre, que l'on peut reveuves lorsqu'elles ont lés qualités et les garder comme un ordre général, n'aient rien dispositions nécessaires. Toutefois on ne que de facile, on y peut néanmoins pratiquer l'eut en admettre qui ait plus haut de cin- les austérités des ordres les plus sévères, les quante ans, ni donner l'habit au-dessous dp pénitences corporelles y étant facultatives; quinze ansseus l'expresse permission del'é- il suffît pour cela de la permission de la Mère veque. supérieure, a laquelle la Constitution recotu-

Artn d'éviter d'un coté la confusion qui mande do s'appliquer àne|vasconduire toutes

provient ordinairement de la multitude ex- ses Filles par le même chemin, mais à suivre

eessive, et de l'autre les surcharges d'offices, les voies que Dieu leur ouvre,

on pourra recevoir cinguanle religieuses do Chaque monastère reconnaît l'évêque du

chœur et même aller jusqu'à soixante. lieu pour son supérieur; il a le pouvoir de

Il est surtout très-recommandé de veiller visiter le monastère selon les saints canons,

soigneusement aux choix des sujets qui se- d'approuver les confesseurs ordinaires, d'en

raient reçues pour être religieuses, et de ne députer d'extraordinaires , d'assister aux

se laisser diriger ni par la parenté, ni par élections, d'examiner les novices avant cju'e!-

l'intérêt , ni par quelque autre considération les fassent profession, de donner |)ermissioii

humaine. pour les entrées et pour les sorties.

Afin que les sœurs de chœur, étant sou- Pour ce qui est du dedans de la maison ,

lagées des plus grands travaux manuels, la Mère ou supérieure en a l'intendance gé-

puissent vaquer plus commodément aux nérale et le principal gouvernement tant au

exercices spirituels, et que les ouvrages or- spirituel qu au temporel, et toutes les Sieurs

ditiaires dont on a besoin en une cotnoiu- doivent reconnaître en sa personne celle de

nautô religieuse, soient faits avec moins de Jésus-Christ, Notre-Seigneur, au nom du-

bruit et avec plus de fidélité dans la maison, quel elle commande,

on reçoit des sœurs converses qui s'occu- Elle a une assistante qui la remplace et

pent aux œuvres extérieures et manuelles, qui l'aide pour le gouvernement de la maison.

Mais leur nombre ne peut excéder la sixième et pour tout ce qui appartient à l'observante

l>artie de la communauté, surtout lorsqu'elle religieuse.

est complète. Pour l'instruction des novices et des Jeunes

On fait à la profession les trois vœux de professes, il y a une maîtresse en chef à qui

pauvreté, chasteté et obéissance, et on y on peut donner une assistante selon lenom-

ajoute celui de stabilité dans l'ordre. brn des novices.

La rénovation des vœux a lieu deux fois Les affaires temporelles sont administrées

l'année, savoir le jour de l'Epiphanie et le par la sœur économe, suivant l'ordre qu'ello

jour de l'octave du Saint-Sacrement. reçoit de la supérieure et le règlement de

La clôture est observée conformément au son office,

décret du saint concile de Trente. Pour l'instruction des jeunes filles, il y a

Le Pape Urbain VIII, ayant dispensé par deux principales maltresses à qui on donne

la bulle de réciter l'Office romain, afin que les aides nécessaires.

Ton pût vaquer avec plus do loisir à Tins- Il y a, de plus, un conseil composé de qna-

truclion de la jeunesse, et s'étant contenté ire personnes qui sont autant que possible

de celui de la sainte Vierge, ledit Office se des plus anciennes de la maison, et de celle*

dit tous les jours, sur un ton médiocre, «à qui ont plus ac connaissance et d'expérience

irait, avec esprit de dévotion. Cependant dans les affaires

vr.it

ft|CT4(tiiN.U.l£

Page 1