‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 36 sur 323 · ON · texte numérisé non relu

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communauté, et Anne Leroy, craignant de ne pouvoir conserver la foi dans le lieu do retraite où le désir de son salut l'avait placée, quitta les Crsulines et alla se présenter h Sainl-Lo, chez les lilles du Bon-Sauveur. Elle y fut admise; niais, malgré le goût qu'elle ressentait pour les exercices de la vie religieuse, et en particulier pour les œuvres qui se pratiquaient au Bon-Sauveur, elle éprouva bientôt un ennui dont elle no pouvait connaître la cause. Pleine de confiance en Dieu, elle lui oll'rail humblement sa peine; et, malgré sa résignation, elle ne trouvait point de soulagement: sa sanlé s'altéra et elle tomba dangereusement malade. Ce fut alors qu'une demoiselle Lecouvrourdc la Fontaine, qui avait été comme elle tourière aux l'rsulines, se rendit à Sainl-LÔ our lui donner des soins, et la ramener Caen , si Dieu daignait lui rendre la santé. Anne Leroy entra bientôt en convalescence, et les deux pieuses lilles revinrent à Caen.

Kllesdélibérèrent alorssur le parti qu'elles avaient à prendre. Désirant se consacrer à Dieu dans la vie religieuse, et en même temps ne plus se séparer, elles conçurent le dessein de former une petite communauté. Anne Leroy n'avait, pour toute fortune, qu'une somme de 1200 fr. , et sa compagne n'avait au^si que fort peu de chose. Confiantes, cependant dans Je secours do la Providence, elles louent une maison sur la paroisse de Vaueelles, rue du Four, et s'y établissent au mois de juin 1720. lilles coinmencent par instruire de petites filles, vont par les maisons visiter les pauvres et soigner les malades, et peu à peu elles gagnent la confiance. Quatre autres jeunes personnes vinrent bientôt s'associer à elles, et en 1728, elles pensèrent sérieusement à se constituer en communauté. Jusqu'alors elles n'avaient eu encore ni règle, ni supérieure, ni ehapelle. Anne Leroy s'adressa à M. l'abbé de Creailly, supérieur du séminaire de Caen, et le pria de se charger du gouvernement ce leur maison naissante en qualité de supérieur. Celte demande fut accueillie avec bienveillance; mais ce ne fut qu'en 1730 que cette élection fut confirmée. Le 20 décembre de l'année précédente, Mgr d'Albert de Luynes, alors évèque de Baveux , avait accordé une chapelle à uns pieuses lilles, et il daigna lui-même la bénir. Au mois de juin 1731, les sœurs écrivirent à la communauté de Sainl-Lô, pour demander si elle voudrait permettre qu il s'établit entre les deux maisons communion spéciale de biens spirituels. Le 30 du môme mois, les religieuses de Saim-LÔ leur adressèrent une réponse rédigée en forme d'acte, dans laquelle elles accueillaient avec satisfaction la demande qui leur était faite. Celle communion de prières et de biens spirituels s'est toujours lidèlement conservée depuis entre les deux maisons. Le premier juillet de l'année suivante [1732], M. l'abbé de Creuilly procéda à l'élection «l'une supérieure, et Aune Leroy fut élue. La communauté était connue sous

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le nom d'Association de Marie, et avait h», bilé jusque-là dans le local loué en 1720 par Anne Leroy. Il fallut alors songer à se procurer un emplacement plus étendu. La Slère Leroy en acheta un dans la rue d'Auge, qui renfermait cinq corps de maisons et présentait une superficie d'environ 12,000 mètres carrés. A peine furent-elles établies dans celle nouvelle demeure qu'elles supplièrent Mgr de Luynes de leur donner une règle et des constitutions. La Mère Leroy avait eu occasion de connaître, à Saint-Lô, les règles et constitutions du Bon-Sauveur, elle pensa qu'elle n'en trouverait point de plus convenables à son institut, et les demanda pour sa communauté. Le prélat, après les avoir examinées, y tit quelques changements et les approuva le 28 juillet 1735. Depuis longtemps déjà Mgr faisait des instances auprès du roi pour obtenir en faveur do la communauté naissante îles lettres patentes, et sur ses sollicitations réitérées ces lettres avaient été signées le 18 septembre 173'*; mais par suite de vives oppositions venues de déférentes sources, ces lettres patentes ne purent être enregistrées au parlement de Houen que le 17 mars 175t. C'est dans ces lettres patentes que nous voyons pour la première fois le nom de Filles du Jton-Sauveur donné aux religieuses de Caen. Jusque-là leur maison n'avait été connue que sous le titre d'Association de Marie.

Ainsi se forma graduellement à travers les difficultés la communauté du Bon-Sauveur de Caen. Elle s'établit sur le modèle de la maison de Sninl-Lô, d'où elle tira ses règles et constitutions, et cependant elle ne lui doit pas son origine. Seulement elle lui est unie par le nom, par la conformité de ses œuvres et par la société de prières et de biens spirituels établis entre les deux mai^ sons.

Les dispositions primitives de la règle établissent une indépendance entière et une égalité parfaite entre les diverses communautés de l'institut. Les religieuses font des vœux simples, mais perpétuels; et l'évôquo diocésain, à l'exclusion de tout autre, a le droit de relever de ces vœux, à l'exception du vœu de chasteté qui est réservé au Souverain Pontife. On peut recevoir dans la communauté non-seulement des lilles; niais aussi des femmes veuves sans enfants et dont la vie soit irréprochable. Les sujets ne sont admis au noviciat qu'après avoir passé trois mois dans la maison. Elles restent la première année dans leur habit séculier sous le litre de postulai) tes, ensuite ellts prennent le saint habit et font leur année de noviciat proprement dit, après quoi elles sont admises à la profession religieuse. Les sœurs de chœur conservent leur nom de famille en entrant en religion , les sœurs converses sont désignées par un nom de bapiémo. La supérieure est nommée pour trois ans par touies les sœurs vocales, c'està-dire par les sœurs qui ont au moins cinq ans de profession. Aucune sœur n'est éligible, si elle n'a cinq ans de profession et

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