‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 35 sur 323 · BERNARDINS · texte numérisé non relu

BERNARDINS

Bernardins agriculteurs de C abbaye de Notre- Dame de Senanque, diocèse d'Avignon.

Au milieu de nos progrès industriels, l*airnculture n'est plus estimée comme elle devrait l'être. Pour un grand nombre, les travaox des cbatnps sont devenus méprisable*, et l'homme du peuple se croit plus hor.oré de potier ses bras à l'atelier ou à l'usine que de se courber sur un sillon. Loin de siuus la pon>ée de déprécier ces mille industries, qui sont une des gloires les plus utiles. Tout ce qui peut contribuer au bienétr* d'un peuple a droit a notre reconnaissance, mais il serait nécessaire qu'entre tous les arts, le plus nécessaire fût estimé le plus noble, et que l'agriculture, remise en honoeor, pût conserver à la campagne tant

<t) Foj. ù la lut du vol., n° ÎO.

d'ouvriers qni s'en éloignent pour leur malheur et pour celui de la société.

L'Eglise, toujours attentive a nos besoins, n'est point restée indifférente devant ee malheureux préjugé; elle l'a combattu à toutes les époques, en niellant sous les yeux du peuple l'exemple de l'abnégation monastique qui, librement et par amour, embrasse les travaux des champs. Par les multitudes de laboureurs volontaires, d'hommes de loisir, devenus hommes de travail, elle apprit è nos aïeux a fertiliser de leurs sueurs les terres qu'ils avaient conquises par leur sang.

Nos campagnes sont en partie redevables de leurs moissons et de leurs troupeaux au travail des moines. Le spectacle de plusieurs milliers de religieux cultivant la terre, mina peu h peu ces préjugés barbares qui attachaient le mépris a l'art qui nourrit les hommes. Le paysan apprit dans le monastère k retourner la glèbe et a fertiliser un sillon. Les moines furent donc les pères de l'agriculture, et comme laboureurs eux-mêmes et comme les premiers maîtres des laboureurs. Les plus belles cultures, les paysans les plus riches, les mieux nourris, les mieux vêtus, les équipages champêtres les plus parfaits, les troupeaux les plus gras, les fermes les mieux entretenues, se trouvaient dans les abbayes.

Ainsi l'Eglise s'entend merveilleusement à créer des cultures et à organiser le travail ; seule, elle réussit à le consoler et à l'ennoblir par de grands exemples. Cette vérité ne saurait être contestée ; les faits parlent et tes religieux répandus sur différents points de notre territoire le montrent en action. Qu'on demande aux paysans qui habitent le voisinage des couvents de La Trappe, de la Melraye, de Bricquebec, d'Aiguebelles, si l'agriculture n'a point fait de progrès parmi eux, si ce n'est pas une bonne fortune pour un pays qu'un établissement de moines cultivateurs. Qui a donné l'idée de créer des colonies agricoles au milieu des tribus guerrières de l'Algérie, sinon les résultats obtenus par l'orphelinat de Ben-Acknoun, sous la direction des Jésuites et la ferme vraiment modèle des Trappistes de Staouelli?

Mais si tous ceux que la grâce d'une vocation religieuse sollicite à embrasser la vie des champs ne peuvent pas immoler leur être tout entier è l'exemple du Trappiste, ou allier comme lui les travaux du pavsan au jeûne perpétuel de l'anachorète, l'Eglise, q^i a des secours pour tous les besoins de I âme et des asiles pour toutes les vocations, présente à tees tempéraments plus faibles des instituts moins rigoureux : elle a des monastères et une règle plus indulgenle.elle adoucit le poids de la chaleur et du jour. Nous parlions tout à l'heure de l'établissement agricole des Jésuites à Ben-Acknoun. Mais voici les frères agriculteurs dans le monastère de la Cavalerie.

Ce petit rejeton du grand arbre bénédictin a poussé dans le diocèse d'Avignon eo.l84i>

UO.M Du; mo

Ftablis d'abord dans une ancienne eoiiiuiaudene de Malle, appelée Moire-Dame do la < ;.i vcitcric, à l'extrémité sud-est du dépailetiK'iil <li* Vauciiise, les frères mlli vateiii s nul déjà rendu do j^raiiiis services à l'agriculture on i-.li I ii v;iui <|uc*l<|ii<*s ravins déserts du inouï Luboron, cl en apprenant aux paysans iiu voisinage à fertiliser leurs valloiis sablonneux. Olii' raunlle do cénobites, dirigée par M. l'abbé Karnoum et bénie par Mgr l'archevêque n'A vignon, s'est multipliée; le monastère «Je la Cavalerie n*a plus snlli a leur nombre toujours croissant; il a fallu songerai! départ, et le pieux essaim, conduit manifestement par la Providence, s'est reposé sur l'antique abbaye o"e Senainpie.

IlON.NFS-OFF\ UFS (Fhkiucs uks].

(les frères ont été établis a. llehaix. au diocèse <lc (iainl, en Kclghpie, peu irannées après la révolution qui eut lieu en 18:10. au royaume des Pays-Bas. J'ai cru longtemps qu'ils étaient nue création du vertueux chanoine ïïiest; de nouvelles informations me font penser qu'ils forment une petite association spéciale, sur laquelle je vais donner le peu que j'ai pu recueillir. Les Frères des bonnes Œuvres .-e dévouent a la chanté envers les pauvies. I.e promoteur de celte institution, -pu vil encore, a ce (pie je crois, mais dont le nom m'est inconnu, est un homme vertueux et zélé. Il y a une vingtaine d'années, il réunit autour de lui des célibataires animés du même esprit, qui se soumirent à une règle sous l'autorité de. Mgr l'évoque de Oand, et établirent deux écoles primaires, l'une pour la classe aisée, l'autre gratuite, pour les pauvres. Trois ecclésiastiques, qui s'associèrent à eux dans les premiers temps, présidèrent à la tenue des écoles et dirigèrent l'instruction. î.es frères étendirent successivement le projet «Je leur institut. Dès l'année I8.JJ, ils possédaient une maison d'incurables, où ils donnaient leurs soins h dix-neuf vieillards ou aveugles; une maison d'orphelins, dans laquelle ils en avaient réuni treize; une école de lilerie, où les enfants pauvres peuvent venir apprendre leur catéchisme en lilani ; une école primaire gratuite, où les frères de l'école primaire instruisent pendant la récréation «Je midi tous les pauvres qui se présentent; une école dominicale où, les dimanches et lûtes, on reçoit jusqu'à quatre ou cinq cents entants, qui, en hiver, y prennent un repas à midi ; un atelier de charité, où les mendiants et les ouvriers sans travail reçoivent, avec l'instruction, lu travail, de la nourriiure a midi, et même un salaire proportionne a leur travail. Fidin il» surveillaient, dès 18M, environ trois cents ménages de pauvres qui ont subi un examen pour obtenir les aumônes que font les curés pendant l'hiver. Ou procurait à ces pauvres (ie l'instruction ou on les admettait à l'atelier. Celui (pii a formé tant de bonnes (ouvres n'avait pas une grande fortune, mais il fut secondé par des souscriptions volontailes, et beaucoup de personnes aisées .:,e sont '

NAI1Œ UON l9i

fait un devoir cl un honneur do coriti ilnjcr à tant d'actes de chante. Les hères avaient encore le projet de s'établir comme maîtres d école daiis les paroisses où ils seraient demandés, et d'y iutrodui'-e, s'il était possible, quelques-unes des (ouvres qu'ils ont réalisées à Hebaix : j'ignore si ce projeta eu dos suites. J'ignore aussi quel costume portent les membres de la société; et je le suppose, de couleur noire.

BON PASTFl'U (Damks ni ), nu Canada.

On comprend qu'un pays aussi catholique que le Canada n'ait pas attendu l'année 18VV pour s'eiron er de créer un asile aux femmes pécheresses (pu désirent sortir du vice. Les religieuses de l'hôpital général de Ouéh"c, ainsi (pie les Sieurs grises, ajoutèrent cette (ouvre, pendant un certain temps, à toutes celles dont elles s'occupaient. Mais M-v Ignace Bourgcl , évèque de .Montréal, a voulu doter son diocèse d'une communauté, dont la vocation spéciale fût de convenir le» femmes entrées dans uni: vie de désordre, et de préserver les jeunes personnes exposées à se perdre; et le 11 juin 18V i, quatre religieuses de Notre-Dame de Charité du Bon Pasteur arrivèrent à Montréal pour y fonder une maison de leur société. Files 'venaient d'Angers, et leur supérieure était Mme .Marie Fisse, n, soMir Sainte-Céleste. Ce furent Susanne-Flisa Chaud'aux, dite Mère de Samt- Cabriel, assj>t mie; Alice W'ard, dite Marie de Saint-Ignace; Andrews, dite Mario de Saint-Kart hélemy.

Fn arrivant à .Montréal, les darnes du Bon Pasteur allèrent habiter au faubourg; Sainte- Marie ou de Ouébec une assez grande maison en bois, dont M. Arraud, prêtre dcSainl- Siilpiço, leur lit présent, filles l'occupèrent jusqu'en I8V7, et alors elles s,; transportèrent au faubourg Saint-Linrent, Coteau Barron, où elles prirent possession d'un beau monastère en pierre, hali sur un tenait) a elles donné par Mme D.-K. Viger, née Forctier, épouse de l'honorable D.-K. Viger. Celle généreuse dame n'est pas la seule bienfaitrice qu'elles ont trouvée à .Montréal.

Mme Oucsuel, née Côté, veuve de l'Honble Jules Ouesnel el digne héritière des vertus de sa pieuse mère, est connue au Canada comme la mère- des pauvres et des orphelins. L'o-uvre de recueillir les repenties se recommandait d'elle - même à sa charité; et Mme Ouesnel ne dédaigne \*a> de plus de lui faire l'aumône de ses journées, dont elle passe la meilleure partie en la compagnie des bonnes Sieurs.

Les dames du Kon Pasteur voulurent [•rendre leur part du pénible fardeau que les ravages du Ivphusde J8V7 imposaient à la (hanté publique; et elles recueillirent pendant trois mois les pauvres orphelines, pour les conlier ensuite, au nombre de ~ï, aux sieurs de la Providence.

A la lin de l'année 185:1. la maison du Bon Pasteur contenait 2 2 professes et 7 novi'es ou postulantes. File i ccueillatt (il pénitente?,

t« BON

et Técole ouverte comme moyen de ressource pour la communauté donnait une instruction chrétienne à 51 élèves.

Plusieurs évêques des Etats-Unis oqt également introduit dans leurs diocèses Tes admirables sœurs du Bon Pasteur. Elles ont maintenant des refuges h Louisville, a Saint- Louis et a Philadelphie; 45 religieuses s'y Remuent à la tâche ingrate d'initier aux «o«îérités de la vertu des cœurs tlélris; et elles ont entre ces trois villes 110 pénitentes, qui leur donnent beaucoup de consolations. A Louisville, où les sœurs d'Angers arrivèrent en 18%4, elles ont même formé avec les plus saintes de leurs pénitentes une communauté à part, sous In règle de Sainte-Thérèse; et ces Madeleines sont aujourd'hui au sombre de dix.

Nous sommes déjà touchés du dévouement de ces chastes épouses de Jésus-Christ, <mii se consacrent à apprendre aui enfants à connaître leur père qui est dans les cieux; on qui s'étanl privées pour elb-s-mômes des douceurs de la maternité, se font avec joie les mères et les servantes des orphelins, dont l'innocence plaît à leur innocence. Nous ♦iwirons celles qui se font les compagnes inséparables de la contagion et do la maladie; respirant, par prédilection, les miasmes putrides des hôpitaux, pansant les blessures saignantes, soutenant la décrépitude, surveillant la folie ou la caducité. Mais que penser des religieuses qui choisissent la uKnpaçoie des personnes les plus dégradées 4e leur sexe, atin de rapporter au bercail rrs brebis égarées; la vertu recherchant le Ticr. la pudeur sollicitant le dévergondage far charité, au lieu de le fuir par cet instinct sature! à l'âme honnête; el les plaies les pies repoussantes du corps ne demandenlelle> pas moins de courage à soigner que la pngréne morale des cœurs? Certes, nous serions tentés de croire les dames du Bon Pa>teur appelées dans l'autre vie h recevoir la plus grande récompense réservée au plus grand sacrifice, si nous ne savions que chaque institut religieux a un but spécial, également saint, égnlement louable, et que la grâce divine envoie les vocations selon les besoins de l'Eglise et de l'humanité (1).

Il y a dans cette maison 22 religieuses professes, 4 novices, 3 postulantes, 2 tourhères, Gi pénitentes, 31 élèves pensionnaires et demi-pensionnaires, et 20 élèves ex-

BON - SAUVEUR ( Congrégation du ) à

Caen.

La pensée première, quia présidé à l'établissement du Bon-Sauveur, a été de mettre autant que j possible à exécution le dessein qu'avait eu saint François de Sales , lorsqu'il commença à établir les religieuses de la Visitation, c'est-à-dire de composer une communauté de personnes qui, n'étant point

<t) Les quatre religieuses du Uon-Pasicnr, vc- ••e* d'Angers à Montréal, en 1845, sont les sœurs : •crie FtssoD, dite Marie de Sainte-Céleste , supe-

cloîtrées, fussent tontes dévouées h assister le prochain; et c'est ce qui leur fît donner le nom de Filles-du-Bon-Sauveur, pareequ'elles sont destinées h imiter, mitant qu'elles le pourront, la conduite que le Fils de Dieu a gardée pendant qu'il était voyageur sur la terre. ( Règles el const. du B. S., î" part., chop. 2.) Aussi, lors de leur entrée en religion, les religieuses du Bon-Sauveur ajoutent aux trois vœux ordinaires la profession spéciale d'assister le prochain. Et si, jtoor obvier aux scrupule», on n'a pas donné à cette profession spéciale le nom et la qualité d'un quatrième vœu, les sœurs cependant, comme le dit leur règle libid. , chop. 34 ) , doivent se souvenir quo la fin principnle de leur état et de leur institut est d'assister le prochain en tout ce qu'elles pourront, et qu'elles ont fait une profession spéciale de s'y appliquer, profession qui doit être chez elles une résolution forte , généreuse , sincère et efficace, de prendre tous les moyens de parvenir au but proposé.

C'est dans la ville de Saint-LÔ , diocèse de Coutances, que le dessein d'une telle communauté fut d'abord mis h exécution. Elle n'exista d'abord que sous la forme d'une association de filles pieuses dévouées au service du prochain. Elles étaient au nombre de quatre : Elisabeth de Surville , Marie- Louise Auvray do Saint-André, Marguerite Brétot et Marie Foucher. Le 5 septembre 1712, elles firent, devant un notaire do Saint- LÔ, un acte d'association entre elles, par lequel elles mettaient tous leurs biens en commun pour se consacrer à l'instruction de la jeunesse et au soulagement des pauvres malades de Saint -Là. Cette association fut approuvée par Mgr de Hrienno, évôque de Coutances. qui choisit parmi les sœurs Eli- . sabclh de Surville pour la diriger. Le prélat leur permit d'avoir une chapelle, et quatre ans plus tard il les autorisa à y conserver U-. Saint-Sacrement. Ce fut alors qu'il leur donna pour supérieur M. Hérambourg, archidiacre de Coutances, et membre de la congrégation des Eudistes. M. Hérambourg conlribun beaucoup a la formation de la communauté et rédigea le premier projet de la règle qui lui fut donnée. Elisabeth de Surville étant décédée le 18 mars 1718, Mgr de Brienne nomma pour lui succéder Marguerite Diguet-Dumanoir. La communauté fut établie légalement par les lettres patentes qui lui furent accordées le 12 septembre 1720.

Peu de tomps après la fondation du Bon- Sauveur de Saint-LÔ, vint s'y présenter comme novice une pieuse fille nommée Anne Leroy, née a Caen, en 1691, d'un marchand tourneur, de la rue Saint-Jean. Elle était depuis plusieurs années attachée à la communauté des Ursulines île cette ville en (qualité de sœur tourière. L'hérésie du jansénisme s'était introduite dans celle

riearc; Elise CliarTaux, dite Marie de Saint-Gabriel, assistante; Alice Ward, dite Marie de Sainulgnacc, et Andrews, dite Marie de Sainl-Bfcrthéleiny.

DES ORDRES RELIGIEUX

Page 1