‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 38 sur 323 · BON DES ORDRES · texte numérisé non relu

BON DES ORDRES

Elle a vu plus d'une fois la barque, dont k gouverna il lui avait été confié, agitée par d* violentes tempêtes au milieu desquelles elle n'a manqué ni de force ni de prudence.

D'ailleurs des appuis intelligents et dévooés n'ont jamais fait défaut à elle et h son <pu»re. On aime & citer à leur téte le nom «le M. Desglageui, l'un des membres les plus distingués du barreau de Pari?, qui a été le conseil de la congrégation dans toutes les circonstances difficiles, et le docteur Récanier, oui ne s'est pas seulement montré d'un dévouement et d'un désintéressement que rien ne saurait déliasser j»our la communauté dont il était le médecin, niais aussi qui l'a soutenue et encouragée dans toutes irt tribulations auxquelles elle s'est trouvée ec butte.

Cesl en 1833 que la congrégation a acheté l'hôtel de Mme la marquise de Tourzel ' qu'elle occupe aujourd'hui. Elle doit la citer omeoe sa bienfaitrice, en ce qu'elle adonné tout le temps nécessaire pour payer cette importante acquisition, et en a même diminué le prix en faveur d'une œuvre qui n'avait d'autres ressources que l'économie et le travail... Quand la maison a été soldée, l'on y a fait successivement tous tes arrange- Dents que nécessite une communauté. Il restait a bâtir une chapelle, qui fut comme l'etpression d'une reconnaissance, dont l'unique ambition est de vouloir tout rendre à Celui 4e qui seul tout lui est venu. Ici encore la main de Dieu a disposé les choses s de auoière à dépasser toutes les espérances ea conférant la direction de ce travail si iZf*:*taol aux soins et à l'habileté de M. aVetoo, architecte, et de M. l'abbé Macarty, aumônier de la maison.

Le 15 mai 1853, Mgr Affre était appelé à bénir et a poser la première pierre d'un charmant édifice que dix-huit mois plus tard ■I voulut solennellement consacrer. C'était le 9 octobre 18b4; jamais, dit-il avec bonté, fins beau bouquet ne tui avait été offert le \9ur de ta file.

Mais ce fut aussi un grand jour de fôte et aoe source de joies intarissables pour toute la communauté de Bon-Secours d'avoir élevé la Seigneur un sanctuaire digne de Sa Majesté infinie, fruit de tant de travaux et de veilles. Quel moyen plus puissant pour fortifier la foi et entretenir dans les cœurs le feu divin •Je la charité, qu'il serait si facile de laisser » affaiblir au milieu des occupations extérieures si pleines de difficultés et de dangers 1 C'est là, pour le présent comme pour raveoir, un foyer toujours ardent pour retremper le zèle et vivifier les œuvres.

Outre les accroissements si merveilleux de la maison mère de Paris, cinq maisons tarent successivement fondées en province, i Lille, à Boulogne-sur-Mer, à Abbeville, a Orléans et h Roubaix.

Beaucoup d'autres demandes de fondation durent être refusées pour ne point affaiblir l'esprit religieux de la congrégation en l'étendant outre mesure.

Quoique spécialement dévoué aux soins ,b l«f. à la fin du vol., n«» il, 25.

des malades, l'institut ne s'y est pas uniquement borné. La création de la maison de Lille en 1824 a nécessité l'acceptation de classes qui réunissent sur la paroisse Saint- Etienne, 5 à 600 enfants de familles pauvres. La communauté de Paris soutient et dirige depuis l'année 1833 la maison des enfants de la Providence qui donne asile à près de 80 orphelins.

C'est ainsi que^ comme le grain de sénevé, les œuvres vraiment chrétiennes se développent, et contribuent, chacune pour sa part, à étendre le règne de Dieu sur la terre

Eour procurer sa gloire et accroître le nomre des élus dans le ciel.

BUD ES (Communauté des dames).

Cette communauté établie au xvit* siècle, est due au zèle d'Anne -Marie de Budes, d'une des plus illustres familles de Bretagne, petite-nièce du célèbre maréchal de Guôbriarit. Cette généreuse demoiselle mourut jeune, et laissa par testament les fonds nécessaires pour établir une communauté destinée surtout à recevoir les filles calvinistes qui, rentrant dans le sein de l'Eglise catholique, avaient besoin d'être instruites des vérités de la religion, et de trouver un asile pour se mettre à couvert des persécutions de leurs parents. Sa mère, nommée Jeanne Brandin,qui lui survécut, et qui était veuve, remplit ses pieuses intentions, et fonda, en 1676, dans la rue de Toussaint, à Rennes, cette maison, qui fut nommée le séminaire des filles de la sainte Vierge, et autorisée par lettres patentes de Louis XIV, du mois de septembre 1678. Le calvinisme ayant heureusement disparu de la Bretagne, les directrices de celte maison, appelées dames Budes, du nom de la bienfaitrice, se livrèrent à l'éducation de la jeunesse, et entreprirent la bonne œuvre des retraites, qu'elles continuent encore. La ville de Rennes acquit leur maison en 1758, pour motif d'utilité publique et la fit démolir. Elles s'établirent dans la rue Saint-Hélier, où elles sont restées jusqu'à la révolution. Leur nouvelle maison fut alors aliénée; mais fidèles à leur vocation, les dames Budes se sont rétablies et continuent l'œuvre des retraites pour les hommes et pour les femmes. Elles font, après le noviciat, le vœu d'être à la sainte vierge; le vœu de chasteté et celui d'obéissance. Elles ne font point vœu de pauvreté. C'est à cause de leur premier vœu sans doute que leur maison a été appelée le séminaire des filles de la sainte Vierge. Elles portent une robe noire à queue, des manches larges. Leur coiffure est ce qu'on appelle à Reunes une cattiole, toute petite» avec un grand voile noir, un petit fichu de percale, un tablier noir. Elles portent au cou un chapelet.(l)EUes n'ont point formé et ne veulent point former d'autre établissement de leur institut. Il faut ajouter à ce que dit M. l'abbé Tresvaux, dans l'Eglise de Bretagne, etc., qui forme le dernier volume des Vies des saints de Bretagne, qu'il a publiées, d'où nous avons tiré ce qui précède,

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il faut ajouter que, par son testament, daté île novembre lG7i, Anne-Marie Rudes léguait la somme de dix mille livres; que de plus elle avait encore légué une somme de six mille livres (tour l'établissement de diverses écoles, [tour les pauvres garçons, en diirérenls quartiers de la ville de Hennés, l.e lestamenl de dame Jeanne Rran lin est déposé aux archives départementales à Rennes. A la suite de ce lestamenl, se trouvent les statuts ou règlements de la communauté; ils comprennent six titres : 1" La tirs de la société; -2" la conduite des sœurs; 3" exercices spirituels; V des vertus; 5" le gouvernement; C° règlement des exercices de la journée. Ils fuient approuvés par l'eveque de Rennes, le 20 juillet 1G78. Louis XV donna depuis des lettres patentes conlirmalives de la société.

IIUFA LISTES ou MISSIONNAIRES DE LA 00 Nli REGATION DU PRÉCIEUX SANG.

Celte nouvelle et encore peu nombreuse congrégation possède, à Rome, sa maison mère, sur la place San-Sulvator in Campo; et ses membres desservent la petite église de ce nom, voisine de leur pauvre et modeste maison. C'est le vénéraUe serviteur de Dieu, Gaspard de Rufalo, chanoine de la basilique de Saint-Marc à Rome, qui institua ces nouveaux missionnaires. Né à Rome, le G janvier 178G, de parents pieux et honnêtes; il apporta en venant au monde un tempérament d'une telle faiblesse, (pie plusieurs fois il faillit mourir, et qu'à ii) mois, à peine, on le crut à sa dernière heure. Peu après, il fut atteint d'une si cruelle ophtlialmio que les médecins désespérèrent de saguénson. Aunonciade, sa pieuse mère, vovant son enfant délaissé des médecins de la terre, se tourna vers le ciel et implora avec foi cl ardeur le secours du grand apôtre vies Indes, saint François-Xavier. Ce ne fut pas eu vain : un tour qu'elle revenait de l'église du Jésus, ou elle allait souvent prier, elle trouva son petit enfant dans un tel état d'amélioration, qu'il .Hait presque guéri; il n'eut, le resie de sa vie, presque plus à souffrir de-, yeux. Celte miraculeuse guérison fut le prélude de la protection dont le ciel l'entourait, et de celle que. lui accorda Xavier, qui voyait déjà en lui son imitateur dans l'œuvre de la conquête des Ames.

Plus tard, quand Gaspard tut en élal de comprendre ce que lut disait sa mère de la grâce que lui avait obtenue sainl François- Xavier, il éprouva tant de vénération et de reconnaisanee pour ce saint, que souvent on le voyait au pied de son autel à genoux et immobile, et y rester si pénétré et si longtemps, (jue quelquefois sa mère, émue de pitié, venait le soulever doucement, sans qu'il s'en aperçût, l'assayait dans une ebaisc, et !c laissait ensuite dans son saint recueillement. Ce fut certainement dans ces heures de douce prière qu'il posa dans sou cœur la hase de sa tendre dévotion envers sou céleste bienfaiteur, qui avec son âge ne

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lit que s'accroître, et qu'il fût tant i\ caur de répandre partout.

Des signes non équivoques des bénédictions que Dieu répandait sur cet enfant étaient de le voir s'éloigner des jeux des enfants de son âge, dresser de petits oratoires où il priait à genoux pendant de longues heures, voler avec, joie à l'église pour assister aux saints Ollices; et avec cela une modestie, une attention, un maintien, une ferveur que l'on aurait a peine trouvés dans un homme d'âge et de religion. La suavité de ses mœurs était sans pareille : une âme candide rellélée sur son visage, un esprit vif ei pétillant joint à une extrême modestie, un profond respect pour ses parents, une ingénuité qui marquait loule» ses actions, une douceur dans toute sa personne, un maintien plein de retenue, une charité universelle, pour les pauvres surtout, un cœur selon le cœur de Dieu , telles étaient Jes qualités qui faisaient prévoir ce qu'il serait un jour. Tant de vertus pénétraient de joie des parents qui le voyaient quelquefois» eucore venir se jeter à leurs pieds, implorant un pardon pour des manquement; légers et toujours involontaires.

Attentive à son éducation, sa mère s'empressa de l'instruire des vérités do notre sainte foi qu'il apprit avec facilité, et d'implanter dans son jeune cœur avec les maximes chrétiennes, une piété solide, l'amour du bien et la haine du vite. Par ses paroles, et plus encore par ses exemples, elle alluma dans son Aiue la plus tendre dévotion envers la très-sainte Vierge, et envers le modèle des jeunes gens, saint Louis de Goruague. Les paroles d'Aiiuonciade tombaient dans le cœur de Gaspard comme une étincelle an sein d'un laisceau de roseaux secs qui s'enllauunent aussitôt; aussi connue il était brûlant d'amour pour sa divine Mère ! Chaque jour il récitait sou rosaire, il l'invoquait à chaque instant, il se préparait par des neuvaines à toutes ses létes; il ornait de fleurs ses images, l'honorait, en un mot, de toutes manières. Son amour pour Marie redoubla encore, quand il vil le prodige qui vient de se passer a Ri mini s'opérer a Rome sous ses yeux à la lin du dernier siècle. Frappé d'un tel miracle, il se met à réunir ses amis et ses connaissances, les conduit devant une de ces madones si nombreuses dans les rues de Roiue, et là entonne avec eux des litanies et des cantiques : louchant spectacle que celui d'une jeunesse ardente qui venait, le cœur enflammé, payer à sa Mère, la divine Marie, un tribut de louanges, d'obéissance, de vénération et d'amour.

Gaspard fut encore dévot particulièrement à saint Louis de Gonzague; mais persuadé que la dévotion envers les saints, sans l'imitation de leurs vertus, n'était qu'une clio>e incomplète, il essaya de toules ses forces do copier son aimable 'modèle, et décidé comme lui de garder intact le lis de la venu de pureté, résolut d'en faire le vœu solennel; mais sa mère, avertie par une personne J» laquelle il avait fait part de son désir, le

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pria d'attendre quelque temps pour accomplir un acie si important. Cependant, le jeune Gaapard n'omettait rien pour sauvelirder la vertu chérie, au point qu'il ne permettait a personne de le toucher, pas même k ses parents, ni à sa propre mère ; luut en lui, gestes, actions, paroles, expri- Dimit ia plus parfaite modestie. Un jour il eateadit à table un étranger prononcer un sol uq peu léger et peu décent, aussitôt il m mil A pâlir, a éprouver une sorte de voaiiiiemeot. Oui vous gêne ainsi, lui deman- <i*-t-on aussitôt? « Cette parole m'a fait mal, répoodit-il; je ne puis plus manger. »

Il savait aussi que cette belle (leur de la chasteté était le fruit de la mortification et d« la prière; aussi, comme son angélique modèle, Louis de Gonzague, ne craignit-il t« de macérer son faible corps; et on le vit coucber sur la planche, ceindre ses reins d'oo ci lice et d'une chaîne de fer. 11 ne buait jamais de vin, et s'abstenait des mets qui lui semblaient quelque peu délicats. Si ms pareots lui donnaient quelque argent, c'était aux pauvres qu'il le distribuait aussitôt. Poor la prière, il y vaquait par goût; «lie tla jour ne lui suffisant pas, il se levait ordinairement la nuit, et le plus souvent ses nnx s'adressaient à la Reine des anges, à laquelle il demandait continuellement de le priier pur et modeste.

Tous les hommes naissent avec un penchant ia mal et si la grâce ne les soutient, il* tombent infailliblement dans ses pièges; av*ti [lias ils remportent de victoires sur leurs peochants mauvais, plus la vertu brille m eux d'un vif éclat. Il ne faut donc pas »*toooer de voir notre jeune Gaspard a|>fafteren naissant un caractère vif et colère; rf.'i dans ses premières années, on le voit parfct» obéir à ce tempérament et dire, par «uaiple, quand il était un peu indisposé : • Je suis eu colère, parce que je suis en cote*. ■ Mais ce défaut naturel fut loind'aller agrandissant ; il avait à peine six ans que, rturli premièro lois, il se confessait à l'égiise du Jésus , et prenait les plus fermes ^lotions pour se corriger de ce penchant i li colère. Depuis lors son caractère chanta totalement. Ce n'est pas à dire qu'il ne *oUt plus en lui le feu de la colère, mais au naos, il se garda toujours de le fomenter, « souvent, quand il éprouvait des contranatés, on l'entendait dire tout haut : « Seigneur, donnez -moi la saiute vertude patience «tl'ejprit^de charité. »

Gaspard ayant trouvé dans la confession us si salutaire remède contre son inclinaa la colère, il n'est pas besoin de dire arec quel empressement et quelle prépara tua il s'en approchait. Non content de se *rvir de ce divin remède pour lui-même, 'l disait aussi à son jeune frère, nommé Louu: 4 Rappelle-toi bien que demain nous irons à confesse. » Quand Louis fut un peu (las grand, ces avertissements ne lui plaidât pas trop, il lui répondit un jour : « Eh •juoii veux-tu être saint et forcer les autres J Je devenir.... va donc te faire chartreux.

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cela vaudrait bien mieux. » Et sans se fâcher Gaspard repartit en souriant : « Oui, mon frère, je veux être saint, car Dieu veut que nous le soyons tous, mais c'est a uous d'y travailler. *»

Depuis longtemps, Gaspard brûlait du désir de s'unir à son Dieu, dans la sainte communion, et depuis longtemps il se préparait par de fréquentes communions spirituelles a ce premier acte de sa vie. Enfin le jour du ses désirs arriva, et dans la onzième année de son âge, il reçut au collège Romain, à la chapello de Saint-Louis de Gonzague le pain des anges , avec la plus grande ferveur. On peut se figurer l'abondance de grâces que cette première communion déversa sur so.i âme, quand on sait l'ardent désir dont il était enflammé, la vive piété qui l'animait, et les actes de pénitence préparatoires qu'il fit pour recevoir dignement son divin Jésus. — Depuis ce jour sa vertu ne fit que s'ac croître, c'était un petit ange, comme on disait, et toutes les mères le donnaient pour modèle à leurs enfants. C'était de longues heures que duraient ses visites au Saint-Sacrement; toujours il parlait de Dieu, qu'il appelait son bien, son trésor, son nmour. L'idée même d'une offense envers Dieu, le faisait frémir et le rendait malade.

Antonio et Annonciade , ses parents, voyant leur fils rempli d'heureuses disfositioos pour la piété et la science, résolurent de l'appliquer à l'étude. 11 reçut les premières leçons à la maison paternelle, puis suivit les cours d'humanité du célèbre collège Romain. Gaspard , d'un tempérament délicat, souffrit plusieurs fois du régime et de la vie d'étudiant et fut obligé enfin d'aller quelque temps à la campagne se remettre de ses fatigues en respirant un air moins concentré. De retour a Rome il se remit au travail avec d'autant plus d'ardeur qu'il tenait à regagner le temps perdu. Ses moyens plus qu'ordinaires ne le laissèrent pas longtemps en arrière de ses condisciples, et cependant son zèle pour l'étude ne ralentissait en rien sa dévotion et sa piété.

Dès le malin il allait avjic sa mère h l'église du Jésus où le plus souvent il servait la Messe. Puis il revenait avec elle à la maison, prenait son frugal déjeuner, et s'occupait d'études en attendant la cloche du col- Jége.qui l'appelait au cours. En y allant, il passait devant l'église de Saint-Ignace dans laquelle il entrait pour visiter le Saint-Sacrement et prier un instant devant les autels delà Vierge de l'Annonciation et du tombeau de saint Louis de Gonzague. L'école finie» il s'en revenait droit à la maison de son père où il passait dans l'étude et la prière tout le temps qui s'écoulait jusqu'à l'école de l'après-midi, où il allait par le même chemin que le matin, par l'église de Saint- Ignace. Quand le cours du soir était Ifni, il s'en allait avec la permission de ses parents, se promener avec quelques-uns de ses camarades, c'est-à-dire, dans l'une des églises où se trouvait l'exposition du saint Sacre-

DES ORDRES RELIGIEUX

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tuent ; si cette enlise était trop loin de sa demeure, il entrait dans une autre, car il ne voulait pas rentrer chez lui plu-» tar i que l'Are Maria, qui est à Kome le son de elo- «he qui annonce l'Angélus ou le coucher du soleil. Dans ces promenades, on ne parlait que de Dieu, de l'église ou de l'étude, et de temps en temps on l'entendait répéter ses pieuses oraisons jaculatoires. Quand celle >ieu>e compagnie rencontrait une image de a >ainte V'erge. elle .«e découvrait et ré< ilail en chœur la Salutation angélique. Le soir quand Gaspard rentrait, il aileudait en étudiant et en priant que sa mère l'appelai à prendre son modeste souper.

Chez lui, comme au collège, son extrême modestie le fit chérir de tous; et ses patents, comme ses maîtres elses condisciples le trailaientmôme avec un certain respect. Dès son has âge même ses goûts s'étaient tous portés vers le ministère des autels; nous l'avons déjà vu construire ses petits oratoires, chanter aveu >-es camarades les litanies et des cantiques. Maintenant c était l'Office de la sainte Vierge qu'il récitait, c'étaient toutes les cérémonies du culte qu'il s'exerçait à imiter; il aimait surtout à monter sur une chaise et a prêcher ses jeunes auditeurs qu'il appelait de toutes ses forces à la conversion : Convertimini, pet-ratures, convrrtimini. Il correspondait ainsi, sans le >a>uir à la grâce de sa vocation, qui s'accrut en lui avec l'âge et que piUs lard il résolut de suivre.

Mais avant d'embrasser l'état ecclésiastique, il voulut s'assurer si vraiment Dieu l'y appelait. C'est pour cela qu'il se retira, (tendant un mois, dans le monastère des Cisterciens de SainU-Croix en Jérusalem et où son oncle maternel D.Kugène l'echi était religieux. Il y passa tout ce temps dans la prière, la méditation, la lectuie de livres spirituels et l'entretien avec ses directeurs. S'étant enfin assuré de sa vocation, il reçui la tonsure le samedi saint de l'an 1800, Le 7 juillet de la môme année il reçut les deux premiers ordres mineurs et les' deux derniers le '* avril do l'année 1801.

Dès lors Gaspard s'appliqua de tout son cœur à acquérir les vertus de son nouvel étal. On le voyait toujours régulièrement à tous les exercices de l'église, prendre paît a toutes les cérémonies, et se distinguer en tout par son maintien, sa modestie, sa piété et sa soumission. Le dimanche, il faisait le catéchisme dans l'église de Saint-Marc, et se prêtait volontiers à exercer la même fonction dans les autres églises. Lnflammé du zè Iodes âmes il allait dans les jours de fête, sur Je Forum, et rassemblant autour de lui les jtaysans et les hommes du peuple qui y séjournent, il leur prêchait, la simplicité et la pureté des mœurs, l'amour de Dieu, la dévotion à la sainte Vierge, et puis leur distribuait des médailles et des images qu'il les engageait à porter sur eux continuellement.

Il allait souvent visiter l'hospice de la Consolation pour y exercer envers les malades les œuvres de miséricorde; plussou-

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vent il Bllail à celui de Sainte-Galle où des misères plus dégoûtantes lui donnaient lien de se mortifier, de se vaincre et de mériter davantage. Dansles fêles de la sainte Vierge, il invitait se> amis à venir chez lui ; ils récitaient ensemble le petit Office, puis f,.ispard prononçait un discours sur la fête, après lequel on récitait les litanies et on baisait dévotement une relique de la sainte Vierge. C'était, comme disait sa mère Annonciade, une eonyrèyation qu'elle avait chez elle. C'en était une en etfel qui prit bientôt une meilleure forme. Sur les instances de Gaspard, les moines de Sainlel'udeutienne lui donnèrent l'usage d'une chapelle où il établit une congrégation de jeune* gens qu'il réunissait de temps eu temps, surtout pendant les Iodes du carnaval, qu'il exerçait dans tous les exercices de la (dus douce piété et qu'il enchantait par ses petits discours simples et pleins d'onction.

Gaspard sentant en lui un goût prononcé pour la prédication s'adonna â l'étude de l'éloquence sacrée. Sa prodigieuse mémoire lui fut en cela d'un grand secours. On rapporte qu'il suivit si exactement les discours d'un célèbre prédicateur qui prêchait le Carême à l'église du Jésus, et les retenait m bien qu'il les écrivait ensuite presque littéralement. Ce qu'ayant su, le prédicateur le lit appeier et trouva ses serinons si parfaitement reproduits, qu'il en resta stupéfait et ne put s'empêcher de «lire qu'il n'avait jamais vu mémoire comme celle du jeune de Bufalo.

N'étant encore que simple clerc il obtint de .prêcher en public et le fit avec tant de succès qu'une fois sa mère, émue jusqu'au! larmes des louanges dont on couvrait son fils ne put y tenir et sortit de l'église. Une autre fois," le P. Cadolini Barnabite, puis cardinal et évêque d'Ancône, se mil à dire en l'entendant : « Je (mis assurer que ce jeune homme sera un jour un fameux prédicateur. » Le curé deSaint-Marc ai niait à lui faire faire le catéchisme a sa place, disant naïvement que le clerc de Bufalo le faisait bien mieux que lui.

C'est au milieu de ces circonstances que Gaspard songeant aux dangers innombrables du monde, se résolut d'embrasser la vitreligieuse. A cetetTet.il vint à Saint Eliennedel-Caceo demandant humblement a entrer dans l'ordre de Saint-Sylvestre. Connu déji par sa vertu et ses talents, le supérieur l'accueillit avec joie et se préparait à l'envoyer au noviciat. Mais ses parents ne croyant pas que Dieu l'appelait à ce genre de vie, vinrent trouver le P. abbé et lui firent part de leur opposition. Alors l'abbé appelant Gaspard et lui serrant la main: «Allez, njon fils, lui dit-il, Dieu veut de vous un plus grand sacrifice. » Gaspard leva les yeux au ciel et se contenta de soupirer : « (Jue la sainte volonté de Dieu s'accomplisse en moi ! » et s'en revint avec ses parent*. Ojiaml l'immortel Pie VII rétablit la compagnie de Jésus, il se sentit porté à y entier.

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