‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 39 sur 323 · SI BU F · texte numérisé non relu

SI BU F

DES ORDRES RELIGIEUX

Son directeur auquel il en |>arla, le croyant appelé à autre chose, ne s'y opposa, ni ne l'y engagea; et un jour, Gaspard ayant l'honneur de se trouver aux pieds de Pie VII lui communiqua son désir; celui-ci lui ayant ré(>ondu que Dieu l'appelait au ministère des missions, il ne balança pas, et ne songea plus à entrer chez les Jésuites.

Grandissant à la fois en sagesse, en science et eu Age. il atteignit celui prescrit par les canons pour la réception des ordres majeurs, et s'offrant à Dieu en holocauste panait et volontaire il reçut le sous-diaconat le 21 février de l'an 1807, et le 12 mars de l'année suivante il fut promu au diaconat. Il suivait toujours les cours théologiques du collège Romain; se croyant toujours indigne dnsa<erdoce il avait résolu a l'imitation du patriarche d'Assise, saint François de rester diacre toute la vie; mais persuadé par des directeurs pieux et savants, il se laissa ordonner le 31 juillet 1808 avec une dispense d'âge et d'interstice. Le lendemain de ton ordination il prêcha dans la basilique patriarcale du Vatican sur la divine Providence, et le 2 août, il célébra sa première Messe dans la basilique de Saint-Marc dont il était chanoine depuis un an et où plus uni il fut premier sacristain.

Cest à cette époque que Gaspard s'employa régulièrement aux catéchismes et instrortioos do Sainte-Galle. Les jeunes gens pûmes qui s'y trouvaient furent surtout l'objet de ses soins; en les préparant à la première communion, il s'occupa de leur ve>twre pour lequel il quôla avec succès. — fans ce temps il obtint la jwtite église de Sainte-Marie in vineis près la roche Tarpéieooe pour faire le soir de pieuses réuaïons de jeunes gens qu'il voulait arracher aux dangers du monde en leur rappelant souvent les choses de Dieu.

Les événements politiques d'alors sont assez connus, pour qu'il soit permis de ne pas tes rappeler ici; il sufOt de dire qu'une tempête grondait sur la ville aux sept collines, sur son suprême Pontife, et dès lots ter l'Eglise uuiverselle. Tous les gens de b>en étaient consternés. Bientôt le serment *u oouvel ordre de choses fut demandé à Home; peine d'exil pour qui s'y refuserait. Sotre chanoine fut pour cela présenté au général Miollis, gouverneur de Rome. Dans celte circonstance, Gaspard, comme beaucoup d'autres. Ut preuve de sou inébranlable attachement au siège apostoliquo qui déjà avait protesté contre l'injustice du gouvernement français; aussi répondit-il fermement à Miollis qui le pressait de jurer : « le oe puis pas ; je ne dois pas ; je ne veux pas. ■ A celte réponse franche et hardie, expression du caractère courageux de l'abbé de Bufalo qui avait plu au gouverneur, celui-ci crut que le mieux è faire était dele remettre ■*ui mains de son père qui l'avait accompagné pour que ce dernier l'excitât à prêter le serment, en lui exprimant combien il serait

(1) U fut plus ttrd sveouc de Tcrracinc.

aflligé de le voir envoyer en exil. Mais le père en homme vraiment chrétien et religieux se hâta de répondre qu'il préférait de beaucoup voir son fils massacré sous ses yeux, que de le voir infidèle à ses devoirs, transgresser les ordres du vicaire de Jésus- Christ. Celle parole qui accrut le courage de Gaspard, irrita le gouverneur qui signa surle-champ son décret d'exil pour Plaisance, e* lui laissa à grand'peine quelques jours de délai (tour vaquer à ses affaires.

En parlant de Rome, se trouvaient avec Gaspard dans la même voilure, deux autres chanoines de Saint-Marc et D, François Albenini, alors chanoine de Saint-Nicolas (1), tous trois exilés pour la même cause que l'abbé de Bufalo. Albertini, homme de hautes vertus et d'esprit remarquable, avait la plus grande estime pour notre chanoir-e, car il savait tout le bien qu'il faisait dans l'église de Dieu. Gaspard, de son côté» se sentit comme attiré vers lui ; il le prit pour directeur et commença avec ce confesseur de la foi ce doux commerce d'amitié qu'il garda toute sa vie.

Le l"août 1810 ils arrivèrent è Plaisance, mais les fatigues de la roule, jointes a la mauvaise nourriture, les jetèrent dans uno telle faiblesseque Gaspard tomba malade dangereusement. Il se croyait à la porle du tombeau, mais Albertini ne cessait de se tenir k ses côlés, de Cencourager.de le recommander a Dieu et à saint Louis de Gonzague, et bientôt Gaspard se trouva mieux et presque entièrement guéri. Peu après arrivèrent plus de deux cents ecclésiastiques exilés comme eux, qui devaient avec eux aussi se rendre à Bologne pour le 12 décembre.

A Bologne, Gaspard logea chez les Pères de l'Oratoire et Albertini reçu chez le comle dn Bentivoglio, fut sollicité par ceux-ci de venir habileravec son cher Gaspard, ce qu'il accepta avec Joie; mais bientôt, le gouvernement suspectant leurs fréquents rapports ordonna à Albertini de se rendre à Baslia en Corse où il fut jeté dans une horrible prison. Ce fut une peine affreuse pour Gaspard de perdre son cher directeur, mais l'ordre était formel, il fallut s'y rendre : c'est presque coup sur coup qu il apprit la mort de .«a mère dont il ne se consola que par la pensée de ses vertusqui lui méritaientuneplaceauciel.

Sur ces entrefaites arriva un ordre du gouvernement qui demandait un nouveau serment, mais Gaspard se montra comme la première fois noble et inébranlable, et ne cessa de prêcher à ses compagnons d'exil la fermeté et l'amour de leurs devoirs. La première fois on s'était contenté d'exiler les réfractaires, celte fois on les jeta dans des cachots. Gaspard fut jelé dans la prison de - St-Jean-du-Mont où il alla avec joie; bientôt il fut transporté à celle d'Imola où il eut à souffrir d'atroces traitements; on lui enleva toute sorte de papiers, plumes, encre, et jusqu'à la clef de sa petite malle. Mais ce qui lallligca le plus ce fut la défense

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faite à tous les prêtres emprisonnés île célébrer ta sainte Messe, défense qui lut rigoureusement observée pendant trois mois, domine à liuola il avait trouvé une famille oui «.-hcrchail à lui adoucir les rigueurs de h prison, on le transporta dans celle de Lugo, où il fut traité, avec une extrême rigueur. Au milieu de ses privations, de ses Noulfram es de toutes sortes, du travail auquel on l'assujettissait, jamais on n'entendit sortir de sa bouche la moindre plainte soit contre l'autorité, soit contre ses propres gardiens; au contraire on le voyait continuellement exhorter les autres a la patience, a la résignation et à souffrir pour l'amour de Dieu. 11 passa ainsi sept m >is à Lugo, où arriva l'ordre d'envoyer en Corse les pré- Ires exilé» ; il était à Livournc, prêt à partir, avec ses compagnon.», quand ou apprit la chute de l'empire français cl l'ordre de lâcher tous les prêtres captifs.

A celle heureuse nouvelle, Gaspard se hàla de regagner Home. Ou eût dit un cerf altéré courant après les eaux des fontaines. Si un ministre tv\è trouve toujours à s'occuper dans l'Kglise de Dieu, qu'on se ligure le travail que notre chanoine dut trouver à Home depuiscinq ans privéede son suprême Pasteur et de la meilleure partie de son clergé. Aussi comme on le vit s'employer au ministère de la parole, et au saint exercice des retraites ! Il se hâta de rétablir la pieuse congrégation îles prêtres de- Saint-Paul apôtre et de Sainle tialle qu'il avait fuii-.iée pour les jeunes gens.

Dans le temps île Pâques, on le vit aussi donner îles retraites aux jeunes étudiants de l'université romaine, aux militaires de l'armée» et aux corps des gaules nobles pontificales.

Au mois d'octobre 181'+ il se rendit à Frascati pour donner la retraite aux moines Augustinsque les orages du temps avaient dispersés ; il* reprirent l'habit religieux et s'établirent à (îiano dans le diocèse de Spolète où ils s'exercent aux fonctions du saint ministère, (l'est à cette] époque que voyant près de (îiano l'ancienne église de saint Félix, martyr, et la maison adjacente totalement abandonnées, il conçut le projet d'y réunir en communauté quelques ecclésiastiques pour vaquer au ministère des missions. Ce n'était pas cïiei lui une pensée nouvelle, il y avait toujours pensé, et plus d'une fois eh avait conféré avec son directeur Alberlini: celte église et celle maison lut convenaient parfaitement; elles étaient dans la campagne, ù la proximité cependant des habitants de (îiano et des villages voisins, — et les missionnaires pourraient s'y livrer au recueillement et à l'élude mieux que partout ailleurs. Il résolut donc d'eu l'aire la demande.

De retour à Home il en parla au cardinal Cristalui avec lequel il était lié d'amitié. Celui-ci qui fut plus tard un des plus généreux protecteurs de sa congrégation, nonseulement l'encouragea dans son dessein, mais encore se proposa d'en faire lui-même

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' la demande au Souverain Pontife Pic V||. Ce moyen était sur. Kt un rescrit de l.n-ammissiou administrative des biens ecclésias. tiques eu date du 'ÎO novembre 181V aci-«>nia à Caspard de Hufalo l'église de Saint-Félix de Giano. Cetle cession fut encore confirmée par un autre rescrit de la congrégation de la Héforme, le Vi février 1815 en la personne de son ami Caetano Jtonauui.

C'est à cette époque que de Hufalo vint à Home faire la mission dans l'église de Sa mi- Nicolas in carcerr TiillianouHni il s'attacha des prêtres qu'il destina à être les premiers missionnaires de sa congrégation. Ce ne fui qu'au mois de juillet suivant que de Hufalo el son compagnon Honanni vinrent implorer la bénédiction du Souverain Pontife »ur l'œuvre qu'ils allaient commencer. Ce l*x\m bénit avec plaisir l'u'iivre et les ouvriers et leur accorda non-seulement toutes les ySces spirituelles qu'ils sulli. néivnl, mais leur lit encore remellre une certaine somme pour subvenir aux premiers frais d'établissement. Ce fut le commencement des preuves d'affection que Pic VII prodigua plus lard au nouvel institut. La nuit suivante, disparu", se mit en roule pour (îiano, uù il logea che: l'avocat Paoiucci, en attendant que son local lut quel pie peu réparé. Knfiu quand tout lut prêt, on vit arriver le soir du 12 avrd (îaelaiio Honanni avec deux autre- ci>m;>agnons; ils furent reçus à (îiano au son des cloches et aux « ris de joie de tous les habitants. Le lendemain, il- coinmencer»ril un triduo eu préparation à la fêle de l'A— oni|>tion, avec des exercices spirituels et des méditations; dans la matinée du 15 eut lieu ■ une communion générale et dans l'aprèsmidi une proce-sjoii sôh uuelle au sanctuaire voisin de la madone dit Fosro. Au retour il y eut un sermon, suivi du < liant de Te Deum pour remercier Dieu et lui demander sa protection pour le nouvel institut qui avait de si faibles racines. Chaque année les missionnaires du Précieux -Sang ne manquent pas de célébrer cet anniversaire' de leur inauguration.

Caspard. après avoir pourvu à tout re qui pouvait être utile à si maison, et lais-è à ses prêtres une règle de vie commune, revint à Home vaquer aux exercice- de son ministère. Ouand il avait demandé au Pape, par l'entremise du cardinal Cristaldi , la maison et l'église de Saint- Félix, il avait aussi exprimé sa pensée d'ouvrir dans chaque province une maison de mission pour dilaler ainsi le bien qui se fait par les missions el en même temps le perpétuer. Kn revenant à Home, il rapporta celte pensée et songea à y établir une maison centrale de toute la congrégation. Il y trouva d'uisiirmonlablcs ob-iacles ; aus-i pendant près de li oisan-, l'institut ne compta que la fondation de (îiano. Ce ne bu qu'eu ,pi(> la seconde maison fut fondée à Pieveloriiia. du» cèse île Camcriiio; peu après il y en eut une troisième à Saint-Paul d'Albano. Kt en 1821, le Souverain Pontife, pour apporter un remède moral aux allrcux bi igamlagis

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qui désolaient lo territoire voisin de celui de Naples, ordonna & Gaspard de Bufalo Couvrir six nouvelles maisons dans celte province ; et aussitôt il en fonda h Terracina, Sonninn, S rnioneta, Frosinone et Vallecorm; 'a sixième fut ajournée, et à sa place fut ouvert un hospice è Velletri. Pour tant do maisons il fallait des ouvriers; aussi Gaspard s'employait-il tout entier à s'attacher lies compagnons. El Dieu était tellement avec lui qu'à chaque nouvelle fondation, il lui arrivait deux ou trois missionnaires pour travailler sous sa direction; a sa mort, les treixe maisons qu'il laissa étaient suffisamment pourvues de missionnaires.

Comprenant qu'un corps moral ne peut vivre sans être dirigé par une loi, une règle qai en harmonise les divers membres, il t'occupa à rédiger des statuts pour diriger sa congrégation; il lo ût d abord avec qaeiqoes-uns de ses compagnons et retourna ceux qu'il avait fait d abord pour sa j rem i ère maison de Giano. Ce ne fut toutefois que sur ta ûn de sa vie qu'il les acheva totalement. Pour faciliter aux jeunes clercs k inûven de s'appliquer aux missions, il ouvrit, vers 182V, dans ses maisons des es- (*res de noviciats où les jeunes gens pouviieol, tout en s'occupant d'études, se préparer à devenir missionnaires dans la congrégation du Précieux-Sang.

Notre intention n'est point ici de suivre l'allé de Bufalo dans le cours de ses nombreuses missions, nous aurions à citer presque chaume des villes d'Italie si nous acroœ/ijgriions cet infatigable missionnaire pwxijat les 22 ans de son ardent apostolat. Qu'il nous sulHsc de dire quelques mots|dela méthode qu'il pratiquait dans ses missions et qu'il a voulu être suivie par les prêtres de sa coo^régation. Cetto méthode d'ailleurs n'est autre que celle des Segneri, des Baldifiucchi, des Pinamonti, des Liguori, des Léonard de Port-Maurice.

Jl se présentait avec ses coadiu leurs aux portes de l'endroit où il devait faire la mission. A l'heure convenue, l'évêque ou son vicaire, le clergé, les confréries venaient processionnel lement à leur rencontre ; les missionnaires se prosternaient aux pieds du supérieur ecclésiastique qui leur remettait uo crucifix , en signe de la charge d'âme qu'il leur octruyail, et après avoir reçu sa bénédiction, le supérieur de la mission entonoaiile psaume taudate pueri, après chaque verset duquel le peuple répondait en Uague vulgaire Lodato sempre «ta U nome di Ces* et di Maria, et au son de toutes les c.ixhe» ils se rendaient à l'église où l'on chantait le Feni,6'rea<or,suivi d'une instruction. Chaque jour do la retraite il y avait trois Messes pendant chacune desquelles un missionnaire donnait un exercice sur le catéchisme ou récitait le chapelet et autres pnéres; l'après-midi était surtout employé •ui cooP-ssions; vers l'heure de VAngelu$t les missionnaires prêchaient sur les places publiques et le soir avait lieu la bénédiction <iii Mmi-Saerenient. Quand la mission était

près de finir, on disait faire la première communion aux enfants; puis avait lieu la communion générale des femmes et après celle des hommes. Le dernier jour on brûlait en public tous les livres et objets mauvais que les pécheurs avaient déposés â leurs pieds, après quoi on plantait un Calvaire au pied duquel on donnait la bénédiction papale; et le supérieur entonnait Je Te Deutn ; ta mission était finie.

La vie du vénérable de Bufalo est pleine des heureux succès de son zèle apostolique : il faut lire tout entière l'histoire de sa Vie, loul récemment écrite à Rome, pour se faire une idée des grâces particulières que Dieu attachait à la prédication de son saint missionnaire, pour être émerveillé de» prodigieuses et innombrables conversions qu'il opérait et même des véritables miracles qui accompagnaient ses missions, ainsi que des moyens ingénieux qu'il employait pour rendre durable les heureux fruits qu'il recueillait alors. Un de ces moyens qu'il avait en toute particulière alfection, et dont il a même voulu que sa congrégation portât le nom est la dévotion au très-précieux sang du Sauveur. Il avait toujours eu celte dévotion, mais il la sentait toujours grandir eu lui : «Je sens croître en moi,» écrivait-il un jour à une religieuse, « la dévotion envers la très-sainte Vierge, mais celle pour le divin sang, elle est inexprimable t.. » Une autre fois , il écrivait encore « Oh 1 si je pouvais propager de mon sang celte belle dévotion!.. Je voudrais avoir mille langues pour attirer tous les cœurs vers le sang trèsprécieux de mon Sauveur I » — « C'est l'arme du temps, » disait-il souvent, « que la dévotion au précieux sang; les impies font une guerre ouverte à la religion, tenonsnous attachés à la croix de Jésus : Ipsi vicerunt draconem propter sanguinem Ayni.

(Apoc. xu, 11.) » C'est encore dans l'histoire de sa Vie qu'on trouve abondamment tout ce qu'il ût pour répandre partout cette belle dévotion. Mais ce qu'il désirait surtout, c'était de la voir dans toute l'Eglise avec une féto et un Office. « Oh 1 alors,» disait-il, « que je mourrais content. » Mais Dieu lui refusa cette consolation ; ce ne fut que deux ans après sa mort, le 10 août iSh9 que l'immortel Pie IX rendit un décret solennel, ordonnant que dans tout l'univers catholique se célébrerait chaque année, lo premier dimanche de juillet, la fêle du Précieux-Sang dans le rile de deuxième classe.

Nous renvoyons encore à l'abrégé de sa Vie par Mgr Gentilucci pour y voir toutes les vertus qui brillèrent dans ce serviteur de Dieu. Jusqu'à la fin il se montra toujours infatigable, et voulut travailler. En décembre 1836, il alla faire la mission à Népi où il contracta une toux qui altéra sa santé déjà beaucoup affaiblie Mais que lui importail la fatigue? Au mois de février suivant il voulut donner les exercices spirituels aux moines de Jésus et Marie à Albauo; au Carême do la même année il fit le catéchisme à Rome, dans l'église de Saint-Laurent itt

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Damaso, ce qui l'inonda de consolation, car son illustre protecteur, saint François-Xavier avait prêché dans celle même église. Après Pâques, il alla de nouveau faire les exercices spirituels h Porto d'Anzio et bientôt après donner une mission h Bassiano. Ce.sl en y allant avec ses compagnons que leur voiturin se trompa de route sans que personne s'en aperçût. Le ciel était gros d'orage ; uno pluie torrentielle se mit aussitôt à tomber, alors les chevaux eUrayés s'emportent et vont se précipiter dans le marais de Casorle. Ils s'en retirèrent non sans peine et couverts de contusions, après plus de deux heures de fatigue. Ce ne fut que le lendemain qu'ils purent arriver h Hassiano et y commencer la mission qui fatigua énormément l'abbé de Bufalo. De retour à Rome, il se reposa jusqu'au mois de mai, époque à laquelle il se rendit à Albano pour y prêcher pendant le mois de juin consacré au précieux sang.

C'est h cette époque que le choléra vint s'abattre sur Rome; tirégoire XVI, pour apaiser le Ciel, ordonna des prières publiques et la mission à Rome; le cardinal Odescah-hi, alors vicaire, appela de Bufalo pour prêcher dans l'église de Sainte-Marie in Yallicella, ce que son /.èle ne lui permit pas de refuser; mais ses forces étaient tellement affaiblies qu'il faisait peine à voir el 5 entendre, aussi, disait-il alors à un prêtre de ses amis : <» Je me sens mal, je vois que je suis au terme de mes fatigues... v Bientôt les médecins lui conseillèrent d'aller à Albano se délasser un peu, mais loin de reprendre des forces, il ne faisait que faiblir, et fut obligé de garder lelit;on l'entendait souvent prier pour sa chère société du Précieux-

Sang. Cependant il avait quelques instants de calme; aussi le 2 décembre ii eut assez de forces pour célébrer avec ses confrère* la fête de saint François-Xavier, et Ici on crut pouvoir lu ramener à Rome où. jusqu'au 19, il ne parut pas aller plus mal. Ce jour-la cependant les médecins lui dùfciidirent expressément de réciter son Ollice ei de célébrer la Messe ; toutefois jusqu'au 23 il put encore se lever de son lu. Il avait dit à Albano que le jour même où on le saignerait serait celui de sa mort : cependant la chose était nécessaire; la saignée le jeta dans une faiblesse extrême; le malin du 27 il reçut le Saint-Viatique, le soir Son Emminence le cardinal Fransoni vint le voir el le trouva dans une paix et une joie toute céleste; enfin le lendemain à deux heures après-midi il rendit à Dieu sa belle âme au milieu des pleurs de ses nombreux amis, mais dans un calme et avec le sourire aux lèvres, comme un exilé qui quitte sans regret des chaînes qui le retiennent loin de la patrie. C'était le 28 décembre 1837 ; il avait cinquante el unaus.on/.e ;nois,vir.;t et un jours. Son corps fut transporté à Albano dans l'église de Sainl-Paui où il est enterré. Plus de 60 miracles opérés par son intercession attestent sa saintelé et sa puissance auprès de Dieu; aussi s'est-on bAlé de dresser le procès de sa canonisation et le 15 janvier 185-2, il a été solennellement reconnu vénérable, sentence confirmée par Sa Sainteté Pie IX, le -2;) décembre 1852, comme en font loi les deux décrets, insérés sous ces (laies dans l'histoire de sa Vie publiée a Rome par Mgr Centilucci, camérier d'honneur de Sa Sainteté. (1!

CALVAIRF (Co'ngrku vtion i»e >otke-

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JW.«m Mère à Poitiers (Yi>nne).

La congrégation de Noire-Dame du Calvaire regarde comme son fondateur le P.

Joseph, et comme sa fondatrice Antoinette d'Orléans, dont nous allons raconter succinctement l'histoire. (2)

§ l". Le P. Joseph, fondateur de la congrégation de iY. - />. du doit aire.

Le R. P. Capucin François Leclerc du Tremblay, plus connu sous le nom de P. Joseph, a joué un rôle très-important sous le cardinal, ou plutôt h côlédu cardinal de Richelieu, dont i! fut le conlidenl le plus intime, l'agent le plus heureux, le conseiller le plus sûr. Ce n'est point à ce rôle, qui lui vaut du reste une grande place dans l'histoire de son époque, qu'il devra celle que nous lui faisons dans nos récits; il fui le fondaleur d'un institut qui prit naissance à Poitiers, et qu'on

'\) Voy. à la fin du vol.. n"« 26, 28. (21 Os doux Vies ont d<jà oto f\i|uissé>s tom. I". col. .S6.V, maigre cela nous n'avons pas cru iuu-

peul regarder comme un rameau détaché 'le l'arbre de Fonlevraud parla main d'une sainte princesse, et voici pourquoi nous allons ridire en peu de mots ce que fut le père Joseph, ce que l'ut Antoinette d'Orléans, fondateurs de !a congrégation de N.-D. du Calvaire.

François Leclerc du Tremblav, fils de Jean Leclerc, seigneur du Tremblav, seul président aux requêtes du palais de Paris ambassadeur à Venise, chancelier de François duc "i'Alençon, naquit à Paris le 4 novembre 1577. Sa mère, Marie de la Fayette, appartenait à la religion prétendue réformée; mais elle se convertit et apporta dans les soins donnés à l'éducation de son fils la loi vive qui avait provoqué sa conversion. Le jeune Leclerc lit, sous les plus habiles maîtres, des études perfectionnées el devint bientôl un prodige de science. Il perdit son père à l'âge de*) ans; devenu chef de sa famille, il dut, pn"r obéir aux tendres sollicitations de sa mère, rester au milieu du monde, dont il méprisait

lile d'entrer dans de plus longs rieuiiW et Ae faire mieux connailre lïiisioiro de la Connn'qttlion d* Calvaire.

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déjà les vanités; mais il se prémunit contre les dangers du siècle en se livrant avec ardeur h l'étude des sciences mathématiques et des langues, do telle sorte que les littératures latine, grecque, hébraïque, italienne, espagnole et anglaise n'eurent bientôt plus de secrets pour lui. Il avait 19 ans lorsque sa mère, avant de songer a son établissement, désira qu'il put voyager en Italie et en Alleuagne. A son retour il fit une campagne sou* le connétable de Montmorency son parent,et il sedistingua d'une manière brillante au siège d'Amiens et en toute occasion. Après U campagne, il dutaccompagnerunde ses pareots que le roi envoyait en qualité d'ambassadeur extraordinaire près de la reine Elisabeth. A peine fut-il revenu de Londres, <}u'il réalisa le projet qu'il avait formé dei-ub longtemps : il alla se présenter aux HR. PP. Capucins de Paris, qui lui donnèrent obédience pour prendre l'habit de leur ordre «a noviciat d'Orléans, et il le reçut avec le ihho de frère Joseph le 2 février 1599.

En apprenant cette nouvelle, la mère du novice courut se jeter aux pieds du roi, qui lui accorda des lettres de jussion aux Capucin* pour qu'ils eussent à obéir à l'arrêt du parlement ordonnant que son fils lui fût rendu. Le procureur général se transporta môme de la part du roi au couvent pour faire exécuter ses ordres. Madame du Tremblay , entourée de tout cet appareil judiciaire qui ne youvait exercer aucune action sur l'Ame fortement trempée de son fils, ne put réussir a le dissoader de son projet, et ce fut elle au contraire qui, vaincue par la froide raison du jeune homme, l'encouragea dans ses st/me$ résolutions. Le 3 février 1600, il fit «s vœux au couvent de Saint-Honoré, en wéseore de toute sa famille, entre les mains lia lame ux P. Ange, autrefoisduc de Joyeuse.

Après avoir fait sa théologie à Chartres, il reçut la prêtrise, professa la philosophie à Paru, fut maître des novices et se livra à la prédication. Il y obtint de grands succès et eut le bonheur, à la suite de plusieurs controverses publiques, de convertir des hérétiques.

Ce fut au milieu de ces missions multipliées que le frère Joseph eut l'occasion d'entrer en conférence avec Mme Antoinette •l'Orléans, qui avait été appelée au monastère des Feuillantines de Toulouse pour aider I abbesse de Fontevraud, sa tante, à introduire dans cet ordre célèbre, une réforme difficile et pourtant nécessaire. Nous diroosen racontant la vie de cette sainte princesse la |*rt que le P. Joseph prit à « elle ouvre importante, et ce qu'il lit avec elle lour fonder un institut dans lequel les âmes d'élite pussent observer plus rigoureusement les lois de la vie religieuse. Cet institut fut celui de la congrégation de N.-D. du Calvaire, dont la première maison fut établie à Poitiers en 1617. Le but des fondateurs était d'booorer la Passion de N.-S. J.-C, de prendre pour patronne la glorieuse Vierge assistant au pied de la croix et compatissant à ses douicurs et d'appliquer toutes les bonnes

œuvres, pénitences, prières et mortifications, pour obtenir de Dieu la conversion des infidèles et des hérétiques, et le recouvrement des lieux saints consacrés par la vie et la mort du Sauveur.

Quand le P. Joseph ent obtenu par ses habiles négociations que son œuvre pût se développer sous l'action de la vénérable Mère Antoinette d'Orléans, ce fui alors qu'une mort imprévue lui enleva cette pieuse coopératrice; mais, loin d'abandonner le troupeau désormais confié à ses soins, le P. Joseph s'attacha bien au contraire à le diriger dans la(bonne voie et a le défendre contre ses adversaires les plus puissants. L'abbesse de Fontevraud dut malgré elle céder à Vascen- . dont du fondateur et se désister de ses prétentions. Une seconde maison fut étab.ie h Angers, puis une troisième à Paris sous lu protection de la reine mère, qui voulut en Ôtre regardée comme la fondatrice.

Ce fut alors qu'une bulle du Pane Grégoire XV, confirmant en principe celle du Pape Paul V, ériga les monastères de Poitiers, Angers et Paris, et tous les autres fondés et à fonder par les religieuses de la Mère Antoinette d'Orléans, en congrégation de l'ordre de Saint-Benott.sousle tilrede N.-D du Calvotre et sons la conduite de trois supérieurs constitués en dignité, lesquels furent désignés nominativement dans la bulle postérieure du 20 juillet 1622.

Un deuxième monastère fut établi à Paris au Marais et fut doté par les libéralités du roi, du cardinal de Richelieu et de sa nièce la fameuse duchesse d'Aiguillon. Ce monastère prit le nom de Crucifixion, et il fut ordonné qu'une religieuse à genoux au pied de la croix réparerait, par cette espèce d'amende honorable et par des actes d'amour et de reconnaissance, tous les outrages des pécheurs. Le P. Joseph mit alors la dernière main aux constitutions, qu'il tira de la règle de Saint- Benoit et qui sont encore observées aujourd'hui sans aucune altération.

Après avoir assuré par tous les moyens l'existence et le développement de son œuvre pieuse, il se livra à d'autres soins. Appelé au sein du conseil du roi et do son ministre toul-puissant, il fut chargé de négociations difficiles dans la politique intérieure et extérieure, et contribua souvent à la pacification du pays et aux succès des combinaisons diplomatiques les plus habiles. Organisateur de la grande mission du Poitou et de la congrégation de la propagation de la foi à Rome, il tenla d'unir dans une nouvelle croisade contre les Turcs encore menaçants tous les princes chrétiens, et il établit à cet effet un nouvel ordre de milice chrétienne. Mêlé aux intrigues qui préparent ou qui retardent la réconciliation du roi et de sa mère, il ménage le relourde Richelieu, et le détermine à braver l'orage qui l'eût écraso s'il eût faibli, à l'issue duquel le ministro conquiert une puissance sans limites et la pourpre romaine.

Il ne saurait entrer dans notre plan d'exposer, même en abrégé, tout ce qu* le

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