‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 49 sur 323 · CII.V · texte numérisé non relu

CII.V

prédation, il n'en conservait pas moins une riectton tendre et fraternelle pour toutes les sœurs; elles étaient, disait-il, sa gloire et sa couronne. Mgr d'Osmond voulut faire luimême les obsèques d'un ecclésiastique encore plus distingué par ses vertus sacerdotaies. son lèle éclairé, sa piété tendre, sa chanté sans bornes, que par les hautes dignités dont il avait éto revêtu.

ML l'abbé Chariot, curé de la cathédrale, fut un des prêtres qui rendirent les services les plus signalés a la congrégation de Saint- Cbarles et qui lui furent le plus affectionnés; sa bonté fut inépuisable, sa charité immense, son lèle sans bornes ; son industrieuse activité lui fil opérer des prodiges.

M. Brion, vicaire général de Nancy, fut supérieur de la congrégation pendant vingtsept ans. Ses talents distingués, ses connaissances profondes lui avaient mérité le titre honoraire de docteur de la faculté de théologie en Sorbonne. Il était encore à Paris, à l é(<oque du massacre des Carmes. Il {tassait près du lieu de cette scène d'horreur, il entendait des cris d'une joie féroce, des hurlements affreux joints au bruit des armes et des détonations; il demanda à unefemmequi balayait tranquillement devant sa maison , quelle était la cause de ce bruit? « Ce n'est neo, a dit-elle, « ce sont des prôtresqu'on as- <a*sine. » Il porta toujours le plus vif intérêt a la congrégation ; il présidait aux retraites annuelles: il leur prêchait aux cérémonies de profession ; il avait une connaissance profonde des devoirs , des obligations de la tie religieuse et surtout des engagements contractés par les sœurs de Saint-Charles. Il peignait d'une manière si attrayante la pratique de l'humilité, de l'obéissance, de la charité active, qu'on ne pouvait se refuser à l'amour de ces vertus. 11 mourut è Nancy le tl septembre 1831.

U. l abbé Antoine succéda à M. Brion, Mgr de Janson le nomma aussi son vicaire xtuérai; seul à l'évêché pendant les journées •le juillet, il eut beaucoup à souffrir des payions ameutées contre le clergé; il déploya noe activité prodigieuse; il avait un soin tout (particulier de fa congrégation de Saint- Charles.

Mgr Menjaud, chanoine et vicaire général honoraire, tut choisi par Mgr de Janson pour loi succéder. On admira à Saint-Charles 1 inépuisable bonté de son caractèro, sa sagesse, sa prudence; Mgr l'investit ensuite d'une manière plus particulière encore de sa couliance en le désignant pour son coadjuleur, pour le charger du soin de gouverner son diocèse a sa place. Quoique coadjuteur, Mgr Meojaud continua de gouverner encore pendant trois ans la congrégation, dont il confia le soin, en 1841, à la chère Mère Ludivioe Barr, qui fut élue en remplacement de la digne Mère Hyacinthe Bellanger. Son zèle, &on amour pour la régularité, son affection tendre pour ses filles ont couronné les douce* espérances qu'on avait mises dans le choix qu'on fit d'elle jkjut continuer la

mission précieuse qu'accomplit la congrégation de Saint-Charles.

L'hôpital de Saint-Charles de Nancy est la maison mère de la congrégation; elle est gouvernée par un supérieur ecclésiastique, une supérieure générale et son conseil.

Mgr révôque en est le supérieur majeur.

Elfe compte en ce moment cent neuf établissements qui sont desservis par environ mille membres.

Les établissements consistent : l' dans des hôpitaux pour les malades des deux sexes et pour les militaires; 2' dans des hospice* pour les vieillards des deux sexes; 3" dans des hospices d'orphelins, 4° dans des dépôts de mendicité; 5' dans des maisons de santé pour les aliénés des deux sexes ; 6" dans des maisons de charité avec école do filles, ouvroirs, visites à domicile.

La mission des sœurs de Saint-Charles Borroniée est celle do toutes les sœurs hospitalières, dont les membres trouvent leur bonheur À sacrifier leur vie tout entière à la gloire de Dieu et au service des pauvres.

Elles ajoutent cependant aux œuvres ordinaires celle de prêter secours aux localités attaquées d'épidémies, lorsqu'elles ne sont pas trop distantes de leurs établissements.

La congrégation de Saint-Charles n'a point de Sœurs converses. Elles font des vœux perpétuels et elles ajoutent aux trois vœux ordinaires celui de charité. Leur règle est celle de Saint-Augustin, adaptée à la congrégation d'hospitalières. (1)

CHARRIOTES ET DE MINGORAL

(ReLIGIKCSES HOSPITALITES FRANCISCAINES ),

A Arras {Pas-de-Calais ).

L'hôpital des Charrioles, situé primitivement sur le territoire de Samt-Géry, fut fondé pas Jean A. Charriolet Emelot Huguedicu, sa [femme, bourgeois du pays; il fut notablement augmenté |>ar Robert, sire de Mingoral, ce qui lui fit donner le nom de ce gentilhomme.

La plupart des auteurs, qui se sont occupés de cetto maison de charité, entre autres Féry de Soire, en fixent l'origine en 1361. Cependant le répertoire de M. le chanoine Théry, au mot Hotpiiale, contient la noto suivante : Uospiiale desCharriots m vico ubbutiœ urbis Atrebatensis fundatur antxo 1339. C'est la date préciso de celle fondation. En effet, des lettres de 1339 données le jeudi, après la Nativité de la Vierge, au vicariat général, en l'absence de révôque, nous apprennent que Jean A. Charriot , bourgeois d'Arras et Emelot, son épouse, qui avaient fait construire dans la roe de l'Abbaye et doté de leurs biens un hôpital en l'honneur de la bienheureuse Vierge Marie, quod... pro confère ndis pauperibus construi et ficri possint, se sont adressés a l'autorité spirituelle pour en obtenir la permission d'y élever un clocher et d'y suspendre une cloche. Les vicaires généraux , voulant encourager la charité des fondateurs envers les pauvre»,

(I) Va,. »

la fin du vol., n°

«91 ciia dictio;

et favoriser dans cet établissement la piété des fidèles, accueillirent favorablement la demande des époux Charriot , sou» condition toutefois que le curé et les patrons de la paroisse y donneraient leur consentement.

Le lendemain du jourdes âmes (3 nov.), le chapitre dans le patronage duquel se trouvait compris le nouvel hôpital, prit aussi en considération une supplique analogue que les époux Charriot lui adressèrent , pour le môme objet, et leur permit de suspendre , entre deux petites colonnes, une seule cloche de môme poids que celle de l'Hôtel- Dieu de la cité. Mais afin que le service divin ne souffrit pas de cette concession dans les autres paroisses, il fui arrêté entre le chapitre et les fondateurs, qu'on ne sonnerait la cloche, les jours de dimanche et de fôte, qu'après la célébration de la Messe paroissiale de Saint-Géry.

Le service de l'hôpitafde Charriot fut confié d'abord à des hospitalières, douze femmes veuves, dit Féry de Soire, sous la tutelle et le patronage'des échevins.

Après la mort d'Eoielot Huguedieu, qui survécut à son mari, ses héritiers mirent empêchement audit hôpital et à l'ordonnance que les défunts en avaient faite. H fut convenu entre les échevins et ces mêmes héritiers que ceux-ci rentreraient en possession d'une partie des renies et antres biens laissés à cet établissement , d'où il arriva que son existence fut gravement compromise.

Robert, sire de Mingoral, Delfolie, chevalier, et Marie de Béhancourt, sa femme, voyant avec peine la situation critique de l'hôpital de Charriot qui était sur le |K>int dese fermer, animés d'un grand désir de donner de l'éclat au service divin, de consoler et du nourrir les pauvres, demandèrent aux échevins la direction et l'administration de l'hôpital. Los échevins, prenant en considération le peu de ressources de l'hôpital, souscrivirent à cette proposition et n'imposèrent d'autre condition que de faire dire une Messe chaque jour dans la chapelle de l'hôpital. Dans le cours de l'année 1554, les échevins ayant été autorisés par l'empereur Charles- Quint à vendre et à faire vendre plusieurs hôpitaux, entre autres celui de Saint-Jacques, celui de la Madeleine, qui appartenait aux pauvres do Sainl-Aubett cl la maison des Trompettes; il fut statué qu'on excepterait de celte vente l'hôpital Saint-Julien, qui serait réuni à l'hôpital général des Charriottes. Le prix de la veille de l'hôpital de la Madeleine fut appliqué à la fondation de Jeau-Charriot sous condition d'y établir autant de lits qu'il y en avait dans l'hôpital supprimé. Quant a l'hôpital Saint-Julien, tous ses biens furent réunis, dans la suite, à l'hôpital Sainl-Jeau-en-Lestrée. De ce démembrement , il ne revint à la maison de Charriot que quelques décris qui lui tirent donner plus tard le nom d'hôpital Saint-JuliiMi.

Li-s douze femmes veuves, chargées de

ÎAIRE CIIA ttî

desservir l'hôpital de Charriot, ne «'occupant presque plus du soin des malades, mais consacrant tout leur temps à certains travaux inutiles à la maison , furent congédiées (1556). Onles remplaça pardouze religieuses de l'ordre de Saint-François , vulgairement appelée Sœurs grises, que l'on fil venir do Saint-Pol. Dans la suile on ne les nomma plus que par la désignation de dame* Charrioltes , du nom du fondateur et de la fondatrice de la maison.

Le U décembre 1557, le magistrat d'une part et les religieuses de l'autre (lassèrent un traité par lequel le nombre des religieuses fut fixé à douze, une supérieure et deux converses, et pour ne pas entrer dans lo détail infini que nécessite l'achat d'une multitude d'objets nécessaires dans un hôpital, les échevins se chargèrent des grosses réparations et abandonnèrent le reste aux religieuses.

En 1648, au moyen d'aumônes faites par une personne pieuse, les sœurs Charriolte* achetèrent une maison et un jardin pour y établir un quartier destiné à recevoir les malades de la peste.

Un siècle plus tard, le couvent et l'église des;Charrioltes menaçant ruine, le ministère public en demanda la démolition. Elle fut exécutée en partie. Plus tard comme l'hôpital se trouvait situé dans le quartier le plus fréquenté et le plus commerçant, il acquérait une grande valeur par sa position : on le vendit et on acheta I hôtel de Montmorency.

Peu d'années après, en 1775, les religieuses firent bâtir leur chapelle qu'elles placèrent sous l'iuvocaiion de saint François d'Assise. Par respect pour la mémoire des anciens fondateurs, elles disposèrent dans le couvent qu'elles faisaient élever un local sous le nom d'hôpital Saint-Julien, où elles donnèrent l'hospitalité à six pauvres femmes. Ce reste d hospice leur porta bonheur, et fut, pour la maison, comme une planche de salut dans le grand naufrage de la révolution. Les travaux n'étaient pas encore terminés qu'un incendie réduisit en rendre presque toute la communauté, malgré le zèle des Dominicains, Hécollets, Carmes, Cameins, qui accoururent pour éteindre Je eu; le couvent et l'église souffrirent beauboup.

Bientôt suivit une catastrophe d'un autre genre: la révolution dispersâtes religieux, leurs biens furent vendus; mais la maison fut conservée, grâce au titre d'hôpital Saint- Julien.

Au concordat, l'autorité ecclésiastique établit dans l'église des Charriottes deux paroisses, de Saint-Vaast el de Saint-Charles, mais cet arrangement ne subsista pas.

En 1815, les ancieunes religieuses Charriottes, échappées aux violences révolutionnaires, tirent des démarches auprès de la municipalité et du gouvernement |>our se réunir eu communauté; leur demande fut accueillie favorablement le 29 février 1810 Une décision ministérielle les autorisa è

CHA DES ORDRES RELIGIEUX

rentrer en possession, comme usufruitières de leur ancienne maison, qui devait continuer à appartenir aux hospices d'Arras.

Ufarril suivant, le conseil municipal vota, •l'une, voix unanime, en faveur des religieuses Charriottes, une somme de 2,400 fr. tioor frais de rétablissement. Elles firent leur rentrée le 1*> du mois de juillet au nombre de dix, et reprirent aussitôt leurs oflices de charité.

En 1823, la ville de Douai, qui désirait depuis longtemps un établissement aussi utile, lut dotée d'une institution semblable. Trois religieuses d'Arras furent prendro la direction de la maison, qui est indépendante de telle d'Arras.

Les religieuses Charriottes sont maintenant au nombre de vingt, rivalisant toutes <J* zèle nour les malades, à la grande satisfaction des familles qui réclament leurs services.

La communauté des Charriottes continue dedonner l'hospitalité à six pauvres femmes dans le local appelé Saint-Julien.

Mgr Parîsis a remis, sous une même supérieure générale, tontes les maisons de Franciscaines du diocèse. La supérieure générale réside à Calais, où est la maison niere.(l)

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