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donna « toutes ses sœurs l'exemple éditant d'uoe fermeté inébranlable, d'un courage à l'épreuve; elle résista à toutes les sollicitations.
Cent trente-deni évèques sur cent trentesix, dont se composait l'épiscOpat de notre paine, la niasse des prêtres et des religieux, qui périssaient sur le» échafauds ou qui juraient pour l'exil, tant d'héroïnes chrétiennes arrachées de leurs clolires et qui préféraient la mort à l'apostasie, tel était le magnifique spectacle ulfert par l'Eglise de France. La digne Mère Viard fut |>rise, arrachée des bras de ses tilles, conduite à Strasbourg et jetée dans une prison où elle resta seize mois sans autre consolation que celle qu'elle puisa dans sa piété et sa résignation aux volontés du ciel.
Après cette douloureuse séparation de «eiie mois, on vint lui annoncer son retour a Nancy. Rien ne peut égaler la joie qu'elle ressentit. Elle allait retrouver ses chères filles les consoler, les confirmer dans leurs résolutions généreuses dctoutsoutfrir plutôt que de se rendre coupables par la prestation d'un arment contraire a leur conscience' Mais bêlas! la voiture qui la portait avant versé, elle fut écrasée dans sa chute.
Le* so?ursde Nancy restées fidèles avaient dû défioser l'habit religieux dont la vue wule irritait l'impiété révolutionnaire. Elles frétaient d'abord réunies sous la direction Je la Mère 0;rdicr, assistante ; mais elles fureot bientôt en arrestation et écrouées dans la maison des dames Dominicaines, que l'orage de la persécution avait aussi chasses de celte paisible retraite. Les .«murs de Saint-Charles avec d'autres rendaient grâces a Dieu d'avoir été jugées dignes de wutfnr quelque chose pour U gloire de son
Hors la ville épiscopale la plupart des saurs de Saint-Charles étaient comme des brebis dispersées. Chassées d'un grand nombre de leurs établissements par l'aveuglement inconcevable de farouches persécuteurs, qui avaient juré haine à tout ce qui était juste et saint, les unes avaient retrouvé une place au ioyor de leurs familles, les autres s'employaient utilement à l'exercice de la charité parmi les populations où elles «raient été jetées. On en avait aussi rappelé dans diffère n les maisons d'où elles étaient sorties par violence. Les maladies rendaient iodispensables leurs soins charitables, que les méchants eux-mêmes appréciaient assez pour être convaincus qu'ils ne les remplaceraient pas avec avantage par dos mercenaires que guide ordinairement l'amour de l'argent. Ce sont les secours qu'elles prodiguaient a la soutTrau.ee qui leur firent trouver grâce devant ces hommes impitoyables, car l'irréligion put-ello jamais produit e une sœur de charité?
Le sang des martyrs, la prière ardente des Ames d'élite, restées inébranlables, •taieui fléchi la justice divine. Après avoir
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brisé si violemment les liens qui l'avaient allai liée a l'unité catholique pendant quatorze siècles, la France les vit se renouer; c'étaient partout des cris de joie. De toutes parts les religieuses de Saint-Charles dispersées se réunirent autour de sœur Mario Augustine Cordier, qui avait remplacé la supérieure générale peudanl son absence.
Douée d'une grande vertu, elle avait été chargée, jeune encore, de l'emploi difficile et important de maltresse des novices, sous le gouvernement des deux dernières supérieures. Elle donna des preuves sans nombre de sa sagesse, de sa piété, de sa loyauté, de la soliuilô de son jugement pendant les trente années qu'elle conserva cette place. Elle avait été aussi nommée assistante; elle fut élue supérieure générale en 1804>. Quel fardeau en ce moment 1 11 n'y avait partout que des ruines. Il fallait songer h relever tant d'établissements abandonnés. De toutes parts arrivaient des suppliques |>our réclamer la restauration do l'asile des pauvres, de ces hospices ruinés où l'on ne voyait plus que des décombres. Ce fut le jour de Sainto-Marie-Madeleine que les sœurs reprirent l'habit religieux. M. Brun, vicaire général de Nancy, présida cette imposante cérémonie ; après celle rénovation les bonnes sœurs envoyées, comme autrefois tes apôtres, allèrent reprendre les postes différents quo leur assignait l'obéissance.
Jamais on n'éprouva de sensation plus délicieuse qu'à celte époque: c'était le calme après la tempête, la paix avec toutes ses douceurs après la guerre, l'ordre après l'anarchie. La ferveur était plus vive; on se livrait aux bonnes œuvres avec plus d'ardeor et do zèle.
La Mère Cordier fonda six établissements; elle mourut le 20 du mois de juin 1815, à l'âge de soixante-dix-neuf ans; elle en avait passé soixante et douze dans la congrégation. La Mère Augustine Henry fut élue sr.périeure. générale le 8 août 1815. Elle était entrée dans la congrégation eu 1788. Douée d'une capacité rare, elle remplit les fonctions d'assistante pendant cinq ans sous la direction de la Mère Cordier, qu'elle aida puissamment dans les circonstances critiques où Ton se trouvait alors. Elle traitait avec succès les affaires les plus difficiles; elle mourut l'année suivante è la suited'une maladie pendant laquelle elle édifia ses filles par une patience invincible, une résignation parfaito et un entier abandon a la volonté de Dieu. Sœur Célestine Berger lui succéda. C'était une de ces Ames privilégiées auxquelles lo ciel semble se plaire à prodiguer tous ses dons. Elle était très-éclairée dans les voies intérieures et elle était constamment unie h Diou par la foi la plus vive; la méditation des vérités saintes occupait une partie de ses journées et alors les hauteurs de la plus sublime contemplation n'avaient rien |>our elle de trop relevé; mais elle en descendait, brûlant du feu de la plus vivo charité pour servir les pauvres et soulager les malades.
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Kilo voyait Jésus-Christ dans les lambeaux de la misère, dans les angoisses do la douleur. Mlle mourut eu 182'J après avoir passé cinquante-deux ans en religion.
Le .2 juillet 182V fut élue la Mère- Emilie Marteau et réélue en 1825; elle était entrée dans la congrégation à l'âge de vingt ans, l'an 1777. LIN: lut victime de sa chanté, en prodiguant ses soins aux cholériques. Combien d'autres sœurs payèrent de leur vie le dévouement admirable qu'elles montrèrent à cette époque. Ce lléau de Dieu, qui se promenait sur toute la terre, passant d'Asie en Europe, s'émit abattu sur la France. Il y fondit comme un vautour sur sa proie. Prêtres et religieuses déployèrent partout un zèle magnanime. Les sœurs de Saint-Charles se rappelèrent alors l'ardeur infatigable de leur glorieux patron, dans la pestede Milan ►endant laquelle cent quatre-vingt-deux -rôties ou religieux périrent victimes do eur zèle. Le terrible lléau, après avoir désolé tant de régions étrangères, parcourait alors nos contrées, portant partout ses ravages, la terreur et la mor t. La Mère Emilie ne fut j>as surprise; elle s'y attendait comme toutes les âmes saintes; toute sa vie n'avait été qu'une longue préparation à la mort. Elle avait vécu pendant cinquante-deux ans au milieu des malades et des mourants, au soulagement desquels elle avait consacré ses forces, sa saule et sa vie. Kl h; termina une vie sainte par une mort oréciouso aux veux du Seigneur.
Sœur Placide Bellanger fut nommée supérieure générale en 1828; elle montra dans l'administration des a lia ires, une sagesse, un tact, une habileté rares, preuves d'un esprit supérieur, auxquelles elle joignit la patience, la douceur, la bonté, qui sont les marques d'un excellent cœur. Elle mourut ?» soixanle-dix-neuf ans,après soixante ans «lu vocation sans regret pour les choses du temps, sans inquiétude pour celles de l'éternité. Elle no quitta la lerre qu'après avoir usé, comme iin vêtement solide, au contact de toutes les misères, une longue cl robuste existence.
Etant encore jeune tille, toute sa ville natale admirait sa piété et son amour pour les pauvres; la charité lut la respiration de son âme; elle la lit vivre quatre-vingts ans; les ai les de bienfaisance et de dévouement remplissaient tous les instants dont se composa sa longue carrière; elle passa entin le temps nrag. ux de la tourmente révolutionnaire; sou courage en brava les fureurs; elle poussa la charité jusqu'à l'héroïsme.
Un jour, une bande de misérables demandant en hurlant, à la porte de l'hôpital, qu'on leur en livrât la supérieure, sœur Placide, la plus jeune d'entre ses compagnes, se présente, et d'un accent où vibrait la puissant e de la vertu, elle s'écrie : Ou n'entre pasl Mais ces barbares ont honte de reculer devant une femme, devant une religieuse, qui lia qu'une croix pour se défendre; ils entrent donc dans !a maison des pauvres; alors *oyanl le danger que courait si supérieure.
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l'intrépide jeune so-nr se jette entre elle et ses meurtriers ; le sabre était levé, il s'abat sur la bouché de l'admirable Placide; son sang jaillit, les dents se brisent, mais n'importe, elle a désarmé ces lâches et sa supérieure e>t sauvée. Par un rote de pitié, ces tigres à. face humaine avaient conservé les smurs hospitalières pour soigner des maux qu'ils étaient bien capables de faire naître, et qu'ils étaient impuissants à guérir; mais ils tie voulurent pas que ces saintes filles portassent ailleurs des secours; c'est pourquoi ils les retinrent prisonnières pendant treize mois dans leur propre demeure. Mais que la charité est ingénieuse! Comme elle se rit des difficultés, comme elle franchit les obstacles qu'on lui oppose 1 II y avait sous l'hôpital même des conduits souterrains, voies infectes où le crime, méditant d'infâmes projets, pouvait seul s'engager, et par où la charité plus au Jacieuse que le crime, passait pour aller exécuter ses généreux desseins. Après avoir soigné les malades de son hospice, le jour, la nuit surtout, sœur Placide, sous des habits de servante de riches à la place de ceux des servantes des pauvres, prenait ce chemin ténébreux, et s'en allait dans les rues de la ville à la recherche des malheureux et des malades.
Ihcn souvent elle fut surprise dans ces pieuses excursions; mais Dieu qui veillait sur elle, la préserva de tomber entre les mains des méchants. Une fois cependant elle faillit devenir victime de sa charité; les mandata ires de Satan avaient apposé de leuc> satellites pour se saisir de sa personne au moment où elle sortirait de son antre. La su.'iir parait ; ils se précipitent sur elle, mais elle leur échappe; ils crient : Vive la république! Elle leur répond en s'enfuvanl : Vive Dieu !
Alors sa tète fut mise à prix; clle"fiit menacée d'être pondue à l'arbre de la liberté; mais elle, s'atlachatit à l'arbre de la croix, elle priait son divin Maître de lui donner le courage de mourir pour lui, ou celui de vivre pour les pauvres, selon qu'il plairait a sa sainte volonté. Puis, comme Vamour est fort comme la mort (Cant. vin, G), elle continuait ses innocents stratagèmes pour secourir les malades et les allîigés, tandis que l'iniquité poursuivait ses noirs complots contre la vertu. C'est ainsi qu'elle traversa les mauvais jours. Sans cesse surveillée, le glaive suspendu sur sa tête, elle tint ferme et l'orage passa sans l'emporter.
Voici un trait des ressources de son esprit : La cupidité révolutionnaire s'était emparée de presque tous h; s biens de son hospice ; il restait à peine de quoi faire vivre les pauvres un jour; il restait 25 fr. : Quid htcv inter tanins. (Juan, vi, l).) La sœur Pla- cide charge son cou d'une besace, prend ou bâton a la main, s'en va de village en village, de porte en porte, mendier pour les pauvres de Jésus-Christ, et chacun lui donnait, touché de tant de misères et d un st beau dévouement.
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En 1807, elle fut nommée supérieure da l'Rôpilal de Saint-Dié; elle veillait sur lamaison entière; elle fut la providence do uot d'infortunés ; elle préparait elle-même les médicaments; son amour pour les membres souffrants de Jésus-Christ lui fit donner le nom de Mère des pauvres. Les bons montagnards pensaient qu'une vertu secrète résidait dans des remèdes qu'elle préparait arec habileté et talent. Un jour que les ruisseaux qui descendent des montagnes dont la ville de Saint-Dié est couronnée, s'étaient changés en torrents désastreux, et que les eaux se roulant avec furie et envahissant I hôpital, les flots arrivaient jusqu'aux malades, l'intrépide supérieure, suivie do ses compagnes, s'élance vers les lits do ses pau- »rvs, en charge sur ses épaules, ses sœurs font comme elle, et en un instant la charité a triomphé de l'inondation.
En 1813, une maladie contagieuse, engendrée dans le sang des batailles, dans la misère des camps, vint en France, après nos victoires, avec les hordes d'étrangers. Les provinces de l'est en furent le plus cruellement ravagées. L'hôpital de Saint-Dié contenait, dans son étroit espace, plus de 400 malades. Pour comble de malheur, toutes les sœurs hospitalières en furent atteintes, excepté deux, dont l une était sœur Placide. Elle avait lonu tôle aux bourreaux, la mort avait appris à la respecter! Restée seule avec sa campagne, elle no se laisse point abattre; eile se multiplie le jour, la nuit, elle combat le fléau corps à corps; ollo est partout, auprès de ses sœurs malades et de tant d'hommes, de femmes, d'enfants qui en- 'ombrent les salles, prodiguant à tous des consolations, des soins et des remèdes.
Quand la sœur Placide fut appelée de Saint- Dié à Nancy, ou dut tenir son départ secret; file dut aller prendre la voiture à deux lieues de là; elle fût économe pendant onze années, puis assistante de la supérieure générale; trois fois elle fut réélue d'une voix unanime. La Mère Placide établit plusieurs bépitaux aiusi que des classes et des ouvroirs.
Sa nièce, Hyacinthe Merdier, fut la dixhaittèine supérieure; elle avait été élue pour la première fois en 183i; pour la deuxième, eo 18il; pour la troisième, le 2 septembre Elle était née le 25 février 1782; elle avait prononcé ses vœux en 1806; elle fut qne de ces femmes fortes que la Providence choisit pour placer sur le chandelier; elle passa quarante ans dans sa profession et dans la pratique de toutes les vertus. Sa vie fui une série non interrompue d'actions nobles et généreuses. Elle était entrée dans la congrégation de Saint-Charles en 1803. Pondant »on noviciat, elle fut chargée de l'instruction des enfants a Hemiremont. On no savait ce qu'il fallait admirer le plus do celte loi si vive, si éclairée, et de ce dévouement *i absolu dans une novico si jeune. Parmi les nombreuses élèves qui venaient s'instruire près de. lu sœur Dvaciothe, il y avait
de jeunes personnes de son Age; les unes n'avaient pas fait leur première communion, d'autres n'avaient pas été baptisées. CVl alors que cet esprit de charité parut dans elle et opéra des merveilles. Ce qui prouve le succès qu'elle obtint, c'est que trentedeux ans après, passant à Remiremont, pour faire ses visites de supérieure générale, ses anciennes élèves vinrent la remercier des principes qu'elles avaient reçues et qui les avaient rendues heureuses; elles lui promettaient de les transmettre à leurs enfants qu'elles venaieut lui présenter
Ce fut surtout en 1813 que son zèle et sa charité allèrent jusqu'à l'héroïsme. A cette époque, les aigles de l'empire, ramenées des bords sanglants du Dniéperet de la Vistule, se replièrent vers la terre natale. Après cette mémorable retraite qui avait déjà décimé notre armée, apparut un horrible fléau jusqu'alors inconnu dans nos contrées, et qui vint frapper nos soldats, que les boulets étrangers avaient respectés et qui tombaient sans gloire, comme frappés par In foudre , sur les places et dans les rues, sous les coups du typhus. Les malades et les mourants étaient entassés dans les ambulances; la maladie faisait d'horribles ravages, tous les cœurs en étaient glacés. La conduite des 6<Burs de Saint-Charles fut une gloiio de cette époque. Quarante-deux d'entre elles, dévouées, intrépides, sollicitèrent la faveur d'aller soigner leurs frères mourants, heureuses de devenir martyres de la charité. Parmi elles, sœur Hyacinthe fut toujours au premier rang. Cotnuic le jour ne suflisait pas, elle passait lu nuit à prodiguer ses soins et des consolations aux malades. Sans craindre la contagion ni l'odeur infecte que répandaient tes cadavres, comme ses compagnes, elle ensevelissait ceux mômes qui avaient été atteints le plus violemment de celte maladie; eile en lut atteinte elle-même.
Nommée maltresse des novices, pendant vingt ans, elle y pratiqua les vertus qui, chez d'autres, sont le fruit d'une longue expérience, et qui étaient comme innées chez elle. Avec un discernement et une prudence rares, elle se fit toute à toutes. En 1832, parut un autre fléau, qui semblait devoir sévir d'une manière aussi terrible que le typhus. Le choléra, vautour affamé do sang humain, s'était jeté sur la France; fermant son cœur à toutes les préoccupations humaines, elle répéla tout ce qu'elle avait fait lors du typhus ; elle ne fut pas arrêtée en voyant des victimes tomber, mourir à ses côtés; elle no cossa de secourir que quand la mort eut cessé de frapper. Dans ses fonctions d'assistante, elle répandit partout et toujours les trésors de sa piété et de sa charité. Placée à la tête de sa congrégation, elle sut agir avec aulant de fermeté que de prudence; toujours calme, toujours égale, par sa sage administration elle sut augmenter l'éclat de l'ordre qu'elle dirigeait. Elle se distinguait par un jugement solide ; sa moi t fut une grande perte pour sa famille, pour
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ses (lignes compagnes dont elle était vraiment la mère, pour les pauvres, les inhruies dont elle tut toujours la pruLtM trirv ; moment heureux pour elle, qui entrait en possession tic son éternité.
La Mère Hyacinthe avait envoyé en lïoiièuie, en 18-17, deux jeunes religieuses de et- royaume <|ui étaient venue-» a Saiut-Charles pour m1 piéparer à se consacrer, dans leur patrie, au soulagement «.les malheureux. «Mi leur donna, pour les diriger, une so-ur de l'hosph e île Trêves, et ces trois héroi nés i hrcticunes allèrent former un élabtissement à Prague. Depuis cette époque, Dieu, ton- hé de leur dévouement et de h-ur zèle ardent pour la perfection, a répandu sur elles d'abonnantes bénédictions. Déjà elles possèucnl iiuit établissements danx.es contrées; tptoii] d'elles ne ilépandent pas de la maison mère de N uiey, elles restent étroitement unies par les liens «lu mur. l.a Mère Hyacinthe avait fondé un hôpital à Tongres, en ilelgique, et plusieurs maisons de "chanté. C'est au zèle intelligent et charitable des évôques de Toul que le pieux i 1 1 > t î 1 1 1 1 «Je Saint-Pierre et de Saint-Charles dut son existence et son développement. Depuis Mgr de Sausai, qui, le premier, approuva cet établissement, ses successeurs, qui le eoulirmèienl, ajoutèrent quelques lègles à leurs consiitutions, et leur portèrent tous une atlèdion toute paternelle.
Tue bulle du /ape Pie VI, du 19 mars 1777, roniirmée par lettres patentes de Louis XVI, en mai 1778, avant érigé le siège épiseopal de Nancy, la congrégation fut placée sous la juridiction do éu'ques de cette ville. Le premier fut Mgr de Lalour-Dupiu Moulauban; lo deuxième é\èque de Nancy fut Mgr François de Foutanges; le troisième, Henri de la Farc, mort cardinal archevêque de Sens. Lors du rétablissement du culte catholique Mgr d'Osuiond fut nommé évè que de Nancy, fous manifestèrent pour la congrégation le plus vil intérêt et l'honorèrent d'une estime particulière. En 182V, Mgr de Eorbiu J.uison fut nouuné pour sun-éiicr à Mgr d'Osiuond, mort le ±~ septembre 182:].
Mgr de Forbin avait passé sa jeunesse dans la pratique d'une piété tendre. Le vif désir de prouver la gloire de Dieu lui lit renoucer à tous les avantages humains qu'il pouvait se promettre dans la position honorable qu'il occupait au milieu du monde. La noblesse de sou extraction, l'immensité de sa fortune, une éducation bridante, les espérances les plus llalteuses dans un avenir qui .souriait devant lui, eurent été pour bien d'autres des «haines qui les auraient retenus; il sacrilia tout pour se consacrer au îvngncur.
Admis à | honneur du sacerdoce depuis peu d'années, il médita les moyens de réveiller dans les rieurs la foi presque éteinte, après les orages violents qui avaient amoncelé tant de ruines. Il concerta avec Mgr llauzun les mesures les plus propres à produire cet heureux résultat, et les missions
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de France furent établies. Pendant quinze an», des piètres intrépides, parmi lesquels se trouvaient «les hommes d'un talent supérieur et d'une éloquence remarquable, annoncèrent la parole de Dieu dans la plupart des villes du rovauuie, et ce ministère apostolique produisit un bien immense, et une multitude innombrable d'âmes, qui se sont sauvées, se seraient infailliblement perdues sans celte ressource préch-use que ia Providence leur avait ménagée dans son infinie miséricorde. Depuis 18.10, la société des missions de France s'est transformée; les mis- lounaires, liés par des engagements religieux, sont connus sous le nom de PP. de la miséricorde; ils ont leur principale maison à Paris, et il existe en F rame plusieurs maisons qui en dépendent. Mgr de Nancy donna toujours a la congrégation de Saint- Charles des marques particulières de sou attachement, il se félicitait toujours d'avoir dans son diocèse deux congrégations nombreuses, dont le but répondait si bien oui deux objets de sa charité.
De digues piètres ne montrèrent pas un zèle moins vil pour l'avancement spirituel des membres de la congrégation et pour donner plus de développement à cette «euvre, entre autres M. César Leduc, prêtre de la congrégation de Saint- Sébastien , qui exerça pendant trente-quatre ans l'emploi de un e. 'leur spniliie!; M. de Mahuet de Lupurut, iio\en de l'église cathédrale, vicaire général, abbé commanditaire de la ( ballade, qui occupa « elle place pendant vingt et un ans, Il s'intéressa vivement à la prospérité do ses établissements nombreux; pendant toute sa vie il donna des premesde sonaniour pour lespauvieset il einplova pour les soulager la majeure pat lie d'une foilune coiisidéi ah o ; il s'elforç.ni de soulager tontes les souîfi a nées.
Il voulait surtout que les sieurs se rendissent dignes de leur vocation; qu'elles se pénétrassent de plus en plus de l'esprit de leur saint état, qu'elles .-o montrassent constamment k's ferventes épouses de Jésns- Ciirisi cl les humbles servantes des pauvres. Il s'elforça constamment de maintenir dans la congrégation l'esprit primitif des fondateurs, et lorsqu'on lui rendait un consolant témoignage de différentes s<eurs uoul la verlu lu illait d'un plus vif éclat, la joie qu'il éprouvait se peignait sur tous ses traits
F n prêtre de ce caractère, et dont la foi était si vive, ne pouvait, dans les jours «l'épreuve, bal imer un moment sur le paiti à prendre : ai^si il fut alors ce qu'on «levait se promettre de sa piété et <ie son attachement inviolable aux principes catholique*; il refusa le serment. Condamné à la prison, ses persécuteurs prirent à tàYhe «le le punir de sa constance généreuse et il eut beaucoup à souffrir. Ses gardiens lui refusaient tout soulagement; aussi contiacta-l-il en prison de graves iiilirmués. Devenu sourd et nié ' e aveugle «buis les dernières années «le si vie et ne pouvant ulu s donner ses soins à k< ceu-
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