CLE DES ORDRE
Tocalioo opère ce changement merveilleux, l'effet des moyens humains n'est que momentané, la ferveur d'une bonne religieuse ■iore tinte la vie.
CLERCS RÉGULIERS DE NOTRE SAUVEUR ( Des } , i Btnoitt - Vaux , diocèse de Verdun {Meute).
Avant la révolution, l'antique et célèbre pèlerinage de Benotte-Vaux était connu de tous les Lorrains , qui accouraient en foule, de lous les points de cette religi euse contrée, pour participer aux faveurs que la Mère de miséricorde se plaît A prodiguer dans ce sanctuaire. Les ducs donnaient l'exemple rie la piété et de la confiance, et venaient y mettre sous la protection de la Reine de l'univers leur personne et leurs sujets. Les villes s'empressaient d'imiter leur exemple : Pont-a-Mousson, Epinal, Saint-Dié, Remiremont, NeufchAleau, la plupart des bourgs et ultages, y députaient de pieuses caravanes, et Nancv y envoyait, en une seule fois, jusqu'à 1,500 pèlerins. Les grâces que les Mêles recevaient, |K>ur récompense de leur loi et de leur laborieux voyage, étaient si multipliées et si abondantes, qu'ils changèrent le nom de celte vallée, et, cessant de rappeler Marti n-Han, qui était sa dénomination primitive, ils la nommèrent, d'une manière aussi significative que gracieuse, BnuAit-Taux , vallée bénie, valléo de bénédictions.
La révolution, qui a détruit tant do choses, a été impuissante A faire oublier la sainte image qui avait été si longtemps, pour le (4v«, l'instrument de la puissance et de la bonté de Notre-Dame. Moins fréquenté, *an» doute, mais jamais complètement abandonné, loin de lè, le pèlerinago eut bientôt renouvelé sa jeunesse, et il est aujourd'hui rçanlé, autant que jamais, au moins par les Meusirns, comme le sanctuaire de l'espérsoee, romme le réservoir intarissable de »»ote* les bénédictions célestes.
Parmi toutes ces bénédictions, la plus «réeteuse, sans doute, parce qu'elle aura ■me influence plus générale et plus durable, "M la renaissance de la congrégation du bienheureux Pierre Fourier. Cet ordre, desi né à réaliser les généreuses pensées du ton Père de Mattaincourt, pour la régénéraiion morale de notre pays, princi|>alement, *mb!ait avoir péri pour jamais, lorsque •'Esprit, qui souffle où il veut, décidant qu'tï faut yin/ naisse une seconde fois, lui a rendu '* rte par celle de qui il l'a reçue une première fois, et maintenant il nous est donné 'le voir l'ordre de Nôtre-Sauveur, A Benol'e- Vaux, déjà grandissant, comme croissait Notre- Sauveur, lui -même, sur le cœur et vous le regard de Notre-Dame, nourri par elle, et par elle merveilleusement préservé de tous dangers. Oui, les charitables desseins du bon curé de Matlaincourt seront réalisés. Ses religieux accompliront, selon »o esprit, avec la perfection du dévouement religieux, toutes les fonctions du ministère |Oar la sanctification des Ames, et il plaît A
Dieu que son vœu le plus cher soit bientôt accompli, et que les garçons puissent enfin recevoir l'éducation religieuse, qui paraissait devoir rester l'avantage exclusif de l'autre sexe.
Ce sont les espérances que Al naître la cérémonie de la profession religieuse qui eut lieu, le jour de la Présentation de Notre- Seigneur au temple , A Benolte-Vaux.
L'ordre apparaissait, jeune et petit enencore, mais cependant dans la plénitude de la vie. C'était au commencement de janvier, le sanctuaire vénéré de Notre-Dame de Benolte-Vaux offrait à nos regarda émus le spectacle de la résurrection d'un ordre religieux, autrefois célèbre et populaire dans fa catholique Lorraine. Quatre prêtrea du diocèse de Verdun prononçaient les vœux perpétuels de religion entre les mains de Monseigneur Rossat, spécialement délégué par le Souverain Pontife Pie IX, et embrassaient définitivement la vie religieuse, suivant les règles et constitutions de la congrégation de Notre -Sauveur, qui n'est autre chose que l'ordre ancien des chanoines réguliers réformés par le B. P. Fourier de Matlaincourt.
Réunis dans la pieuse solitude deJBenolle- Vaux, dès le mois de septembre 1851, avec le désir de reprendre l'œuvre du B. P. Fourier, les nouveaux religieux s'étaient incessamment appliqués, depuis cette époque, A en étudier les constitutions, et A se pénétrer de l'esprit du célèbre réformateur.
En 1854, le 28 juillet, M. Vautrot, aujourd'hui supérieur, A la suite d'un séjour prolongé A Rome, obtenait de la sacrée congrégation, des Evêques et Réguliers, un décret confirmé par le Souverain Pontife, qui approuve le Summarium dos règles; substitue, au titre de chanoines, le titre plus ancien et plus modeste de clercs réguliers, et l'autorise, lui et ses confrères, h reprendre l'œuvre du B. P. Fourier, et A commencer un noviciat canonique sous la conduite d'un religieux profès de l'abbaye de Saint - Maurice en Valois.
Par un autre décret, en date du 2 février 1855, le Souverain Pontife autorisait Monseigneur l'évoque «le Verdun A faire de la maison de Renolte-Vaux le siège du noviciat de la congrégation naissante. Le 12 mai suivant, les postulants recevaient, dans le sanctuaire de Benoitc-Vaux, l'habit religieux, et les insignes de l'ordre, des mains de M. de Rivaz, chanoine régulier de l'abbaye de Saint-Maurice, expressément délégué, parla cour romaine, pour donner aux nouveaux religieux les traditions de la vie cénobitique, et commençaient, sous sa direction, un noviciat régulier.
Enfin, un induit du Souverain Pontife, en date du 17 août 1855, assignant les fêtes de Noël comme terme du noviciat, vint confier À Monseigneur Rossai le pouvoir d'admettre les pieux novices A la profession religieuse.
Celte imposante cérémonie a eu lieu le 27 décembre 1855, dans le sanctuaire de Benoîte -Vaux. Monseigneur Ho5sat, assisté
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do M. Marlin, son grand vicaire, cl de M. de ltivaz, uiailro dos novices, la présidait.
Au commencement do la Messe, célébrée par Monseigneur, le chœur a entonné le psaume cxm : In Kxitu Israël, etc. A l'Olferloirc, Monseigneur, après avoir rappelé à l'assistance l'autorité du Souverain Pontife, au nom duquel il agissait, s'est adressé plus spécialement aux pieux novices. Le vénérable prélat, avec une bonté toute paternelle et dans un langage plein d'émotion, leur a rappelé ce qu'ils étaient déjà par le mystère de la consécration sacerdotale, et ce" qu'ils allaient devenir par la consécration religieuse; l'étendue des obligations qu'ils allaient contrarier par les vœux perpétuels (ic chasteté, d'obéissance et do pauvreté. Toute l'assistante s'est ensuite prosternée, en même temps que le pieux Pontife ; on a invoqué l'Espril-Saint par le chaut du Veni Creator; puis les novices, après avoir successivement prononcé leurs vieux aux pieds du prélat, dont ils ont reçu le baiser île paix, sont allés signer sur l'autel la formule de ces engagements sacrés et solennels. Le chant du Te Deum, entonné immédiatement, s'est poursuivi pendant la Messe, à laque. ie les nouveaux religieux ont communié de la main de Monseigneur.
Immédiatement après la Messe, les H. II. P.P. Vautrot, Nicolas, Blondelet etChevreu se sont réunis dans la salle du chapitre, sous la présidence de Mgr Bossai, pour procéder à l'élection canonique d'un supérieur et d'un assistant.
Le H. P. Vautrot a été élu supérieur et le B. P. Nicolas assistant; les postulants prêtres et frères furent introduits immédiatement pour reconnaître l'autorité du nouveau supérieur.
Le 29 janvier 1850, une cérémonie non moins touchante a eu lieu dans le sanctuaire du Benoîte- Vaux ; trois religieux de chœur et trois frères convers recevaient l'habit religieux «les mains du II. P. Vautrot et commençaient sous sa direction les pieux exercices du noviciat.
Mgr Bossai au moment où il recevait les vœux des nouveaux religieux, les avertit île se pénétrer de plus en plus de l'esprit du II. P. Fourier, d'étudier et de méditer assidûment ses écrits ; il s'est souvenu alors de ce beau travail des constitutions qu'il donna à ses religieux et dont Urbain VIII disait: Si je connaissais un chanoine (jui suivit parfaitement celte rèijlc, je le canoniserais avant sa mort. Noire pensée s'est reposée sur les immenses travaux de cet homme d'organisation et d'avenir qui, devançant son âge de deux siècles, avait établi dans sa chère paroisse de Matlaincourl une sorte de société de secours mutuels , de caisse de prévoyance» qui, sous le nom de bourse de Saint-Evre, y rendit pendant de longues années les plus utiles services. Le désir le plus ardent de te bon piètre était, « de mettre ordre uu soulagement des pauvres et faire qu'on ne vît plus mendier publiquement, ne croyant pas celte entreprise impossible; »
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qui, dans unsiècle où les femmesdu peuple, déshéritées du bénétice de l'instruction, végétaient sans culture, livrées exclusivement aux occupations matérielles, dola son pays de nombreuses écoles do petites tilles; qui, uniquement préoccupé de faire la guerre a l'ignorance, sollicitait si vivement à Hotoe pour ses religieux les humbles fonctions d'instituteurs comme une sorte de bénéfice vacant dans l'Iùjlisc de Diru,el qui dan.s l'exil, a l'âge de soixante-quinze ans, fidèle jusqu'au bout à cet amour de l'enseignement qui avait rempli sa vie, comme Gerson, exilé et mourant aussi, faisait l'école aux petits enfants. — Peu do temps après, le 11. P. Supérieur exerçant pour la première fois les devoirs de sa charge et recevant les vœux de deux prêtres, un frère clerc et deux Irèrcs laïques, les trois éléments qui constituent la Congrégation, et la rendent capable de ses fondions multiples, étaient là sous sa main. Les lieds Pères qui ont fait leurs vœux avec lui et qui l'ont élu pour leur supérieur, l'assistaient. Une nombreuse couronne de préires et la multitude des udèles étaient émus et attentifs.
Le H. Pire, suspendant après l'offertoire l'oblation de la sainte victime, a a iressô à l'assistance et aux 'futurs religieux une do ces allocutions qui vont h l'âme, parce qu'elles sortent de l'aine avec la simplicité et 'e mouvement d'une chaude conviction. Il a montré notre Sauveur venant, dans le mystère de la Présentation, s'offrir par les mains de >a Mère, pour se consacrer tout entier à l'accomplissement de la volonté do Dieu et au salut des âmes, voyant d'avame tous les renoncements, tous les travaux, tous les sacritices qui l'attendent, et les acceptant lon<, jusqu'aux ingratitudes de sa passion , jusqu'aux ignominies de sa mort, ecce venio ut faciam, Dcus, voluntatem tuam, et les acceptant dès son entrée dans la v j . . — De même, ceux qui se proposent d'entrer dans la Congrégation de Noire-Sauveur veulent, marchant sur les traces du divin modèle, et portés aussi sur les bras de la sainte Vierge, accomplir sa volonté cl se dévouer au salut des aines ; — et alin de pouvoir employer toutes leurs forces a cet objet, et d'y consacrer entièrement leur vie, pour être sûrs île n'être jamais arrêtés ni détournes dans l'exécution de leur dessein, ni par la séduction du plaisir, ni par l«s liens de la propriété, ni par les écarts de la volonté propre, ils l'ont vœu de pauvreté, de chasteté et d'obéissant e.
Beaucoup d'yeux étaient remplis de larmes, et les cœurs de tous, profondément touchés, étaient parfaitement disposés pour goûter les beautés de la profession, dont le cérémonial est du resie éminemment expressif.
Après le chant du Veni Creator et los oraisons au Saint-Esprit, a la sainte Vierge, à saint Augustin et au bienheureux Piene Fourier, le H. Père s'est assis, aven cet air «l'humilité du bienheureux Pierre Fourier quand il disait : « Il a bien fallu uue je devienue
DICTIONNAlUi;
DES ORORKS
kur snpéoeur, j'y ai été contraint, » mais ta marne temps avec cotte assurance que aytine à do supérieur la conscience du ministère qu'il remplit Les novices se sont alors approchés, et le supérieur : Que detunJex-vous? — Mon K. Père, uous demandons è nous consacrer à Notre -Seigneur Jésus, par les vœux de la sainte religion. — Avei-vous une connaissance suffisante de ce <jue vous voulez foire et promettre? — Oui, par la grâce do Dieu. — À ver- vous résolu (k persévérer dans cet étal pendant toute ïotre vie? — Nous avons cette volonté norennant la grâce de Dieu.
ù célébrant s'est levé et a adressé à Dieu de ferventes supplications pour qu'il daigne kur donner à jamais les lumières et la força surnaturelles nécessaires pour pratiquer jusqu'à le perfection le renoncement évaugéicjae ut la mortification chrétienne. Après \m les novices sont venus l'un après l'autre fore leur profession, disant, les clercs en alio elles frères en français :
• Au nom du Père, etc.
• Moi, N , je fais profession et je voue à Dieu tout-puissant et à Jésus-Christ, notre Suiveur, — en présence de la bienheureuse Vierge Marie, sa Mère , des saints apôtres, Je notre Père saint Augustin , du bienheureux Pierre Fourier et de toute la cour céleste, — et à vous, mon R. P. Jean-Baptiste Vintrot, supérieur de la Congrégation de *Hre-Sauveur, et à vos successeurs, — pauvreté, chasteté et obéissance, selon la règle de Saint-Augustin et les constitutions de Ja congrégation susdite1, qui sont ou seront tins la suite approuvées par le Saint-Siège; -en foi dequoi j'ai signé les présentes pen- «l'otle saint sacrifice de la Messe, dans l'éfiuede Notre-Dame de Benolle-Vaux, la 2 /«mer 1857. »
Le novice, après avoir lu cette profession, Ti remise au R. P. supérieur, qui, la tenant <!eU nuin gauche et la lui montrant de la droite : ■ Très-cher frère et maintenant dist'e de Noire-Sauveur, au nom de ce même Sâ'iieor, je reçois votre profession et vos «ni, — et je vous promets de sa part la ne éternelle, si vous êtes ûdèle à les actumplir. i
Et chaque religieux, reprenant la copie dt sa profession, a été la signer sur l'autel.
Tons ayant achevé ce grand acte religieux, Je longues et magnifiques prières ont recommencé pour demander à Dieu leur persévérance, — et après que le Père leur a Muoncé leur admission dans la famille contwtoelle, pendant le chant du Te Deum, les nouveaux profès ont été admis au baiser de fraternel par les anciens religieux.
la cérémonie était terminée; mais pensai que le saint Sacriûce était continué, *> impressions qu'avait causées ce religieux >f*etacle descendaient plus profondément «lins l'âme, — et le cœur ému par la vue do m physionomies si graves et cependant si »e*nouies, si recueil! ies et copendanl si joyeums, après avoir vu tant de simplicité dans de si grands sacrifices, on se relirait avec les
m IV,. a la Au du vol., n° ".9.