‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 56 sur 323 · W <*EU DES ORDRES · texte numérisé non relu

W <*EU DES ORDRES

Tool, la fonda en 1842» et la confia aux

d'un ecclésiastique distingué, qui lui donna «les règles et s'y dévoua jusqu'à sa ■wt, arrivée en 1855. On a dit de M. l'abbé Itaftoo : Son bumililé fuyait les dignités autant que son mérite les appelait; sa vie seeoulail dans une œuvre qui lui fut d'auuntplus chère miellé était plus obscure; Jl -w était tout dévoué. Puisse son esprit y mre autant que sa mémoire 1

Les religieuses du Cœur de Marie se divisent en deux classes : celles du voile blanc, et Iles du voile noir. Le vêtement des deux t asses est bleu en l'honneur de celle à qui ejiei se consacrent. Les religieuses du voile b!*nc, on de la première classe, sont surtout chargées de l'administration et de l'instruction, el doivent sortir fort rarement : iflles du voile noir sortent d'habitude sans m}*, devant aller essayer les robes et autres oavrage*. Les unesèi les autres ne font yiuoe seule famille ; elles se fout gloire j'ioiiter Mario et Joseph, simples ouvriers, ri ue travailler avec eux pour nourrir Jésus este la personne des enfants pauvres. Elles nouent toujours en avoir un certain nombre u milieu des jeunes filles d'une classe plus fortunée qui leur sont confiées. Elles ont pour toutes le cœur do mères tendres et douées, fi)

Repas, travail , récréations, tout est coinn;ua. C'est la vie de famille.

Les ouvrages de tous genres s'exécutent ivec beaucoup de succès dans la maison du Cour de Marie; on ne commence aucun travail, surtout s'il est un peu difficile, uns invoquer celle bonne Marie par un Ave

Us religieuses ne s'engagent que pour an ao par les vœux de religion; cependant tlles sont libres de les prononcer pour la ne après quelques années d'épreuves: il fj«tau moins huit ans de séjour dans la

La congrégation ne compte encore que ju«r<- établissements : un à Nancy, c'est la Mi*mmèrc;un autre à Vie, petite ville »:« même département ; à Paris , où Mgr Menjaud.lepremierauraônierde l'empereur, m lui porte un intérêt de père, a voulu la fonder pour confectionner les ornements it la Chapelle impériale ; le quatrième est ■•ans une campagne près de Besançon.

L'o des points de la règle porte que l'on m peut posséder d'autres biens-fonds que habitations; les économies, lorsquon en pourra faire, seront destinées soit à aug- Bwaler le nombre des enfants pauvres , soit k 'a décoration des autels. Car, non-seuleœeot la congrégation a voué un culte spé- «al à la pureté du cœur virginal qu'elle a Ku pour son protecteur et son modèle, mais taeoreala source de toute pureté, Jésus daas le sacrement de son amour.

L'adoration perpétuelle est établie dans la ouisod mère. La vie de ces religieuses s* *f>»m en deux mots : prière et travail. Vo,. à la fto du vol., n" 41, 13.

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COEUR DE MARIE (Congbégation du TRES- SAI NT).

La congrégation du très-Saint-Cœur de Marie a été fondée à Gap, en -1835, par Mgr François-Antoiue Arbaud, évêque du diocèsodeSainte-Mémoire.Un ancien couvent des Cordeliers forme une partie des bâtiments ; et de vieux documents, puisés dans les archives, nous apprennent que saint François d Assise avait consacré, lui-môme, et 1 église, et le monastère à la Vierge immaculée.

Cette congrégation, vouée è l'enseignement, compte donc une vingtaine d'années d existence ; comme le grain de sénevé, elle est allée en grandissant sous les dignes prélats qui ont occupé successivement Je siège de Gap; et aujourd'hui elle compte une cinquantaine de religieuses et un pensionnai nombreux. Les constitutions qui la régissent, données par leur saint fondateur, approuvées ensuite par Mgr Rossel.

aujourdbui évôque de Verdun, viennent enlin do recevoir une haute approbation. Pie IX a honoré, d'un bref en date du 29 novembre 1850, la règle et les statuts de la cougrégatiou des sœurs du Très-Saint-Cœur de Marie. Le gouvernement, à son tour, a reconnu ladite 'congrégation par un décret du 29 novembre 1853, l'a autorisée comme congrégation enseignante a supérieure générale, el lui a promis sa bienveillante protection.

Les religieuses sont soumises à la clôture et font des vœux perpétuels. Le but de l'ordre est de donner aux jeunes personnes, qui, toutes sont internes, une éducation solidemenl chrétienne, et des connaissances qui soient en rapport avec les exigences du siècle, le bonheur des familles* le bien de la société, et les diverses positions qui, dans le monde, peuvent être lo partage des jeunes persounes. (2) COEUR IMMACULÉ DE MARIE (Communauté DES FILLES Du).

L'hospice des incurables de Rennes a commencé vers l'an 1700; à cette époque, il y eut à Rennes une espèce de peste qui attaqua un grand nombre de personnes : ce qui obligea d'élever des lazarets où l'on soignait ces pauvres malheureux; ceux qui survécurent à cette maladie, se virent atteints d'humeurs scrofuleuses, qui, en les couvrant de plaies, les rendaient odieux a la société, el ils se voyaient rejetés comme des lépreux.

Mlle Olive Duverger-Morcl s'était dévouée pendant l'épidémie à soigner ces malades dans les lazarets; touchée de la triste position dans laquelle ils se trouvaient, une fois sortis de ces asiles de la charité, elle en prit chez elle le plus qu'il lui fut possible: elle les nourrissait et les pansait elle-même.

Lorsqu'ils mouraient, ils étaient promplement remplacés par de nouveaux; ainsi s'est continuée cette œuvre jusqu'à ce jour 185G.

Mlle Duverger donna au nouvel hospice de sa charité, la plu* gramlo partie de sa

(2) Vrjf. à Ut liu du vol., n« 46.

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fortune; et comme ol le ne suflil pas pour bïtir la maison actuelle, elle fit elle-même la quête dons la ville. Des familles généreuses, venant à son secours, elle put réalisït ses projets. Les noms de ces familles charitables sont encore eu vénération dans la maison, et tous les jours on prie pour ces am iens bienfaiteurs.

La maison se trouvant, malgré ces secours, dans un élal de grande pauvreté, on conseilla à Mlle Duverger de se réunir aux hospices ri vils. Dans ce temps, les évêqms étaient à la tète de l'administration, et l'on pouvait compter sur leur bienveillante sollicitude pour le bien des pauvres. En reconnaissance des bienfaits de la fondatrice et des demoiselles <|ui étaient déjà ses roopératrices, on leur accorda divers privilèges, tel «pie la liberté de choisir les pauvres, etc. Mais toutes ces prérogatives furent supprimées à la révolution de 179 J.

Quant à Mlle Duverger, elle mourut au milieu de ses pauvres vers 1736. Elle était devenue aveugle; et ne pouvant pins voir ses rhers malades, elle se faisait conduire à leur lit pour leur adresser quelques paroles de consolation.

La société des demoiselles des incurables ne se lia point par des vœux, ni môme par un règlement; la plus ancienne était supérieure. La charité seule présidait à l'union des cœurs cl des esprits; on travail lait de concert au bien et à la sanctification des pauvres qui leur étaient confiés.

Toujours l'ordre a régné dans la maison, grâce à la sagwsse du règlement établi pour les pauvres. On a lieu de croire que ce règlement fut écrit par Mlle Duverger elleluôme. L'ordre qu'on suit aujourd'hui dans les occupations de la journée est le môme que l'on suivait il y a 150 ans.

Les fondatrices ont trouvé le moven do faire des malades de nouvelles familles, co qui contribue h maintenir l'union entre eux: avantage qu'on trouve rarement dans les autres hospices.

Lue enfant, à son entrée, est confiée aussitôt a une de nos filles de confiance; l'enfant devra l'appeler du nom de bonne mère, et reçoit, de ceite nouvelle mère, les soins les plus délicats et les plus désintéressés. Mille fois on a eu à admirer leur dévouement envers leurs enfants; se privant souvent d'une partie de leur nourriture pour recidre la leur plus abondante. Eu avoir à soigner est un trésor pour nos pauvres. De là les familles se forment: des sœurs, des mères, grand'mèi es et bis;.ieules, et c'est avec bonheur que nos anciennes s'entendent appeler bonne maman.

L'all'eelion de nos pauvres pour les sœurs est aussi bien dévouée. Chacune d'elles a une des filles pour faire sa chambre, arranger ses petites allai res. Est-elle malade, les soins les plus respectueux lui sont prodigués, et nous ne pourrions que nous plaindre de l'excès d'attention dont nous sommes l'objet.

Li nrur vient-elle à mourir, elle c>l eu-

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sevelic par elles; elles lui rendent ce service comme elle l'a fait elle-même bien des f.jis 5 ses pauvres.

Les demoiselles des Incurables adoptèrent le costume de l'époque; il était d'une grande modestie, la couleur est noire, la coiffe esi celle des filles dn l'hospice. C'est le même que l'on porte encore, sauf quelques légère* modifications. Ce costume leur est d'autant plus précieux, qu'elles l'ont conservé pendant toute la révolution de 17'JJ.

On peut dire que la rage «le l'enfer vint se briser à cette époque aux pieds do la sairue Vierge des incurables, et qu'elle ne put arracher les bonnes demoiselles de leurs pauvres. En vain les représentants proposèrentils une pension pour quiconque voudrai les remplacer. Celles que l'appât du gain amenèrent à visiter l'hospice reculèrent devant les pansements dégoûtants qu'elle* eussent été obligées de faire. Alors pour ménager leur délicatesse on voulut contraindre les élèves de médecine a les faire euxmêmes; mais le respectable doyen de la faculté do médecine, M. Duval. déclara qu'il ne garderait pas roux de ses élèves qui |>erdraient leur temps à faire des pansements où il n'y avait rien à apprendre. On fut d«jr.«; forcé de tolérer les respectables directrices qui y étaient établies.

U serait impossible de dire tout ce qu'elles eurent à souffrir. On se plaisait a les vexer de mille manières; on employa les menaces, la ruse, pour qu'au moius elles prêtassent serinent a la constitution civile du cierge. t Je n'ai jamais prêté qu'un serment, » disait dans sa simplicité la bonne supérieure, Mlle Angélique Mencust ; « et c'est à iloii baptême, je n'en prêterai point; d'autre. — Mais, » lui disaient ces imposteurs : « les citovonnes de Saint-Yves (religieuses hospitalières) l'ont fait; celles de l'Hôpital-Gènéral aussi, et toi seule nous résistes. — Les autres ont fait comme elles oui voulu,» reprenait-elle, moi je ne le ferai pas. — Eh bien ! nous allons femmener en prison. — Citoyens, » leur disait-elle gaiement, « j'ai toujours mon bonnet de nuit dans ma poche, afin d'être plus tôt prête à vous suivre. » Ces paroles simples les déconcertaient. Souvent on appelait celte supérieure à l'hôtel de ville; elle s'y rendait enveloppée dans sa cape, et confondait par ses réponses les représentants les plus furieux. Sa fermeté à repousser tout esprit d'innovation dans la maison ne se démentit jamais. Quelque menace qu'on essa.va pour lire et faire apprendre aux pauvres' les droits de l'homme, jamais elle n'y consentit. « Le can4rhisiue est tout ce que je leur apprendrai, » leur disait-elle, el elle s'en tenait là dans la pralique.

La vigilance la plus exacte triompha également des elïorts des prêtres constitutionnels; jamais ils n'exercèrent leur ministère dans la maison. L'évêquo constitutionnel lit plusieurs tentatives pour gagner les pauvres : elles furent toujours infructueuses.

l ue lois entre autres, il voulut faire une

iii cueu

visite. A son approche, tous les pauvres s'enfuirent, et les salles se trouvèrent vides. Il s'approcha alors du Ht d'un pauvre infirme, que. ses souffrances retenaient couché: l'évêuoe Coz voulut dire quelques paroles d'é- 'iifliJtion et lui donner sa bénédiction, i N'allonge pas ta griffe, » lui cria le malade, * je ne veux pas de ta malédiction.» Désappointé de son peu de succès, il se retira en disant que c'était une maison perdue sans ressource.

Les demoiselles, en lui parlant, ne l'appelaient que monsieur le principal, titre qu'il liait avant son intrusion.

Cette fermeté de la part dos pauvres était Autant plus louable, que l'Hospice-Génén\, «loQt notre maison dépend, leur avait donné le mauvais exemple de la défection ui bons principes.

Les demoiselles des Incurable ne néglig?aient rien pour procureraux mourants le ministère d'un prêtre catholique, et prenaient toutes les précautions qu'exigeait le oulbeur des lemp^et cependant elles avaient l'Inâ de quatre-vingts pauvres, et dont plu- Meurs étaieut presque suspects. Car les représentants se faisaient une politique d'en recevoir de corrompus pour espionner les directrices et les trouver en défaut.

La supérieure Perrine Dubreuil mourut en septembre 1792, après avoir passé 50 ans «tans le service des pauvres. Quelque désir qu'elle eût de se confesser avant do mourir, uavant pu lui amener un prêtre Qdèle, elle préféra s'abandonner à la miséricorde de Dieu, que d'introduire un prêtre intrus dans la maison, craignant de son abus et de son «temple pour entraîner les pauvres.

Aussitôt après sa mort, on envoya son corps au cimetière, dans la charrette des hospices, craignant que les prêtres intrus •!e la paroisse ne voulussent lui rendro les honneurs funèbres. Celte crainte était fondât', car ils vinrent pour faire la levée du corps avec pompe; mais la servante des pauvres était déjà à sa dernière demeure, et mil eu, comme elle l'avait désiré, l'enterrement des pauvres.

Plusieurs prêtres venaient faire de courts séjours dans la maison, aûn d'administrer les malades, dire la Messe; la discrétion était on ne peut plus grande parmi les pauvres, surtout parmi les femmes, qui avaient un talent rare pour exercer la surveillance; aussi aucune dénonciation n'eut lieu pendant w malheureux temps, quoique la maison ne soit nullement propre à cacher quelqu'un. Aujourd'hui il y a encore dans cette maison une de ces respectables pauvres, qui, venue en 1783, a l'âge de six ans, mérita, bien jeuue encore, de jouir de la connue* de ses supérieures, line fois- entre autres un pauvre mourant réclamait un prêtre, on |«rvint à en trouver un; ce fut un soldai qui l'amena : le prêtre était déguisé en soldat, ils arrivèrent à neuf heures du l'un d'eux demandait à être pansé; la supérieure, Mlle Meneust, le conduisit dans b salle des hommes, tout en murmurant

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d'être dérangée aussi tard... et pendant le prétendu pansement, l'inûrmier conduisait le prêtre au lit du malade.

La petite chapelle de l'hospice ne fut point profanée; il tut le dernier sanctuaire ouvert, il fut le premier de la ville dans lequel on célébra la sainte Messe : on emporta le Saint-Sacrement aveo solennité; et ce qui est inouï, la statue de la sainte Vierge, qui était au-dessus de l'autel, quoique couronnée de fleurs de lis, fut toujours respectée; plusieurs fois les révolutionnaires formèrent le projet do l'enlever, toujours la puissante Marie se ût respecter, et les grâces signalées qu'elle ne cesse d'obtenir dans ce sanctuaire, attestent qu'elle se plail à y être honorée. Enumérer le grand nombre de guérisons de tous genres que l'on a obtenues devant cette vénérable statue serait trop long à raconter, Je cours de ces faveurs n'a jamais été interrompu. Les tidôles de la ville allaient furtivement, pendant ces jours malheureux de la révolution, prier aux pieds de Mario; on avait soin de les faire évader avec précaution dès que l'on apercevait quelque personne suspecte. Au reste l'ordre de la maison ne subit pas le moindre changement en ces temps d impiété; les prières, le chapelet, se récitaient en commun, aux mêmes heures qu'aujourd'hui; le chant des cantiques, les lectures, les prières partageaient comme toujours la journée. Autant qu'il était possible, le dimanche était sanctifié par la prière. Cependant les épreuves de tous genres ne manquaient point aux anciennes mères. La disette se faisait sentir cruellement dans les hôpitaux. Les demoiselles servantes des pauvres donnaient ce qu'elles possédaient pour les nourrir. Jamais les sœurs des incurables n'ont reçu la moindre indemnité du gouvernement; elles sont, nourries et logées, à la vérité, mais elles ne reçoivent aucune gratilicalion, elles entretiennent à leurs frais leur linge et leurs meubles. Le prêtro qui rendit le plus habituellement service aux pauvres incurables, pendant la révolution, fut M. le prince Forestier. Après la grande terreur te fut M. Déboise, et surtout Te bon M. I>elavigne-Villeneuve qui, avant la révolution, était aumônier de l'Hospice Général ; et venait exercer son ministère dans cette maison, où il n'y avait pas alors d'aumôuier particulier. Il y allait encore, de temps à autre, peudanl la disetto de bons préires; et aussitôt qu'il le put, il se fixa aux Incurables en devenant leur aumônier. Il fut le premier qui ait été attaché à cette maison; il y est mort en 1820, emportant avec lui le titre bien mérité de père des pauvres. On se rappelle encore l'affection vraiment paternelle qu'il témoignait à ses chers enfants; sa mémoire est une bénédiction dans la maison. Bn 1812, lors de la cherté extraordinaire du pain, l'administration se vit obligée de le supprimer, le riz devait le remplacer; mais la supérieure, Mlle Meneust, de concert avec M. Delavigne, donnèrent chaque jour, pendant plusieurs mois, uu repas de

DES ORDRES RELIGIEUX

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bon pain <:i loti* le» pauvres. M. 1). -invi^nc vendit une partie de son jatrimoine |>«>ur subvenir à relie dépense. Il iimiinit dans l'exercice île son ministère ; la veille de sa sa mort il confessa jusqu'à liu;l heures du soir.

Au respectable M. Delavjgne oui succé lé de saint» prêtre» <(<t t tous m» sont dévoués «on soins de leur troupeau. M. Larret v a séjournétroisans, il en »orht pourentrerdaus la congrégation des Miv».»i)s étrangère.». Il e»t mort dan» les missions lointaine», aux nielles il s el;nt dévoué. Lu 1S>:{ M. l'abbé Delacroix sun éd i Ix M. Lebrclon, qui venait de mourir, entouré de la reeomi;u»»;tn< île» so-ur» et de» pauvres, auxquels il avait l'ait beaucoup de bien.

M. De'acroix, voyant avec peine qu'on n'eût oratoire iusutlisanl pour hs

exercice» religieux, se servit de l'inlluence qu'il s'étad a"rpii»e auprès d'un grand nombre de personnes riehes. pour le» engager à l ontrilmer à élever une < • 1 1 . • ; • 1 ■ > • convenable. De i -ont ert ave; la »iij énnn e Unmère Gaillard de llohertin, i! parvint à élcver un .sanctuaire à la .sainte \ 'au ge. Omu- (pie âgé de soixante ans, M. l'aumônier montra le zèle d'un jeune boinine pour siirveiller ce travail.

Les pauvre», eux- même», dans la joie qu'ils éprouvaient d'avoir une chapelle, y contribuèrent le plus qu'J leur l'ut possible. I'lu»ieurs donnèrent j i. - ■ ] 1 1 la petite .somme qu'ils avaient économisée, pendant de longue» années, pour payer leur mode.sle enterrement, sa. nlire immense pour eux. Le bon Dieu eut pour agréable leursarrilitv, et en moins d'un an la chapelle fut élevée et bénite, par .Mgr Saint-Marc, le îi8 avril is.'ii. La bonne cl respectable supérieure. Mlle Mei:eu»l, (jui avait rendu de »i signalés services a la maison, peirlant des temps si diili iies, mourut en 182G, après avoir | assé cimpiaute-deux ans nu service des pauvres.

Dans une grande maladie qu'elle lit, quelques années avant sa mort, elle se désolait de posséder une somme de .'1,000 francs. Kilo ne croyait pouvoir être bien reçue du bon Dieu, n'ayant pas encore distribué cet argent; on lui indiqua un séminariste à qui l'indigence imposait beaucoup de privations; aussitôt die lui envoie ses .'1,000 francs. Kilo témoigna une rec onnaissance extraordinaire à la personne qui lui avait indiqué cette bonne (ouvre. Nonobstant sa sainte vie, elle se vit, peu de jours avant de mourir, en proie a une a tireuse tentai ion de desespoir : « Comment parailre devant Dieu, » disaitelle, « les mains vides, sans avoir rien fait pour sa gloire? >• Tout ce qu'on lui disait pour la rassurer ne la louchait point, entin en faisant un suprême ell'ort, elle prononça ce bel acle de résignation : « Mon Dieu,'» dit-elle, « si c'esi pour voire plus grande gloue que je sois jugée dans votre justice, je vous en bénis et n'y veux plus penser. » ('.et abandon lui rendit la paix, et elle mourut dans le calme ie plus parfait, écoutant

aire coll. -,16

jusqu'au dernier moment le< paroles de la sainte Le ri i ure que lui suggérait M. l'aumônier. Llle était âgée de soixanle-dix-liuil ans. Ou peut dire que lou'es les demoiselles servantes des pauvres ont lait la mort la plu» éditimle, mai» nous devons surtout mentionner Mile Julienne Desprez, dont la vie lui mérita de mourir en odeur de sainteté ; les pauvre», tout en priant pour elle, l'invoquent en secret, et le» grâces obtenues par son intercession sont, à leurs veux, les pieuve*; du bonheur dont elle jouit dans le ciel. Knltcc à quarante-deux ans, elle on passa vingt-quatre dans la maison, où elle mena uuevie humble, cachée, laborieuse, en proie à des soutirâmes corporelles; elle se di»tin na jusqu'au detnicr moment, par sa fidélité dan» les plus [élites choses. Ou. Iq ie» in»lants avant sa mort, elle lit le signe de la croix avant de boire un bol de tisane. La veille de »a mort elle lit emoie ie soir une heure d'oraison ; et elle mourut à irois bec.rev du malin. Hemplie île crainte pendant »* vie pour les jugements de Dieu, elle mourut en paix ii so;xante-six ans. Les li ids de son vi»age empreints de sonll'i anos'embellirent ap:e» sa mut; une douce odeur se répandit autour de son corps, qui ion»crva »a flexibilité : ces tétmugnagrs sont rendu» par ses compagnes et j ar les pauvres qui eu lurent témoins.

La veille de sa mort, une de ses compagnes, Mlle Fcihicl, devenue plus lard supéiieure, la pria de lui oMenir trots grâces : la pretnièie était la cessation d'une tentation qu'elle éprouvait alors, tentation «le dégoût de sa vocation ; la deuxième, d'obtenir la vacation de nouveaux sujets dont on avait grand besoin, vu l'état d'infirmité de» quelques membres de la communauté; la troisième étad d'obtenir un règlement pour la maison. I5élléc!iis»anl sur ces demandes, elle répondit : < Oui, si le bon Dieu me fait miséricorde, voire nniation passera, vous aurez, des compagnes, » et s'arrètant quelques instants, (die ajouta : « et vous aurez un règlement. »

rendant la nuit qui suivit sa mort, une demoiselle fui vivement inspirée de se joindre aux demoiselles servantes des pauvres incurables. Llle suivit celle inspiration, ci elle a rendu de précieux services h la communauté. Celle entrée fui suivie de plusieurs autres. Li tentation de Mlle Feildel pa»sa également deux ou trois jours après sa mort; et l'on sait quel bien a fait celte demoiselle si capable et si dévouée à sa vocation.

Ou obtint aussi la troisième gr.be, que Mlle Feildel regardait comme la p.us importante des règles et des constitutions ; mais ce ne fut que dix-huit ans après, afin, sans doute, que l'on comprit l'excellence de ce don.

Mlle Desprez mourut le 1" octobre 1823.

Les évêques de Kenues ont toujours eu une tendre affection pour l'établissement dos Incurables. L'an 17T7 Mgr de Vauréal lit lui-même le la veinent des pieds à quatorze pauvres, auxquels il baisa les pieds. De leur

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otté, les pauvre? ont toujours témoigné un re^*ctaeux attachement à leur premier pasteor et ont la plus grande reconnaissance lorsqu'il plaît à leu? Grandeur de les visiter. Mgr Je Lesquen, qui donna sa démission en la'»0, ei n'est mort qu'en 1855, avaitpoureux une affection vraiment paternelle, dont les pauvres conservent un bien tendre sou- Teint.

Avant de parler du règlement qui lie les sœurs des Incurables, il est de notre devoir défaire connaître celle quia le plus contribué à l'obtenir, la bonne mèreFeildel : ce nom, si connu à Rennes, est en vénération plus encore parmi les pauvres que parmi les riches, quoiqu'elle fût chénede tous, tant était grand lasceoJant qu'elle exerçait sur les personnes qui la voyaient, môme pour la première fou; elle gagnait le cœur au premier abord ; les pauvres la chérissaient et la respectaient connue leur mère.

Marie-Anne Feildel naquit le 25 novembre lîSO; elle entra à l'hospice des Incurables le ô avril 1809; fut nommée supérieure le7auût 1827 et mourut le k mars 18'»8.

Dès l'âge de 14 ans, celte bonne mère toalait se consacrer au service des pauvres. îm première pensée fut pour les Sœurs «le Charité. Mais, étant venue prier un jour de ftte dans le petit sanctuaire des Incurables, eiie se sentit fortement inspirée de consacrer sa vie au service des pauvres de celte maison; cependant sa famille, son père surtout qui avait compté sur elle pour être l'appui de sa vieillesse, ne nouvnitcoiisenlir à s'en séparer. Reconnaissant ses qualilés naturelles, il les avait développées, par une éd ucation soignée, solide : il voulut qu'elle suivit les cours de latin. Son caractère était droit, ferme, élevé; il eût été impérieux, s'il n'eût été tempéré par une grande tendresse de coeur.

D'ailleurs cette excellente mère, connais- Hit sa trop grande vivacité et la ténacité de sa volonté; elle travaillait constamment à les captiver pour ne blesser personne : lui arri- ™u-il de prononcer quelques paroles un

teu piquantes, elle guérissait aussitôt la levure par une marque de bienveillance et d'affection, et s'humiliait devant la personne, quel que fût son âge, avec la simplicité d'un enfant.

Cette simplicité se manifestait dans toutes ses actions; une Ame grande, forte et généreuse : son cœur était sensible, compatissaot. Ces qualités réunies rendaient ses relations siugulièremcut agréables. Son gouvernement fut doux et ferme, et si on l'aimait comme une mère, ou la respectait comme supérieure : les pauvres et ses compagnes lui ont toujours rendu ce témoignage.

Son père, avons nous dit, ne pouvait se oétider a se séparer de son enfant chérie; cependant sa santé si florissante souffrait de ne pouvoir suivre sa vocation; et un jour qu'elle avait fait une excursion secrète à la maison des Incurables, M.Feildel lui demanda d'où elle venait. Et sur sa réponse, il voulut «voir ce que lui avait dit la supérieure

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qui était alors la vénérable mère Meneust. « Elle m'a dit, » répondit la jeune Marie- A nne, « que je devais respecter votre volonté, et attendre votre permission, pour me consacrer au service du bon Dieu. » Cette modération, de la part de la supérieure, toucha M. Feildcl, qui lui dit qu'il ne pouvait refuser de confier sa fille a une personne aussi respectable, et il lui permit aussitôt de suivre son attrait. Elle avait 18 ans.

Sa santé, qui s'était affaiblie à la suite du refus qu'elle avait rencontré dans la volonté de son père, se fortifia plus tard: mais son tempérament, naturellement fort, souffrit beaucoup les cinqpremièresannées de son séjour dans la maison. Rien cependant ne l'arrêta; elle surmonta tous les obstacles pour répondre a l'appel que lui faisait le bon Dieu de se dévouer au service des pauvres.

Plus tard, lorsqu'elle fut supérieure, elle entourait ses jeunes compagnes des soins les plus délicats, ayant appris par expérience qu'il en coûte toujours à la santé de changer Je genre de vie.

Elle soigna pendant de longues années la vénérable mère Meneust, et cette bonne supérieure lui disait souvent : «Ma lille, le bon pieu te récompensera, et lorsque lu seras i m firme, i! t'enverra quelque jeune compa-

f;ne j»our le soigner. » Sans doute que dans e ciel cette bonne mère s'est ressouvenue de sa promesse, car un an environ avant que notre mère Feildel fût dans l'impossibilité de se soigner dans son état de souffrance, il entra une demoiselle de vingt-deux ans oui se trouva heureuse de lui donner tous les soins qui dépendaient d'elle.

La bonne demoiselle Le noire, qui succéda à Mlle Meneust, ne lui survécut que 10 mois et mourut le 17 août 1827. La mère Feildel lui succéda par droit d'ancienneté: elle avait 30 ans.

Nous avons vu que toujours elle avait désiré voir l'association des servantes des j>auvres liées par vœux et par une règle : plusieurs fois elle avait tenté d'inspir er a ses compagnes le même désir; deux fois déjà (1821-1829) on avait essayé de réaliser ce •rojet, mais des circonstances, suscitées par 'ennemi de tout bien, l'avaient fait ajourner. On comprendra, au reste, combien devaient être prudentes les démarches qui devaient avoir pour but de soumettre à un règlement r.on des personnes qui le désiraient ardemment, et qui en sentaient le besoin, comme des aspirantes, des novices qui sortent du monde, mais bien des personnes déjà affermies dans la vertu, et qui, voyant le bien qui résultait du genre de vio depuis longtemps adopté, ne voyaient pas un grand avantage à le changer. Cependant en 18H l'entrée d'une doraoiselle fournit l'occasion que notre mère saisil pour faire sentir la nécessité de suivre une règle, alin de prévenir les abus qui auraient nu se glisser dans une communauté si légèrement constituée, et qu'une protection toute spéciale de la sainte Vierge avait pu seule préserver jusqu'à ce jour. Il fut résolu, d'après le conseil de M. Ga-

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^'t.-itî'l \ ni •-. M . Jean-Marie Fram 1 , le < , :- j — r u:.': [ejej.Mjr les tien. oi«e !e- ,;«.-s I f j t arables : « . j i >ur donna 'e nom '1" li.i-.-s • lu (.o ur f in n ..'i ' n I <} >if Mir;>', s>;rv;u.fe« •!"> pauvres. De? l<.r> !<-•> <-o-ur> rou'ardi i <nt M. 1 r.'iiu '•i,iij,i:ojM]r- -upérieurtde c « rtji ».-r i ;nn; eltes il leur donna un règlement simple, analogue à l.'i vie lab'»riouse "de servante-» «les j 'invrcs. Dm rc»U; il no voulu! jamais les lui i;(<r, /limant mieux attendre lu ti:<>r:)i.'itl do la ^r/i. *; <|'if.' d'agir avec, autorité. Un seul exemple !e prouvera : M. Frain connaissait l'udhté «l'un seul confesseur pour toute communauté surtout dans le commencement, c<ù il » 'agirait d'établir l'uniformité- do vues et iJc* st.-rj 1 1 f il** iil^ parmi des personnes <]iii •avaient nçu ja-qu'alors une direction dilférente, mais quoique avec colle puissante considération, il dé* irâl fortement l'uni'.éd'un t •oiil'.->«,'jui , comme il ne voulait nullement, foirer la manière de voir, il ne l'exigea pas v<<s ;,ut que celle mesure contrariait plusieurs des Mj'iirs.

H attendit quatre ans; ce fut la communauté elle-même qui le p: ia instamment de It-ur < hoisir un confesseur. Il leur indiqua M. Salmon, ancien supérieur du grand séminaire, dont la mémoire «-si en vénération par les vertus «Joui il fut un si touchant exemple. Après avoir gouverné le séminaire pendant vingt au.s et rendu sou administration toute paternelle, se faisant l'ami et le souiien de ses M-iui liai istos ; après tant d'importants services, tendus au diocèse,

(I) mémoire «lu premier supérieur de la communauté el .pu* nous |Mtii vtiits n-ganlcr eu un sens i oui me son l'omlaicur, « st également vénérée ilans !<• dio< es.; de Hernies. M. Jcan-Maiie Frain de la (è.ulayrie elait né en IT'i.'i et a aix ans ses condist ■ pies lui donnaient déjà le nom de saint.

Sa jeunesse lut exemple île luut écart, cl toujours il marcha d'un pas Lune dans le sentier de la venu; a dix-neuf ans, il entra au grand séminaire de Hennés, ou il se concilia l'alTreiioii et restitue de ses supérieurs et de ses condisciples. Sou caractère l -i me, toujours égal, cl surloul sa pieté solide, le liienl choisir par ses supérieurs, quoique n'étant tpie sous-diaeie, pour professer la philosophie, et. peu après, avaul d'être piètre, sous-ditccïciir du M'iniiiaiie : à \ii:gl-huil ans, il en lut le supérieur, bevenu e\éipie de ÎScveis, M^r Millciux le demanda pour créer son seaiinaiie. Cet excellé n'avait cl-' le'.aldi «pi eu 182-2 ; il elail d ois le plus grand dé- •iiimenl irelalilissi-menls religieux ; les vocations y riaient rares; tout y elait à laiic pour le spirituel o. pour le temporel.

Algi Mdliaux avait su apprécier les grandes et solides i|>ialilc> de .M. Train el, de concert avec lui il ! un i un séminaire, il y elald:l les règlements les plus sages. Les rvëiiucs qui siici edeieiil a .Mgr Milliaux le conservërenl dans l'importante (oiicUoii de Mipeiicur du séminaire. Un qu.ilriéme évëipie ayant jeté a propos d'y placer un nouveau supérieur, ce 'ut altos que l'iiiunilile de M. Tiatu brilla ; il remplit les louchons modesles de chanoine, cnniuiuaiil u s'occuper de bonnes œuvres cl de la direction des comités, genre d'occupalion qui lui clail dieie, et

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ou re'.roiivrnt en lui. le prêtre le plusaima- ! le f lu- h dtile: il avait 75 ans. Tel fut le u'ry-cieur | h M. Frain proposa am s.i'urs des In urahles oui le reçurent avec t rirn s-n],e.

Il iii-uni., le 6 mars '.dans des duQle iïts atroces.

«le lut en secondant la grâce, el nonenfroiss-'trit les es; rits et les cu'iirs que le père 1 r un, secondé de la mère Feildel, réussir à ta ire désirer et goûter le règlement qui i .\ a;-prouvéde Mgr Saint-Marc le 12 février 1S*2. Oikm i ie les prim ipauiarticles fussent .f rétés, on i éten lit peu à peu, selon le désir unanime de la communauté, ear lel a louje-urs été l'esprit de nos supérieures de ne [ oint exercer de contraintes, même pour le Peu. Au -si quelque fut le vif désir de noire mère Feildel et de la plupart des sœurs, (on ne leur permit de l'aire le vu?u d'ohéissance, qu'eu IS»S; trois semaines seulement avant l i m >n\ de celte bonne mère, elle employa ces quelques jours à mettre eu ordre les ad linons, que l'on avait faites au règlement: à en séparer le coutumier et le directoire, afin qu'on put le laite imprimer, et recevoir une nouvelle sanction de Mgr. Ce travail se Imuva terminé deux jours avant qu'elle perdit connaissance; nous pouvons donc dire que jusqu'à sa dernière heure elle n'a cessé de s'occuper du hien do la communauté que le l»on Dieu lui avait confiée. Que do services nombreux, cette bonne mère, n'at-elle pas rendus encore a la ville do Rennes, et à tout le département. Une œuvre, à laquelle se livrent les sœurs des Incurables i »t celle des pansements des personnes du dehors. C'est une œuvre précieuse, pour les

dans laquelle il faisait tant rlc bien par sa rare p- itileiicc ; car si les supérieurs trouvaient en lui des conseils suis e». pleins de sugesse, les intérieurs y trouvaient aussi un père tendre et compatissant qui cherchait toujours à alléger leurs peines.

Un JiSll, Mgr Saini-Maïc, nouvellement promu au siège episcopal de Iteniics, le rappela eu lui donnant le turc de grau I vicaire. Ce lut une salisfarlioii unanime dans le cierge de voir revenir dans le diocèse un piètre qui possédait si bien l'esprit sacerdotal.

Sous un extérieur froid, il cachait un corur aim. ml, qu'il craignait toujours d'épancher avec les cré;" lûtes; de la cet abord un peu grave que l'on reoiaiquail en lui, mais qui ne nuisait eu rien a l'intérêt v rai qu'il prenait aux pet sonnes qui lui accordèrent leur coiili.uice. Au-si, la hauchisc de sou caractère, son humilité et la béante de son àme augmentaient la vénération qu'on lui portail, tu novembre IS.'dl, il se >enlil vivement soutirant dan» une retraite qu'il donnait aux Dumct de Saint-Thomas.

Dés lois il ne put plus quitter sa chambre, et le i 7» deceioliie, il recul les derniers sacrements, après avoir demande politiquement pardon des scandales qu'il noyait avoir donnés. Le lendemain, U decembie isM), il s'endormit dans le Seigneur, >a miiiinuraiii ces paroles qui furent les dernière* qu'il proiii iiea : i Courage, mon Ame, encore un combat, encore une victoire, el puis la gloire pour l'eiernile » M. Frain clan à^é de cinquante-ami ans

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jeavres surtout, attendu qu'on leur indique des remèdes simples et peu coûteux. La mère Feildel se livra à cette bonne œuvre avec ardeur, et l'on peut dire qu'elle avait rrco du bon Dieu un talent particulier pour guérir les plaies et les blessures, qui souvent étaient réputées désespérées des méde- CJM. Dire les guérisoos qu'elle a obtenues (<ar s«s traitements serait chose impossible Aussi soo ardente et infatigable charité, et ses succès, lui avaient acquis une réputation tris-étendue. Les riches et les pauvres se rappelaient avec reconnaissance les soins tifeciutux qu'ils en avaient reçu*. Elle forma plusieurs de ses compagnes à ces œuvres charitables, afin que le bien se continuât après elle. Quant à son dévouement pour les pauvres de sa maison, il était sans bornes, aussi éiail-telle aimée et respectée : jeune elle travailla avec un courage que rien ne lassait, ivndant un grand nombre d'années les demoiselles trop peu nombreuses et souvent murmes l'obligeaient de porter le poids de la chaleur du jour, et cependant les pauvres étaient sûrs que, la nuit ainsi que le jour, il* étaient secourus. En se rappelant les différentes circonstances, dans lesquelles elle s est trouvée, on ne comprend |»as cornaient elle ait pu résister à tant de fatigues.

Ce qni affecta vivement le cœur sensible de cette bonne mère fut le projet souvent renouvelé de la part des administrations des topiees de réunir les hôpitaux dans une toeme maison, ce qui eût séparé les sœurs des Incurables de leurs pauvres. Notre mère prit des mesures en conséquence, afin que si ce malheur arrivait, elle pût former un nouvel établissement à ses frais. De son côté, le boa Dieu réprouva par des peines intérieures des plus sensibles, une obscurité de foi désoUate; et cependant personne n'eût pu MHUiçonDer cette agitation intérieure , tant »e* paroles et ses actions étaient inspirées par des voies surnaturelles. Elle ne niHiail sa confiance que dans les mérites de Nôtre-Seigneur. Ses œuvres ne lui paraissaient que de la boue : la gloire de Dieu éait l'unique but qu'elle se proposait, le mobile de toutes ses œuvres: «Que le bon Dieu seul soit glorifié,» disait-elle, «et ne nous occupons point du reste, il nous donnera ce fju'il voudra et ce qui nous est nécessaire. » Aus»i n'aimait-elle pas les âmes, qui, en >'uxeant trop a assurer leur salut, ne recherchaient pas en toutes choses la gloire de Dieu; elle savait inspirer une telle confiance eo Dieu qu'elle calmait les esprits les plus aiarcués de sa justice. Tout le mérite de ses œuvres était appliqué au sou- Ugtmenl des âmes du purgatoire; toujours elle s'occupait de son néant. «Que sommes-nous nous-mêmes, qu'avons-nous Sue nous u 'ayons reçu, • disait-elle; « c'est Dieu qui est tout, qui est l'auteur de fout bien, et de nous-mêmes nous ne animes rien. > C'est ainsi qu'elle combattit son penchant h se prévaloir de ses qualités naturelles : elle s'efforçait d'inculquer * le leçon a ses jeunes compagnes : « Ne

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vous découmgez jamais,» leur disait-ello» « quel que soit l'emploi dont vos supérieures vous chargeut, parce que vous n'êtes point tenues du succès; dès que vous avez mis toute la bonne volonté dont vous êtes capables, il est entre les mains du bon Dieu, peu vous importe, ne vous eu inquiétez pas. » On avait aussi toute liberté de lui rappeler ses fautes ; les pauvres eux-mêmes ont éprouvé de quelle affection elle payait cette liberté, qu elle regardait comme un service.

Sa docilité envers ses guides spirituels était celle d'un enfant, aussi se garda-t-elle de toute opinion nouvelle en matière de religion; que de personnes très-respectables mnis aveuglées eussent voulu lui voir partager la leur; mais ce fut toujours en vain : la foi, la confiance, la charité étaient le mobile de sa conduite. Eprouvée, depuis de longues .années, par de douloureuses infirmités, une maladie de cœur se déclara en février 1S43. Cinq ans avant sa mort la violence des simptômes de cette maladie fit désespérer de la conserver. Les pauvres de la maison, sentant la perte dont ils étaient menacés, firent, on peut le dire, violence au Ciel, et, par leurs prières et leurs sacrifices, obtinrent la prolongation de la vie de leur bonne mère; hommes et femmes étaient consternés. Son rétablissement fut regardé comme miraculeux; mais dès lors sa vie ne fut plus que souffrances et sacrifices. «Mes enfants,* dit-elle àsos filles après avoir reçu l'extrôme-onction, * je ne mourrai pas celte fois-ci, mais je sens que je ne dois plus vivre pour la maison. » Et cette inspiration s'est vérifiée, car cette bonne mère d ut renoncer aux différents pansements, pour lesquels elle avait tant d'attraits et de talents. Ce sacrifice d'inaction que le bon Dieu lut imposa lui coûtait beaucoup : « J'eusse préféré, » nousa-l-elle dit depuis, ■ quitter la vie. » Cependant ces annéos, consacrées a un plus grand repos corporel, ne furent pas vides. Ce fut alors qu'elle travailla bien plus encore, è former et à diriger l'esprit de ses compagnes et de ses pauvres. Leur confiance en elle s'accrut considérablement, et ee fut vraiment alors qu'elle régna sur les esprits et sur les cœurs. De concert avec l'aumônier, M. Lebreton, elle forma une associât iou parmi les filles de la maison, et leur donna tous ses soins pour les établir dans une piété vraie et solido : cette association est eu dehors de celle des sœurs, et porte le nom de la Sainte-Famille; M. l'aumônier et la supérieure en sont les directeurs; ces bonnes filles pratiquent, sous l'apparence de la vie commune, la chasteté, l'obéissance, Ja pauvreté, la charité, vertus dont elle font la promesse au jour de leur admission etqu'elles renouvellent, tous lesansau jourde l'Annonciation. Ce fut en 1845 qu'eurent lieu les premières réceptions.

Les autres pauvres n'étaient pas privés de ses avis maternels; lo dimanche elle Jes réunissait, et c'était pourcux un bonheur de l'entendre les instruire d'une manière simple

SJS COLl Dltllt

c i affectueuse. Cependant sa vie languissante s'usait en faisant le 1 » ï + * i * ; tout nous faisait pressentir h* sacrifice qui nous était demandé: in mai 18\7 s< s souffrances augmentèrent, et les quatre derniers ni» »is ne furent qu'une loiuuf agonie; elle vécut < ependant enrore jusqu'au moi» «le mais 18'»8. Dès le 27 février, elle tomba dans uri assoupissement , qui lui ùta une j /h tio île ses facultés intellectuelles. Sa dernière conversation avec la communauté avait eu lieu le matin, et elle avait eu pour objet «l'indiquer les mesures a prendre cour préserver les pauvres des malheurs que l'on pouvait craindre à celle éj "que. (18*8 . Kl le voulut recevoir les derniers sacrements entourée <le ->a petite communauté désolée, et «les pauvres qui, eux au>si , étaient plongés dans la douleur. Hommes et femmes tous sanglotaient, ils s'étaient encore unis relie lois pour obtenir sa guérison, mais Dieu voulait <ans doute récompenser la fidèle .servante île ses pauvres.

Pendant les derniers joui s les p rôles du t><»n Dieu seules la faisaient sortir de *>on a-soupissenient. Lllc bénit -a petite l'.i 1 1 ? i I ■ * , bénit -ï."» pauvres, et mourut le \ mars IS'»8, a l'âge de 57 ans dont .'l'J passés au service des pauvres. Aussilùi après sa mort les p-a livres plongés dans une profonde douleur entouieit'til son lit tlllièhre. Ils r reompagnéreiil son rorps à sa dciniere <Icm<uie, en priant et en versant îles lai ne"-.

Ouelqiles semaines | lus taid, iN se dirigèrent île nouveau ver- « e heu de don leur et plantèrent sur ces restes une croix qn'i!> avaient eon>ti-n i te eUX-tnelicS. (.'et. lit un ga^e de leur amour re« < »n ; i , > ni enveis leur bonne mère.

I.e reniement des plies du Cu-ur immacnlé de Marie, servantes de> : auvres, te-in que reeurent les deiimi-el es .ies lneurai-.es, avec le règlement que leur donna M:r | e\èquede Uenues, ne « «mUent que- des < «institutions pattieuuères «ï n'est i o:nt soumis a aueune fies grandes i e les qu'ont adoptées la plupart des , on^i égalions u li.:ieiise-. | membres do relie as-o; dation puit'Tt le litre, .le -O'iil s au p; d e-l joint le li-nu de famide. I.a supérieure prend eelui de uièie : ehe e-i éiufl ainsi que l'assistante pour m\ ans et peut être continuée iinh liniuteut.

I.fs membres s'engagent par îles vo-ux simples et annuels de chasteté, de pauv reté, d 'obéi -sauce, selon la re^le, et de -et vu hs pauvres incurables, filles du Oeur immaculé de Marie, elles en disent le [>e(il < Mlle.; la sainte-Messe, une demi- heure de méditation, la lecture d'un chapitre du Nouveau Tc-tarnent et l'examen particulier composent les exercices du malin.

I.e soir on lit un chapitre de l'Imitation, on fait un quart d'heure de méditation ■ le sujet d'oraison est lu le soir en présence de toute !a communauté.

On récite les prières du soir et du main:, le chapelet, avec les pauvres ;» la chapelle. I.e lever e-l a quatre heures l'été, et en hiver à pi tre heures et demie ; le eoueh -r a le- i

, ' t • ■ i. t:c du vol , ir ï: '.S.

NAINE COLl Zii

a neuf heures et demie en tout temps. Le dinerà midi. Il v a ensuite récréation jusqu'à une heure. I.e souper est à sept heures du soir, la récréation dure jusqu'à huit heures et un quart en hiver et huit heures el demie en élé. On ne garde le silence durant le repas que pendant la lecture, qui n'est que de six à huit minutes. On ne peut être admis dans la maison avant dix-sept ans, et l'on ne doit pas en avoir plus do trente. On reste six mois sans prendre l'habit, et le noviciat est d'un an : le temps de la probation est donc de dix huit mois. ( 1 )

l'n sut érieur nommé par Mgr l'évêque de Itennes dirige !a maison. Jusqu'ici un seul établissement avait composé celle petite lann Ile; jamais les anciennes mères n'avaient cherché à s'étendre et avaient môme refusé toute proposition à ro sujet. Mais leur supérieur, M. l'abbé Maupoint , alors grand vicaire de >Lr, qui a succédé a M. Frain, avant lait sentir aux sœurs qu'il leur serait avantageux de posséder quelque établissement dépendant de m lui de Rennes, qui resterai! la maison mère, elles ont accède à sou désir et s«. proposent de continuer à faire le bien scion l'esprit ue leur vocation pour le soulagement de- malades incurables là où le bon Dieu les appelleia. Le nombt e des p , uvres dans l'hospice des Incurables est "id.iiairciiient de cent. C'est la mère <îaillard de ISet lin qui est supérieure actuelle.

Tout par le cœur immaculé de Marie; telle e-l la devise de l'association.

COLTlt I M M ACH.L !>!• .\LVUIEi?OF.tHsiHlt

fi Lu m; i es .

il existe sur la paroisse de Saint-Loup, < aiiton d'Aubenve, diocèse de l.augres, un éi. d'il - si meiii ie' i^ieiix sou s !e nom de Cctur liiuinivuii ai' Marie el dont la fondation remonte eu iNd.'i. Cet établissement formé par la réunion ue trois personnes associées peur faire l'éducation des petites filles de la paroisse, prit boulot, par l'arrivée de personnes oé\. .nées, un tel a< ci oissemenl, q>:p Mui l'an-is. evè piede l.augres, crui devoir éii;er la n. .H-,. u naissante en communauté religieuse ;.;-.r ordonnance du 8 mai 1 8-VO, et le II novembre même» année, étant verni lui-même Leu r une cliaj elle nouvellement enjidi'iit". il donna solennellement l'habii icligieux a cinq personnes parmi relies qui loi n a:ent la petite communauté, et il changea le règlement en constitutions prises dans Ja ri'.ic ne saint Augustin.

L'habit des so-ii s est norr, de forme trèsreligieuse : el es portent sur le civur un irm itiv hn^ de v ingt centimètres. Llles ont une peleiiiie noue et un voile de même couleur asseZ grand, un cordon bleu-ciel et un manteau de même couleur : sur la pèlerine, un collet blanc asse/. lar ^e : une coiffure blanche cou vie leur font et les rdtt1de la ligure comme ; elle de la plupart dos religieuses. M|

Les batimenls sont neufs et assez spacieux. 11 v a un anmoiiier à demeure depuis itW. (»n peut le regarder comme le fondateur le

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DES ORDRES RELIGIEUX

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