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Ces généreuses filles accordent leurs soins aux pauvres, comme aux riches. Quoiqu'elles n'aient pour vivre que les faibles rétributions qu elles reçoivent de ceux-ci,elles n'en ont pas moins de dévouement pour les malades sans ressources : chez les uns et chei les autres, tout en se préoccupant du corps, tout en lui donnant les soins les plus vigilants, les plus délicats, avec cette simplicité angélique qui commande le respect et lareconnaissance, elles savent, avec une prudente sollicitude, consoler les douleurs humaines et verser dans les âmes le baume de la piété et de la résignation chrétienne. Aussi, on peut dire que la Providence a béni celte œuvre. Depuis que les sœurs de l'Espérance ont été s'installer dans celle villa c'est-à-dire depuis six ans, tous les malades sans croyance religieuse, qui ont été soignés par elles ne sont jamais revenus à la santé sans avoir été ramenés à la foi, ou bien sont morts en paix avec Dieu, et toujours la présence de ces veilleuses a été nue source féconde de bénédiction et de salut pour les familles.
Des personnes charitables pressées par l'autorité ecclésiastique , comprenant combien cette instilution est éminemment propre à rendre les plus précieux services à toutes les classes delà société, n'ont pas hésité à faire de généreux sacrifices, pour leur acheter une maison et les attacher pour toujours dans celte cité.
EUSÈBK (Monastère db SAINT-}.
L'exemple de saint Paul, premier ermite» avait été suivi par .un grand nombre de Chrétiens qui voulurent mener le môme genre de vie. Les persécutions en déterminèrent un plus grand nombre encore à s'enfoncer dans le désert de l'Egypte. Ils se réunirent bientôt en commun. Telle fut l'ori-
gine de la vie monastique qu'embrassèrent ienlôl des milliers de fidèles; les monastères se multiplièrent bientôt aussi en Palestine. 11 y en avait un entre Bérée et Antioche ou se distinguait par ses vertus religieuses Eusèbe. La sainteté de sa. vie lui mérita d'ôtre choisi par la communauté pour conduire ses frères dans la voie de la perfection. Il se rendit célèbre par ses austérités, par la sagesse de son administration, par l'ardeur de son zèle, par les grands services qu'il rendit à sa communauté qu'il dirigea longtemps dans les voies de Dieu ; il mourut chargé de mérites et d'années, le 23 janvier de l'an MO; c'est là ce jour qu'on célèbre sa fête
DES ORDRES RELIGIEUX
FAMILLE (Association delà SAINTE-), C'est a iJoroeaux, dans une maison des p n&'f par jf. i>aiM Pierre - Bienvenu plus pauvres, et au milieu d'incroyables dif- ^"a»lt$,mi$$ionnaireapo»tolique, chanoine ticultés, que prit naissance, en 1820, l'assodc Bvrdtaux et 4e Montpellier. dation de la Sainte-Famillo. L'abbé îîoailles,
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son fondateur, en avait rassemblé et préparé les premiers éléments en établissant une confrérie, connuesous le nom de catéchisme de persévérance et donl les membres se vouaient flux pratiques de la piété et a l'exercice deloutes sortes de bonnesœuvres. tën peu de temps <elte confrérie devint nombreuse et acquit des proportions qui, en augmentant chaque jour sa douce et heureuse influence, la faisaient remarquer et bénir de toutes les âmes honnêtes et chrétiennes.
Quelque grands et quelque précieux qu'ils fussent, ces premiers succès étaient loin de répondre aux vues et aux désirs de l'abbé Noailles,elson zèle infatigable le faisait soupirer après une moisson riche et plus abondante. Dans le bien qu'il lui avait été donné d'opérer, il trouva les espérances et le gage d'un avenir que sa foi et sa charité lui faisaient entrevoir d'avance, et il crut que le moment dejeler les premiers fondements de l'œuvre de la Sainte-Famille était enfin arrivé. Le double amour qu'il portait à son pays et à 1'Kglise de Dieu, en se confondant dans son cœur de prêtre et de citoyen, le rendit saintement audacieux. Il lui * fallait des âmes d'élite pour former comme les premières colonnes de l'édifice; il tourna naturellement ses regards vers la confrérie qu'il dirigeait avec tant de consolation et de bonheur, et qui lui offrait déjà, avec la docilitôde la parfaite obéissance, tant d'émulation pourla vt-rlu,lant d'élan et de générosité lour la pratique des bonnes œuvres. Mais lélasl môme parmi les personnes les pl is pieuses, ii en est peu qui soient capables de bien comprendre lo prix et les charmes d'une vie toute de dévouement etde sacrifice! Kncore ces dernières ne sont-elles pas toujours libres d'entrer dans la voie où les appellent leur foi cl leur amour.
Quand l'abbé Noaillesfit appel à sa pieuse et si nombreuse confrérie, il comprit bien vite que, pour le moment du moins, il ne pouvait compter que sur trois de ses membres. Ce petit nombre toutefois ne le découragea point; sa piété même l'accepta comme un heureux présage, parce qu'il lui rappelait la Trinité du ciel, et celte sainte famille qu'abrita pendant trente années l'humble maison de Nazareth, trinilé terrestre, objet de toutes les complaisances du Dieu créateur, qu'il avait tant a cœur de faire glorifier. Mais au moment décisif, l'une des trois congrég «nistes qui lui avaient donné leur parole, celle qui, par sa foi, ses talents ut le rang élevé qu'elle occupait dans le monde, pouvait offrir un concours plus efficace et plus utile, se trouva dans l'impossibilité de tenir ses engagements: sa famille se montrait inexorable et opposait à sa vocation d'insurmontables obstacles. Une circonstance si imprévue jeta l'abbé Noailles dans un extrême embarras; d'un côté, il attachait uno grande importance à ce que la fondation do son œuvre eût lieu au jour marqué et ne fût pas plus longtemps différée, et, de l'autre, il tenait à ce que les fon-
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datrices fussent au moins au nombre dt trois. Dieu lui vint en aide : une sœurdignt de le comprendre, digne d'être associée i ses tribulations comme à ses oeuvre*, et i laquelle il n'avait pourtant confié ni se; peines, ni ses chagrins, vint un jour lu dire après une Messe pieusement entendue Mon frère, je suis ce que vous voultz fain et je suis à vous; et l'association de la Sainte Famille fut fondée lc28 mai. fêle de laSainle- Trinité, 1820.
L'œuvre naissante tenait d'abord si peu de place, était si pauvre et si délaissée, po*;r ne rien dire de plus, qu'elle semblait d'avance condamnée à périr. Le monde s'en moquait ouvertement, une multitude de gens de bien, accoutumés à ne juger des choses que par les apparences, régulaient la folie d'une telle entreprise, la Situaient hautement, ou affichaient pour elle une compassion plus décourageante que ne l'étaient les railleries et les sarcasmes de ses ennemis. Toutes les routes semblèrent se fermer à la fois devant elle, et tel fut le désespoir de sa situation, que l'héroïque courage des fondatrices en fut un instant ébranlé : elles s'imaginèrent que le Ciel luimême se déclarait contre leur sainte entreprise, et, quelque pénible que put leur [Hraître cetto détermination, elles s'arrêtèrent à l'idée de rentrer chacune au sein de sa famille, et de déserter un poste qui ne leur semblait plus lenable. Mais une voix qui va toujours au cœur, parce qu'elle en vient, eût bientôt relevé ces âmes abattues, en leur montrant que les œuvres de Dieu sont toujours marquées au coin de la persécution, et (lue, loin de se laisser décourager par les épreuves auxquelles elles sont en Lutte, elles doivent les regarder comme un présage sûr des succès que leur réserve lavenir.
Ne comptant plus que sur Dieu, mais avant eu lui une conli «nco sans bornes, ces saintes filles furent dès lors inébranlables. Quand elles manquaient de tout même Je pain, «Iles savaient comment s'y prendre pour faire violence au Ciel et le forcer! leur venir en aide : elles grossissaient le nombre des enfants pauvres et abandonnées qu'elles n eueillaient sous leur humble toit, qu'elles nourrissaient et soignaient avec la sollicité des mères les plus tendres. C'est en espérant ainsi contre toule espérance, et en faisant des calculs que la prudence humaine traiterait de folie, mais qui pourtant leur réussissaient si bien, quelles purent traverser des jours difficiles, et échapper à un naufrage que tout semblait reuJre inévitable.
Après avoir, sans jamais se laisser déconcerter, soutenu l'association de la Sainte- Famille pendant ces premières et si rudes épreuves, son fondateur, au milieu des occupations les plus absorbantesde sonnnm*- 1ère, continuait à en faire son œuvre capitale ; il comptait pour rien et les faliguesdu présent cl celles qu'il entrevoyait dons I* venir.