‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 4)Chapitre 10 sur 220 · DES · texte numérisé non relu

DES

ORDRES RELIGIEUX

ADORATION PERPETUELLE DU SAINT - SACREMENT ( Congrégation des soeurs DK L*}, à Marttille.

Les autels oh réside Noire-Seigneur dans Je sacrement de son dirin amour devraient ne jamais manquer d*adorateurs. Nous aroQS tous assez d'actions de grAces i rendre, assez do misères è exposer, assez de botes èexpîer, pour que jamais Jésus-Christ ne restât négligé sur le trône où il s'offre à notre prière ; et cependant combien souvent une désolante solitude autour du tabernacle atteste le peu de soin que nous avons de Qoire salotl C'est pour réparer cette déploratile néj^ligence que plusieurs corporations le sont Touées dans l'Eglise è l'adoration perpétuelle. Ames d'élite qui s'efforcent par leur zèle è suppléer h la tiédeur des Chré* tiens. Parmi ces ordres, il en est un généraleflieot connu k Marseille, où fut institué l'ordre des religieuses dit de V Adoration perpé^ twlU du Saini'SacremenL Son fondateur fut le vénérable P. Antoine Lequien, de l'ordre des Dominicains ou Frères prêcheurs, au-

3ael l'Eglise a dA pareillement la réforme e son ordre connu sous le nom do Congre^

gation du Saini-Sacremeni de* la primiiivs observance.

Ce saint religieux était né à Paris, te 23 février 1601. Entré dans le couvent des Dominicains de la. rue Saint- Honoré» il y fit profession le ih août 1623. Dès son noviciat, il avait formé, pour l'amélioration de son ordre, deux projets dignes d'un zélé serviteur de Dieu. I^ premier était de rétablir dans quelques maisons la pauvreté religieuse comme l'entendit et la pratiqua saint Domi nique. Cetteiréforme, qu'il porta d'abord trop loin, et qu*il dut moditier plus tard, lui attira une opposition très-vive, et même la prison, qu'il subit avec une admirable patience.

Les religieuses du Saint-Sacrement, en venant s'établir au Rouet è Marseille, ont retrouvé de bien précieux souvenirs. Car c'est dans ce quartier, à deux pas de leur monastère actuel, que leur saint fondateur créa la première maison de la réforme des Dominicains et prit possession, le 2 juin 1639, de l'éçlise de Notre-Dame-de-Rouet, qui dépendait à cette époque de l'abbaye de Saint- Victor. Celte fondation souleva une

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tempôlo contre lo P. Lequien ; les plus noires caloranies furent répandues contre lui, et Ton trompa la religion des magistrats au point d'obtenir un arrêt du parlement qui l'obligeait à sortir du territoire de Marseille; mais le saint religieuse sut si bien éclairer la conscience de ses juges, que non-seulement il obtint un arrêt qui annulait le premier, mais encore qu'il fut autorisé à s'établir plus près de la ville et à fonder une autre maison dans le faubourg de llomo.

Le deuxième projet du P. Antoine consistait à former une congrégation de femmes qui, priant nuit et jour, et à lourde rôle, pendant un certain nombre dMieures, devant le Saint-Sacrement, formeraient ainsi une adoration perpétuelle, comme réparalion et amende honorable des irrévérences <iui ont lieu si souvent dans les églises, et l»our obtenir [»ar d'incessantes prières, que Jésus-Clirist, cacîhé dans TEucliaristie, soit un jour connu du monde entier.

Ce grand dessein rencontra moins d'obstacles et moins <i'opposition que le premier; et il fut exécuté et amené graduellement au point de perfection où nous le voyons aujourd'hui, il était demeuré longtemps ti l'état de simple projet dans la pensée du fondateur, quancl, le l^* se[)lembre 1G:3'*, le jour de l'Exaltation de la Sainte- Ooix, le P. Antoine, (|ui était alors maître iW.s nov ces à Avignon, se prosterna devant le Saint-Sacrement, et ollVit sa pensée h Dieu, en le priant de lui donner les lumières dont il avait besoin pour sa réalisation. La uiôme année et le jour de Saint-Mallhieu, le Père renouvela, son offrande, et [)ar rins[)iration de l'Esprit-Saint, il choisit pour prolecteur de sa tulure congrégation Tévangéliste dont on célébrait la fêle.

En lG3î)il lit un premier essai de son institut en réunissant dans celle même ville d'Avignon quelques femmes et des jeunes lilles qui assistaient dans une maison particulière à divers exercices s()irituels. Plus tard, ayant dû faire un voyage à Home, il laissai! Marseille quelques dames pieuses qui vivaient ensemble dans la retraite, et ilevaient former plus tard les premiers sujets de Tordre. Aussitôt qu'elles furent privées de ra|)pui et des conseils de leur futur su[)érieur, ces dames subirent, comme il l'avait fait lui-même, toutes sortes de traverses el de persécutions. Le plus grand nombre se laissa décourager; trois s(;uleuient furent victorieuses de tous les obstacles par leur énergie, leur constance et leur humilité; c'étaient les trois pierres fondamentales du nouvel ordre que le P.Antoine, à son retour de Home, eut enfm le bonheur de fonder.

En 1659, ces pieuses filles s'établirent dans une maison qu'elles étaient parvenues à se procurer près du cimetière de la Major à Marseille. L'acte d'acqui:>ition fut pas^é en présence de l'évêipie, Mgr du Pugel, (pii iour donna dans cet acte le nom de Sœurs du Sainl-Sacrevient,

(1) Vot/. à la lin du vn|., \r 1

La même année, le jour de la Pentecôte, on leur accorda la faveur de conserver dans leur oratoire la sainte Eucharistie, afin qu'il leur fût possible de se livrer dès ce moment à l'adoration perpétuelle. Un an après, l'évoque, cédant à leurs demandes réitérées, donna l'habit aux trois dames qui formaient le premier noyau de l'institut, approuva les constitutions dressées par le P. Antoine, et établit les Associées en simple congrégation jusqu'à ce qu'elles eussent oblenu du Saint-Siège l'approbation de la règle et la permission de s'engager par des vœux solennels. Cette approbation n'arriva qu'en 1660; et le 20 mars, fêle de Saint-Joacliim, après vingt-trois années d'attente def)ui.s leur première réunion, elles purent la remettre à l'évêque, à la grande joie de leur vénérable fondateur.

Les dames du Saint-Sacrement suivent la règle de Saint-Augustin, à laquelle le P. Antoine a joint des constitutions pleines do sagesse et de [)rudence. Leur habit est celui dos Dominicains, si ce n'est que l'ordre des couleurs est inverse; car elles portent la robe noire, le scapulaire et le manteau blanc, avec le voile de même couleur. Elles ont de |>lus deux écussons avec l'image du Saint-Sacrement, dont l'un est plaeé .-^ur la robe h l'endroit du cœur et l'autre aii.icbo au bras.(l)

Les constitutions ayant été approuvées h Home, un rescrit que le Pa|»e Iiinoce-il XI signa de sa propre main, érigea rin»titution en cor[)S religieux avec autorisation de s'engager par des vœux solennels commo dans les autres orilres monastiques. En conséquence, les religieuses s'engagèrent délinitivement en 167i, et entre les mains de Mgr de Vintimille du Suc, alors évê(]ue de Marseille.

Le P. Antoine mourut au couvent de Ga denet, le 7 octobre 1676. Bien loin (^ue cet événement fùi, eomme l'avaient prédit les détracteurs, le signal d'une prochaine et rapiile décadence, l'ordre ne cessa, dès lors^ de s'étendre el de sedévclopjier. Lesévêijues de Marseille l'honorèrent coiislammeiii do leur protection, et Mgr de ïkdzunce eut ton • jours pour lui des sentinienls d'estime et de paternelle alleclion, dignementconiinués|»ar le premier pasteur actuel, Mgr de MazenuJ, (]Ui en a donné une [)reuve éclatante dans la cérémonie de la translation.

En parcourant les anciens registres du couvent, on yvoitdes noms ap[)artenant aux premières familles de Marseille, telle «|ue la sœur Saint-lJruno, fille de M. le marquis Fortia de Piles, gouverneur de Marseille, morte le 10 avril 1786, à l'Age de soixaruotreize ans, dont cinquante de profe^siun religieuse. La dernière supérieure, avant la révolution de 1789, fut la sœur Thérèse de Sainl-Augusiiii, liHe de M. Joachim Ikisiide, lieutenant général criminel au siège de Marseille. Elle avait reçu l'habit le 3 iioûl 1745, à Tàge de dix-huit ans, et des mains Ue Mgr de iîelzunce. Elle fut, ainsi que loules .'rcs rcli*r:icu?cs, 'h'iiiiéc de son rouvenl a!i

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mois de mars 1792, et mourut octogénaire le 23 janvier 1807.

Après la dispersion forcée des religieuses, qoeiqnes^unes parvinrent à se rélugier à Rome. Plusieurs de celles qui étaient demeurées h Marseille furent plus tard mises en arrestation et condamnées à mort par le tribunal révolutionnaire d'Orange « le 2 mai 17M. Une autre, la sooar Saint-André, devait périr comme ses compagnes ; mais Diea la destinait à relever bientôt la sainte maison renversée par l*orage, et la veille du ioor où elle devait monter sur Téchafaud, la chute de Rotiespierre vint sauver sa tète et celle de plusieurs milliers de français destinés à la mort si ce tyran avait vécu quelques heures de plus.

L'ordre avait commencé fiar Tunion de trois saintes filles; trois autres le reconstituèrent après les tempêtes politiques. ÏjBi sœur Saint-André, qui n'avait pas cessé de garder au fond de son cœur Tespoir de ce rétablissement, s'associa avecdeux anciennes religieuses de la maison de Marseille , les sœurs du Saint-Esprit et du Saint-Sacrement. Elles se réunirent dans une maison rue des Minimes, et se clôturèrent le 12 décembre 1816; leur chapelle fut bénite par M. Maurin, recteur de Notre-Dame -du-Mout. Bientôt elles reçurent diverses aspirantes qui formèrent une communauté. Leur maison se trouvant alors trop petite, elles firent construire, rue d'Alger, un couvent où elles s'établirent le 12 août 1836. Mais le nombre des religieuses s'étant élevé à trente, et un p/us grand nombre de pensionnaires se présentant chaque jour, I insuilisance de celte nouvelle maison fut bientôt évidente. La vénérable supérieure, sœur Saint-François- Xavier, qui dirige cette communauté avec tant d'édification depuis^ 18(^3, dignement secondée par son assistante la sœur Saint- Michel, acheta un vaste terrain au Prado^ près de Téglise du Rouet.Le 19 avril 18^7, la première pierre du monastère fut solennellement bénite par Mgr et posée par M. Charles de Chartrouse et Mme la comtesse Mario de Montgrand, née de Panisse, en présence de M, le vicaire général Cailhol. Depuis longtemps ces dames sont en possession de ce nouveau local.

Avant la révolution de 1789, il existait une association de personnes des deux sexes agrégées à la communauté pour l'adoration perpétuelle du Saint-Sacrement; elle fut fondée en 1693. Le couvent possède un registre de cette association. Il remonte à l'an 1708, et contient plus de 12,000 noms. Cette assoeialion a été renouvelée au mois de janvier 18^7; déjà au 1*' mai 1850 elle avait reçu 31,270 nouveaux membres, et depuis cette époque elle a pris encore un grand développement. Elle s'honore de compter parmi ses membres un grand nombre d'ecclésiastiques. Mgr révoque a donné son approbation à cette œuvre, qui répond bien aux^sentiments d'un prélat qui voudrait passer sa vie auprès des saints tabernacles.

Quand le bouleversement social de 1792

vint disperser ses membres, l'ordre do l'Adoration perpétuelle du Saint-Sacrement n'avait que la maison de Marseille et celle de Boilène, fondée en 1725; il possède auiour* d'hui, outre ces deux maisons, celles d'Aix, d'Avignon et de Carpentras. *

ADORATION RKPABATRICB (Congeêga-

TlOlf DBS BELIGIEU8BS DB l'), à Patii.

Les outrages faits à la Majesté divine, la profanation du saint jour du dimanche, les violentes secousses qui agitent le monde, les tribulations qui affligent l'Eglise, ont, depuis quelques années, inspiré à un grand nombre d'âmes un immense désir de réparation et de sacrifice. £n 184^8, la Providence suscita une société sons le nom de Sociélé de r Adoration réparatrice t pour répondre à ce besoin et pour seconder ce généreux mouvement. £n se dévouant à une œuvre si importante, la Congrégation nouvelle en a fait son but spécial, son devoir de toutes les heures; et, comme moyen d'atteindre plus sûrement ce but et de remplir plus utilement ce devoir, elle a obtenu le très-grand privilège d'avoir le Saint-Sacrement perpétuellement exposé.

Cette dévotion est le complément de toutes celles qui ont pour objet de fléchir la colère de Dieu, de réparer les outrages faits à sa divine Majesté, et de le dédommager de TindilTéreuce et de l'oubli de ses crt^atures.

Ici, en effet, on ne se contente pas de la prière, de la réparation et de l'adoration ordinaire : on prie, on répare, on adore sans interruption, le jour et la nuit; on prie en union immédiate avec Notre-Seigneur perpétuellementexposéau regard des fidèlesdans le sacrement de son amour; on répare d'une manière plus directe par le divin Réparateur, élevé entre le ciel et la terre; on adore, en offrant sans cesse la véritable hostie de louange; on appelle les bénédictions de Dieu sur le monde, en lui présentant en échange une oblation d'un prix infini.

Afin que Notre-Seigneuraitun plus grand nombre d'adoratrices, et pour que les personnes du dehors, qui le désirent, puissent participer au môme bonheur et aux mêmes avantages spirituels, la société se divise en trois branches : la communauté régulière, les sœurs séculières, et les simples associées. De celte manière, elle contribuera à propager au dehors la dévotion au Très- Saint-Sacrement, et beaucoup de personnes qui, sans pouvoir s'unir à l'Adoration réparatrice par des vœux religieux comme les sœurs régulières et séculières, voudraient cependant concourir au but de l'OICuvre, et jouir des avantages de cette société, s'y trouveront unies par un même esprit, un lien do charité et des pratiques communes à tous les membres.

Les conditions imposées aux personnes qui désirent en faire partie comme associées sont:

!• Avoir la bonne volonté d'empêcher, chacune autant qu'elle le peut, selon les circonstances et sa position» les blasphènies

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DiCTIONNAIRC

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contre la Majesté difine« les outrages faits à la religion et la profanation du dimanche.

2" Afoir à cœur de réparer de quelque laçon ces sortes de péchés» quand on n'a pu les prévenir.

3^ Faire inscrire son nom sur le registre des associées» communauté de TAdoration réparatrice, 12, rue des Ursulines.

ft* Prendre pour chaque mois une heure fixe h jour déterminé pour l'Adoration réparatrice devant le Très-Saint-Sacrement exposé dans la chapelle de la communauté, ou dans telle autre église désignée à cet effet par l'Ordinaire du lieu.

Les associées qui ont plus de temps à leur disposition et qui désirent participer plus abondamment aux bénédictions attachées à cette OKuvre, peuvent prendre une heure pour chaque semaine ou même pour chaque jour. Les personnes pieuses, qui désirent en outre s attacher par des liens plus étroits h la communauté, peuvent s'inscrire pour l'Adoration nocturne ei pour un jour de retraite chaque mois.

5* Toutes les associées réciteront chaque jour le Pater j VAve^ le Gloria Patrie et les invocations suivantes :

< Loué et adoré soit è jamais Notre-Seigneur Jésus-Christ au Très-Saint-Sacremeut ue Tauteli »

« O Dieu notre Protecteur, regardez* nous, et jetez les yeux sur la face de votre Christ 1 »

« O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours è vousl »

6* Pendant l'heure de réparation ell<^s réciteront un acte d'amende honorable, d'adoration et de louanse.

7* Chaque fois qu elles verront Dieu outragé, elles diront au moins de cœur :

Sit nomen Domini benedictum^ ex hoc nune et uique m eœeulum.

Les associées recevront la croix de l'Adoration réparatrice, présentant d'un côté la sainte face de Notre-Seigneur couronné d'é-

Bines, et l'image de Notre-Dame des Septouleurs; de l'autre, l'emblème de la divine Eucharistie et la ligure du Sacré- Cœur.

Le Souverain Pontife a daigné jeter un regard de bienveillance sur la société de l'Adoration réparatrice, et lui a adressé un bref bien précieux dont voici la traduction :

« PiElK, Pape.

« Pour mémoire perpétuelle. Nous avons coutume de favoriser de notre bienveillance et d'enrichir de saintes indulgences les œuvres pieuses entreprises pour l'honneur de Dieu et le salut des âmes, quand elles s'accomplissent selon les règles de l'Ëglise, c'est*è-dire avec l'approbation des Ordinaires. Or, comme nous l'avons appris dernièrement, il a été institué k Paris d'abord , et ensuite à Lvon, une pieuse société sous le nom de Y Adoration réparatrice^ laquelle se compose de trois classes, savoir : de sœurs régulières qui, étant liées nar les trois vœux simples de iiauvreté, de cnastcté et d obéis-

sance , vivent en commun dans la même maison; de sœurs séculières qui, n'étant liées que par deux des susdits vœux , ceux de chasteté et d'obéissance, peuvent livre chez elles, et enfin de celles que l'on nomme associées. A chacune de ces trois classes sont assignés des devoirs de piété particuliers. £1 , comme nos vénérables frères les archevêques de Lyon et de Paris nous ont recommandé cette pieuse société, approuvée par eux, nous avons résolu de lui accorder cette bienveillance dont nous venons de parler et les bienfaits des indulgences.

< C'est pourquoi, louant dans le Seigneur ladite pieuse société et son but utile et saint, nous accordons è toutes et è chacune des sœurs régulières ou séculières de cette même société, en quelque lieu qu'elle ait été instituée ou qu'elle soit instituée par la suite, une indulgence plénière le jour qu'elles prendront l'habit de l'institut, et celui auquel elles feront ce qu'on appelle la profession; et, quant aux associées, le iour où elles seront admises dans la société : de plus» tous les jours où elles prieront pendant une lieure sans discontinuer devant le Très- Saint-Sacrement exposé è la vénération dans la chapelle de l'institut, et enfin deux jours de chaque mois, qui seront désignés par les évoques respectiis, où elles visiteront la chapelle de l'institut , ou bien une autre* éf^lise publique; pourvu qu'en chacun desdits jours ou elles le feront, étant vraiment contrites, s'étant confessées et ayant reçu la sainte communion , elles adressent à Dieu de pieuses prières pour la concorde entre les princes chrétiens, pour l'eitirpation des hérésies et l'exaltation de l'Eglise notre sainte Mère. De même nous accordons miséricordieuseiuent dans le Seigneur, k toutes les consœurs des trois classes de ladite société, une indulgence plénière avec nardon et rémission de tous leurs péchés le jour où , étant vraiment contrites et s'étani confessées, elles recevront la irès-sainte Eucharistie en forme de viatique, et prieront comme il a été dit, selon leur pouvoir.

« Les présentes seront valatîles pour tous les temps à venir. Nous voulons aussi que la même foi qui serait ajoutée aux présentes lettres, si elles étaient (iroduites ostensiblement, soit également ajoutée aux copies de ces mêmes lettres et aux exemplaires imprimés, qui seront signés de la main d'un notaire public et munis du sceau d'une personne constituée en dignité dans l'Eglise.

« Nonobstant tout ce qui pourrait être contraire. ,

« Donné è Rome, à Sainte-Marie-Majeuro, sous l'anneau du pêcheur, le 8 juillet 1853» de notre (>ontiQcat la huitième année.

«Pour son éminence le cardinal Lambruschini,

« J.-B. Bra!<calboni Castkllani, «uAjrl »

Par concession spéciale de Sa Sainteté, en date du 19 avril 1855, toutes les indulgences accordées dans ce bref peuvent être appliquées aux âmes du purgatoire, et Taumê-

ÂGA

DES ORDRES RËLIÇIEIIX.

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nier de la comniunaulé jouit de Ki faveur de Taulel privilégié quatre fois par semaine.

Les deux jours désignés par Mgr l^arche- ?èque de Paris pour gagner les deux indul* gences mensuelles sont : le premier dimanche et ]e troisième vendredi de chaque mois.

De nouveaux liens unissent aujourd'hui h la société une pieuse association qui a pour but» non-seulement TAdoration perpétuelle, mais aussi l'OEuvre des Tabernacles. Mgr de La Bouillerie , son fondateur» ayant , avec Tagrément de Mgr rarcheyôaue, demandé que les grâces et facultés qui lui avaient été accordées pour cet objet fussent transférées au supérieur ecclésiastique de la société, a obtenu le rescrit suivant :

« Considérant que !e bu t de la société de TAdoration réparatrice, qui se propose principalement dMionorer d*un culte spécial et continuel le très^aint Sacrementde TEucharislie, est digne d*éioge et d'encouragement, nousaocordons et attribuons volontiers au supérieur actuel de ladite société et aux ecclésiastiques qui lui succéderont dans cette charge, tant qu'ils en reropliropt les fonctions, les mêmes grâces et privilèges précédemment accordés à révoque qui nous adresse la présente de-

aiande. (1)

c Rome , le 3* jour de mai 1855.

«Pis IX, Pape. »

AGAPÈTES.

Les Agapètes étaient, dans la primitive Eglise, des vierges qui vivaient on communauté et qui servaient les ecclésiastiques par pur motif de piété et de charité ; ce mol signifie bien-airoées, il est dérivé du grec.

Dans la première ferveur de TEglise naissante, ces pieuses sociétés, loin d*avoir rien de criminel, étaient nécessaires à bien des égards. Le petit nombre des vierges qui faisaient, avec la Mère du Sauveur, partie de rÊgiise et dont la plufmrt étaient parentes de Jésus-Christ ou des apôtres, ont vécu en commun avec eux comme avec tous les autres fidèles. Il en fut de môme de celles que quelques apôtres prirent a ve4; eux en allant

f>rècber l'Evanzile aux nations. Outre qu'êtes étaient probablement leurs proches parentes, et d'ailleurs d'un flge et d'une vertu qui les mettaient hors de tout soupçon , ils ne le^ retinrent auprès de leurs personnes que pour le seul intérêt de TEvangile, atin de pouvoir, par leur moyen,comme dit saint Clément d'Alexandrie, introduire la foi dans certaines maisons, dont l'accès n'était permis qu'aux femmes... On sait que chez les Grecs leur appartement était séfiaré, et qu'elles avaient rarement communication avec les hommes du dehors On peut dire la même chose des vierges dont le père était promu aux ordres sacrés, comme les quatre

> fillesda saint Philippe,diacre, et de plusieurs autn*s; mais hors de ces cas privilégiés et de nécessité, il ne parait pas que l'Eglise ait jamais souffert que des vierges , sous quel- <me Drétexle que ce fût , vécussent avec des

. ecclésiastiques autres que leurs plus proches parents.

(1) F09 à b fia du vol., n«« 2, 3.

On voit, par les anciens monuments»

qu'elle a toujours interdit ces sortes de sociétés. Tertullien, dans son livre des Vier* ^es, peint leur état comme un engagement indis|)ensableè vivre éloignées dns hommes, à plus forte raison è fuir toute cohabitation avec eux. Saint Cyprien , dans une de ses épitres, assure aux vierges de son temps que l'Eglise ne pourrait souffrir non-seulement qu'on les vit loger sous le même toit avec les hommes, mais encore manger à la même table : le même évèque, instruit qu'uo do ses évèques venait d excommunier un diacre pour avoir logé plusieurs fois avec une vierge, félicite ce prélat de cette action comme d'un trait digne de la prudence et de la fermeté épiscopsues : enfin les Pères du concile de Nicée défendent expressément h tous les ecclésiastiques d'avoir chez eux de ces femmes qu'on appelait tubintroductœ, si ce n'était leur mère, leur sœur on leur tante maternel le, à l'égard desquelles disentils, ce serait une horreur de (lenser que des minisires du Seigneur fussent capables de violer les lois de Ta nature.

Par cette doctrine des Pères et par les précautions prises par le concile de Nicée, il est probable <pie la fréquentation des Aganètes et des ecclésiastiques pouvait donner lieu à des scandales : c'est pour cela que saint Jean Chrysostomc, après sa promotion au siège dedonstantinoplo, écrivit deux traités sur le danger de ces sociétés ; le concile général de Latran les abolit entièrement en 1139.

Ij) fréquentation des Agapètes avait eu lieu avant même qu'il y eût une loi générale ))our le célibat ecclésiastique; celte loi même ne fut pas portée dans le concile de Nicée, qui défendit aux clercs promus aux ordres sacrés de retenir chez eux des personnes qui ne fussent pas leurs proches parentes; ce n'est donc pas la loi du célibat qui avait donné lieu h leur société avec les Agafièies, comme Tout prétendu quelques protestants ennemis du célibat des prétrt^s, et qui ont fait grand bruit jde scandales qu'on voulut prévenir, mais qui n'existèrent jamais. Le nom d'Agapètes fut encore donné, vers Tan 3^, è une secte de gnosti-

S lues qui était princinalement composée dt* emmes. Celles-ci sattachaient les jeunes gens, en leur enseignant qu'il n'y a rien d'impur pour les consciences pures. Une de leurs maximes était de jurer et de se parjurer sans scrupule, plutOt que de révéler te» secrets de la secte. On a vu régner le même esprit parmi tous les hérétiques débauchés,

AGATHE. (Communauté de sainte*).

La communauté de Sainte*Agathe, dite du Silence, ou de la Trappe, règle de Saint-Bernard, a commencé son établissement en la rue Neuve-Sainte-Geneviève, faubourg Saint- Marcel, en une grande maison située entre la rue du Pot-de-Fer et la rue des Rosier» ou du Puits-qui-parle, attenante i la commu-* nauté de Sainte-Aore, vers l'an 1697. Cette maison ayant été vendue par décret, elle» furent obligées d'en sortir vers l'an 1S98 r

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ponr aller 6*établir près le village de la Cha-

Bslle, à une lieue de Paris, du côté de Saint* enis ; mais le curé de celte paroisse leur fit plusieurs poursuites, et les fit mettre à la taille, ce qui les décida è quittercelieu pour venir occuper la maison, chapelle et dépendance d'uneancienne maladrerie, appelée de Sainte-Valère, située k rentrée de la rue de Loursine, faubourg Saint-Marcel, paroisse Saint-Médard, où était pour lors une dame anpelée Mlle Guinard, et se lièrent ensemble pendant quelques années ; mais ne s'accordant pas, elles se séparèrent vers Tan 1700. Elles achetèrent pour lors deux maisons sous le nom de deux particuliers, Tuno le 9 avril 1700, Tautre le 17 mai de la même année, située en la rue de l'Arbalète, paroisse de Saint-Médard, vis-à-vis les Filles de la Providence, dont elles passèrent titre à messieurs de Sainte-Geneviève, où elles ont fait bâtir, Tan 1701, une chapelle sous Tinvocation de sainte Agathe. Elles faisaient tous les ansle renouvellement de leurs vœux, et portaient rbtbit de Tordre de Saint-Bernard, et le faisaienlaussi porter à toutes leurs Gnsionnaires c|ui y étaient élevées avec auconp de soin, en leur apprenant toutes sortes d'exercices convenables à leur flge.

L'on solennisait, en la chapelle de celte communauté, la fête de sainte Agathe comme fête titulaire; il y avait un sermon.

Voilà ce que Sauvai nous apprend sur Tinslilul des Filles de Sainte-Agathe, et de tous les historiens de Paris, c'est lui qui en a parlé le plus longuement, mais il est nécessaire d'ajouter de curieux détailssur cette association, dontTesprit n'est nullement indiqué dans ce qu'on vient de lire et qu'on n'apprécierait point si Ton s'en rapportait au récit de Sauvai. Dans une des éditions de la Vie de M. Tabbéde Rancé,abbéde la Trappe, |iar Domlenain, on lit en tête Ti*un chapitre : Filles de Sainte- Agathe^ comme si l'auteur allait nous donner le fruit du zèle du pieux réformateur dans la fondation de ces sœurs, qui lui devraient alors leur institut. Or, dans tout le cours du chapitre, il n'y a pas un mot de ce au'annonce ce titre, mais on sait que cette vie n'a point été publiée telle que l'avait composée Uomlenain de Tillemont. Je suis porté à croire que c'est aumoins à l'influence moraleou autre de M. de RancéguVst due cette communauté de Sainte-Agathe, et c'est de là s^ns doute qu'elle prit ou reçut le nom de la Jroppe et Thabit niancavec les usages de CIteaux, et de là aussi qu'on ap- |>ela les religieuses les Sœurs du Silence^ t«rce qu'elles gardaient ap^iarcmment le silence perpétuer, du moins autant que leurs fonctions pouvaient le permettre. L'esprit qui ré(|[na dans cette nouvelle institution et c|ui finit par la f)erdre, ne ferait ))oint honneur à M. de HAncé,si on pouvait croire qu'il Tavait connu ou Tavait inspiré ; mats à cet égard il n'y aurait de preuve tout, au plus que celle qui ressort des choses. Ces filles de Sainte-Aagatbe s'attirèrent bientôt des tracasseries par leur esprit et leur conduite , Tun et l*autre livrés aux égarements du

Jansénisme et des mauvais guides qui dirigeaient leur maison. Une des sœurs les plus connues fut une Bretonne , Marie-Anne Lecomte de la Nanlaye de Saint-Thurial , i native de Vannes, et d une famille distinguée dans le parlement de sa province. Pieuse et bien élevée, cette fille avait fait vœu de se consacrera Dieu; mais contrariée dans sa résolution parsa famille qui voulait lui procurer un bon parti, elle se détermina à prendre la fuite et s'en alla à Angers, décidée à s'y mettre en condition pour garder ses engagements. Une dame chez qui elle demeurait voulut,au bout d'un an, lui donner son fils en mariage. Mais Tévèque, consultée par la dame sur le vœu que la jeune fille avait déclaré, mit celle-ci en pension chez les Visitandines. Par malheur, Mlle Lecomte de Thurial fit connaissance d'une pensionnaire calviniste, qui lut avec elle le Nouveau Testament qu'elles interprétaient

(Probablement un peu à leur manière, ei ce lit là peut-être le commencement des égarements spirituels où elle donna depuis tête baissée, et pourtant elle avait contribué à obtenir Tabmration de la calviniste. Uno tante que Mlle Saint-Thurial avait à Versailles, l'ayant altiréo auprès d'elle et no pouvant l'y fixer, la plaça, en 1710, à Paris, dans la communauté hc Sainte-Agathe, où elle goûta facileiuent les idées étranges qui y dominaient, résolut d'y rester, et y fit profession le 2 juillet 1712. 11 faut se rappeler qu'on ne faisait là que des vœux annuels. Cependant Tenlêtement, la conduite de ces religieuses faisaient bruit et scandale. Au mois de mars 1715, un arrêt du conseil en chassa les pen«ioiinaires et les religieuses avec ordre a celles-ci de prendre des habits séculiers ; Ton avait d'ailleurs à mettre en avant le prétexte qu'elles n'avaient point de lettres patentes.

La sœur Nanlaye de Saint-Thurial, qui avait pris le nom de sœur Sainte-Agathe^ s'associa avec deux ou trois autres sœurs, et mena avec elles, autant que cela lui fut possible, la vie régulière et même austère dont elle avait contracté l'habitude dans la maison d'où ella sortait. Au bout d'un an, le P. Fouquet oratorien, lui conseilla de se faire Calvairienne, ce qu'elle agréa, et comme elle était trop notée à Paris, on t'envoya faire sa profession à OrK^ans en 1717, sous le nom de Sœur Olympiade. Deux ans après, on Ta fit revenir à Paris, au couvent des Calvairiennes du Marais, où ePe se signala par le jansénisme le plus fanatique, et finit pour n'être pas exilée apparemment , |)ar séchap|)er de son cloître, et après onze ans de vie séculière, mais |)assés dans la retraite et sous Thabit religieux, cette pauvre tète finit ses jours sur la paroisse Saint- Benoit, à Paris, le 3 décembre 1752. J*ighoi*e |K)urquoi elle avait quitté la maison de Sainte- Agathe, car les Filles de cette communauté s'y mintinrent, mais probablement sous Thabit séculier, et on les qualifiait de Filles séculières; elles continuèrent l'exercice de l'enseignement aux jeunes personnes,

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