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Vannes (Morbihan), un refuge pour les libérées. 11 en contient aujourd nui plus defiO.
Pendant Tannée 1851, le manuscrit des modiflcations de la règle fut remis à Mgr réfèque de Limoges, qui l'examina et le lit eX'iminer soigeusemenl par une commission nommée à cet effet par Sa Grandeur.
Au mois d'août 1851, Mgr réunit le conseil de la maison mèr», et lui donna connaissance des principales modifications apportées h la règle; puis Sa Grandeur les approuva et en autorisa l'impression.
Au mois de décembre 185f , le prélat protecteur (1) eut la bonté d'adresser lui-même une circulaire à toutes les maisons de la congrégation, pour leur annoncer la nouvelle règle, qui devait leur être envoyée incessamment (lar la maison mère, et qui devait être obligatoire à dater du 1" janvier suivant.
Ce serait peut-être ici le lieu de porler du nouveau mode de souvernement, et des modifications faites a la règle de Saint-Joseph, pour l'approprier à la congrégation de Marie-Joseph; mais )>our ne pas interrompre l'ordre des faits, qu'on nous iiermette de renvoyer ces détails à la fin de cette notice.
Au mois de janvier 1852, les sœurs de Marie -Joseph obtinrent du gouvernement la reconnaissance légale uu elles sollicitaient depuis plusieurs années. Les décrets d autorisation signés h Compiègne, par le prince président de là république sont datés du 28 janvier.
Dans l'année 1852, les soBurs de Marie- Joseph ouvrirent encore à Kennes un refuge pour les ieunes libérées. Elles y sont au nombre de lo.
Att mois d'août 1852, le chapitre général fut convoqué de nouveau pour les élections. Sœur Marie Saint-Augustin fut réélue supérieure générale, et sœur Marie-Euphrasie, précédemment supérieure à Saint-Lazare, fut élue assistante générale.
£n 1852, le prélat protecteur fil un voyage h Rome; il voulut aller déposer aux pieds du Souverain Pontife, du bien-airoé Pie IX, l'expression de sa respectueuse et filiale affection. Sa Grandeur emporta les constitutions de Marie-Joseph, et les laissa aux car* dlnaux, afin qu'après les avoir examinées, ils daignassent les présenter à l'approbation de Sa Sainteté.
Att mois de décembre 1852. M. Neveux , supérieur général, fut élevé k la dignité de vicaire général et d'archiprêtre de Guéret. Ce digne supérieur fut sincèrement regretté de la congrégation. Il fut remplace par M. Arégui, , chanoine honoraire, aumônier de la maison mère.
Au mois de juillet 1853, les sœurs de Marie-Joseph fondèrent à Vannes une mai- Ci) La iiouvrile règle, ou plutôt la régie modifiée, <*onne ce tiirc et reconnaît réellement |K>ar prêtât f§ûêê€tfur révêque du diocèse où se trouve la maison Mère. Ost donc poqs celle dénomination que nous Indieoerons désormais Mgr Tévéque de Llinofes. dont la sollicitude toute palerDelle rcalm si
son d'éducation eorrectionnelle pour les jeunes filles condamnées en vertu de Tanirle 66 du Code pénal. Cet établissement, si* tué près de la maison centrale , sur la route d'Auray, occupe.Ies bâtiments d*uu ancien collége\ De grandes réparations ont rendn cette maison parfaitement convenable a 1 œovre. L'air y est très-pur : il y a cours , jardins, enclos, prairie, etc..., le tout dos de murs.
Le refiiffe, fondé dans la même ville en 1850, a été annexé à la maison correctionnelle, et ne forme avec elle qu'un seul éiablissement, quoique dans un corps de tiâliment séparé. La chapelle seule est commune, et encore les libérées sont placées dans la tribune, pendant que les jeunes condinn nées occupent la nef.
Tous les inspecteurs généraux qui, jusqu'à présent, ont visité ce double itablis:>e* ment, ont paru très-satisfaits du bon ordre qui y règne.
Le 19 mars 1853, li*s sœurs de Marie- Joseph furent installées à Paris, maison des Jeunes-Incurables. Cette œuvre , qui est
£ lacée sous le patronage de la pnnce^e latliilde, prend chaque jour de Tacctoissenient. 11 y a déjà 70 jeunes filles environ. La maison des Jeunes-Incurables a été mise au rang des œuvres d'utilité publique.
Le 16 août 18S5, les sœurs de Marie- Joseph furent installées à Paris, maison des Saints-Anges, destinée à élever de petites filles pauvres.
Dans le même mois, les sœnrs ouvrirent à Alençon (Orne) un Refuge pour les jeunes libérées de ce déimrtement. Celte fondation est due principalement aux libéralités de M.Lindet, aumAnier de la prison d*Aleuçon, c(ui est en instance pour obtenir de Sa Majesté l'Empereur l'approbation de la dona* tion qu'il bit à la congrégation de Marie- Joseph pour cette bonne oeuvre.
Pour nous résumer, les sœurs de Marie- Joseph sont réparties en vingt-huit établissements, qui tous dépendent de la maison mère du Dorât , savoir :
Cinq maisons centrales : ReoneSp Montpellier, Clairvaux, Lioioges, Vannes; quatre prisons déiiartementalea nou cellulaires: Saint-Lazare, à Paris; Toulouse» Mootbrisoo, Alençon; quatre prisons départementales eellolaires : Bordeaux, Montpellier, Saint- Fluur, Tours ; deux maisons d éducation c<)^ rectioniieile, avec annexe d*un refuge : Montpellier et Vannes; trois autres refuges pour les libérées : Bordeaux, Rennes, Aten(«>n; sept maisons de Providence ou de préservation :le8 maisons du Patronage, des Saiou- Anges et des Incurables, à Paris; l'oovrutr de la Miséricorde, à Vaugirard, près Paris; les maiAns de Saint-Sjrmpborien, de Montbien la si^nittcation de eecie eaiM espcessioa ë son autorité sur la eongrésaiien. I^e^ nmmn de i** rie Joseph eut dijà reeueilU lu fmiu de ce N** veillant Proiectorat, et elles les rtcacilleiit csonv chaque Jour.
DES ORDRES RELIGIEUX
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utUM tl do Dont; trois séminaires : le D(«rat, Felleiîn, llooiuiorillou.
Etat du periomnel de la congréqation de ÊÊane Joseph , au 81 avrû 1856.
n««ibre des retifieoses qui ont fait les vœux fméineh. 250
Nonbre de eeiles qui ont fsil des tooux poar chiq ms. (5
fComlm des eoTÎces. 59
postulantes. il
ToUl.
Delafm pour taquelle ta eongrégaiion a iii
imiituée.
Lss sœurs des priions de Tordre de Marie». Jo»eph se proposent pour fin principale , de TJTre réunies en corps religieux , retirées do monde, sans toutefois garder une clôture ttroitAt incompatible avec le service du iirocbaiD « pour travailler sérieusement à leur perfection, par la pratique de toutes les vertus chrétiennes et Inobservation des îŒQX simples de religion.
Elles se proposent en outre, comme Qn {«rtîeuliëre de leur institut, d*assister spi« rituellement et cori)orellement le prochain, fo se consacrant au service des [irisons. Cest dans cette vue qu'elles se dévouent d'une manière tonte spéciale à passer leur vie dans ces lieox de pénitence, pour surveiller continuellement leurs chères prisonoières; pour leur donner Téducation religieuse et industrielle dont elles ont besoin; poar les former aux vertus chrétiennes, ainsi qn*k des habitudes d*ordre, d'obéissance, de tempérance et de travail, etc. Heureuses et trop pavées de leurs sacrifices, si, pour tant de travaux» elles peuvent rendre k TEglise quelques âmes sincèrement repentantes, et à la société quelques membres utiles que la justice humaine ne sera plus obligée de frajpiier.
C'est toujours dans ]a même pensée , et pour compléter leur œuvre, qu'au sortir des Hnsons elles ouvrent aux Hlles libérées des naîsons de refuge en aussi grand nombre que la charité des fidèles et leurs propres ressources leur permettent.
Si leur zèle pour la rébabilitation des Imes flétries ose affronter la vue du vice el do crime, leur pieuse sollicitude n'en est |its moins éveillée sur les moyens de préserver l'innocence. C'est pourquoi la charité leur inspire encore d'ouvrir des maisons de jcéservation, pour les petites filles pauvres o« orphelines, que l'abandon conduirait iné- Titabiement h la misère et au déshonneur ; rt plus lard, poor les jeunes personnes d'un ^ un peu plus avancé, cies maisons de triTail, des ouvroirs où elles puissent apprendre des états convenables qui leur peruiette de vivre honnêtement en travaillant.
Au fouoememeni de la eongrégaiion.
Sous le protectorat de Mgr i'évéque de Umoges, la congrégation de Marie-Joseph «t gouvernée par un supérieur général, ^ tme supérieure générale , et par un con-
seil d'administration, composé de l'assistante générale, de la maîtresse des novice^, de l'économe et de la secrétaire générale.
Le conseil est ordinairement présidé par la supérieure générale.
Le chapitre général , composé des membres du conseil ordinaire, de tontes les supérieures locales et de quelques religieuses jirofesses est régulièrement convoqué tous les cinq ans pour les élections.
Les vocales, légitimement dispensées de se rendre h la séance • envoient leur vote cacheté.
Le chapitre général peut être aussi convoqué pour des affaires importantes, intéressant toute la congrégation, il est présidé par le prélat protecteur, et, en cas d'absence, par le supérieur général
De$ qwdili» requises aux novices,
1* Il faut que les notices soient issues de légitime maria^çe II faut que leurs parenis soient de bonne réputation ; sjls étaient décriés pour quelque crime énorme ou pour avoir été punis par sentence, elles ne pourraient être reçues.
S* Il faut qu'elles aient passé leur vie dans la pratique de la vertu ; car si elles avaient donné quelque scandale ou commis quelque mauvaise action au préjudice de leurnonneur, elles ne seraient point reçues.
3' II fautqu*elles aient la santé et la force nécessaires pour les exercices de la congré-
Sation; on ne reçoit point celles qui ont es maladies habituelles, incurables, ou qui peuvent se communiquer, ou qui sont d'un tempérament trop faible, ou qui sont aveu*
S les, manchottes, fort boiteuses ou extraorinairement contrefaites.
4* 11 faut qu'elles aient un bon sens naturel, la raison et le jngement capables de comprendre les choses temporelles et spirituelles nécessaires à leur salut et aux em* plois de la congrégation.
5* Il faut qu'elles sachent lire et écrire.
6* Il faut qu'elles aient un naturel doux et flexible au bien.
7* 11 faut qu'elles soient parbitement libres el qu'elles ne soient pas engagées kdes dettes, ni k l'obligation de nourrir ou secourir leurs pères et mères.
8* On n*en reçoit point avant l'Age de quinze ans complets, ni après l'Aite de trente -cinq ans.
La pension est fiiée à trois cents francs , et la dot à six mille francs. Néanmoins, dans l'admission des sujets, la congrégation a plus d'égards aux dons de la nature et de la grAce, qu'aux dons de la fortune ; aussi fait-elle aisément des concessions, lorsque les sujets ont d'ailleurs toutes les qualités requises.
Des vœux qui se font dans la congrégation.
Après deux ans de noviciat ( sans y comprendre le temps du postulat ), les novices sont admises a faire des vœux [>our cinq
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DlCTIONNAIRl::
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uns. Si |»endant tout ce temps elles donnent des preuves solides de vocation religieuse» ainsi que d'amour et d'aptitude pour les ouvres de la congréKalion , elles peuvent enOn faire des vœux fierpétuels de pauvreté, de chasteté et d'obéissance, auxquels elles joignent le vœu de stabilité dans la congre-^ ^aiioo de Marie«Jo$epb.(l)
MARIl!^THÉltÈSE(CoMMUHAX]T£ des Soeurs
de) 9 à Limoges.
Les Sœurs de Marie-Thérèse sont connues, "h Limoges, sous le nom de Sœurs du Ban^ Pasteufy h cause de Tétablissememt qu'elles dirigent. L'œuvre de ces dames est multiple ; elles doivent : V tenir des écoles gratuites « 6Ù les filles pauvres recevront jusqu'à la première communion l'instruction ordinaire , et où elles apprendront un état qui puisse les éloigner du vice , en les mettant, par le travail, au-dessus du besoin; 2* instruire les personnes de tout ft^e qui pourraient ignorer les vérités de la religion ; disposer ces personnes à recevoir les sacrements, et à laire bénir les mariaj^es nvils; le tout gratuitement; 3* établir des maisons de refuse pour donner asile aux ûlles de mauvaise vie qu'on espère ramener à Dieu; 4* former dans chaque maison de l'ordre un pensionnat pour les jeunes personnes, qu'avant tout on lAchera de rendre vertueuses; 5' joindre aux œuvres de miséricorde spirituelle le travail des mains, atin de pouvoir mieux secourir les pauvres.
Marie Brochet de La Rochetière, née h Lyon, méditait depuis longtemps ce projet gigantesque; M. L'Espiaut, curé de Sainl- Elo'i, à Bordeaux, en jugeai)t aussi la réalisation possible, eut le bonheur de le faire agréer à son archevêque, Mgr Da viau-Dubois de Sanzai. Quelques Ames d'élite s'offrirent avec joie pour partager le sacrifice de Mlle de La Rochetière, et en 1815, le 15 octobre, fête de Sainte-Thérèse, qu'on choisissait pour patronne de l'ordre, plusieurs sœurs consacrèrent définitivement a Dieu leurpcr sonne et leur fortune. Marie de La Rochetière fut élue supérieure générale, sous le Dom de Marie de Jésus.
Les Sœurs de Marie-Thérèse s'établiren h Lvon en 182b et h Limoges en 1831k. Ce« pendant ces communautés n'avaient pas entore de règle approuvée par le Souverain Pontife. M. Féret, fondateur de la maison du Bon Pasteur h Limoges, où il était chanoine, partit pour Rome lel"novcmbrel834, et au mois de mai de l'année suivante il rap porta è ses pieuses Filles, avec la bénédiction du Saint-Père, des règles et constitutions approuvées. Pour ne pas trop embrasser, la maison de Limoges ne s'occupa que d'un refuge, œuvre importante et difiicile dans une ville remplie d usines, dont les ouvriers fréquentent peu l'église; œuvre au service de laquelle il faut bteo du zèle et bien des ressources. Du reste, de 1806 i 1822, Mgr du Bourg, évéc^ie de pieuse et digne mémoire, avait souhaité pour sa ville épiscopale un asile où la faiblesse des filles pauvres pût
(1) Voy. à la On du vol, n« 141. 141
s'abriter contre les séductions du vice qi^e bien des causes j rendent contagieux. La fondntion de M. Féret réalisa ce vcou ei reçut le concours de toutes les flmes pieuses de Limoges.
Depuis 184d la maison du Boii "Pasteur reçoit, dans un local distinct quoique adjacent, de jeunes détenues que })atronnent et ins* pectent des dames de la ville qualifiées de tisiteuses de la maison d'éducaiion correctionnelle du Bon^Pasteur. Cet établissement reçoit en outre, dans un troisième lor^l, sous le nom de préservées, de jeunes filles ex* posées.
Quelque temps après leur installation i Limoges, les dames du Bon Pasteur, avec l'autorisation du Saint-Siège , se sont s^ parées des maisons de Bordeaux et de Ljon ; elles forment donc une comirunauté locale qui ne relève d*aucnne autre. Depuis la mort de M. Féret (18ï9), M. Dissandes da Bogenet, vicaire général de Limoges et archidiacre de Guéret, a pris la haute direciioo de cet établissement.
Les sœurs de Marie-Thérèse sont vêtues simplement et pauvrement en laine ooire. Les sœurs de cnœur ont une queue à leur robe avec des manches larges et longues. Le voile est noir, d'une gaze légère, et assez long pour dépasser la taille. Leurbooneta une oande de mousseline empesée et uo peu plissée qui forme le demi-cercle audessus du front et retombe en forme de rabat. Au-dessus du bonnet est un serretète noir comme le voile. La guimpe blanche, en. coton ou en toile, a la forme d'une 1)èlerine. Un cordon en laine bleue suspend i leur cou un crucifix en argent, et chaque religieuse porte une alliance eu argent dm laquelle est gravé le nom de Jésus avec celai de la professe, ainsi que le jour et l'an de ia profession. Au c6té de chaque sœur est appendu un rosaire, attaché à un cordon bleu qui forme ceinture et au bout duquel so trouvent cinq nœuds et deux glands. Le5 sœurs converses sont vêtues de mètne, mais leur robe n'a pas de queue, leur guimpe e»t noire et leur voile très-court.