‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 4)Chapitre 120 sur 220 · NAR · texte numérisé non relu

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iniistiit» pour ainsi dire, Tasile des pauvres oulides et des infirmes, par leuraciiviié et leur îngéoiease charité ; les sœurs avaient m% ^*baspice de Périgueiix dans un état irès-prospére y lorsque éclata la révolution lie 1830.

' AriDt de parler de cette époque où la congrégation eut à éprouver de nauveaux rev«rs, nous dirons qu'elle avait été ap- |roa?ée par un décret impérial en date de ttiO. Oe plus la maison de Hussidan Tavait été, i-omme dépendante de celle de Périgoeox en 1811.

La congrégation avait reçu des sujets sBffisaots |K>ur desservir les hospices de Périgueaz et de Mussidan, malgré les demandes qui lui étaient adressées, la congrégauon oe pensait guère à faire de nouvelles feiKiations.

Eo 1830, Tadministration de Thospice de Férigueux fut presque entièrement change. Ces nouveaux administrateurs suscitèrent mille tracasseries aux sœurs, (ne des plus graves fut la mesure ^ue foolorent prendre ces messieurs de limiter to nombre des 5œars, ce qui leur ôtait la possibilité d'admettre de nouveaux sujets et |ttr cooséauent de prendre de Textension, faisqap la congrégation n'avait pas de OûTJciat indépendant de l'hospice.

U congrégation comprit I urgence d'obvier k cet inconvénient, mais on avait peu de ressources pécuniaires , elles n'allaient l«^ au delà de 3,000 fr.; on compta sur la Prorideoce et elle ne flt pas défaut ; on ithettun petit local, (distant de deux lieues «^Périgueux, à Saint-Léon sur Lille). Ce- Uiilàquese retirèrent provisoirement quelques nuTtces qui étaient entrées à l'hospice, iprès le départ des novices, ces messieorsn'eo poursuivirent pas moins leur pcrsécQtion, espérant lasser la patience des lœurs; ils surent même mettre dans leurs miéfêts Mgr de Lestange, évéque de Péri- P«ux, qui était facile à surprendre, à cause <l« son çrand âge* Cependant, éclairé sur <^tte affaire par un vicaire général, il avoua qu'on l'avait trompé, mais il mourut subite- B>«ot avant d'avoir rendu justice aux sœurs <ie Saiote-Martbe.

Si ou avait surpris Monseigneur, il n'en fut pu de même de la majeure et de la plus influente partie du clergé; aussi le chapitre qui gouvernait le diocèse pendant la vacaii- <^ du siège témoigna toujours l'estime, l'in- ^Mk et la bienveillance qu'il portait à la wogfégatioD.

Ce fut avec l'approt^tion des supérieurs ^tésiasiiques que les sœurs sortirent de Ibâpiia), voyant qu*il n'était plus possible ^^!»y maintenir, en novembre 1835. Une partie de la communauté se rendit à Saiut- '^n où était déjà le noviciat, cinq religieu- ^^ Sainte-Marthe prirent une route oj>- P^ pour aller dans une petite localité à ■^aamoai ( Dordogne ) , ou elles étaient *P|ieiées depuis longtemps pour y diriger on hospice et une maison d'éducation.

*wlc$ revers^ s'ouvrit une nouvelle ère

Eour la congrégation, ce n'était plus un seul ospice à gouverner, c'étaient de petites villes qui réclamaient des sœurs pour soi-

Î;ner leurs pauvres et élever chrétiennement es enfants. De ce nombre fut d'abord Thi*viers, ( Dordogne) où trois sœuH's furent envoyées en 1836 pour diriger un hospice et y faire une classe gratuite. Plus tard ÏB Bugne, pour y fonder un établissement semblable à celui de Thiviers.

D'autres établissements se formèrent sue* cessivement.

Mgr Gousset fut nommé à l'évèché de Périgueux, et prit possession de son siège en 1837. Sa Grandeur n'eut pas plutôt pris connaissance de ce qu'avait eu k souffrir la congrégation de Sainte-Marthe qu'il compatit k ses peines et lui témoigna toujours le plus vif uitérét.

Avec le développement que prenait la congrégation, il lui fallait une maison mèrt^ dans la ville épiscopale. Monseigneur le désirait et la communauté avait toujours nourri cet espoir, il put enGn se réaliser.

En 1839 les religieuses de la Visitation ayant fait bAtir une nouvelle communauté^ désiraient céder leur ancienne maison.

Les sœurs de Sainte-Marthe en Qrent l'acquisjtion et en prirent possession en novembre 1839.

Celte même année et presque à la même époque,Monsciçneur désira mettre des sœurs de la congrégation à son petit séminaire de Bergerac ; trois religieuses y furent envojrées

f)Our soigner les élèves malades, surveiller a lingerie et la cuisine.

Les sœurs de Sainte-Marthe étaient en petit \ nombre, parce que peu de sujets s'étaient pré* sentes pendant te temps d'épreuves et de persécutions qui venait de s'écouler, et néanmoins il y avait quelques novices et postulantes, et dès l'année 18fc0, il y ept une profession à la maison mère. Mgr Gousset voulut bien lui-même recevoir les vœux de cette religieuse.

Périgueux ne possédait pas encore d'asile. La communauté de Sainte-Marthe fonda cette œuvre dans sa propre maison peu de temps après sa rentrée.

A Mgr Gous.set succéda Mgr George; ce prélat continua l'œuvre de son prédécesseur en témoignant toujours son intérêt et sa bienveillance k la congrégation.

Les autorités de la ville de Périçueui confièrent en 1846 k la congrégation 1 œuvre dite dépôt de mendicité, mais qui auiourd'hui est en réalité un hospice d'incurables. Cet établissement est situé k la cité.

Nous avons déjk dit que plusieurs conçré-

(;ations du diocèse avaient pris et suivaient a règle des sœurs de Sainte -Marthe, quoique indépendantes de la congrégation.

Ces communautés étaient celles des hospices de Bergerac, P«ibérac, Brantôme. La communauté d'Eymet et celle de Mompazier. Trois autres communautés, suivant une règle très-peu différente, maiss'appliquant aux u)ômes œuvres existaient encore dans le diocèse. C*étaii l'hospice de Sarlat, sous le patronnagc

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DtCTlCNMAlHE

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lie saint Alexis, et Icsdeux communautés de la Miséricorde de Bergerac, Tune située dans la ville et l'autre au bourg. Ces trois maisons étaient aussi indépendantes.

Parmi ces diverses congrégations vouées è peu près aux mêmes œuvres quelques unes avaient peine k se soutenir faute de sujets. Mgr George conçut le projet de réunir ces neuf communautés pour ne faire qu*ane seule congrégation, sous la direction aune supé^ ricure générale, titre qu*aucune d'elles ne possédait encore.

La congrégation de Sainte*Marthe de Péri* gueux fut approuvée et reconnue comme ayant une supérieure générale en novem** bre 1852.

Mgr George réalisa enfin cette même année la pensée qu*il méditait depuis longtemps de réunir les neuf communautés en une seule, sous une même règle qui fut acceptée par toutes les religieuses. On adopta aussi un costume uniforme.

Cette acceptation de règle et de costume eut lieu à la fin de novembre 1852. La congrégation générale prit le nom de Sainte-Marthe.

Le noviciat fut transporté à Périgueux et contié aux sœurs de Sainte-Marthe, en attendant qu'une supérieure générale fût nommée. Elle le fut à la majorité des voix de la congrégation, le 23 août 1855. Cette première supérieure générale fut Sainte-Marie-Rose Pichon, supérieure depuis treize aas des sœurs de Sainte-Marthe de Périgueux.

La congrégation se composait, è 1 époque de la réunion, de cent soixante religieuses et d'une trentaine de sœurs converses.

Diven établis$ements de la congrégation dans le département de la Dordogne.

1* Périsueux quatre établissements. La maison mère, une salle d'asile, le dépût de mendicité et deux religieuses au lycée pour y soigner les enfants et surveiller la lingerie.

2* Bergerac. Un hospice, la Miséricorde, cette maison donne des secours aux pauvres h domicile, un orphelinat, un asile, une classe gratuite, une classe payante, trois re* ligieuses au petit séminaire. '

3° Une maison de Miséricorde, au bourg de Bergerac, une classe gratuite, un pensionnat, un hospice d'incurables.

fc* Mussidan.Un hospice et une classe gra* luite.

5* Sarlat. Un hospice et un orphelinat.

6* Ribérac. Un hospice et une école gra« luite.

7* Mompazier. Un hospice, une classe gratuite, un orphelinat, un asile et un pensionnat.

8* Kymet. Un hospice, une classe gratuite et un pensionnat.

9* Brantôme. Un hospice et une classe gratuite.

10' Bcaumont. Un hospice, une classe gratuite et un pensionnat.

11* Le Bugue. Un hospice et une classe gratuite.

12* Tbiviers. Un hospice et une classe gratuite.

13* Mareuil. Secours aux pauvret ldomi« cile, un asile et un pensionnat.

li* Milhac. Secours aux pauvres ï demicile et une classe gratuite.

15* Pluviers. Secours aux pauvres à domi* cile et un asile.

16* Latourblancbe. Classe gratuite et pensionnat.

17* Belvès. Deux établissements, uo hospice, une classe gratuite et un |iensioniiat.

18* Mompont. Classe gratuite, un ueosioa nat, dans peu de temps un hospice.

19*SaintAvit-Semeur.Secoursaux|>aiiîres h domicile, classe gratuite et un pensionnat.

20^ ChervaL Secours aux pauvres à domicile, classe gratuite et classe payante.

21* Yillefranche de Belvès. Hosoice, classe gratuite et pensionnat.

22* Domme. Un hospice, une classe gra« tuiteet une classe payante.

23* Saint-Cyprien. Un hospice, une classe gratuite et une payante.

21^* Le port de Sainte-Foi. Classe «raidie et classe payante,

25* Foùleyx. Classe gratuite et un hospice.

26* Saint-Aulave. Un hospice, une ctasae gratuite et une classe payante.

Dans le Lot-et-Garonne.

27* Castillonnès. Un hospire, uneclassegn* tuite, un pensionnat.

28* Lévignac. Un hospice, une classe gratuite, un pensionnat.

29* Cahusac. Une classe gratuite.

CoMtume avant la révolution^

1* Une robe noire, k queue et toniqae semblable; 2* Fichu blanc en toile; 3* ^o^ nette blanche en batiste à longues barbes; k* un voile écharpe, taffetas noir, nouant sous le menton ; 5* manchettes blanches, rabattant sur laJmaDche noire ; 6* croix d^argeni, sans christ, sur la poitrine; T un chapelet noir au côté; 8* une ceinture en laine.

Le costume après la révolution subit des roodiQcations, on supprima la robe longue, on prit la robe ronde. Le fichu, la croix, le chapelet subsistèrent toujoura ainsi que la chaussure.

La coiffure fut entièrement cbansée, m prit des coiffes semblables à celles ues veoves du pays et k la place du voile ua mantelet avec capuche.

Ifouveau costume adopté par la congrtgoii^

générale,

1* Robe noire, étoffe comnaone: 2* frba blanc; 3* une pièce, étoffe noire, sar ia poitrine ; fc* une croix avec christ, le loui en argent, sur la poitrine attachée arec une tresse en soie noire; 5* un bandeau blanc avancé sur le front ; 6* cornette en mûus>^ Une épaisse i longue barbe laissant roir i^ bandeau, attachée avec une épingle sou^ le cou; 7* un voile noir |ieiit ^>our la o>i>* son, un plus grand pour sortir qu*on ^ baisse que pour la sainte commuoioD;'* tablier noir pour 8ortir et en coton b>^'^ foncé pour la maison; 9* petites manches ooi* rcs étroites sous celles de la robe qui s '"^

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DES ORDRES RELIGIEUX

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soi

irgesde 0,50 centimèlres ; 10* chapelet noir, irec cbrisi en cuivre, au cdté; il* une tioture en galon laine noire à longs mis; li* bas noirs ei souliers ouverts non icès. (1)

HâRTHE (SœvBS DB SAINTE-; ou SOEURS DES ORPHEUNES, à Grosse [Yar).

Cesten 1831, 8 février, qu*on tout jeune prèire, vicaire de la paroisse de Grasse, presque ^ans secours et sans appui, après Doe neuvalne de prières en l'honneur du ûcoheureux aujourd'hui saint Liguori, outrii, avec l'approbation de son évèque, un i»ile, i six orphelines les plus pauvres et les plus exposées aux dangers de la corrupiioQ. 11 plaça à leur tète une demoiselle âgée de cioquante-qualre ans, nommée Marie- Ciiire Roubert, native du plan de Grasse. OMle demoiselle pieuse, intelligente, quoique sans instruction; affectueuse pour les (Hioes personnes surtout, lit, dès ce monenl et pour toujours, une abnégation complète d'elle-même pour se dévouer à cette (Eurre naissante. Une chambre, qui servait ili fois, de dortoir, de réfectoire et d'atelier, fut offert à ce prêtre par une dame resfecuble, pour commencer un établissement diml il était impossible de prévoir les résultats. Cette personne tenait è une famille très-bonorable de Grasse; elle s'appelait Mioe W* Bruéry, dame pleine de zèle et de déTouemeni pour les bonnes œuvres.

Presque aucune misère n'échappait à sa pré- Toyaote charité. Aussi, son nom et sa roé- Boire restent gravés dans le cœur des pau-

ITM.

L'asile fat ouvert, à cette époque critique, où la religion n'était rien moins qu'en hon- Mor, et où les bonnes œuvres de ce genre (iaieni presque inconnues dans nos contrées. Le publie jeta comme un œil de pitié sur le berceau de cette maison. Pauvre prêire^ ^tioii-oii, oA veut'ii aller? que va-t-il dereair, (ni? le zèle de ce prêtre le trahit, fit ce prêtre, sans s'émouvoir, se contentait de répondre : « Thomme est faible, mais Dieu e&i laissant. Si c'est l'œuvre du Seigneur, rien ae |K)urra en arrêter les progrès. »

Malgré toutes ces clameurs publiques, la colonie naissante lit son chemin; il fallut poortant trouver les moyens d'instruire ces jeanes filles dans les principes de la religioD, et trouver des ressources pour les iioarrir, entretenir. Le prêtre ne pouvait disposer que des bien modestes revenus de »Q ficanat insuflisants pour une pareille <^ase. Il dut donc recourir à la charité publique; mais le public» ne pouvant se ^dre raison du but de cette œuvre, resi^it sa bourse et n'accordait que ce qu'on nose refuser au pauvre qui tend la main. Plus d'une fois ce prêtre se trouvant sans un n^ortcau de pain |)Our ses chères orpheli- ^ qui en demandaient et qui en man- QoaieQt, se contentait de gémir en silence, w prier et de faire prier ces jeunes cœurs : •Qssi peut-on lé dire, la prière de l'orpheuae, appuyée sv^r la puissante médiation du dorieui saint Joseon, ne resta jamais sans i<) Ve|.àbfindu voL, u** iio, la.

effet. Au moment ou tout semblait désespéré, le secours providentiel arrivait plus abondant qu'on ne pouvait se le promettre. Cet état de choses dura pendant six mois, et pourtant le nombre des orphelines avait atteint le chiffre de dix. Le local devint in» suffisant; les lits étaient serrés les uns contre les autres; les chaleurs étaient étouffantes; la santé des enfants pouvaient être compromise. Le prêtre se mit donc en quête pour trouver ailleurs un logement quelconque, Diais plus ^S'ote et plus commode. La Providence, qui n'abandonne jamais les siens, ne fit pas longtemps attendre son intervention^ Un local hors la ville, ou plutôt une grande et vieille masure qui menaçait ruine fut tout ce qu'on put trouver, et le propriétaire en exigeait 500 fr. de loyer, et encore fallait*ii lui offrir une caution, soit qu'il craignit quelque événement traj^ique dans les affaires politiques, soit au'il regardât ce prêtre comme insolvable. Une famille pieuse, Lamatte Calixte, qui jouit, à juste titre, d'une haute con.sidération, voulut bien prêter sou concours de grand cœur pour l'accomplissement de cette bonne œuvre, et un bail de quatre ans fut passé entre le propriétaire et cette famille.

Bientôt on se disposa à faire le déménagement, qui se fit sans grands frais. La petite colonie se mit i l'œuvre, et transporta dans le nouveau local les pauvres meubles clairsemés dans leur habitation ; mais le Dieu des orphelins sait leur fournir tout ce qui est nécessaire, et cela suffit.

A ueine la petite communauté fut-elle installée dans le nouveau local, que, de tons les points de l'arrondissement, arrivèrent de jeunes orphelines qui demandent un abri , et bientôt le chiffre fut |)orié è trente. La fondatrice, couturière de profession, distribua à chacune, selon son âge et son aptitude, le travail dont elles étaient capables. Les unes tricottaient, les autres confectionnaient des chemises, celles-ci filaient, celles-là raccommodaient le vieux linge, etc. Mais comment surveiller de près ce nombre croissant de jeunes filles, dont la plupart arrivaient avec des défauts et des vices déjà enracinés. Une seule personne ne pouvait suffire, il fallait des adjointes. Le désir du fondateur ne tarda pas a s'accomplir; quelques pieuses demoiselles se vouèrent à la bonne œuvre, vinrent se îoindre à la fondatrice pour rivaliser de xele, et contribuer, par leur travail, à la prospérité de l'établissement. Une de ces demoiselles Françoise Cauvain, en offrant le travail de ses mains, mit encore à la disposition de l'œuvre une partie de sa pension viagère de neuf cents francs; ce qui ne contribua pas peu à soutenir à encourager le moral de l'orphelinat.

A mesure que le nombre de Biles croissait, les besoins se faisaient sentir vivement. Pendant les trois premières années q>je de

(»eines, que d'angoisses, que de privations I ci, plus d'une fois, le doigt de la Providence s'est fait sentir d'une manière frappante. Au moment oik tout semblait perdu* où l'œuvre semblait toucher à sa fin, un

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rayon d*espéranco Tenait relever les courages abattus; c'étaient quelques denrées » quelques mesures de blé, quei({ues centimes qui débordaient du trop plein des riches qui, souvent, étaient envoyés par des personnes dont le nom nous était caché. Mais n'importe, la bonne œuvre n'en était (]ue plus méritoire. Les orphelines éclataient en actions de grâce devant Dieu, et priaient pour leurs bienfaiteurs inconnus.

Pendant les moments do détresse extrême, qui ne se renouvelaient que trop souvent 1 adjointe à la fondatrice, après avoir épuisé toute sa bourse, animée par un sentiment de piété et de confiance, allait s'adresser au père des pauvres, Jésus-Christ, et puis, par un mouvement de ferveur, elle allait frap-

Iier sur les marches de l'autel, et quelquebis jusqu'à la porte du tabernacle. « Mon Dieu, » s*écrîait-el!e, « vos enfants sont pressés par les besoins; vous les avez conduits ici, c'est è vous à leur envoyer le pain qu'ils réclament. • Cet acte, peut-être excessif de zèle, n'a jamais manqué d'obtenir son effet le jour même, quelques instants après, l'abondance arrivait dans la maison, la joie renaissait dans les cœurs, la confiance devenait plus forte que jamais.

Une chose manquait dans la maison, c'était la présence de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Le prêtre s'adressa à Mgr l'évêque, Mgr Michel, de précieuse mémoire; en lui ex()Osant les besoins spirituels de cette nouvelle communauté, il sollicita de sa bonté la permission d'ériger un petit oratoire dans la maison, afin de pouvoir y dire la sainte Messe et d'y garder la sainte réserve. Sa demande fut favorablement accueillie, et un tout petit oratoire fut pratiqué dans uu appartement relire : là, s'offrit presque tous les jours le divin sacrifice auquel toute la famille assistait avec une ferveur telle, que souvent le prêtre avait vu retracée la piété des fidèles des premiers siècles de TEglise. Là, se faisaient, à différentes heures de la journée, des exercices pieux où ces intéressantes filles rivalisaient d'exactitude et de dévotion. Là, sur le soir, ces anges de la terre venaient é|>ancher leurs jeunes cœurs devant Notre-Sei-

(;neur Jésus Christ, s'entretenir avec lui, et e remercier de tous ses bienfaits.

Trois ans se passèrent ainsi au milieu des épreuves et des consolations. Quoique le bail ne dût expirer que l'année suivante sur l'injonction du propriétaire, il fallut chercher un autre local. Nouvelles épreuves, nouvelles angoisses, ce changement donna lieu à de longues et pénibles recherches. Une assez vaste maison au centre de la ville, .du prix de 12,000 fr., mais qui exigeait de grandes réparations était en vente; il ne restait rien en caisse, et pourtant il fallait fiiire un effort, acheter et laisser le reste à ]a Providence. Le prêtre se mit donc à l'œuvre pour réaliser quelque argent. Une dame fort respectable, Mme la maniuise de Gourdon, à qui le prêtre fit part de son projet, lui offrit 3,000 fr. pour sa part; d autres

dames, aussi honorables, voulant aussi contribuer à la bonne œuvre, loi offrirent^ cfcaeune, leur quote part et bientêt on pm réa* User la somme de 7,000 fr., qui fut employée à l'achat et aux frais d'acte. On s'en remit, pour le complément de la somme, aux soios de la Providence.

La mnison fut réparée et oiise en état de contenir Torphelinat. Les réparations séhvèrent à 10,000 fr. Comment tout cela s*est payé, on ne saurait l'expliquer? Ce qui est certain, c'est que cette dette fut acquittée. Les orphelines furent installées dans re nouveau local, assez vaste, quoique moins commode que le précédent.

En Sk ou 35, Tœuvre commença ï èire connue sur plusieurs ()oints du diocèse. On demanda, de Cuers, des sœurs de Sainte- Marthe; on en envoya quatre pour essayer un orphelinat.

Le ))rètre ne recula pas devant les sacrifices. H envoya, dans ce pays, la petite colonie, qui fut installée, momentanément, dans nne maison assez incommode. Du peu plus tard, M. Biaise Aurran offrit un local assez convenable avec un jardin attenant. L'orphelinat prit une grande extension: le nombre de sœurs fut porté à douze, et les orphelines à soixante.

Bientôt après, Toulon voulut des seaors pour un orphelinat. Siz sœurs furent choisies et envoyées à celte destination, et le nombre des orphelines fut porté à trente.

En 1835, le choléra éclata dans la ville de Grasse; tout le monde désertait, les (^autres étaient presque abandonnés. La maison <ie Sainte-Marthe se trouva sans ressources. Cependant les sœurs de Sainte-Marthe trouvèrent assez de force et de courage poir voler au secours des pauvres malades atteints de l'épidémie. Combien, qui durent leur vie à leurs soins empressés et désioté* ressés.

A cette époque désastreuse le fondateur prévoyant les suites funestes de l'admission des malades atteints du Qé^n dans l'hôpital, asile des infirmes et des vieillards offrit à la ville l'ancien local de Sainte- Marthe, dont le bail ne devait expirer q»<^ quelques mois après, pour y transporter les vieillards et les inQrmes qui occupaient l'hôpital alin do les éloigner de la contage n. sa proposition fut ac^^ueillie avec iran&^'ort. et toute la famille de rhospice fut à VinsinA installée dans cette localité qui était dau* tant plus convenable dans les circcnstaDies

présentes qu'elle était bors de la ville.

Trois années s'étaient écoulées et la borr^ œuvre ayant pris quelque développeoiefl^ il fallut s'occuper de se procurer «•' maison plus vaste qui pût désormais sufn^' à tous les besoins et éviter des etisngemt ^t^ si fréquents qui ne laissaient pas d^étretrtf* dispendieux; la communauté était saosaa* cune ressource; car, quouiue les stm^^ que rendait cette œuvre à la religion, «^^

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ûffliJIes» à la société, ne fussent plus douleoi, elle reoooolrait encore peu de sym(iathje dans une TÎlle où on trouve tant de grandes fortunes; on dut de nouveau oaettre (ûote sa confiance dans la Providence qu; fl'abandonne jamais les orphelins; elle disposa favorablement quelques fidèles qui conseotirent h prêter à intérêt la somme nécessaire pour faire l'acquisition d'un local» qui, iTec quelques réfmrations, pouvait remplir lesToes du fondateur. 11 fallait, pour cela, lisofflme de 30,000 fr.; somme exorbitante pour une communauté naissante d*orpheliaes qui n'attendait de ressources que de $a contiance en Dieu. Après deux ans, elle fut iosiallée dans cette nouvelle maison, foi est depuis la maison mère.

En \9k% M. Michel entreprit un voyage h Eomedanslebutde présenter au Souverain Fooiife^ Grégoire XVl, les constitutions qui régissent les communautés. Il eut le bonheur iéire admis k une audience du Pape,qui l'ac* nifiillit avec une bienveillance à laquelle il fuit loin de s'attendre. En lui présentant les lûQstitDtions i! pria le Saint-Père de les bénir. f^Sainieté prit lecture du préambule où était (léuilléle bulde Tœuvre. Le prêtre la supplia (l«TOoloir bien soumettre les constitutions k Teiamendela congrégation des Rites, pour obuoir,plus tard, un Dref d'approbation; ce qi]*ilcut la bonté de promettre; puis, le Pape plaçant sa main sur la tête de M. Michel, l'engagea, avec une bonté toute paternelle, à poorsnivre son œuvre avec courage.

M. Michel se sentit en ce moment si vtnoient ému que, d'après son propre récit Usetrouva dans les mêmes dispositions que te y int vieillard Siméon, et il prononça avec k<>Dbeorles paroles du Nune dimitiis itrvum tnm^ Domine, etc.

(Jq6 correspondance s'établit entre Rome Hllgr Michel, évêque de Fréjus, d'heunttse et précieuse mémoire* On lui donna (les infi>rmations sur l'œuvre de Sainte-Marthe et &Qr son fondateur. Ce prélat, si iuste- Dieoifénérédansle diocèse, pour sa science, » douceur inaltérable, son affabilité envers Mn clergé, pour son zèle apostolique, pour ses fertas, connaissant l'esprit, le désinté ressèment, le dévouement qui animait K wQdaieur de cet institut et tous les mem bres qui le composaient, témoin du biei qu'il faisait dans son diocèse, où il remplis Mit une lacune qu'on remarquait depuis ton^iemps avec regret, ne put que donner des renseignements favorables.

Malheureusement, sur ces entrefaites, la fl»rt vint ravir Mgr Michel à l'affection de jes diocésains. Ce fut Mgr Wicart, curé de ^mte-Catherine, k Lille (Nord), que M. Mar- ||Q dn Nord, alors ministre de l'intérieur, ^^igoa, pour ce siège. Ses premiers actes <^a)ffie la suite de son administration prouvèrent qu^il ne remplirait pas le vide qu'avMt laissé son prédécesseur et que étranger ^i mœurs des habitanU du Midi, Sa Gran- <>«« ne satisferait pas k leurs besoins.

uaos la première visite que Sa Grandeur ui a Grasse, le fondateur de Saime-Martho

l'entretint de sa société, des démarches qui avaient été faites auprès du Saint-Siège, il lui montra même une lettre qu'il avait regue de la capitale du monde chrétien dans laquelle on lui demandait l'abrégé des constitutions pour la faire imprimer, aGn d'y apposer le bref laudatif. M. Wicard répondit aue ce n'était pas son intention de s'occuper e cette afbire, qu'il n'apurouvait pas ses sortes de choses. M. Michei n'opposa que le silence k cette déclaration.

Alors commencèrent les épreuves desti- ])ées k toutes les œuvres du bon Dieu. D'après la volonté formelle de feu Mgr Michiel, aui avait exercé si longtemps, et avec tant e fruits, en qualité de curé, le saint ministère dans les paroisses de Notre-Dame et de Saint-Louis, a Toulon, des sœurs de Sainte- Marthe avaient été placées dans celte ville où elles donnèrent des preuves incessantes de leur zèle et de dévouement pour les orphelines, mais elles n'étaient pas au gré de eertaines personnes, qui agirent sourdement auprès du nouvel évêque pour reii^ voyer les sœurs. Le supérieur étonné veut savoir si ses filles ont mérité quelque reproche. On est forcé de rendre hommage k leur piété, k leur chasteté, k leur zèle; leur conduite est irréprochable, et cependant la cabale triomphe; les droits de la justice ne furent point res|)ectés. Les sœurs de Sainte- Marthe furent honteusement renvoyées et remplacées par d'autres; on dut se soumettre k cette dure épreuve.

Une nouvelle épreuve, plus dure encore

Sue celle dont nous venons de donner les étails, aurait menacé l'existence de cette congrégation si l'expérience n'avait paè prouvé qu'elle était l'œuvre de Dieu. Un établissement avait été formé k Cuers, chef-lieu de canton dans l'arrondissement de Toulon ; il avait coulé beaucoup au digne fondateur de cette œuvre qui n'avait reculé devant aucun sacrifice, aucune fatigue, pour répandre les bienfaits de son œuvre dans cette ville importante du diocèse, où une population considérable renfermait un grand nombre d'orphelines gui réclamaient les soins des sœurs de Sainte-Marthe. La maison était très-prospère; il y a\ait 20 sœurs professes, 15 postulantes, 60 orphelines, un pensionnat et un externat.

Tandis que la maison mère étendait cooame un arbre ses rameaux sur plusieurs points du département du Var, l'ennemi commun vint aussi semer l'ivraie dans la maison de Cuers. Des machinations secrètes, des intrigues ambitieuses de la part de celui oui aurait dû inspirer la soumission et I obéissance, les esprits furent divisés, les liens de la charité furent relâchés ; le supérieur de Sainte-Marthe ne fut plus libre de correspondre avec ses enfants; les lettres étaient interceptées, le désordre venait de la part de celui aui avait été chargé par lui dediriser cet établissement avec l'autorisation de feu Mgr Michel. Il sollicita de Mgr Wicart la suppression de cette maison. Pour éviter le scandale qui résultait de cet état de chosesi

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le supérieur crut deroîr céder k TorAge* rappeler les sœurs dans la maison mère à Grasse; mais Tinlrigue avait porté ses fruits: la maison de Cuers fut confiée k une autre congrégation. Selon le plan qui avait été fait à ravnnce, on s^elTorça d'y retenir le

C'us grand nombre de sœurs de Sainte* arthe, dont une partie cependant fut bientôt renvoyée. Ainsi finit cet établissement, dont la suppression causa h son fondateur beaucoup d'amertumes.

Mais les épreuves, les contradictions, les injustices des hommes ne sont-elles pas né* cessaires pour donner de la solidité aui bonnes œuvres 7 La maison de Sainle-Marthe est sortie pour ainsi dire de ses ruines. Cet institut est plus prospère que jamais; les sœurs qui le composent se lient par les vœux de religion : placées sous la juridiction toute paternelle de Mgr Jordany, elles poursuivent leur but avec courage et persévérance, et Dieu bénit leurs eiiorts. Après avoir essuyé plusieurs tempêtes, cette société va se consolidant de plus en plus.

La maison mère, h Grasse, est dirigée par une supérieure générale, sœur Marie-Toérèse, approuvée par l'évèque. Le se forment les sujets. On y trouve des maîtresses d'ouvrage , des institutrices , des directrices d'orphelines, des religieuses hospitalières, des maîtresses de pension ; toutes sont liées par les vœux simples de pauvreté, de chasteté et d'obéissance.

Kn tout, il y a neuf maisons disséminées sur divers points du diocèse de Fréjus : à Aups, k Figanières, h Seillans, k Saint-Gésaire, à Cabris, à Saint-Jeannet, k Biot, au Houres et à Magagnose. La congrégation se compose de quarante-deux religieuses professes. Les orphelines sont au nombre de quarante-cinq ; quatre cents Jeunes filles reçoivent l'instruction dans les diverses maisons.

Parmi les orphelines qui ont été formées dans l'établissement et qui vivent au milieu du monde, un certain nombre ont ouvert des ateliers de couture et de broderie; trente au moins se sont établies convenablement, et une quarantaine sont placées au service dans des maisons honorables. Un plus graud nombre d'autres ontiait une mort édifiante.(l)

MARTIN DE LIMOGES (Abbayb de SAINT-).

D'après les anciens mémoires et les annales du Limousin, cette maison fut fondée et dotée par les parents de saint £loi, évéque de Noyon. On croit même que le monastère fut bflti sur le lieu même où était la uiaisou paternelle de saint Eloi, et où luimême avait reçu le jour.

Cette fondation eut lieu vers l'an 6^0. Aiuius ou Alice, frère de saint Eloi, après

(f ) Vay, à la Un do vol., n* f 5k.

(ï) Cetie réparalion de fabluye Mariin faite par un evéque dt LiroogeSp lia lellement ses successeurs avec cette maison que durant longtemps, tous les évéques de ctsUe ville, après leur élcciion, se reiiraient iicnd^nt buii jours à baiut-Martiu pour se

avoir professé la vie reliffieuse dans le monastère de Solignac, fut Te premier abbé de Saint-Martin. Saint-filoi, revenant du con* cile d'Orléans avec vingt-trois évéques, passa à Limoges et y fit fa dédicace de Té* glise, qu'il combla' de bienfaits. On y mit alors, sous la conduite d'Alice, vingt moines qui y vécurent saintement. Le saint abbé gouverna cette maison pendant vingt ou trente ans, et on ne connaît plus rien sur ce monastère jusqu*au x* siècle, sinon qu'il fut détruit durant les guerres de Pépin contre Waifre. Enfin, yers l'an 1010, Hildoin, évè-

3UC de Limoges, le rétablit et le donna à es moines de l'ordre de Saint-Benoll. Il jouit depuis de plusieurs privilèges (2); Be* nott YllI permit à l'abbé de se servir de la crosse, de la mitre et des autres omemenis

fontificaux. En 1624^, ce monastère fui uni la congrégation des Feuillants, du consen* tement de Louis Marchandon, chanoine de la cathédrale de Limoges et dernier abM commandataire, car depuis longtemps Tain baye avait été mise en commande ; les FeuiU lants y eurent toujours depuis des abbés ré* guliers et triennaux.

Depuis la révolution de 93, ce monastère est converti en pensionnat de demoiselles.

MARTINBERG (Religieux BèifiDicTins db) ou RELIGIEUX DB L'ARCHI-ABBAYK DE SAINT-MARTIN, sur le Mont-Smédî Pannonie^ en Hongrie.

Quoique le célèbre monastère dont je veux parler ici soit membre de la congrégation du Mont-Cassin , dite autrement de Sainte^Justine de Padouif, et ne soit poiol le chef-lieu d'une congrégation s|)éciale, il occupe ce|>endant une place si élevée dans la famille bénédictine , il est d'une juridiction, d'une considération si étendue, qu il m'a paru mériter un article spécial , et le lecteur appréciera, j'en ai la conviction, tous les motifs qui m'ont porté h lui parler d'une illustre abbaye, qui n'est presque pis connue en France et dont les écrivains de l'histoire monastique n*ont rien dit.

Saint Martin, évôaue de Tours, a été le

[tremier saint que 1 Eglise ait honoré dans e rang des confesseurs, et aucun |)eut-è(rv n*a obtenu une célébrité et un culte v'"^ étendus que ceux dont le Seigneur a honoré lui-même cet illustre pontife. Cummeni :^ fail-il qu'après une réputation, une célébrité si universellement répandue, il reste en* core une sorte de problème à réM>udre »ur le lieu de sa naissance ?

On n'ignore pas qu'il est mort k Caode<i mais si la position topograpliique et Teii»tence ao ce lieu n'étaient désignées |^r ooe indication continue de la tradition, naora'ton pas quelaue difficulté à croire aua »

préparer par la prière à la consécration, et ecmm le lieu de leur iiéputture eutt ominair^oient k cia* vent des AugiiaUns, on dit Kéiiéraleineni : La évoques de Limogea iiat«»eui k Sawi-Uarun et •^^ renl i Saint - Auguslia. iDicitp»mairt at»i#«>i«< inédit de AI. Tabbë Lkgho%, ci»akoiii« à LiSK>rk-

DES ORDRES RÉLIGIEU!^.

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pedu/tille iQMle qa*on voit encore aujourdliau soit celte où le zèle de saint Martin laTait porté» et où il rendit le dernier soopii* et où il termina son glorieux ministère. Le B. Sttipicé Sévère écrit que saint Martin eut b**5oin de visiter la loiuilité qu'il appelle en iatifl lediocèse de Cattdes ou ConOans. Interra cBUis exêtitU^ qu0 Cofidatensemdiœceiim titiiaret.ïXW ajouta qu'il s*y rendit pour rétablir I harmonie trouMèo entre tes clercs (> cette édise : Ifam eletieii inier se Eccle^ >i4e iUiutaiscordantibus^ pacem eupiem ref^tnarë^ etc. (B. Sulp. Sever., epistol. 3 Ad Basulam,) Si ce passage était denieuré ifuté, qui ne serait porté à croire au'il s'a* git ici d'une ville épiscopare ou d un diocèse, puisqu'il y est rait mention d'un clergé important, et qui se persuaderait qu'il ne s*agit que d'une petite localité, aux efxiésiastiques de laquelle un veniat eât «^uflideld part du prélat? Bt cependant il tii demeuré constant qu'il s'agit de Candes, ûtaé i Teitrémité de la Tourame et du Poitoa, sur le confluent de la Vienne et de la Loire, aoyourd'hui petite ville de l'arrondis- »Dief]t de Chinon, et qui n'eut jamais plus J^importaoce probablement qu'elle n*en a «duelleroent. Je saisis cette occasion pour iodiqaer cette preuve de plus de la synofijfflie ou confusion desf expressions h l'onginede la policé ecclésiastique, où l'on voit la^efdoa mis pour episeopui; éarochia fQ\it diaeetii et, comme je viens de Tindiqui'f, diœciHi pour farpchia. Ainsi Condatmm diœeenfn signifié donc Ici là patoisst itCwnda^ toujours appelée ainsi, mais qui, solvant mot, aurait peut-être dA être appelée frondée, et qui a peut-être été ainsi nommée ï Torique, car, quoique je ne le voie nulle (4(t indiqué, je ne' puis douter qu'elle ne tire son nom de sa position sur les deux rtîières.

Celle courte dissertation était moins né- («ssiire que celle qu'on aurait dû établit* ^Qtle lieu de la naissance de saint Martin, qoi pour quelques personnes sérail encore

X blême. Le peu que je vais en dire peut-être a le résoudre et est d'aiN (eors tout Si feit opportun dans cet article. >olpiee Sévère dit positivement et tout simliement : Igituf Martinui Sabariœ Pannon- PAVum oriundui fuit ^ etc.. Mais que faut-il f'oif^ndre par Pannonniarum et par Sabatmî

Libbé Génraise qui a donné Sur la Vie <l« saint Martin la monographie la plus éten- «loe, dit au commencement du i^ livre : « Il IHartiD) naquit à Sabarie, Fan 316 de r*ère coumone^ ronzième du grand Constantin 1). Cette ville était une ancienne colonie <les Romains, qui subsiste encore dujourd*bQi dans \â Hongrie supérieure, sous le "om de Stem ou d€ âiombateT; elle est située I vingt-cinq lieues de Vienne , sur la Petite rivière de Benges, un peu au-dessus ^ Tendroit où elle se perd dans le Raab. *

Baillet, au il novembre» dans s& Vie d# saint Martin, dit :« Dieu le fit naftre du temps du grand Constantin à Sabarie, ville de Pannonie dont les restes subsistent encore aujourd'hui sous le nom de Stain (en nuirge il meii Stain am Anger$) dans la basse Hon*

8 rie, sur la petite rivière de Gunez, vers les ontières de l'Autriche et dé' U Slyrie, à deux lieues de Sarwar que plusieurs prennent pour elle. » Godescefrd copié fiaillet, sur ce point, mot pour mo(.

La Pannonie est ta Hongrie actueire , ou pour parler plus slricCemeni, elle occupait celte contrée qui fait aujourd'hui PEscIavonic, la basse Hongrie et iHie partie de l'Autriche. Il n'entre point dans notre plan d'en faire Ici Tbistoire, «même en abrégé, ni de rappeler comment soumise aux armes de Tibère, réduite en province romaine par Claude, elle devint même proconsulaire par l'empereur Marc-Aurèle. Ptoléméequi 4Scrivait au commencement du if siècle» Ja divise en haute et basse Pannooie , par^ tagée ainsi par la rivière dite, je crois, dans le pays Raoû et qu'on nomme le Raab sur nos cartes géographiques, nom que porte aussi la ville de Javîn. Du nom de sa femme Valérie, Galérius appela Valérie cette naitie de la Pannonie qu'entourent le Rabd, le Danube et la Drave, et qui est cette basse Ptx^ nonie, ou Pannonie inférieure dont j'ai è parler ici, puisqu'on y trouve, dans le di^ trict de Pusztai-Jaras,'le mont sacré déPannonie, désigné ainsi et otijet d'une vénération particulière, même dans Tantiquité païenne.

C'est dans cette contrée que naquit saini Martin, i Sabarie, ^tts l'année 4(16, suivant Grégoire de Tours et tous les agiographes, excepté Jérôme de Prato, qui le fait nedtre ait ans plus tôt. Il existe encore aujourd'hui sur le Raba ouRaabuni, une ville -épiscopa le nommée Sabarie; est-ce celle que l'abbé Gervaise dit exister aofuelleûient sous le nom de Steinou SzombatelTIl est probable. Mais il se trompe ainsi que Olaho, Gregorianez et les autres historiens qui, trois siècles après la destruction de l'ancienne Sabarie, ont écrit que celle qu'on TOit de noa jours était la ville natale de saint Martin. Cette opinion erronée n'a pris cours que depuis la destruction de l'ancienne Sabarie, rasée t»ar les Tartarés eu 1242, et depuis cette époque Texistence et même le nom de cette première Sabarie étaient sortis de h mémoire des hommes. Celle-ci était située au pied du mont sacré dont je viens de fairu mention et elle a acquis une grande célébrité parmi les Chrétiens de Pannonie, quand la réputalionet la mémoire de saint Martin sefurent répandues dans toute l'Europe. Les habitants de la Pannonie, voulant honorer la mémoire de leur illustre compatriote, né au pied de cette sainte montagne, nreot sortir des ruines de Tancienne Sabarie, vers la fin du xiH* siècle, une ville nouvelle qui oe

(') Qoeiqiie It teite de Siilpiee-Sévère porte le nom de Conuanu , il 6st éviJcnl pour tous <tUe erreur ne vient que d*une faute du copiste.

Dicno?i!i. P£S Ordres rblig. iV. ^

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DICTIONNAlliS

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porte plus le nom de Sabarie» mais qiii fut appelée Zentmarlon (Saint Mart'rn)» eic*est le nom qu'elle porte encore aujourd'hui. Que saint Martin fût né au pied de cette sainte montagne, c'était la croyance positive dans les premiers siècles du royaume de Hongrie. Aussi Cafthuitius (!]» le plus ancien historiographe de son propre pays, dit* il dans la Vie du roi saint Etienne, que ce pieux prince bfttit un monastère auprès du fief du saint évoque Martin, dans ce lieu qui est appelé la Montagne sacrée^ où le même saint Martin, lorsqu il était en Pannonie, avait coutoroe d'aller prier. Une preuve à Tappui de cette opinion, c'est que dans la charte de fondation du monastère appt/lé aujourd'hui Quixxn, le comte AValferus, dit, en 1157, qu'il soumet cet établissement au monastère de Saint-Martin sur le saint mont de Pannonie, par respect pour la sainteté de ce lieu et la protection de saint Martin, dont ja naissance en ee même lieu est pour la Pannonie un suiet de gloire. J'ajoute enfin nue le roi Bêla I V, dans l'acte ou arrêté qui nie leslimitos de Torjan, vers Ech, deux pourpris ou possessions voisines de la sainte montagne, dit que «a fraie (delà sainte montagne), s'étend jusqu'à Sabarie dans laquelle on dit que saint Martin est né.

La nouvelle Sabarie ne peut avoir en sa faveur de témoignages antérieurs au xvi* siècle; il ne faut donc ajouter aucune foi à Gregorianez ni aux autres historiens qui, comme lui, n'ont écrit que trois cents ans au moins après la destruction de l'ancienne ville, quand ils disent que cette nouvelle Salarie a vu naître saint Martin. Le texte de Sulpice Sévère les a induits à seiromper de bonne foi, car ce aue je viena de dire sur Tanciene Sabarie n était connu tout au plus que d'an petit nombre d'amateurs et de curieux, qui pouvaient pénétrer dans le secret des archives de notre archi monastère où isont renfermées les pièces qui le révèlent ; je suis le premier h donner en France ces quelques déiails qui ont uu grand intérêt historique.

La Pannonie, plus tard devenue le séjour des Huns, des Lombards, etc., avait fait aussi partie de l'empire «français, fondé par Charlemagne. Après avoir été victime de iriusieurs guerres et de plusieurs invasions, 4dle devint la possession des Hongrois, et «lors la sainte Montagne, dont le site avait charmé le duc 'UU général Arpad, fut retenue par lui dans sa portion, lors qu'il divisa la terre conquise à ses compagnons d'armes; son héritier Geysa, ou du moins le fils de celui-ci, le pieux Etienne, la consacra au service de l'Eglise.

On s'est appliqué k suppléer au silence de riiistoire et chercher ce qu'il y aurait de traiserablable dans la cause de cette qualificaUoD de sainte ou de sacrée, donnée de tout temps à la célèbre montagne et h la

cité qu'on voyait h sa base; un temple du dieu Pan, peut-être. Cette hypothèse mi parait hasardée, et ne me semble ()oim devoir nous arrêter pour la soutenir ou la combattre, d'autant plus qu'il me paraît peu probable que le jeune Martin dans son inclination aux choses pieuses, ait fréquenté ce lieu consacré, même lorsqu'il était idolltre, car alors il était si jeune, et Ton sait qu'il fut conduit dans ses tendres années à Parie, où il fut élevé Gft devint militaire. Je crois plus volontiers que les Chrétiens consacrant è Dieu cette montagne, d'après Tédit de Constantin, l'auront mise sous l'intocation de saint Martin, leur célèbre compatriote qu'ils savaient avoir reçu te jour à Sabarie, ville contisuë au pied de la monla-

((ne. L'histoire, d'ailleurs, nous apprend que a Pannonie fut une des premières contrées occidentales où s'établit la vie monastique. Elle nous dit aussi par l'organe d7n(lio/rr aue Charlemagne, après avoir bâti uoe église, en l'honneur de la sainte Vierge, sur la montagne de'Bude, en bâtit une autre en l'honneur de saint Martin» comme («iron Je la Pannonie dans le lieu de sa naissance, parce qu'il l'avait imploré on cette qualité |)our demander sa protection avant le combat qu'il livra aux Avares, et attribuait k $on secours la victoire qu'il avait remportée sur ces barbares. A cette époque, la Pannonie n'avait point de siège episcopal dans son propre territoire, et dépendait, dit-on, pour le spirituel, de l'archevêque de Lorch. Dans cet état de choses, Adalbert, évèque de Prague, ayant quitté son siège, en IVSS, à cause de la cruelle persécution des Bohémiens s'en alla en Italie, où il passa cinq ans dans la vie religieuse, habitant en dernier lieuse monastère des saints Alexis et BoniiSice, de l'ordre de Saint-Benott, à Rome. Les Boiié* miens étant en de meilleure:» dispositions. le Pape commanda è Adalbert de retourner è son siège. Celui-ci partit en 9Sk aîecpiu* sieurs saints religieux du monastère oi^ il avait reçu asile, et passa par la Pannomc* devenue la Hongrie, où, connaissant la bonne intention du duc Geysa, il le con* firma dans les sentiments de sa conversion, et puis, arrivé dans son pays, cODstrui>it« dans sa propriété do Breznovie, un monastère où il plaça les religieux Bénédiit'"^ qu'il avait amenés, et leur donna pourabU* le P. Anaslase Astric, en qui il avait reconnu, lorsqu'il vivait avec lui» à Rooi^ une grande piété, de la doctrine et de la prudence. Ces bons religieux, en suivant les pratiques de la vie monastique, se livrateM aussi au ministère des flines. Mais te boi^ heur qu'ils goûtaient ne fut pas long.f'^'' peine deux ans s'étaient écoulés, que 1'^^'* que Adalbert, se croyant inca()able de con* ger les habitants de Prague, se rendit unseconde fois k Rome pour obtenir de se d^ mettre de son siège et do rentrer dans >*

(1) Jen*o§e uarfuire ce mot Cerihuutui, ei je naires ge^impbiqoet, ni dans nos blampliiei^ ^ craint d*avuir mal franciië des noms de lieux et de descanfécrii : CàMriuir. IK'rsonofs que je n*ai trouvi^i ni dans nos Diciion*

liAR

DES ORMES RELIGIEUX

MAR

monistère qa*il avait quille. Son métropohuio, VjlKgise, archevêque de Moyence, &*opposa i ce^pieux dessein, et demanda, dsos des lettres pressantes, an Souverain Poniife, le renvoi de cet excellent évdaue è son siège. Il obtint oe qu*il sollicitait. Adalbert fut donc obligé de retourner en Boh4me. Miis s*arr4l«nl en Hongrie, pendant le vojagCf il «pprit là par son frère, qu'il avait fnvoyé fOJider les dispositions des Bohémiens à son é^rd, que ce peuple sévissait sur tout ce c|Qi lui était cher, et qu'il avait même été jusqu'è tuer ses parents et ses frères. Il ne put donc se résoudre à rentrer 4ans ce pays, et représentant le totit au fïipe, il obtint de se déoriettre de son siège, fut rréé archevêque de Guéne et souffrit le nurtvre en Prusse, en l'année 997. ie suis «Dtrédans ces détails sur ce saint pontife, ^«ron peut le regarder comme un des fon- <)8tearsde l'abbaye actuelle de Mariinberg. En effet, lorsqu'il était en Hongrie, et satbàùi tout ce qu'on avait fait aux siens, tniRoant avec raison pour les Bénédictins qa il avait amenés lors de son premier retoor, il voulut les attirer dans ce pays foome dans un port de salut, et les recoraniindanl aux ducs Geysa et Etienne, qu'il èn\i liaptisés, it leur persuada de placer ses religieux dans un monastère qu'il conseillait d'adjoindre à Téglise de Saint-Martin, »Qr te saint BQont de Pannonie, où ils projeuientde renouveler le temple construit par Cbirlemagne. Etienne reçut donc la pieuse colonie de Breznovie ou Breunovie, à iVxception de six Pères, savoir : Matthieu, iean, Isaac, Cbristin, Benoit et Barnat»é, qui lassèrent en Pologne, y vécurent dans un ermitage, et, au bout de huit ans, y furent tués |)tr d€S voleurs, è l'exception de Bar- Mbé, qui alors était sorti de ce désert, pour reporter au duc Meschon l'argent que ce pitox prince avait, malgré eux, déposé dans lesr ermitage pour soulager leur pauvreté. Us noms de ces martyrs de la justice se trooveiu an 12 novembre, dans le Martyrologe romain, et malheureusement les noms ^ leurs frères, qui vinrent s'élaMir en Hongrie, et que j'aurais été heureux de citer ne se lisent nulle part. Ceux-ci avaient è leor lèle Aslric, leur abbé. De ce que le Prïace Etienne, au lieu de les établir à StrigoDie, lieu de la résidence ducale, les plaça (ur le saint mont de Pannonie, on tire encore une preuve de la tradition sur le lieu de la naissance de saint Martin au pied de telle montage, et de la vénération qu*on ponaitaaaatnt protecteur du pays. Il plaça (looc les religieux sur la sainte Montagne, où il y avait déjà une chapelle qu*on voit ^neoresons le sanctuaire de l'église actuelle, ^ qu'on appelle Caîaeombe. Tout prouve, ^n architecture, par exemple, sa position, Jooi prouve, dis-ie, son origine ancienne. Qooiqae le duc ueysa ait donné aux reli- Kieoi le monastère de Saint-Martin, on peut ^rrier son fils saint Etienne, comme en ^taotle fondateur. Par sa charte, datée de itaiOOl, reconnaissant tout ce qu*il doit

aux prières et aux mérites de ses pieux protégés, il accorde à dom Aslric, abbé du monastère et à sa maison toute la liberté et franchise dont jouit le monastère de Sain t- Benott, au Hont-Cassin. Cette sainte communauté méritait les faveurs d*un te! prince ; elle édifiait, par sa réeularité; plusieurs de ses membres ont été comptés au rang $ap saints, comme Anasta>e Astric, premier abbé du lieu; son successeur, Boniface, qui fut martyrisé; et Maur,- également abbé de Saint-Martin, et, depuis, évoque de Cinq-fr:glises, dont la pureté sans tache attira tant la vénération du chaste et saint duc Eroeric, et qui, édifia, h Tégal des Pères venus de Rome, quoique lui-même n'ait pas avec eux quitté la Bohème pour la Hongrie. Saint Etienne prit le conseil de ses hôtes dans toutes ses affaires les plus graves, non-seulement dans Tordre spirituel, mais aussi dans i*ordre civil et administratif. II crut qu'il était è propos de leur confler le régime des diocèses réceanonent établis. De là il arriva que Tabbé Anastase Astric fui nommé évèque de Colocza (Cofoctnsem),... Sébastien, archevêque de Strigonie; Maur, de Cinq-Eglises, comme je Tai dtl tout à Theure, et tes autres furent placés aux autres dignités par la magnincence royale. Ce fut ausi en vertu de cette confiance du monarque, que le premier abbé du monastère , Anastase Astric , fut chargé d'une ambassade à Rome, oà ayant réussi au delà de ce qu*on en attendait, il acquit une influence immense et salutaire sur la direction politique du nouveau royaume, qu'il contribua largement à consolider; car on sait que dans ce temps-là, le pieux Etienne, homme habile dans la diplomatie, droit dans l'administration de ses Etats religieux, et éclairé dans sa religion, changea la dignité ducale en majesté royale, ayant consulté pour cette affaire grave, le Souverain Pontife dont il demandait rassentiment et la fermission. Etienne reportait aux mérites, la direction et aux prières de Tabbé Anastase Astric tout ce qu'il avait obtenu dans une heureuse bataille, dans la conservation de sa vie et la stabilité de ses Etats. Tout confirme, d'ailleurs, ce qu'il y avait de juste dans l'opinion du roi. L attrait de ce prince le portait à visiter souvent le monastère, tantôt seul, tnntôt avec son fils, le duc saine Emeric. Il accorda à la nouvelle abbaye des immunités et des privilèges étendus» comme on le voit dans la charte, ou diplôme de 1001. De là vient qu'elle est exempte de la juridiction de l'ordinaire et ne clépend que du Pape; qu'elle a elle-même juridiction spirituelle sur le clergé et sur les fidèles, sans le concours d'archevêque ou d'évêque, dans le territoire qui lui appartient, et

Ïu'elleTexerce par la personne de son abbé, elle concession étendue se consolida d'autant plus facilement, qu'à l'époque où elle fut accordée, elle ne gênait en rien l'administration épiscopale du lieu; il n'y avait point alors d^évêques en Hongrie, et les diocèses qu*on créa depuis, ne changèrent

DlCTIONNAÏRt:

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rien à rcloiiJiio de ces priviié^es, ni €^ leurs jouissances. L'.'«hl)é eut le droit de célébrer [)ontiticalemenl J), de se faire précéder d'une chapelle et de tout ce qui est nécessaire ou saint sacrifice de la Messe, afin qu'il pûl la dire partout, môme dans un diocèse étranger, faveur qui, en Hongrie, était réservée aux évoque^, de sorte qu'en vertu du môrae di[)lôme, elle était refusée aux abbés <]e$ autres monastères. Ante neminrm vero abbaton capcUa inccdat^ nisi ante Patrem ejustlctn monastcrii, propter révèrent iam^ et sanctitatem ipsius loci^ moreque episcopi in sandaliis missam célèbre t.

Par celle exception Tabbé de Martimberg acquit une primauté d'honneur entre tous les abbés du royaume de Hongrie, et c'est de là qu'est venue la cause qui lui a fait donner au xvr siècle un plus haut degré d'élévation, car en 1514-, par un décret apostolique, donné sur Tintervention de Wladislasll, roi de Hongrie, il fut nommé et proclamé président peri éiuel et archi-abbé <le tout l'ordre de Saint-Benoît, en Hongrie dans tous les pays soumis 5 cette couronne. Le pieux et royal fondateur ne se réserva point, comme on le faisait alors, la nomination de l'abbé. H la laissa aux religieux, qui d'ailleurs, jouissant par le diplôme, de toute la liberié qu'avaient les Bénédictins du Mont-Cassin, jouissaient aussi de celle-ci el de ces conséquences. En fait de contentieux, Je monastère, pour les personnes et les choses, ne reconnaît d'autre juge que le roi, d'nutre tribunal que celui du roi. Aussi les moines de ces couvents n'ont négligé aucune occasion de témoigner leur gratuude envers leur bienfaiteur; ainsi sachant que le saint roi Etienne n'avait rien plus h cœur que de voir toute la Hongrie soumise ou converlieàla foi chrétienne, ils lui vinrent Tarcernent en aide, et tandis que les autres monastères de Bénédictins, savoir Saint- Maurice de Béel, Saint-Hi[)polyte de Zobor, Saint-Adrien de Zala et Saint-Benoît de Pésivarard fournissaient chacun deux Pères ujissionnaires pour la mission destinée h convertir les gentils» sous la direction de P. Gérard évéque de Choiiad, Csaiiadiensis^ le monastère de Saint-Martin cnfotirnit quatre, savoir Léonard, Coneciur, Philippe et M.?nri, dont deux furent élevés h la dignité d'archevêques régionnaires, comme qui dirait, à peu près, aujourd'hui vicaires apostoliques avec le caractère épiscopal. De la n)6me maison, d'autres allèrent prêcher l'Evangile de différents côtés , et enfin l'abbé Boniface lui-môme qui avait succédé h saint Asiric sur le siège de Coloclz , ayant par ordre du roi, porto son zèle chez les Slaves, y fut martyrisé après trois ans d'apostolat. Les autres* religieux restés dans l'enccinie du monastère y édifiaient v\ servaient l'Eglise par la sainteté de leur vie et môme selon l'usage établi par C.liarlemagne, ils tenaient des écoles où la jeunesse était élevée et de dignes ministres étaient formés pour

\t service de l'Kglise, tels q le saint ILmr, qui fut religieux île la maison et deTiol évoque de Cinq-Eglises.

Tel est ce fameux monastère dont Téla lïlissement sous le duc de Geysa, remonte ) l'année 996 ou au moins à l'armée .suivflnie. Je terminerai ces quelques renscignempnlj historiques par une citation des |)arolosélogieuses q»ie lui a censacrées le Jésuite Turot* zius, en traitant de son origine. C'est dans celte très-illustre maison, dit-il,que laHongrie a vu pour la première fois des eiercices littéraires el a entendu les muses de ses contrées parler la langue des muses latines: c'est dans ce monastère qu'on allait chercher des prélats pour gouverner des Eglises, que les apôtresavaieni formées, que se fortiliaienl des martyrs, s'exerçaient des docteurs et vivaient des saints. //(pcj/Ziiitrissima dornus est in qua primum in Hun* garia. aperta UHerarum palœstra^ audits s mit Muaœ patriœ\ Latinum loqui : ex qua, velut eseminario quodam diviniore ad aubernandum ecclesiarum vlavum transferelantMr prœsulcSj in qua formabanlur uposloU, tît* seebant martyres^ exercebanturdoclores.tirebant sancli. Depuis sa fondation, cette maison céièlire compte cinquante-six ablx^s connus. Il n'entre point dans le pian conru pour ce Dictionnaire, ni môme dtns le mien particulier d'en donner même la simple nnmenclature. Il me suffit de rappeler qu« dans cette liste de prélats on en trouve troi» mis au nombre des saints, et que plusieurs ont acquis une renommée et une illustration spéciales. Le titre rigoureux de fondateur est dû à saint Ana*»tase , Aslric ou Aslriquo, dont j'ai fait connaître les principales actions dans le cours de cet article. Il fut donc le premier abbé de Martinberg, fonda d'autres maisons, fut, en 1000 sacré évoque deCoioctz, gouverna quelque temps l'Eglise métropolitaine de Strigonle, pendant la cécité temporaire de Sébastien, (jui avait été son religieux à Saint-Martin, el qui recouvrant la santé, recouvra son siège. Saint-A»lri«]ae retourna alors à son évôché de Coloclz. f portant le litre d'archevôque, qui nepi^s» point à ses successeurs. Les services qu'il rendait à la religon el à l'Etal pourraient lut méritrr la qualilication d'apôtre du po.v*. Il mourut, presque nonagénaire, en l'a«iié(' lOU.

Un grand nombre de ces prélats, disliagnés par leur naissance leur savoir ou leurs ler» lus, furent raôlés aux affaires de leur temps, et (les fragments do leur histoire personnella fourniraient d'intéressants épisodes à l'histoire ecclé>Tastique el civile de la Hongrie, iDais elle serait ici superflae. Qkwudjedi* cinquante-six abbés connus, je m'eipriwf d'uiie ii.anière irrégulière, car pîusi«uriw furent que de simples gouverneurj^ ou ^' ministratetirs temporels de l'abbaje, Q"* ^e serait volontiers gouvernée sans «»*• Quelques-uns de ces administrateurs, œéi"* religieux ou ecclésiastiques, ncfureal d^"*^

{\j Faveur moins rare à cette cho<imc qu^» ne paraît le croire le Mémoire ou je puise.

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DES ORDRES RELIGIEUX

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|oe eoffimedetcommendAlaires. Entre ceus- I Vladîslas, goa?erneur au siv* siècle, se vodil liraieax par sa vie ayeDtureuse. Issu la MOg royal de Pologne^ veuf, pèlerin de ferre-teinte, moine de CKeauz en Italie, aoiae Bénédidin , en France ; il fit de vains rdorts pour être relevé de ses vœux, lorslu'il [«retendit à laconronne, le trône de l^otogne étant vacant, après lafmort du roi ^ioiir en 1373. 11 s'écbapna dé son cloître, XHimt dans son pays, eoniDattit tantôt avec succès, tantôt avec perte, lorsque définitiveoent balta en 1376, il fut conduit au roi Loais, entre les mains duquel il renonça à »es priientions k la couronne, reçut 10,000 II>»rins, et l'année suivante le gouvernement u> rat>beye de Saint-Martin!!! Cependant rime l)Ofirrelée de remords, en 1378, il renira en France s'enferma de nouveau dans MHi monastère et y resta jusqu'à la fin de sa vie. On vit môme au xV siècle, un laïque, feooH Pyber, avoir la provision de cette illuslustre abbaye, sous le titre d'administrateur. Là aussi, les nominations et la puissance rotale eurent trop souvent l'influence qu'a- «a>enl chez nous la pragmatique, les concordats. Ce que je dis, en souhaitant seulemffit un aalre ordre de choses, et en gardant >e respect dû aux décisions et concessions u tes par les différents Papes; mais à notre «liijaye de Martinberg, il n*y avait pas tou- ^un, k ce qui parait, de ratifications de ftome dans ces provisions.

Entre les abbés réguliers, plusieurs renùrent de grands services au monastère, travaillèrent à y rétablir la régularité, et obttareat du Pape des distinctions flatteuses, telles qae celle de présidents de chapitres,- ^e visiteurs, etc., etc. Je nommerai cnlre ^ prélats distingués, Urias, ou Urie, tû tint le bAton pastoral de 1206 à IS»9. U fit beaucoup pour son monastère, et iMortoat Tordre de Saint-Benoit, dans ces (Outrées, et eut l'honneur d'être appelé, par Innocent IV, an concile général de Lyon. Uxttfaieu de Tolma, porté a l'administration Té^ulière du monastère par le vœu des étals da rovaume, uui désiraient qu'il y mit la réforme, fut obligé, pour avoir le résultat de t^te nomination, h embrasser la vie relipeuse dans l'ordre de Saint-Benoit. Il ne trouva, en arrivant à Saint-Martin, que dix loûioes : ce petit nombre était le fruit de la «^•lection des administrateurs et des gouver- A«Qrs dont j*ai parlé. Il gouverna avec ar- <«ieur et avec beauco^up de zèle, et forma, ce ^t semble, une union,, ou sorte d'associaiion, entre huit monastères. 11 en fut nommé {résident perpétuel, obtint le titre d^arehi- •ibf, poor lui et ses successeurs, et il est 1« premier qui Tait porté. Dans le cours ,H«:u^u de son existence, Tabbaye s'est vu ^irtime de beaucoup de vicissitudes; elle a ^i uïT le point de manquer de religieux wmr l'habiter; elle a été occupée même par

(1) if (louieqae Jourinum tQÏiJuvarîn, puisque <*ue «itie ti*est autre quc Raab, doai le nom latiu ^ AfêèQma ; mais je me rappelle Tobscrvaiion

les Turcs; elle a été, comme plusieurs abbayes dt Hongrie, livrée h des séculiers, etc. Sons Tarchi-abbé tîilles Genesy, qui gouverna de 1^65 i IGSi^, rapproche des Turcs obligea ce supérieur è disperser ses religieux en divers monastères d'Aatrîdie, et h se retirer lui-même, avec les troupes de la citadelle, h Javajrin (1) (Jaurinum) ; et, quand son abbaye fut rétablie à grands frais, il la vit de nouveau périr, lorsgue les troupes du duc Karamutztafa l'incendièrent. J'ai dit qu'il se retira avec ses soldats... car il faut savoir que l'abbaye avait une citadelle où elle entretenait dès militaires, qu'elle mit queloue- Ibii au service de la patrie; et, en to44, Tarchi-abbé MaUhiasPaIffy, ancien religieux Cistercien, è la tête de vingt-cina cavaliers de la citadelle de Fys [Fiiss], et d'autres dt; $e$ hommes, combattit vaillamment contre Georges Rakotzy, h la bataille de... [Szakolcxam.) Entre les arrhi-abbés qui ont le plus ftiit

1>our le monastère, il faut surtout compter e II. P. Martin Rumer (de 1689 à 1699), qui consola celte maison désolée, la rebAiit, et y ramena la régularité, etc. On dit qu'il prédit l'heure et le jour de sa mort. Son corps repose dans la chapelle Sainte-Croix, que, le, on appelle la Catacotnbe,

Il faut mentionner tous les prélats, nui,, depuis lors jusqu'à ce jour, ont travaillé à faire rentrer le couvent dans ses biens et dans ses droits, et même dans son eiislenre ; car il fut supprimé lors des folies de Joseph 11, empereur d Autriche, dont les entreprises irréligieuses et insensées sont connues de tonte l'Europe. Ce fut l'archi-abbé Daniel Somogyi qui eut la douleur de voir cette suppression et la dispersion de ses religieux, eu 1786, «t le bonheur de rétablir sa maison sous le pieux empereur François i'\ Daniel Somog.vi était un religieux tort distingué, gui fut*élu à l'unanimiié dans le chapitre où je vois mentionnée la présence d'un com'* minaire du roi (de l'empereur). Il jouit de la cx)nsidératton de son souverain, qui lui donna le titre de conseiller ; de Clément XI V, qui lui donna le droit de créer des docteurs en philosophie et en théologie; de Pie VI, qui le reçut à Vienne, en i7w, et lui donna confirmation de tous ses droits, etc., le recommandant, d*une manière spéciale, au cardinat-arciievêque, primat du royaume. Il eut pour successeur le R. P. dom Chrysostome Novak, qui administra de 1802 à 1^8, et fut d'un grand secours au P. Daniel, lors de la désolation du monastère. C'est à son zèle jHincipalcmeut qu'on en doit l'existence nouvelle. 11 y rentra le 25 avril 1802, et, au mois d'octobre de la même année, il donna l'habit h quaranle-^uU noviceê. Il n'épargna rien pour rendre à son archi-monastère son ancienne gloire. Il crut devoir accommoder l'observance régulière «ux destinées actuelles de lorJret eu conservant

quejVi faite ti-dessus, et |o ma bornfïraî, dans ni^ceriiiude , à écrire les noms de lievx en lA]in.

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