‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 4)Chapitre 119 sur 220 · HAB · texte numérisé non relu

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nachorum Syrorum Maroniiarum. Puis le même Clément XII, le 17 janvier 1740, avec le bref : Miterieordiarum Paier^ approuva aussi les staluls de Saint-lsaïe. Le bref esl rapporté dans les Dulles romaines, t. XIV, pag.bOO, et dans les bulles : Deproprio, pag. 309 et suiv., où sont encore rapportés en cinq parties et en entier, tons les statuts. Celles-ci avaient été publiées à Rome en 1741 sous le titre : Regulœ et ConsiUutiones monachorum Maronitarum, Ainsi donc la congrégation des religieux de Saint-Antoine, le Maronite, se divisait en moines de Saint* Isaîe et moines de Saint-Elisée ou Saint- Antoine, laquelle se subdivisait elle-même f^n moines d*Aiep ou Alepins, et en moines Montagnards du mont Liban , ou Baladites. Ceux d*Alep prirent en mépris ceux de la montagne ou du mont Liban, à tel point que la paix cessa d*exister entre ces deux ordres et qu*il ne fut plus possible de les réunir. Cependant la congrégation de laPro-

Ïagande de la foi, désirant mettre un terme tant de maux, approuva cette division oui fut confirmée plus tard par Clément XiV, par le bref: Ex injuneto no6t«, etc., de sorte que les ordres furent séparés en congréçalion des Alépins et congrégations des Libaniens, tels qu'ils existent aujourd'hui. Cependant il n existe pas maintenant d'Allépins k Rome; et il n'y réside que le procureur général des Maronites Libaniens de Saint- Antoine, abbé, dont le nom est inscrit dans les annales romaines, où se trouvent aussi ceux des deux généraux des deux con^ré-

Sations. Le procureur général des moines u Liban demeurait hanituellement comme hdte dans le couvent des Maronites d'Alep, même lorsque leur procureur général était présent, moyennant un paiement pour son entretien. L ordre de Saint-lsaïe a quatorze monastères , Saint-Antoine , Saint-Rocb, Saint-Pierre Eleatin, Saint-Elie Giézin, Saint- Jean, Saint-Mârc-Domitien-Rumié, Saint-Marc-Isaïe, Saint-Marc-Elcabée, Maz- Abbé-Elmusecomus, Maz-Elias-Altelius, Maz-Geori£es-Amor, Maz-Elias-Gazir, Maz- Adna, et Maz-Sergio-Eden ; la congrégation d'Alep est réduite à quatre monastères et deux hospices; Sainte-Marie de Luaise, Saint- Pierre -Cortiain-Ettein, Saint -Elie- Siaveja, et Saint-Elisée. Un hospice est k Rome, l'autre à Deir-Eliamas... La troisième congrégation est celle des montagnards du Liban, ou Baladites. Elle a dix-neuf monastères en Syrie, et un à Cb^rpre, dont deux ne renferment que des religieux, celui de Sainte-Marie des Secours, et celui de Maz- Elias-Erras; et en outre quinze cottéges pour l'instruction de la jeunesse. Les monastères et les collèges sont ceux de Saint- Anloine-Casap, de Saint-Antoine-Hub., de Sainte-Marie, de Saint-Cyprien, de Saint- Georges, de Saint-Marone, de Marabda-Mood, de Maz - Joseph -Borghi, de Maz-Silvio* Boschinta, de Sainte - Marie -Tamisci , de Saint-Autoine-Eli^abahé, de Saint-Michel- Bonabil, de Saint-Maron-Beisanies^ de Maz-Musa-Etiopus, de Maz-Elia-Solcnsiji,

de Maz-Antoine-Sir, de Haz-Zeon-Riscbiniagu,de Saint-Georges-EInalimé, deSainto.. Marie-Maseimissie, de Maz- Elle, en Chypre, en outre d'autres hospices en Bérite, k Tripoli, i Battra, è Giobel, àLidon,kZhale, à Deir-Elquinnies. Les moines decettecongrégation sont au nombre de mille, ils font quatre vœux solennels, celui d'obéissance, et ceux de charité, de pauvreté et d'hamilité, Qu'ils renouvellent chaque année à la fête de leur patron saint Antoine. Leur vie est en mAme temps active et contemplative. La majeure partie oui est laïque comme les anciens moines de rOccident, s'occupe de la culture des champs, afin d'en retirer ce qoî est nécessaire h la vie. Les prêtres vont aa chœur cinq fois par jour, ils s'adonnent k l'étude pour leur propre instruction et |)Oor celle d'autrui, ils vont faire des missions avec le consentement du patriarche» sans l'autorisation duauel ils ne peuvent pas s'occuper du soin des âmes et t^onlseulemeni en rapj)ort avec les religieux de leur congrégation. Les religieux de Saint-Antoine du Liban, désirant posséder un hospice à Rome, afin de pouvoir y tenir quelques membres de leur ordre, pour leur propre instruction, adressèrent leur demande «o cardinal Sacripant, chef de la Propagande. Celui-ci soumit leurs instances i Clément XI, qui accueillit leur requête et remit l'af* faire.

Deux de ces moines viorenl k Rome, et on leur accorda en 1707 la maison et le jardin voisin de Saint-Jean de Latran près de l'éi^lise des saints Marcelliii et Pierre qu'on affecta à leurs exercices pieux. C'est là qu'on devait instruire quatre ou six novices sur la théologie , de manière h les rendre d'habiles prédicateurs destinés h enseigner leurs nationaux. Les cours commencèrent, les statuts de la congrégation furent approuvés, et les religieux restèrent au milieu de cet air malsain jusqu'en 1743.

Alors Benoit XIV déjà titulaire de cette église la restaura pour le monastère des Carmélites, et les religieux partis sous la direction du cardinal Pitra, flrent arquisition de la maison et du jardin situés près de Saint-Pierre-aux-Liens, où se trouvait la villa Maltaï des ducs de Paganire, où ils élevèrent un oratoire ou église sous l'invocation de saint Antoine, abbé. Cet hospice appartient aux moines Alcpins qui y entretiennent un procureur. Mur Eva, Maronite, venu è Rome après la fondation de cet hospice, fit des instances auprès du Saint-Siége pour obtenir qu*il pût y séjoarner pour ordonner ses nationaux, comme ont coutume de le faire les évêques grecs et arméniens. Mais cette requête resta sans effet, parce que les Maronites ayant rbabiiude de se marier selon la discipline orientale avant d'arriver au sacerdoce, il était alors nèces* saire peureux de retourner dans leur («trie où ils ivaient contracté leur mariage, afin de recevoir du patriarche ou de leurs sui^éricurs respectifs les ordres sacrés. — Ct>^

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DES ORDRES RELIGŒUX.

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le fljanfier ({uese célèbre dflns cat hospice laftte de saïat Antoine.

Dff religieuies Maronites,

Les n'Iigieuses Maronites donl la règle e$t irès-sévère, ont sept monastères, et .sont dirigés par des prêtres qui professent la régie enseignée par un évèqne d*Alep. Elles sont environ deux cents. Elles peuvent, iTec le consentement du patriarche et quand ia majorité d'entre elles ne s*y oppose pas passer d'nn monastère dans un autre, il y a aussi deux autres monastères dirigés par les moines Baladites, qui cependant ne peuvent en prendre le tfOuverRement sans être aolorisés par le supérieur. Il y a quatre conlenraiears pour les religieuses; il y a cependant un grand nombre de religieuses qui sont soumises h leurs évèques respectifs. Ainsi que nous Tavons déjà dit, il existait de temps immémorial des monastères dou- Ues, où les moines et les religieuses avaient Qoe habitation commune et accomplissaient to^dctet de piété; et prenaient des récréations en commun. Ceux-ci qui auraient dû ê(red*nn salutaire exemple pour le peuple, étaient au contraire par cette cohabitation le scandale et la lable des Catholiques et des iofidèles.

En 1770, le patriarche Jacques parvint à faire séparer les deux sexes. Déjà son prédécesseur avait lancé l'excommunication contre tout moine qui aurait admis une religieose ou tout autre femme dans son couvent. Hais il n'obtint rien par cette rigueur et ce zèle, quoigue il y eût beaucoup d*é- Ttques et de religieux partisans de cette sélérité. En 1733, Te patriarche Gazen et trois sopérieurs s'opposèrent assez vivement à cette réforme; ce qui motiva un synode national au Liban, en 1736. Par ordre de la ^ngrégation de la Propagande, on souscrit i tons les actes du synode convoqué dans le iMit de faire resser cet abus , cause de tant de maux, mais sans obtenir cependant "effet désiré. Pais le patriarche ayant fata- Inaent changé d'opinion, ordonna qu'aucun cbannnaent n'eût lieu dans le couvent et que la cohabitation persistât. Aussi les me-r naces de la 'congrégation de la Propagande furent-elles inutiles pour faire cesser ce détfirdre, le mal persista jusqu'à la fin du pcmtificat de Pie VU, qui mit la faulx à la racine. En obtenant que les moines et les religieuses habitassent des monastères différ^ots, éloignés les uns des autres, mais cependant tout scandale ne cessa pas alors; ar en 1836, au monastère de Saint-Elia-in- Gésir cohabitaient encore des moines et des rt^ligieuses, ce qui motiva de nouvelles ré- ("laiDations de la congrégation de la Pro]»pode.Dans la u' partie, chap. 14, des statuts •P$»roQvés par Clément Xii, en 1740, il est ^rsité de monialibui. Benoît XIV, par sa bulle: ild iupremam, abolit le 4 janvier 17t8, la congrégation des religieuses sous l'invocaiiOQ du Sacré-Cœur de Jésus, instituée P*r Anne Agesni, et la transféra à d'autres ûJonastères, prohibant les livres qui men-

tionnaient des faux et prétendus miracles de la fondatrice dont il a été question cidessus. ^

MARTHE (CoNaBéoATioif des religieuses de SAINTE-}, établie en Dauphiné.

Mlle Edwige du Vivier, née en 1784 à Romans ( Drôme ), d'une famille noble et ancienne, avait conçu .de bonne heure le projet d'embrasser la vie religieuse dans Tordre de la Visitation; mais ses parents ayant protesté qu'ils n'/ consentiraient jamais, Dieu bénit la douleur que cette sévère déclaration lui fit éprouver et lui inspira le dessein de vivre au milieu du siècle avec autant d'édification qu'elle aurait uu le faire dans le silence du cloitre.

La charité était la vertu favorite de cette pieuse, demoiselle, le soin des pauvres et des enfants du peuple avait pour son cœur un attrait particulier. Non contente de pourvoir par ses aumônes k leurs nécessités corporelles, elle gémissait avec amertume sur leurs besoins spirituels et s'efforçait, par toutes sortes d'aimables industries, de les prémunir contre les dangers innombrables dont ils étaient sans cesse environnés. A ses yeux, le plus k redouter pour la classe indigente était l'ignorance de la religion; aussi entreprit-elle généreusement d'y remédier en organisant trois catéchismes par jour quelle voulut faire elle-même et auxquels elle invita les enfants des pauvres de l'un et rentre sexe et même les personnes du tout Age qui n'avaient pas moins besoin d'instruction, au sortir des troubles révolutionnaires.

Heureuse de partager ainsi tout son temps entre une multitude d'œuvres , de miséricorde et ses exercices de piété, Mlle Edwige fit de rapides progrès dans la vertu et devait être bientôt un sujet de haute édifice-^ tion pour la ville de Romans, tout le monde admirait sa conduite et notamment le zèle infatigable avec lequel elle s'occupait de rinstriiction des pauvres enfants du peuple; mais ses efforts, quelque généreux qu'ils fussent, ne produisaient pas encore tous les fruits quelle avait lieu d'en attendre. La plupart de ces enfants abandonnés à euxmème^ et mal surveillés par leurs familles, oubliaient bientôt ses pieuses leçons : elle aurait voulu ne pas les quitter un ins« tant, leur servir de mère nuit et jour et corriger aussi, par une sollicitude continuelle, les caprices de leur Age, en les préservant des dangers d'une indépendance absolue. Dans ce dessein, elle résolut de créer en leur faveur une école gratuite. Ce projet agréé par Mer Bécherel, évéque de Valence et par M. Marie Descorches, préfet de la Drôme, ne tarda pas de se réaliser, grAce i leur bienveillant concours. M. Anselme, curé de Romans, prit aussi une part active à cette bonne œuvre et bientôt Ml^e Edwige se vit, en qualité d'humble maltresse d'école, environnée d'une multitude de petites filles qu'elle édifiait et instruisait avec un dévouement sans bornes.

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PICTIONNAIRE

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Quelque temps après Tévéque de Valence, s*iitant rendu sur les lieux, visiia le petit établissement qu'il trouTa parfaitement organisé ; il témoigna h la pieuse institutrice une vive satisfaction et lui dit en la quittant: « Ma bonne petite mère fc'est ainsi qu'il la qualifiait ordinairement) , il faut vous adjoindre quelques compagnes qui veuillent partager vos travaux, vous les dirigerez et puis, qui sait?... »

Ce dernier mot fut comme le prélude de la fondation ciui devait plus tard avoir lieu sous les auspices et par les soins de Ulle du Vivier. M. Anselme le recueillit avec empressement et depuis lors s'en prévalut avec adresse pour lui inspirer la resolution de former quelques jeunes personnes pour la direction des écoles gratuites dont la ville de Romans et plusieurs autres du diocèse avaient le plus pressant besoin. En effet, dès Tannée 1813, Mlle E<lwi^e s'associa deux com()agnes auxquelles on joignit bientôt quelques autres; un règlement leur fut donné, le nombre s'acrut peu à peu et l'on Tit surgir de cette pieuse association des institutrices aussi recommandabics par leurs vertus qu'heureusement façonnées à Tart si difficile d'élever l'enfance chrétienne.

Mgr Bécherel, instruit de ces heureux succès, les encouragea de tout son pouvoir, approuva le règlement dressé par Mlle Ldwige et la nomma supérieure de l'association. Le prékt étant mort sur ces entrefaites, M. Dévie, son vicaire général, prodigua, à son tour, les soins les plus empressés à l'œuvre naissante et l'on peut direoue c*est sous les auspices de ce vénérable évèquejde Belley, quelle a grandi jusqu'à nos jours. Le premier règlement ne suffisant plus dès l'année 1815, il en dressa un nouveau plus explicite et le rendit obligatoire. Une maison fut achetée, on y cons-* iruisit une chapelle et l'habit religieux fut donné aux premières compagnes de Mlle Edwige. Le nombre des enfants qu^elles soignaient croissait à proportion; noq contentes de recevoir toutes les petites filles qui leur étaient présentées comme externes, elles donnaient asile au milieu d'elles h plusieurs autres qu'elles nourris- .«•aient et entretenaient à leurs frais. Toute la ville de Romans applaudissait k un zèle si religieux; mais il faut que les couvres inspirées par le Ciel soient toujours marquées au coin de la contradiction ou qu'elles subissent du moins quelques épreuves.

En 1815 Napoléon étant revenu de l'exil, Romans, comme la plupart des autres villes de France,fut livrée k une agitation extraordinaire ; la |H)pulace, toujours aveugle sur ses plus chers intérêts, fit entendre des vociférations k la porte d'une maison qu'elle aurait dû bénir ; on craignit une émeute, les gendarmes furent envoyés sur les lieux et un commissaire de police enjoignit aux religieuses de sortir çromptement et de se retirer dans leurs familles.

Mlle Edwige, consternée de cette avenlure,8'enfuit a Vienne auprèsde ses parents.

Quelques-unes de ses compagnes se dispersèrent, d'autres se réunirent deux on trois ensemble pour continuer leurs pieox exercices, une seule resta dans la maison avec quatre orphelins sans ressources.

Heureusement cet orage fut bientôt apaisé. Le 29 juillet 1815, Mlle Edwige réunit de nouveau sa chère communauté dont cette épreuve n'avait fait qu'accroître l'union et le dévouement. Ce fut alors que la congrégation prit le nom Ae Sainte-marthe etcnoi* sit pour sa fête principale la fête du iaint nom de Jésui. Quelque temps adirés, c'est-.)dire, le 18 septembre 1816 la pieuse fondatrice que de erav^s raisons avaient empêchée jttsqu alors de prendre l'habit religieux , le reçut enfin des mains de M. Dévie et fut confirmée dans la charge desupéHcure généraiew Le même j9ur elle fit ses trois vœux de religion^ Dans respace de quelques mois, la congrégation de Sainte-Marthe fut assez nombreuse pour fonder deux établissements, l'un k Eymeux et l'autre k Saint-Donat.llfut alors arrêté dans le conseil que chaque poste devrait k l'avenir comprendre au moins trois scBurs et qu'elles y observeraient une demie clôture , c'esl-k-dire qu'elles n'en sortiraient que pour visiter les malades et assister aux Ofllces de la paroisse.

Le 22 juillet 1817 les statuts signés pac toutes les sœurs professes et revêtus de l'approbation des vicaires généraux de Valence furent envoyés au ministère nui les accueillit favorablement. En voici le résumé t Le bat de h congrégation de Sainte-Marthe est de drriger des écoles de jeunes filles et de recueillir dans ses établissements celles dont l'innocence est exposéi) ou qui sont pauvres. Ces écoles sont partout grataites pour la classes indigente. Les enfants recueillis dans la maison de Tinstitut y sont entretenus et nourris gratuitement; on leur apprend un état et on les forme au serrice domestique; le nombre n'en est pas fixé, n dépend des besoins de chaque paroisse et desrevenus de la maison qui les reçoit.

Indépendamment des écoles, les sœurs doivent faire la visite des malades et distribuer aux pauvres les secours dont elles peuvent disposer.

La maison mère est k Romans, c'est laque doit se trouver le noviciat et que réside la supérieure générale avec qui corres|K>ndenk les supérieures des autres établissement^. Les soBurs font les trois yœux de chanié, de pauvreté et d'obéissance, conformée eot aux lois de TEglise.

La supérieure est élue pour six aos« elle peut être prorogée dans ses fonctions. Son conseil est composé d'une assistante et de six conseillères dont trois, au moins, doivent résider k Romans.

La congrégation est soumise pour lespi* rituel k l'évêque diocésain, et pour le cîtil, aux autorités locales.

Telle est en général la teneur des statuts qui ont été suivis depuis fa fondation de Sainte-Marthe et que le gouvernement a coa« lirmé le 38 mai 1826.

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Lo M juin ISlTy M. le Gentil , maire de Romans, contoqaa -le conseil œonicipal»

5ur la demande du minislre de Vintérieur (arte an préfet de la DrAme poar constater rutiltté de sa congrégation. Le conseil, en jfaot délibéré, rendit un hommage solennel a'a lële et aux Yertus des religieuses insti* (airices de Sainte-Marthe et voulut leur donner nn gag« authentique de sympalhie «0 saoctionnani une délibération de la commission des hospices qui leur cédait à per^ pétaiié on local spacieux où elles entrèrent la 30 du même mois.

C'est êssez dire que le nombre des sœurs s*était considérablement accru durant les deux années qui venaient de s'écouler.^ En «ifet, les bénédictions du ciel descendaient en abondance sur cette sainte congrégation, ses étaUissements se multipliaient, ses bienbits se développaient tous les jours d'avani«ge, tout présageait un avenir prospère à QoeoBuvre dont le but était trop noble pour ne pas voir se réaliser les espérances qu*on enarait conçues. La vénérable fondatrice se- (Tonda généreusement ce progrès par une ^it digne d'être proposée pour modèle aux âmes tas plus ferventes. Elle eut la consolation de voir tous ses vœux accomplis et ne cessa de remercier le Seigneur jusqu'au jour de sa mort arrivé le 5 février 1835. Ce f'it an milieu des larmes et des sanglots de U coaiBiunattt6 qu'elle rendit le dernier soupir, lui laissant comme pour héritage ces dernières paroles : « Adieu, mes chères filleSf le moment est venu de me séparer de vous pour toujours... vivez en paix... restez bien unies les unes avec les autres , aimez la retraite et la vie cachée, évitez tout contact arec le monde... adieu, je vous laisse, mais yai la confiance que je vous serai plus utile au ciel que sur la terre. »

Ces dernières paroles inspirées sans doule par un saint pressentiment du bonheur qui latteodait se sont vérifiées à la lettre. I^ Téoérahle fondatrice de Sainte-Marthe a prié {>ottr sa chère congrégation et Dieu a exaucé ies prières.

Au moment de sa mort elle laissa quarante^eux religieuses professes, dix novi- ^ at sept établissements. Au 1" janvier I8U, son institut compte cent quarantehuit professes, soixante novices et trente établissements dont trois ou qua(re sont de quatorze ou quinze sœurs.

Cette prospérité est un indice manifeste de I excellence de Tœovre fondée par Mlle Edwige du Vivier. On ne saurait que faire des vœux pour les succès toujours croissant <i uue congrégation qui se dévoue avec un zèle admirable au bonheur des enfants et des îfuTres.(l) B-D-fc.

MXKTEE (SoBuas db SAINTE-) Maison mère à Piriaueux (D^rdogne).

La fondation dfe la congrégation des sœurs ^^ Sainte-Marthe de Périgueux remonte à *«nnée 8eize-cent-guarante*trois.

Celle congrégation prit naissance dans 'HoieUDieu de cette ville, (situé près le moulin de Saint-Frent).

1^) H ^ la Gn du vol., n«" 143, ili.

Cet établissement existait à «une époque antérieure à celle que nous venons de citer, et était aflecté exclusivement aux pauvres malades; de pieuses demoiselles leur donnaient les soins que réclamait leur état.

Les deux fondatrices de la congrégation, Antoinette et Jeanne Juilhard fnativesd'Arvgoulème) étaient venues à TIiotel-Dieu de Périgueux, s*essayer au genre de vie au«quel elles désiraient se consacrer; car il parait par les archives de la congrégation , qu'elles habitaient cet hospice depuis quelque temps, lorsqu'on 16tô elles contractèrent des engasements avec les administrateurs.

Mgr l*évéque de Périgueux les autorisa è vivre en communauté, et è jeter ainsi les fondements de la conçrég;ation.

Malgré cette autorisation, la règle proprement dite ne fut donnée et approuvée 2u*en 16S0, par Mgr Philibert de Brandor, véque de Périgueux. Dans cette approbation Monseigneur relève la grandeur et la sublimité des œuvres de la congrégation, puisque les sœurs y font vœu de servir Noire-Seigneur Jésus-Christ dans ses membres souffrants. Il ne met au-dessus de leurs fonoctions que celles du sacerdoce.

Cette règle] fut approuvée par les évéques ses successeurs sur le siég;e de Périçueux*

1* Le but de la congrégation, après la plus grande 'gloire de Dieu , était de s'employer au soin des pauvres malades. Les services les plus bfis et les plus dégoûtants leur étaient rendus par les sœurs. Toutefois it leur était enjoint ))ar la règle, de s'attacher plus spécialement i l'Ame qu'au corps de ceux auxquels elles se dévouaient.

2* Quelques années après la fondation on joignit d'autres œuvres a celles qu'on avait eues en vue dans le principe.

3* Les sœurs s'engageaient par des vœux simples, mais perpétuels, de chasteté, et de stabilité au service des pauvres malades.

&* Quoique les sœurs ne fissent pas les vœux de pauvreté et d'obéissance, elles étaient néanmoins obligées do les observer dans la pratique : puisque la vie commune était en usage dans la congrégation, et qu'un article de la règle disait que les sœurs ne devaient posséder rien comme propre et avec attache. Pour Tobéissance, la règle disait formellement : que les sœurs ne pouvaient sortir ni faire faire le moindre message sans en avoir obtenu la permission de la supérieure, ir était dit de plus qu'elles détaxent accepter les emplois sans réplique^ à moins que leur conscience n'y fût engagée : dans ce cas elles pouvaient faire leurs observations, mais être néanmoins disposées à obéir si la supérieure ne trouvait pas à propos de changer de détermination.

5? La supérieure était nommée tous les trois ans à la majorité absolue des sufifrages et au scrutin secret.

6* L'assistante et l'économe étaient également nommées par les suffrages de la com • munauté.

7* La congrégation reconnaissait Mar révftque de Périgueux, pour premier supJ-

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rieur et devait recourir à lui dans les affaires extraordinaires.

Les archives ne font mention d*aucun acte d'agrégation avant l'approbation donnée à la congrégation par Mgr de Brandon.

Mais dès que cet acte de sa grandeur fut connu, déjeunes personnes distinguées par leur naissance et leur piété « aspirèrent à l'honneur de se ranger sous la bannière de Sainte-Marthe 9 et ft devenir sous ses auspices d'humbles servantes des pauvres.

Là première religieuse après les fondatrices fut sœur Marthe Dubois. D'après les archives» son acte d'agrégation est en date de Tannée 1653. Plusieurs autres actes d'agrégation sont inscrits à des dates très-rapprocbées de celle-ci.

La fondatrice Antoinette Juilhard gouverna la congrégation en qualité de supérieure jusqu'en 1679. Son grand Age ne lut permettait plus alors de remplir 3ette charge. Elle vécut encore plusieurs années» après s'être démise de la- supériorité.

La vie de cette fondatrice ne fut qu'une suite de bonnes œuvres ; elle donna l'exemple de toutes les vertus; mais une parfaite abnégation fut celle qui éclata le plus en elle. On ne sait si la maladie qui l'enleva à l'affection de sa communauté, fut longue; elle eut le bonheur de recevoir les sacrements do pénitence et d'Eucharistie» et elle reçut dans ses derniers moments la visite de Mgr de Francheville, évèque de Périgueux. Ce fut le 2 août 1685» que la Mère Juilhard rendit sa belle Ame à son Créateur.

La communauté désirait vivement garder les restes vénérés de sa fondatrice, mais le révérend Père recteur des Jésuites, qui détirait aussi avoir dans sa chupelie la dépouille mortelle de la vénérée Mère, obtint (le faire faire les obsèques et la sépulture dans la chapelle du collège» qui était sous la direction dçs Pères de sa Compagnie.

Nous avons dit qu'en 1679, la Mère Juilhf rd avait été déchargée de la supériorité. ile fut alors qu'on procéda A la première élection d'une supérieure» cette élection fut faite suivant le mode indiqué dans le règlement.

Sœur Anne de Méreuieu fut cette première supérieure nommée par la communauté. Les archives de la cougréxation nous donnent quelques détails sur Ta vie de cette religieuse.

Sœur Anne de Méredieu appartenait è une famille distinguée. Elle se sentait appelée A

noviciat fut long. Ils fhiirent cependant par' donner leur consentement» et elle put enfln se consacrer à son Dieu oour toujoais et sans réserve.

Si sœur Anne de Méredieu avait été ona novice fervente» elle fut une religieuse exemplaire; sa charité était vive et ingénieuse ; les malades les plus dégoûtants et ceux dont le caractère et l'humeur étaient les plus difficiles» étaient ceux auxquels elle s'attachait de préférence. Les offenses et les injures devenaient des titres pour avoir des droits à son affection particulière.

Malgré le soin qu'elle mettait à cacher sa vertu» non-seulement sœur de Méredieu était regardée comme une sainte dans la commanauté et l'hospice» mais elle était en vénération dans la ville de Périgueux : cette véaération se manifesta d'une manière éclatante A sa mort» arrivée en 1690.

On avait exposé» selon l'usage» le corps de sœur Anne de Méredieu dans la cbafielle de la communauté. Les tiabitants de Périgueux» de tous les rangs» se portèrent en loule près de ses restes vénérés. Pour con« server quelque chose qui eût appartenu k la défunte» on enleva la couronne de fleurs qu'on lui avait mis sur la tête» ainsi qu'une partie de ses vêtements» pour s'en partager les lambeaux. La communauté dut placer des hommes de garde près du cercueil, mais cette précaution dfevenantencoreinsuflisaute; on se vit contraint d'enlever ce précieai dépôt.

Les obsèques furent fsites dans la cbaficiie de l'Hôtel-Dieu. Son corps fut déposédaus un caveau qu'on y avait première.

La congrégation s'accroissait toujours, et on comptait un nombre plus que suffi^ant de religieuses pour Thospice où elle avait pris naissance; aussi les administrateurs de ThApital général» voyant avec quel xèle et quelle ferveur les sœurs de Sainte-Marthe servaient les pauvres de l'Hôtel- Dieu» et le bon ordre qui y régnait» demandèrent et obtinrent des sœurs de la congrégation pour gouverner l'hôpital général.

Cet hôpital était situé sur remplacement de l'hospice actuel. Cet établissement était une maison de refuge pour les filles pénitentes et un hospice pour les enfants trouvés. Avant que les sœurs v entrassent» il était desservi par une ancienne religieuse de la Charité et par quelques demoiselies sécu* lières.

Ce fut en l'année 1701 que les sœurs de Sainte-Marthe s'établirent à l'hôpital géoértt;

la vie religieuse» et son amour pour les

pauvres la |K)rtait h entrer dans la congre- mais elles reconnaissaient pour maison mère

gation de Sainte^Marthe. Chérie de ses pa* THÔteUDIeu» et dépendaient en tout de la

rents» elle s'attendait bien à rencontrer des supérieure de cette maison.

obstacles; mais forte de sa confiance en Dieu, elle espéra que si le Seigneur la voulait religieuse de celte congrégation» il saurait bien applanir les difficultés. Ce ne fut au'apràs des demandes réitérées» qu'elle obtint de commencer ses épreuves dans l'Hôtel - Dieu de Périg^ueux. Les auteurs de ses jours* retardant toujours le moment si désiré par elle de faire l'émission de ses vœux» son

La congrégation prenait ou développe* ment» et einorassait de nouvelles œuvres» ce qu'elle a fait toujours à mesure qu vlie a pris plus d'extension.

Un nouvel établissement se présenta en* core en 1711; Muasidao» petite ville du dé-

Sai tement, demanda et obtint des sœurs île ainte-Marthe. Ce n*était pas seulemeoi pour le soin des malades qu'on désirait des sceurs

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0ii$ OD voolail encore qu*elles donnassent riostroctioo aux jeunes fliles de la ville et de la banlieue. La congrégation accepta et i*cngnç;eA à faire les œuvres qu*on dernan-» diit d'elle.

Caite maison subsiste aujourd'hui telle qoelle fut à sa fondation, avec tes mêmes ofufres; mais elle est plus considérable qu*à son berceau.

Nous avons dit que les sœurs avaient pris Il direction de TbApilal général ; elles desserrirent cet établissement pendant de longues année^. Mais en 1T79» les administra'leurs de cet hospice leur ayant suscité des didicahés, et les sœurs ne pouvant plus tccomplir le bien (]u*elles désiraient faire, lasopérieure réunit la communauté, et lui 8}ant communiqué les obstacles que trou* Tiieni les sœurs dans raocomplissement de leurs devoirs, il fut arrêté qu'on abandonnertit rbêpital général et qu on se retirerait. Toutefois cette résolution ne fut pas mise à néculioo, puisqu'on retrouva les sœurs dans ie( bA,)ital en 1794.

Noos allons citer une lettre que Hgr Tévê-* qoi de Périgueux écrivit à la supérieure de .^nie-Marthe, k l'occasion des contrariétés •|a>li8 éprouva en cette circonstance.

Mgr Civique de Périgueux à Mme la supériVvre des 8œur$ de Sainte -Marthe de Péri-'

Madame^

Je toit avec peine par les deux dernières Itttru que voue m'avez écritet^ toutes les fmatsmes au an vous suscite. Tai reçu en ^ime imps Varrété pris par MM. les admitiuratiurs de rhôpital général de Périgueux. Cal à vous f Madame j à assembler votre corn- ^uMuti, à recueillir les suffrages^ et à vous ^ddtr ensuite à prendre le parti le plus sage [i k plus sûr: soyez assurée d^avanTe^que ^approuverai toujours tout ce que vous ferez tucord avec votre communauté,

yoHs me trouverez toujours disposé à don-- ^ à toutes vos saurs^ et à vous en particu-- Kfr, iis marques de mon attachement^ et à mdrt publiquement témoianage de tous les Knictê que vous rendez à C hôpital général.

Ctit avec ces sentiments que j'ai t honneur litre, etc.

là congrégation de Sainte-Harthe d'An*

Rolême se forme sur le modèle de celle de rigaeax; les deux premières religieuses de cette congrégation flrent leur novice è THAtel-Dieu de Périgueux, et prirent li règle de Sainte-Marthe. Mais ces religieuses furent toujours indépendantes de la luisoD de Périgueux. Les religieuses bospitaHères de Brantôme, Ribérac et Bergerac, pnrent aussi la rèçle de Sainte-Marthe, mais jorent également indépendantes. A la révolution de t789, la congrégation eut à subir Ks cooséquences de cette époque de terreur €( de crimes.

I^s sQBors avaient espéré pendant quelque «^jnp< que la loi ne les atteindrait pas, mais «II» ne lardèrent pas k être cruellement dé- Monsées.

Oo commença par supprimer l^établisse-

ment de l'Hâtel-Dieu, on transporta tes malades à l'hôpital général; les sœurs des deux maisons se réunirent alors k cet hôpital. Là elles avaient espéré jouir de quelque sécurité, mais le calme ne fut pas long. Vint la moment où on exigeait des [trêtres le ser* ment k la constitution. On voulut exiger de& sœurs le même serment, elles refusèrent;^ sur ce refus, plusieurs furent mises en réclusion; on chercha k intimider les autres, mais elles furent fermes et constantes dans leur refus, se confiant entièremeni en Dieu.

Une autre peine bien sensible vint les assaillir : leur aumônier, prêire vertueux et fidèle, fut obligé de fuir ou de se cacher; on lui substitua un prêtre constitutionnel; les sœurs refusèrent constamment d*êtro en eommunion avec lui„ et d'assister k sa Messe. Elles avaient obtenu de garder le saint Sacrement en cachette, et même de le transporter d'un lieu k un autre quand besoiu serait, pour le dérober k la proianalion. Elles eurent le bonheur de canner et gardèrent longtemps ce précieux dépôt, enfermé dans une petite case pratiquée sur la tribune do leur chapelle.

On peut juger de tout ce qu eurent k souf-^ frir les sœurs pendant ce temps de douloureuse mémoire; soit pour se procurer lebonheur de s'approcher des sacrements de pénitence et d*£ucharistie, soit pour procurer ces secours aux malades. Malgré tout ce qu'elles eurent k souffrir, elles se maintinrent k l'hôpital général jusqu'en 1794, époque k laquelle les sœurs sortirent pour obéir à la loi.

La congrégation se composait alors, tant k Mussidan qu'k Périgueux, de 28 ou 30 religieuses. Elles furent obligées de se retirer chacune dans leur famille.

Six ans s'étaient k peine écoulés, depuis la sortie des sœurs de Thospice, que les peuples désabusés revinrent l^la religion. On comprit enfin qu'il n'y a que cette reli-

Îue divine qui eut le pouvoir d'enf tnter des mes dévouées, prêles k s'immoler k chaque instant pour le salut et le soulagement de leurs frères pauvres et malheureux.

Les mercenaires qui avaient remplacé les sœurs k l'hôpital remplissaient leur têche d'une manière si rude et si peu charitable, que les autorités de la ville vinrent prier les reli}(ieuses de la con^ré^jation qui habitaient Périgueux, de vouloir bien reprendre leurs fonctions k rhôpital.

L'ancien hôpital ayant été converti en caserne, on avait transféré les malades dans la communauté des religieuses deSainte-Claire. Ce fut donc dans cette maison que les sœurs rentrèrent, mais elles réclamèrent leur ancien hôpital, qui leur fut rendu peu de tempsaprès.

Sur ces entrefaites , plusieurs des sœurs étaient mortes, d'autres étaient trop infirmes pour songer k rentrer k l'hôpital, aussi ne se rendirent-elles qu'au nombre de cinq ou six k l'hospice de Périgueux, d'autres rentraient égalementkl'hospicede Mussidan.

Les Sœurs de Sainte-Marthe sentaient une îoie indicible d'être rappelées et de pouvoir

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niGTIONNAIRE

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reprendre les œuvres auxquenes elles s*étaient yonées. Hais dans quel état vont-elles retrouver la maison qu'elles ont laissée si bien pourvue 1 On avait si bien dévasté que tout était dans lé plus complet dénûroent. Il n'y avait pas même le linge de première nécessité, à tel point que les sœurs furent obligées , pendant quelque temps , de se servir de leur propre linge pour changer les malades.

A la vue de tant de misères, les sœurs sentirent leur courage défaillir , alors elles eurent recours à Marie, elles se prosternèrent devant son image, que Tune d*entre elles avait apportée. Après une courte prière, elles se relevèrent pleines de confiance en Dieu et prêtes à tout entreprendre jiour sa gloire et pour accomplir sa volonté sainte.

Parmi les religieuses qui rentrèrent è l'hôpital en 1800, il en est une dont nous ne |)Ouvons passer la vie sous silence.

Cette religieuse portait le nom de sœur Lamy, quoique son vrai nom fût sœur Marie Lapeyriere. C'était une de ces Ames privilégiées qui ne veulent que connaître la volonté de Dieu, pour l'accomplir de toute la force de leur volonté.

Bien jeune encore, se senlant appelée à la vie religieuse, mais n'ayant d'atirait prononcé pour aucune communauté, elle en visita plusieurs à Périgueux. Croyant connaître assez clairement que Dieu la voulait dans la congrégation de Sainte-Marthe, elle n'hésita pas, elle y entra et flt profession en 1783,

Lors de la révolution, elle montra un courage, une énergie dont on ne l'aurait pas crue capable, elle toujours si douce et si timide ! Mais que ne peuvent pas les Ames quand elles sont revêtues de la force et de la vertu d'en haut!

La vertu diractéristique de cette religieuse était une douceur inaltérable, mais qui n'ôiait rien è sa fermeté; à celle douceur étaient jointes une aimable simplicité qui ne soupçonnait jamais le mal et une charité active et sans bornes. Elle supportait les mauvais procédés avec une patience angélique, et avait une admirable éloquence pour persuader aux autres la pratique de relie vertu. On peut dire qu'en la voyant on se sentait attiré vers elle, mais de cet attrait qui incline vers tout ce qui est bien.

Si cette sœur se montra une des plus fermes au moment du danger, elle ne se montra pas moins ardente a réparer les désastres causés dans l'hdpilal par les agents de la révolution. A toutes les vertus elle joignait une piété tendre et ardente; aussi mitelle tout en œuvre pour remettre en bon état la chapelle de l'hospice. Tout manquait, mais elle se mit eu quèle et obtint des autorités les objets d*art épargnés nar la fureur révolutionnaire, dans les cnapeflesdes communautés qui n'étaient pas rétablies.

Combien de fois après des journées laborieuses passées près du lit des malades et ^es mourants, a-t-elle travaillé bien avant

dans la nuit pour l'ornement de la maisoa du Dieu trois fois saint I C'est qa'oatre qu'elle contribuait au culte du Seigneur, elle recevait souvent de son travail une rétribulion qui lui aidait à procurer aux pauvres les choses les plus indispensables.

Cette religieuse fut réélue quatre fois sur pénieure, et pendant les douze années de sa supériorité, elle fut toujours égale k ellemême, toujours bonne, douce et compatissante. Jamais une parole aigre ne sortait de ses lèvres, ses réprimandes et corrections étaient toutes imprégnées de ceite mansné> tude chrétienne qu'elle avait puisée dans le cœur du Dieu de charité.

Celte vénérée Mère mourut le 8 mars i9k% h la quatre-vingt-deuxième année de son Age, munie des sacrements de l'Ëgiise.

On peut dire avec vérité que chacune des sœurs de Sainte-Marthe qui rentra après la révolution firent des prodiges de cnarilé. Du nombre de celles qui rentrèrent à Thos- ])ice de Mussidan , il en est une aussi dont a vie a été remarquable.

Sœur Marie-Marthe do Montozon appartenait à une famille honorable du Périgord; elle Gt profession en l'année i78(h.

Peu après sa profession, cette religieuse fut envoyée è Mussidan, elle y était encore lorsque éclata la révolution. Sa constance et sa fermeté lui valurent les honneurs de la réclusion, où elle fut détenue pendant su mois, et néanmoins elle ne quitta jamais entièrement le costume religieux. Sœur Marine de Montozon fut une des premières à rentrer à l'hospice de Mussidan et ne recula devant aucune peine pour réparer cet hospice. . ., .

Cette religieuse était assez habite pharmacienne : aussi venait-on souvent de loin la consulter et lui demander des remèdes ce qu'elle ne refusait jamais. Qui pourrait énumérer les plaies, les ulcères quMlc a pansés et guéris pendant les soixante-huit années quelle a habité Mussidan; les mi* sères de tous genres qu'elle a adoucies, es secours qu'elle a donnés?

Aussi à sa mort, arrivée en mars 1853, la population tout entière lit-elle éclater se> regrels, et témoigna-t-elle publiquement i« vénération qu'elle avait pour celle religieuse. .

Le jour où le corps de celle chère Mère était exposé dans la chapelle de riiospice, on eut dit un jour do fête, Uni raffluence était grande. On venait entourer ce cercueil et contempler res restes vénérés; on >* trouvait heureux de voir encore une i«»^ celle qui avait été si bonne et si chariUM'*

pour tous. * , -, I

Pendant le convoi funèbre la foule en'» si com^iacie que les sœurs ne pouvaient^ tenir i leurs places. De jeunes fliles tiMue^ de blanc se succédaient à chaque in^UDi* pour avoir l'honneur de porter, ne fûi-^^ que l'espace de quelques pas, ce fréoeui dépôt à la sépulture. Sœur Marthe de Moutozon était Agée de M ans.

Nous avons laissé la congrégation rc«on>*

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DES ORDRBS^ RELIGIEUX.

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