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DICTIONNAIHE
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assez forts pour entrer en métier. Quant aux &\\es^ elles seront pareillement admises jusqu'à lége de quatorze ans, et mises en nourrice, et à i*Age de quatre ou cinq ans reçues en ladite maison cTe la Mère de Dieu, pour y être nourries, entretenues, instruites et élevées par les maîtresses choisies à cet effet, et y demeureront autant qu'il sera jugé à pro|)os par rassemblée des administrateurs. »
En 1778, un nouveau curé de Saint-Sulpice, H. Tabbé Faidit de Tersac, obtint de Louis XVI de nouvelles lettres patentes en faveur de la communauté des orphelins de la Mère de Dieu, ces secondes lettres apportèrent quelaues modifications dans les règlements. Il fut permis d'admettre dans rétablissement des enfants orphelins de père ou de mère seulement. L'ftgede l'admission fut filé de cinq à dix ans au plus, à cause de l'inconvénient qu'il y avait à recevoir des enfants qui, plus ftges, avaient pu contracter dans leurs familles des habitudes vicieuses qu'ils propageaient dans la maison et qu'il était presque impossible de détruire.
Les services des administrateurs étaient bénévoles, les maltresses dirigeant la maison des jeunes orphelines ; étaient des personnes pieuses qui sans contracter d'engagements reliçieui se consacraient gratuitement au service de ces pauvres enfant» et à la pratique des vertus chrétiennes.
Elles avaient une supérieure, et on leur donnait le nom de sœurs; leur vêtement était noir, simple et modeste.
L'établissementsituédans la rue du Vieux- Colombier, dans les bâtiments qui portaient le n* 15, prospéra jusqu'au moment de la révolution où il [lossédait un revenu de 32,000 livres. L'utilité en était si généralement reconnue qu'il traversa même les années les plus terribles de cette grande catastrophe politique et sociale ; en l'an V de la république, le directoire la réunit à Thospice de l'Enfant-Jésus.
Le faubourg Saint-Germain se vit ainsi privé delà ressource qu'il s'était créée; la perte de Torphelinat fut l'objet des regrets de tous, mais à cette éfioque déjè, la Providence lui préparait une restauratrice. C'est ici que nous devons parler de Mme de Lézean.
Marie, Marguerite, fille de roessire Louis- Charles-Josefm Ango chevalier, sieur d'Bcouché de Lézeau et de noble dame Marie, Marguerite-Catherine - Adélaïde Sophie Hél)ert de la Pleignière, naquit h Rouen, le S9 novembre 1755. De bonne heure on vit se développer en la jeune Marguerite lesbelles qualités qui devaient la distinguer plus tard. En 1775, elle entra comme novice au monastère de la Visitation de Rouen. Pendant la durée des. épreuves du noviciat, elle se distingua par sa ferveur; admise à faire profession, elle prononça ses vœux et prit I0 nom de sœur Marie-Arsène, le 27 décembre 1776, jour de la fête de saint Jean TEvangéhsie,|K)ur lequel elle eut touiours une
dévotion particulière. Heureuse d'être tonte à son Dieu, la nouvelle professe perséiém dans sa vocation jusqu au moment où û tourmente révolutionnaire la força à rentrer dans sa famille; là, elle partagea son temps entre la prière et les œuvres de charité. En 1805, la volonté divine, qui avait sur celle Ame généreuse des vues toutes profidentielles, lui fit à peu près connaître l'œufre à laquelle elle (a destinait.
Mme de Lézeau était en relations spirituelles avec M. i'obbé Duvey, ancien cor{ de Pont. Ce digne ecclésiastique employait, depuis quelques années, son temps et ses soins à catéchiser les enfants des deux sexes, employés dans une filature, établie rue des Saints-Pères, par les soins de M. Duquesnoy, maire du 10* arrondissement de Parii. Son zèle éclairé gémissait sans cesse des inconvénients graves qu'occasionnait le mélange de ces enfants, et il décida Mme de Lézeau & se charger de la conduite de celles des jeunes filles qui volontairement toqdraient bien se soumettre h sa direction; le nombre fut de dix seulement, mais il augmenta bientôt, et en moins d*un an il s'éiait élevé h trente. En 1806, la supression de la filature les laissa sans ressources; il est m\ que leur bienfaitrice possédait 3,000 linet de rentes, mais ce revenu était très-insuflisant ; néanmoins elle n^hésita pas, de concert avec Mme du Gravier, qui, elle aussi, consacrait sa vie aui œuvres de la charité. à adopter les enfants que la Providence lui avait confiées. Le petit hôtel de Pont, rue des Saints -Pères, n* 52, qu'occupait déji Mme de Lézeau, fut choisi pour habitaiion, d'accord avec M. Duvey, qui pritleliîre d'aumônier de la maison des orphelines,!/ jour de l'ouverture de rétablissement fut fixé AU 1" avril 1806. La pieuse fondatrice ei sa com|)agne voulurent le consacrer i Dieu d'une manière toute spéciale, en faisant la sainte communion; mais Mme de Lézeai était de ces âmes d'élite que le Seigneur se plaît h éprouver. — De retour de T^é''^^' elle apprend que sa rente, dont elleuerait loucher un quartier le jour même, est [t> due sans ressource. A cette nouvelle, elle ^e recueille un instant, ouvre son secréii»ir^« en tire 2fc francs. C'était alors tout cequel* possédait, et sans dire un mot, les montra' < M.. Duvey. « Eh bieni » Madame, duti, c que ferez- vous f » - La volonté de Die». mon Père, « répondit-elle, » la Providence veillera sur nous, et nous continuerons nv Ire œuvre. » Cette confiance de la ténérat»? Mère ne se démentit jamais; elle disait souvent en parlant de la congrégation : « ^ Providence a tout fait pour elle. • Aa^^ comme témoignage de sa gratitude, a-t-^- * établi l'usage, qui s*esi toujours consm. de réciter chaque matin avant Porai^on. l * litanies delà Providence. Elles^adjoiguit^t compagnes, parmi lesquelles elle vit »e "3 * ger, d'abord deux anciennes sœurs de < rue du Vieux-Colombier, et pou à air«' deux autres vinrent les joindre, conforr -* ment au désir de leur respectable su.^
MER
DES OAbnES
r'ienrt, qui «Tant de mourir avait demandé à Mme de Lézeau de devenir la Mère de ses chères Biles.
Ces six premières Mères de la congrégation furent : Mesdames Maroteau, sœur Marte-Aiioée de Chantai ; Dagoty, sœur Marie de la Croix; TEcureux» sœur Marie-Generiére de Sales ; Provost, sœur Marie-Angé- Jique; Webb, sœur Marie Arsène; Lerapereor, sœar Marie des Anges. Dès lors toutes commencèrent k enseigner aux enfants à lire» à écrire, i comptery ainsi que tous les ooTrages qui pouvaient les mettre à même de sobvenir à leurs besoins, et les rendre, à leur sortie de la maison, utiles à la société, tels qne lingerie, couture, broderie en or et en argent, etc. Mais k ce moment aucune élève ne savait manier Taiguille, ei un cer^uin temps devait s*écouler avant que leur travail pût offrir une ressource. Celles qu'elles appelaient leurs Mères redoublaient de zèle, et cependant le gain était encore très*insu(Bsant; ce fut alors que la digue fondatrice eut recours à la générosité de Son Altesse Impériale le prince Louis, plus tard roi de Hollande, ?t de son auguste épouse. Le prince rédigea de sa main un projet de «ouM^ription pour les trente jeunes filles, Sisjgnaot à cbacune d'elles une pension de SV livres par mois. Il prit pour lui-même les six premières souscriptions; la princesse en prit lieux, Sa Majesté Timpératrice Joséphine souscrivit pour dix autres, et se déitara protectrice de la maison des orphelins. P^r l'ioterroédiaire de ces augustes personnages, l'établissement recouvra des ressources plus considérables que celles qu*il avait perdaes au jour de Touverture. Mme deLéleaa et ses compagnes adoptèrent les règlements et le costume d«s dames de la commanauté des orphelines de la Mère de Dieu, il. de Pierre, rare de Saint- Sulpice, di^s iTant la révolution, et qui avait pu apprécier les services rendus par cette œuvre avant n(Ucép')qoe,reconnui Mme de Lézeau comme fii(»érieure, et fut lui-même déclaré supérieor spirituel du nouvel établissement, en verta du droit que lui donnaient les lettres [patentes de 1678, et que confirmaient celles <iel778. Des administrateurs furent nommés, parmi lesquels quelques-uns lavaient été lie rancienne maison. Ces premiers administrateurs furent : M> Ramond de Lalande, nirédeSaînt-Tbomas-d'Aouin; M. Lamblar- ^ie et M. Bertrand» ausnêniers de leurs Aliesses loipériales le prince et la princesse Louis; M. Maurice de Cararoan, M. Cadet de Chambine, M. Duvey et M. ChapelUer.
Le conseil apporta quelques modifications «tti anciens statuts; 1' que l'œuvre se bornerait h recevoir seulement les orphelines; ^qoe fadmîssion ne serait plus en faveur <ies seules enfants de Saint-Sulpice, mais 'le toutes les orphelines de Paris, k quelque paroisse qu'elles appartinssent.
Bientôt le nombre fixé par le prince Louis ne fut plus sufllisant pour le zèle et la charité ^ Urne de Lézeau; elle ne pouvait se déci- ^^ k refuser de pauvres jeunes filles dont
RLLlGiËUX. MER au
les malheurs étaient aussi honorables qu'ils rendaient leur position intéressante. Préludant alors à la mission qui devait un jour lui être confiée, on. la vit, dans le cnoix qu'elle était oblisée de faire parmi les orphelines qui lui étaient proposées, préférer celles dont les pères avaient péri sur le champ de bataille. Le nombre des élèves fut porté à quarante-six.
En 1807, Mme de Lézeau, au nom de toutes ses filles, adressa à l'impératrice une demande par laquelle elle sollicitait la grâce de reprendre leur ancien titre de Dames de la maison de la Mère de Dieu, et d'y joindre celui de congrégation ; de plus, qu'il leur fût accordé d*avoir un noviciat : ce qui leur fut permis. De ce moment, les dames professes se distinguèrent des novices en portant un anneau d or au doigt et une croix d'argent sur la poitrine.
Sur res entrefaites, le bail fait avec le propriétaire de l'hôtel de Pont étant expiré, la maison des orphelines fut transférée rue du Pot-de-Fer-Saint-Sulpice, n' U.
En 1809, la pieuse londatrice eut la consolation de voir les statuts de sa congrégation revêtus du sceau et de l'approbation de Son £m. le cardinal Fesch, et signés par le ministre secrétaire d*Etat le duc de Bassano, et par Fe ministre des cultes, M. Bigot de Préameneu.
Lœuvre se continuait et prospérait; le nombre des maîtresses augmentait rapidement; elles s'engageaient par de simples promesses à observer l'obéissance à l'égard de la supérieure, et à travailler à Tamendement de leur vie par la pratique des conseils évangéliques. Cet engagement était temporaire et renouvelé chaque année.
La réputation de Mmede Lézeau s'étendait et parvint jusqu'à rempereur,au moment où il projetait la fondation de six nouvelles maisons d'éducation, où les tilles des membres de la Lésion d'honneur, appartenant aux rangs inférieurs de l'armée, recevraient une éducation non moins solide, mais plus simple que celle qui était donnée anx jeunes personnes admises dans les maisons d'Ecouen et de Saint-Denis. Mme de Lézeau parut à l'empereur être la femme propre h l'œuvre qu'il méditait. Un décret rendu à Rambouillet,lel5juilletl810, fixa la création de six nouvelles maisons, dont la direction était confiée aux dames religieuses de la congrégation de la Mère de Dieu. Mme de Lézeau demeura supérieure générale de la congrégation.
Ce fut avec bonheur que la vénérable Mère reçut ce nouveau champ ouvert h son zèle; une incertitude lui restait cependant ,. son cœur maternel n'aurait pu la résoudre à abandonner les enfants au'elle avait reotieillis; que deviendraient-ils sans sou secours 1
Elfe soumit ses anxiétés à l'empereur qui les comprit, et daigna admettre les orphelines de Saint-Sulpice au nombre dé celles qui devaient composer les maisons impé« riales.
De ces jeunes personnes, ainsi adoptées