AGI
Les religieuses employées dans cette maison donnent aussi des soins aux malades, il y a chee elle un dispensaire, une ambulance môme au besoin, et elles vont k demi* cîle quand les infirmes ne peuvent venir les trouver. Cetle nouvelle fondation prend des proportions vraiment consolantes.
NOM DE JESUS (CoNORte^Tioii dks beu<-
GiBOSBs DU SAINT-), d La Ciotat.diociiede
ManeiUe.
C'est ainsi que Ton appelle les religieuses qui composent la communauté fondée en 1S32 k La Ciotat, diocèse de Marseille.
Voici quelle fut l'origine de cette communauté. L*abbé Vidal , alors vicaire de !a paroisse de La Ciotal, aujourd'hui recteur de la paroisse Saint-Vincent de Paul h Marseille, était chargé du catéchisme des filles; voyant combien il était long et difficile d'apprendre les lettres du catéchisme k celles d'entre elles
?ui ne savaient pas lire, — et le nombre en laitassezgrand,— il proposai plusieurs personnes pieuses de recevoir, chacune chez elle, une portion de ces pauvres enfants, pour leur faire répéter les leçons Qu'elles avaient commencé à apprendre k I église, et pour les préparer k la leçon qui devait leur être donnée prochainement. La proposition fut acceptée, et l'abbé Vidal n'eut qu'k se féliciter des résultats de cette petite bonne œuvre. Plus tard ces personnes pieuses encouragées par le bien que produisait leur zèle, demandèrent elles-nmèmes de se réunir toutes dans un même local pour faire leur œuvre sur une plus grande échelle et donner k leurs élèves, outre l'instruction religieuse, quel-
3ues leçons de lecture et quelques notions e travail ; il était impossible de rejeter une pareille demande et de ne pas seconder un tel dévouement. Dieu bénit l'entreprise, et le succès fut admirable; enfin ces mêmes personnes, toujours plus désireuses de procurer la gloire de Dieu et d'établir le règne de Jésus-Christ dans les jeunes Ames, demandèrent pourquoi elles ne formeraient pas une petite congrégation religieuse qui se consacrerait spécialement k enseigner la doctrine chrétienne aux enfants pauvres de leur sexe, toujours sous la direction du clergé paroissial 7 La question grandissait et dépassait le pouvoir du jeune prêtre qui se trouvait en tête de ces mouvements de zèle et de charité. Elle fut donc soumise k l'évêque de Marseille qui, toujours prêt k encourager et k seconder les bonnes œuvres, l'accueillit favorablement, trouva le dessein bien approprié aux besoins de la population, et chargea l'abbé Vidal d'en diriger l'exéou* tion. Peu de temps après la petite commu** nauté était formée, et la ville de La Ciotat vit paraître avec joie quelque chose qui lui rappelait les nombreux couvents qu'elle eomptait dans son sein avant 1789.
Les progrès de cette communauté ont été en proportion de ce qu'il y a eu d'humble et de petit dans son origine. Une maison bourgeoise a suffi d'abord, et pour loger les religieuses et pour recevoir les enfants
qui venaient chercher auprès d'elles l'iastraction religieuse. Un an après, elles firent l'acquisition de l'ancien collège des MiDimet qui offrit plus d'espace et plus de ikiliié pour les exercices de la vie reli^etue. Eoiia elles possèdent et habitent aujourd'hui le vaste et masnifique local qui formait antre* tkfois le collège des {)rêtres de l'Oratoire. Dans les premiers jours la communauté o'evait pas de ressources même pour payer ta location de la maison qu'elle habitait. Peo de temps après elle a pu acheter l'ancieB collège des Minimes, et enfin celui de l'Oratoire oà de fortes réparations et de greodes améliorations ont été faites. L'instruction chrétienne des enfants pauvres de leur sexe a été (a première œuvre des religieuses de Jésus, elles l'ont toujours conservée et elles ta continueront toujours, mais peu k peu de nouvelles œuvres ont été ajoutées à ta première. Aujourd'hui elles se rendent utiles aux enfants de toutes les classes de la so* eiété, elles ont un pensionnat pour les jeunés Qlles , qui n est pas sans rëpulalion et qui a bien souvent reçu des éloges et dM récompenses du gouvernement. Elles ou* vrent aussi leurs classes aux externes et elles varient l'instruction selon le désir des parents, El les ont une école gratuite, et le conseil manicipal s'est empressé de leur confier l'éeolo communale. Leur sollicitude s'est portie jusque sur la première enCanoe, et elles loi ont ouvert une salle d'asile.— Une foisqne les enfants de la classe ouvrière ont ao9uis l'instruction en rapport avec leur condition, elles passent,si tel est le désir de leurs parents, è un ouvroir, le plus complet qui existe peut-être, où elles peuvent choisir le genre de travail qui leur plaît et s^y fierfectioanent de manière à gagner facilement leur vie en rentrant auprès de leurs parents. Inutile de dire que l'instruction religieuse et les leçoas de piété tiennent la première place daui le système d'éducation qui est appliqué dans ta maison du Nom de Jésus^etcme lebut principal
que l'on se propose, est de ibrmerde bonnes chrétiennes. Lorsque les enfants ont terminé leur apprentisage, on les reçoit encore dans la maison h des jours et è des heures oun quées. Elles se reunissent dans une chapelle qui leur est consacrée pour y recevoir des instructions, y célébrer certaines fêtes, et y faire des exercices de piété. Elles fonnent une association sous le titre de Filles de Marie pour assurer leur persévérance.
La congrégation des .religieuses de Jesni suit la règle de Saint-Augustin. Les eonstt* tutions et autres dispositions pour le goovernement et la direction de la eommooiuté sont propres à la congrégation. Il n'y a fes eu d'autre fondation jusqu'à ce jour. U multitude d'œuvres qu'embrasse laoongréPtion eiigeant un nombreux personnel et des sujets exercés, on tient fc fortifier la preaière maison et à perfectionner» autant qoepossi* sible, l'esprit et la direction qu'on y a dia* blis. Dans la fondation de cette eongrégstion on a en vue i)articolièrement les pettiei villes où une œuvre seule est néioessaifeoeat
ffOM
DES ORDRES RELIGIEUX
NOM
Mp raslretnto poor occuper une commuoioté ecitfe, mais où elle peul embrasser loQtes les aorres que rtelamenl les besoins de la popalaiion. — La coiDaiu« oMté asii en toutos choses de concert ivec le elergé paroissial et est placée sous sa t|iredioo« Les religieuses portent une robe» Qoa pèlerioe et un voile de couleur noire ; dClas ont un <TuciQx placé sur la poitrine, \n)$é en sautoir, et suspendu à un cordon iielet ; leur bonnet est de la forme de celui an dames du Sacré^Coeor des sœurs gardes- Balades et de plusieurs autresoommunautés ■uo cJottrées« (1)
M)M DE iESU5(GoiiQAiaATiON du SAINT-).
Société de femmes, au diocèse du Pu;, et fii est établie à Saint-Oidier et à Relournac.
son DE JËSDS (CoHoaiaATiON du SAINT-), à Loriot (Drôme).
En I8B, une pieuse fille de Loriol , TOjant srec éouiear Tignorance de la plupart des eri&nts de cette paroisse , résolut d*y porter rtmède en se dévouant à leur instruction. Ole fit pan de son projet k deux ou trois de ses compagnes, qui entrèrent Yolon tiers dans ses vaes, et une petite école fut ouferte, à Il grande satisfaction des familles pauvres, m se hAtèrent d'v envoyer leurs enfants. Lœarre, s'étant affermie et développée peu a peu, plusieurs personnes, animées de l'esprit de Dieu, voulurent y prendre part, et br concours fut reçu avec empressement rir rtiumble fondatrice. Quelques années s'écoulèrent, et le bien s'opéra dans la nourrie école; mais bientôt arriva le temps des tpreoves, des luttes, des contrariétés ae tout genre. I^ mère Régis, qui était h la tète de c(Ue communauté naissante, résista coura* posément k Torage. Sa douceur» sa sagesse, sa conduite et sa confiance en Dieu, ne se démentirent jamais dans ces tristes conjonc iares. Elle conserva, parmi ses compagnes, l'esprit d'union et de dévouement dont elles iraient un si grand besoin. Enfin, Dieu ré rootpensa tant de peine et de patience. La coogrégation fut érigée canoniquement en coo(Çfég8tiott religieuse, sous le titre du saint Nom de Jésus, par ordonnance épisco- I>aie du 11 septembre 18Uk Mçr Chartreuse, évAque de Valence, approuva Te but de cette pieuse institution, qui est de diriger les petites écoles des campagnes, pour lesquelles il suffit quelquefois d une seule mattresso.
^i congrégation du Saink^Nom de Jésus de u>riol dirige déjà dix eu douze écoles dans le diocèse de Valence. Elle a obtenu, du Sonvernement une autorisation légale. Tout uu espérer que cette œuvre, disne de tant ^intérêt, grandira de plus en plus, et por^ Jen des fruits de xèle et d'édification qui la naront bénir de jour en jour de toutes les familles chrétiennes. (2)
0) l^ojf. à la fin da vot, n*« I7Î, 174.
NOM DE JÉSUS (OaDag ub cnsvALBRiE w)
. en 5ii^de.
L'Ordre de chevalerie du Nom de Jésus, appelé aussi des Séraphin»^ fut fondé en 1334, en Suède, par Magnoss, roi de Suède, et Camus VIII, roi de Norvège, pour défendre les Etats contre les incursions et le pillage des Barbares. Par là, ils rendirent les plus
(grands services à la religion, en empècnant es hérétiques de propager leurs erreurs; mais le luthéranisme ayant été embrassé par les trois rois du Nord, au xvi* siècle. Tordre cessa d'exisier.
Le collier des chevaliers était composé de figures de Séraphins en émail rouge et de croix patriarcales d*or, en mémoire du siège épiscopal d*Upsal; du collier pendait un œuf, au milieu duquel étaient ces mots : h nom de Usui» Christ sur un champ d*azur, avec quatre clous blancs et noirs.
NOMS DE JÉSUS ET DE MARIE (Sobobs
DBS SAINTS-J, ou SOEUBS 0B LONOUBUa,
à Montréal.
Une communauté, plus spécialement chargée de réducation des filles de la campagne, pour les former à la vertu et à la piété, s'est formée, en ISfcS, dans le diocèse de Montréal. Elle fut l'œuvre de trois saintes filles, Eulalie Durocher, dite sœur Marie -Rose; Mélodie Dufrène, dite Marie- Agnès; Henriette I^ré, dite Marie-Madeleine.
Le 8 décembre 18U, les trois fondatrices furent admises k faire des vœux, et la communauté fut érigée canoniquement pour rinstruction des jeunes personnes. Elle.
compte déj,à cinq.établissements ou missions relevant de la maison mère fixée h Longueuil; et, k la fin de l'année 1853, on j voyait 4ft professes, ik novices ou postulantes, aoo élèves pensionnaires ou demipensionnaires, et (05 externes.
Cette fondation fait le plus grand honneur & la fabrique de Longueuil, et au digne curé de la paroisse, messire Louis-Moïse Brassard. Grfice k leur munificence, cette pieuse communauté a été fixée au beau village de Longueuil, et, parmi ses principaux bienfaiteurs, nous devons également mentionner le frère de Tune des fondatrices , messire Théophile Durocher, curé e Belœil, qui a doté la communauté de biens-fonds d'une valeur de 500 louis. Beaucoup d'autres paroisses ont consacré également des sommes considérables pour le bien de l'éducation, et les Canadiens ne reculent jamais devant des dépenses de ce genre, quand il s'agit de rinstruction religieuse die la jeunesse, et quand ils ont le bonheur d'avoir un curé animé de Tamour du bien, comme M. Bras* sard. La fabrique de Lonsueuil a acheté un grand terrain dans le village, et elle y a construit une belle bâtisse en pierre : la dépense totale s*est élevée k 36,000 francs. La fabrique en a fait donation aux Sœurs des Saints-Noms de Jésus et de Marie, et, depuis lors, les économies de ces saintes filles, ainsi que les sacrifices pécuniaires de leur bon curé, leur ont permis d'acquérir
(2) V09. k la fin du vol., n*" f 7S.
NOM
DiCTlONNAlRB
NOT
d*autrcs terrains, qu*elles ont ajoutés au premier, cl qui funi de leur «souvent actuel un superbe établissement valant au moins 5,000 Jouis. Un pareil résultat, après neuf ans d^existence d'une communauté de campagne, fait le plus magniGque éloge de la . générosité des Canadiens pour la cause de fa religion et de Téducation, en môme temps qu*il prouve que Pinslitut de Longueuil est (loué de cette vitalité dont Dieu récompeose les œuvres utiles à sa gloire.
En 1849 les PP. Oblats ayant quitté Longueuil pour venir s'établir à Montréal, ressèrent d'avoir la direction du couvent, et Messire Brassard en est devenu le supérieur. 11 est vénéré par les sœurs comme leur fondateur et leur père, et ses travaux pour la cause de rédification rappellent que. depuis plus d'un biècle, six membres ae la môme famille ont fait partie du clergé .Canadien, en rhonorant par leurs lumières et leurs vertus. Le plus connu, Messire Louis-Marie Brassard, mort è Nicolet en 1800, à Tôge de 7i ans, est le fondateur du beau collège de ce nom qu'il légua à l'évèque de Québec, à la condition de continuer l'œuvre. Aujourd'hui, deux cent cinquante enfants reçoivent l'instruction dans cet établissement, et il a fourni h la colonie trois de ses évoques, un nombre considérable de prôlres, et des personnes distinguées par leur mérite daus les rançs élevés de la société.
Si, pour bien remplir leurs sublimes fonctions, tes sœurs de la Charité ont besoin d'une vocation extraordinaire qui ne se rencontre que dans le catholicisme, les sœurs enseignantes ne trouvent aussi que dans la religion un aliment et une récompense pour leur dévouement. Otez ce mobile à leur conduite, qu'^r a-t-il de plus fastidieux et de plus abrutissant, humainement parlant, que d'apprendre les premiers éléments de la lecture à de irès-ieunes enfants, de leur répéter cent fois la môme leçon sans être a peine compris, et de hAter le développement d'intelligences paresseuses ou récalcitrantes? Aussi chercberiez-vous en vain, hors des communautés religieuses» des mattresses d*école qui aient le goût de leur (vrofession. Des jeunes filles pourront adopter ce métier par nécessité ; mais leur idée fixe sera de se créer une autre position ; le dégoût et l'ennui se trahiront dans toutes leurs actions; et si elles réussissent h se marier» elles abandonneront l'école au plus vite, pour ne consacrer leur temps et leurs connaissances qu'à leurs propres enfants. Seuls les couvents produisent des intelligences d*élite pour lequel l'enseignement se transfigure et devient apostolat ; les religieuses déploient, pour former Tesprit et le cœur des enfants des autres , plus de zèje, de patience et de savoir que n'en auraient montré les mères elleS'^mômes; et les sœurs de Longueuil» dignes émules des communautés enseignantes si nombreuses du Canada» ne font que suivre la voie où les ont précédées, depuis deux siècles, les Ursulines de Québec» et la congrégation de Montréal.
La Seigneurie de Longueuil» où l'eit ion* dée la communauté des scours de6Sâ.ltoins de Jésus et de Marie, est célèbre <(i Caïada, parre qu'elle fut érigée en baroooie («r Louis XIV, en l'année 1700, en Vbonnearde la famille Le Moyne, composée de braves parmi les braves pendant plasieors générations. Le premier baronde Longueuil. oflicier de mérite, a été gouverneur de Montréal, et deux de ses frères se sont fait de t)eaQi noms qui sont justement admirés en France : l'un, Bienville, le colonisaiettr de la Louisane ; l'autre d'iberville, officier de marioe intrépide» et vainqueurdesAn|$laisàlabaie d'Hudsonetailleurs, dans plusieurs combats où il montra le courage d un héros. Le fort de Longueuil, bAti par le premier baron de ee nom de 1685 h 16&1» renfermait use bile église. Il était en pierres, flanaué de quatre tours, et les Américains l'occupèrent quelque temps en 1775.
11 avait encore garnison anglaise en t7G2, mais le fort tombant en ruines a été démoli de 1810 à 1811 , et une partie des pierres de son enceinte est entrée dans la construction de l'église actuelle de Longueuil , oà rc^poseut les cendres de Mgr Pierre Deiiaul, te seul des évèques de Québec qui ne soit pas enterré dans sa cathédrale.
La maison mère qui est à Lonçiieufl compte trente-cinq sœurs professes • su no* nés» huit postulantes; vingt-quatre demipensionnaires» cent cinquante externes.
NOTRE-DAME hE LA PROVIDKSCB (Religieuses db), à Upù (Drème).
Recueillir les orphelines» les élefer dm la pratique des vertus» leur apprendre à travailler et fournir à tous leurs besoins jusqu'à l'Age de 18 ou 20 ans, sans autre ressource que la Providence» tel est le m et l'admirable dévouement des religieuses
d*Upie.
Comme bien d'autres , cette œuvre a commencé sans bruit et sans éclat : inspiraiidu de la charité chrétienne , dont les industries sont inépuisables. Elle a rendu» et remleocore des services signalés k un grand nombre de pauvres enfants» qui lui doivent uoe éuo« cation chrétienne, la paix et l*inuoceDce ue leurs jeunes années, ei peut-être même -^ conservation de Inurs jours. Dieu a bém ie> humbles religieuses qui se dévouent Mn ministère si obscur, et souvent si péou^t^* Malgré bien des traverses, des bumilia^iy"**
le village d'Upie» un établissement, <^'*^^ l'utilité est reconnue de tout le monue. (^
soutenu par les libéralités des familles ei oc^ personnes bienfaisantes» cet orphelinat v^* ses ressources srandir peu à peu arec ' nombre des entants qu il abrite contre t: malheur.
NOT
DES ORDRES RELIGIEUX
NOT
nOTRE-DAUE (Cohgrégatioii m), à Montréal,
SùiUe sur Mlle Bourgeois^ $a fondatrice.
Marguerite Bourgeois naquit à Troyes, (iubejpJèssoDeoiaoceellese distingua par lesdisposiiions singulières qu'elle annonça poor la fAMé et pour la vertu ; sa sagesse et Il malurité de son jugement lui donnèrent coume naturellement unascendaot sur toutes les compagoes.
Les personnes appelées de Dieu à <),uelque dessein particulier donnent ordinairement 4Jès rage Je plus tendre des indices de leur wation^ qui sont comme des fruits précoces de Tesprit qui déjà l'examine et les dirige, «e fut ce qu*on eut lieu de remarquer dans laieuoe Marguerite; elle seniblait préluder à i exercice du zèle par ses entreliens avec inetroope d*Ames innocentes, elle était fidèle lux pratiques ordinaires de la piété : elle ne souffrait pas qu'il y eût rien d'immodeste dans sa parure; toutefois en observant les rt^es do la décence» elle ne se faisait pas tttt scrupule de mettre (quelque recherche i<»urne |)as paraître intârieure aux filles do tt coédition et de son Age ; elle persévéra iiios ses habitudes jusqu*à f&ge de vingt tjbel demi» où la sainte Vierge opéra dans tile un merveilleux changement.
Celait le premier dimanche d'octobre, peodaatla procession du RosairOi ayant jeté les yeux sur une statue placée sur le portail d'uoe ablMiye, elle lui parut d'une ravissante tloéleste tîeauté; en môme temps son esprit ht éclairé tout h coup d'une manièpe-aucna- Uireile qui lui découvât le néant de toutes ks choses de ce monde et son cœur fut pénétré de Tamour le plus pur. Jam»is peutkre ces paroles du^cantique, aue l'Ame lidèle (lias rivresse de son amour, adresse à Marie : Toiii avez bûesé mon cœuTf ô ma êeeur^ voue arf ji bUué m^n cctur for un seul regard de COI yeux : « Tulnerastx cor meum^ soror mea; ffoua^ vulnerasti eormeum^ etc. (Can<.iv»9), n« furent plus littéralement accomplies qoe dans cette circonstance; car ce cayon de
Êrke, aue la très-sainte Vierse laissa tomersur la jeune Uarguerite, wl comme un tnit pénétrant qui porta dans son cœur Ta- (Dour le plus ardent envers Marie elle reml'iii pour eHe des sentiments les plus vils ^e tendresse» do confiance et d'amour.
Après cette faveur, sa première démarche fut d'aller se jeter aux pieds du grand pioltaociec ei de lui iaise une confession txtraerdînaire. Bile n'usa plus^que d'habiU loioeot simple et de couleur brune ou noire, ^^ soie ni ornements superflus ; elle se tiéToua au service de Dieu. Pour donner plus d'aliments à sa ferveur, elle se joignit I de pieuses congréganistes.
Les religieuses de la Congrégation de We-Dame de l'institution du P. Fourier, Particulièrement vouées {è la sanctification <<«* jeunes personnes et établies à Troy es ^.Q 1638, avaient commencé une congréga* uon externe. Cétait une pieuse association ^ jeunes iitrsoiuies, qui,, sans contracter
ffucdrr engagement de conscience, s'assemblaîent les jours de dimanche et de fêtes pour vaquer à quelques pratiques de religion et k ex<>rcer quelques fonctions de charité et de zèle ; soutenues les unes des autres par leurs exemples édifiants et leur ferveur ranhielte, elles s'efl'orçaient de se conformer dans leur extérieur aux règles de la plus austère simplicité; Getle vie exem-
Slaire était la censure de toutes les jeunes Iles qui n'avaient pas le coursée de les imiter.
Les membres de cette Congrégation, dont la vertu était aussi solide qu'elle était exemplaire, accueillirent la jeune Marguerite avec la plus vive satisfaction. Elle fut rmr elles un modèle digne d'ôtre proposé toutes, et qui excita une sainte émulation de ferveur. Elle était toujours prête à entreprendre toutes sortes de bonnes œuvres.
L'édification qu'elle répandit dans la congrégation externe lui gagna si parfaitement les cœurs de toutes ses compagnes, et lui concilia h un si haut degré leur confiance et leur vénération qu'aux premières élections elle fut choisie pour occuper la charge principale, et ce qui montre le grand éclat que sa vertu toujours soutenue jetait parmi ces saintes filles ; elle fut continuée dans eette charge jusqu'à son dé|mrt pour le Canada, c'est-k-dire l'espace de douie ans, ce qui avait été jusqu'alors sans exemple. A Iftge de vingt-trois ans, son confesseur, surpris des merveilleuses opérations de Bieu sur elle-, lui permit de faire d'abopd le vœu de cbastetéf erpétueli», ce qu'elle fit avec toute la ferveur possible le 21 novembre i6U. Depuis ce jour et jusqu'à la fin de sa vie, elle regarda cet engagement comme une des grâces les plus signalées qu'elle eût reçue du bon Dieu et comme ré(>oque de sa consécration iiarfaite k son service.
M. Jendret, aumônierdes Carmélites, connaissant par une heureuse expérience la zèle et le Calent incompai^diles que Dieu lui avait donnés pour l'instruction et le salut des jeunes fil les», et dont' il vovait tous les jours les plus consolants résultats, assuré d'ailleurs de la solidité et de la générosité de sa vertu, disposée k tout entreprendre pour la gloire de Dieu, lui fit ju(;er que ce serait seconder les vues de la Providence que de lui Aire accepter cet emploi en lui associant quelques jeunes personnes. L'attrait qu'elleavait toujours ressentie, depuisqu'elle s était dévouée au service de Dieu , pour honorer la vie et les vertus de la sainte Vierge, lui fit croire qu'elle était destinée k rhonorer d'une manière particulière, il conçut donc le projet d'un nouvel institut. Le père de Marguerite consentit k tout, deux autres filles furent associées à Marguerite et toutes trois commencèrent ce nouveau genre de vie. Elles s'appliquèrent k l'instruction et à la sanctification des jeuoee filles, se proposant pour modèle la charité que la très-sainte Vierge avait montrée pour le salut des âmes, en aidant les apAtres par la ferveur de ses prières, la perlection de
KOT
DlCTtONNMIlE
NOT
tes exemples et la sainteté de ses conter* sations tout le temps qu'elle passa sur la terre après l'Ascension de notre divin Sauveur.
La sœur Marguerite» surtout, 6t paraître, dans Texercice de ce ministère de cbarii4 une sagesse, une adresse vraiment étonnantes et déploya un zèle magnanime pour protéger la vertu des filles. A cette époque, elle eut le malheur de perdre son père, mais Dieu la dédommagea pendant trois mois par d'ineffables consolations. Une faveur plus extraordinaire encore et qui enivra la sœur Marguerite de ravissantes d6^ lices, ce fut une apparition sensible de Notre-Sei^neur Jésus-Christ dans la sainte Eucharistie sous la forme d'^un enfant J'une^ beauté incomparable, comme à Tftge de trois ans. L*année 1650, le jour de l'Assomption de Marie, fête principale delà congrégation externe, le très-saint Sacrement étant exposé, elle fut désignée pcKM* rester en adoration en sn présence, tandis que les autres congréganistes étaient k la procession. Cesi dans ce moment qu'elle fut témyoin deceUe merveille. La vue de la beauté ravissante de TEnfant-Jésus, en lui faisant éprouver les impressions les plus douces et les plus ineffables du Sauveur, lui inspira en même temps le plus grand dégoût pour lea beautés trompeuses et corruptibles de Ut terre^
En 16il, lorsqu'arriverent les premiers colons pour TUe de MontréiU, on comptai! dans les établi ssemeots Grançais fermés au Canada deux cents Européens, y compris les femmes et les enfants, quoique le roi eût donné depuis longtemps ce pays aux compagnies de commerce. Après une expérience si décourageajDkte de quarante-un ans, M. Olier et M. Le Royet de la Dauvessière donnent naissance à une compagnie d^s le seule et unique vue de procurer la gloire de Dieu pour entrer dans le dessein qu^l avait eu en découvrant aux Français ces contrées inconnues. Us veulent établir cette colonio dans Tlle de Montréal, c'est«-à-dire dans le lieu le plus exposé^à la fureur des Iroqnois; ils s*engagent à établir dans cette nouvelle ville trois communautés : l'une composée d'ecclésiastiques séculiers, pour donner des secours spirituels aux Français et aux sauvages; une autre d'hospitalières pour soigner les malades; une troisième de maîtresses d'école pour instruire les filles el les rendre capables d'élevec dans la suite ehrétienoemeni leurs enfants^
Au jugement de la sagesse humaine, rien sans doute n'était plus téméraire el de plus extravagant, et cependant, dans la pensée des fondateurs et ae leurs associés» rien de>
£lus assuré que le succès de celte entreprise^ e succès si éionnant de la colonie de Viliemarie, que les fondateurs avaient connu et annoncé d'avance, montre évidemment que ce dessein avait pour auteur Notre-Sei*^ gneur Jésus-Christ lui-môme. C'est èM.Olier qu'il fut révélé> et ensuite à un pieux
Kntilhomme de Litujen, engagé dans les los du mariage et père de six enfSuitSi que
Dieu avait spécialement choisis pont établir un hôpital et pour former pour cette nui isoo une congrégation d'hospitalières qui honoreraient d'une manière particulière saint Joseph. Of ce gentilhomme était uns fortune, ne connaissant pas même l'île de Montréal, et n'avait aucune des qualités qoi semblaient nécessaires pour une œuvres!
extraordinaire. M. Olier assurait que Dieu ayant établi l'EgHse par les intercessions de Jésus, Marie, loseph, il voulait se servir de trois sortes de persounes, remplies de l'esprit de Jésus , Marie , Joseph, ooor rétablissement de l'église k Villemarie. C'est lui ou la compagnie dont il devait être le fondateur, qui devait représenter Notre-Seigneur.
M. de la Dauvessière reçut des ordres réitérés avec tant d'évidence et d*nne n»nière si pressaute, et it eut sur Moniréa) et le Canada des idées si nettes et si pré* cises, qu'il se décida, avec rautorisalion de son confesseur, d'aller voir k Paris le garde des sceaux; il se rend è Meudon oè il éiait alors, et en entrant dans la galerie, il rencontra M. Olier. Alors ces deux hommes qui ne se connaissaient pas, qui ne s'étaient jamais vus, poussés par une inspiration divine, se jettent au cou l'un de lautre, s'embrassent comme deux amis oui se re- Irottveraient après une longue séparation, lisse saluent mutuellement parleurnoo; ils se communiquent mutuellement leurs révélations et s'entretinrent pendant trois heures dans le* parc des desseins qu'ils avaieni formés Tun et Tautre pour procurer la gloire de Dieu dans llle de Montréali tous deux avaient reçu les mftmes lumières sur l'objet prificipal et sur les moyens.
Pour en venir à l'exécution, M. Olier composa une compagnie de personnes de haute piété, connue depuis sous le nom de Compagnie de Kotre-Dame de Moniréal^ (a
Elupart très-opulentes, toutes ap|ielée$ de ^ieu k coniribuer par leurs prières ou \^ leurs largesses au succès de ce dessein. IL de la Dauvessière les conviainquit aussi si parfaitement de la vérité do sa mission, que non-.seulement ils ouvrirent leurs bourses avec empressement, mais que tous se tinrent bienheureux d'avoir été trouvés dignf^ de contribuer à l'exécution d'un dessein si avantageux à la gloire de Dieu el au bien de son Eglise.
La première démarche qu*6n Ot fut dV- Ottérir Tlle de Montréal, où on l'oblige» d*éiablir trois communautés, un séminaire d'ecclésiastiques au nombre de dix oa douze, une comnumauté d*instttuU*icespo(tr l'éducation des filles, un hdpital pour s<^i*
Sner les malades. Ces trois commuoaiiie^ laient destinées k honorer Jésus, Hane* Joseph. L'établissement du séminaire qui devait rendre les services spirituels sut oolons fk*ançais et sauvages et instiuire \^^ garçons, était celui que M. Olier fonna bt» tbt après, l'établissement de la compagnie de Saint-Sulpice, dont la ftn, comme celle ds sacerdoce lui*mème, est d« répandre Tespn^
NOT
DES ORDRES RELIGIEUX
MOT
de Node-Sei^eariésu^hristLa condaiie (fa futur hApital devait être conGée aux hospiulières oue M. de la Dauvessière établinit pour oonorer saint Joseph; enfin on espérait charger de la communauté des institutrices la personne que la Providence aunit choisie pour compléter ce dessein : ce devait être la scBur Bourgeois, spécialement destinée à faire honorer U très-sainte- >ifrgedans cette colonie.
H. Cher, qui jetait en ce moment les fondements de sa société» réunit les associés de Notre-Dame de Montréal au nombre de treote-cinq dens Véglise de Notre-Dame de Taris au mois de février 16b2 pour consacrer cette lie k la Sainte-Famille. On donna darance, à la ville (fiv*on allait b&tir» le nom de Villeffiarie.
La Compagnie de Montréal avait oflFert lai conduite de cette entreprise à M. Paul de Cbomedv de Maisonneave» qui appartenail trooedes meilleures familles de Champa* goe; celui-ci l'accepta avec joie dans Tes-
£^ir de sacrifier sa vie pour la gloire de la èfft de Dieu. II avait à Troyes une sœur relijKieuse de la congrégation, Mme de Gho* nedjr, connue en veHgioa sous le nom de MiEiur Louise de Sainte-Marie. Depuis Tannée l&^l» ajant été obligé de repasser plusieurs fois en Fraace pour les besoins de la cololie, il De manquait pas d'aller rendre vi^ site à M sciur qui apprit de lui qu*il avait été nommé geu verneur de nie- de Montréal». et tous les projets à cet égard..
Ces! alors que la scdor Marguerite apprit par ses compagnes l'inteation CLu*on avait (le faire au Caoeda un neuvel établissement foi serait consacré è la Mère de Dieu. Oepuisla faveur qu^elle avait reçue de la sainte Vierge, le jour du Rosaire IM^O, ellenesoupinuque pour travailler à la foire connaître •i aimer; elle fut troaver la supérieure de la coogr^tion pour lui faire cennatlre à fond ses dispositions et toutes $e8 pensées. C'était la scaur Louise de Sainte^Marie, la propre sourde M. de Maisonneuve.Ellediri- (eait iacongrégation eiterne avec tant de bénédiction, ciue Ta van l troiftvée composée de ^nte (ilies lorsqu elle en prit la conduite,, tljej en laissa plus de quatre cents qui n*as-
Kient la plupart ou'aux vertus solides ei plus haute piété. Elle connaissait mieux 4«e personne le caractère et la générosité de la sœur Marguerite , elle fut ravie de (^ouverture qu'elle lui fit alors, et ne douta pas qu*eUe ne fui appelée de Dieu à jnvailler dans une telle mission. En 1653, a* de Maisonneuve fut obligé de repasser *it France» avant de retourner aa Canada» " se rendit à Tcoyes pour visiter sa famille. "^ ^
Quelques jours auparavant,, la sœur Ma»gneriti) avait eu un sooge, où elle crut voiv P^o<lsQt son sommeil un homme grave et woérable,. dont Thabit simple efcde couleur ^one paraissait être moitié ecclésiastique, ^tUé laïque. Les traits du visage de cet ^^^ qui lai étaient inconnus, demeurè- >^l ctpendanl vivement empreints dans
son imasination, et elle sentit intérieure» ment qu elle aurait par la suite avec lui de^ rapports très-particuliers que Dieu devait faire naître pour sa gloire. Ce songe Tayant beaucoup frappée , elle le rapporta le lendemain A quelques personnes oe confiance»
M. de MaisoniiëiiVe ayant été voir sa sœur, celle-ci le pressa d'nmmener quelques-unes de ses religieuses; sur son refus, elle insista, et lui parla de la sœur Marguerite^ préfetle de la congrégation ei terne. Elle lui raconta la vie extraordinaire et le projet qu'elle nourrissait depuis longtemps pour le salut des jeunes filles. En entendant ce récit, M. de Maisonneuve conçut aussitôt le projet de la voir, et pria sa sœur de la faire appeler. A peine fut-elie entré dans le parloir que, jetant les veux sur M. de Mai* sonneuve, Marguerite demeura frappée d'étonnement, en reconnaissant dans cet étran-
(;er celui qu'elle avait vu en songe, et dans e saisissement soudain qu*elle éprouve > elle ne peut s'empêcher de s'écrier : « Vaici mon prêtre; voici celui que j*ai vu dans mon sommeil. » Après une exclamation si singulière et si peu attendue, il était naturel qu'on lui demandAt de foire à la compagnie le récit de ce songe. Elle le raconta sur-le-champ. M. de Maisonneuve n'eut pas plutôt vu et entendu parler la sœur liar-^ ' guérite, que pénétré d'estime et de confiance
C)ur elle , il avait désiré de l'emmener à oniréal pour procurer à la colonie nais* santé un si riche trésor de ^rAces et de ver« tus. Il lui demanda donc si elle serait disi>osée k passer à Villemarie pour y faire les écoles et y instruire chrétiennement lea enfiants. Elle répondit affirmativement, sans hésiter, ne roettani d'autre condition que la volonté de ses supérieurs. M. de Maison-neuve et M. Jendret jugèrent que le songe était un moyen dont la Providence s'était servi pour faire connaître sa volonté. La sœur Marguerite^nsnlla des hommes expérimentés dans Tes voies de Dieu. En l'ab* sence de Mçr [l'évèque , elle s'adressa au grand vicaire de Troyes; tous demandèrent trois jours pour réfléchir» Après ce^ délai, tous l'engagèrent k partir pour le Canada et dissipèrent ses appréhensions.
Ces réponses étaient sans doute,, pour \m sœur Maguerite, des motifs puissants (tour s'abandonner à la Providence,, mais la pen-^ sée de n'avoir à Villemarie aucune comiia^ gne, d*étre expesée chaque jour à être prise^ et mangée par les Iroqueis rébranlait, elle^ voulut que la sainte Vierge, à la gloire delaquelle elle était résolue de sacrifier mémesa vie^ en allant lui former de fidèles ser*^ vantes au Canada, Taesurât de sa propre bou-che que ce dessein était vraiment son ouvrage, et qu'elle serait elle-même sa gardienne et sa sauvegarde au milieu de tani de périls. Or, comme la sœur Margueriteétait dans sa chambre, occupée alors détente autre chose que de son vovage : < Un matin, étant bien éveillée, dit-elle, je vois devant moi une grande dame, vêtue d*ttoe'
NOT
DICTIOxNNAIBE
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robe comme d*une serge blancbe, qui me dit : Va« va, je ne f abandonnerai poînl , et je connus que c'était la sainte Vierge. » Après cette faveur, la sœur Marguerite se trouva toute résolue k partir.
Au lieu de faire provision d'argent ou de ^ bardes, si nécessaires alors dans un pays où il fallait apporter d'Europe les choses les plus indispensables h la vie, elle se dépouille au contraire de tout ce qu'elfe a et distribue même aux pauvres le peu d'argent qu'elle possède, ne voulant avoir pour toul l)ien que son immense confiance en Dieu. M. de Maisonneuve lui avait donné rendesvous h Paris ; elle s'y rendit n'ayant qu'an
Eetit paquet qu'elle pouvait porter sons son ras. C'était au commencement de février 1653. Arrivée dans cette capitale avec un de ses oncles, elle se rendit chez un notaire avec lui ; elle fil k ses frères un acte d'abandon de tous les droits qui pouvaient lui revenir dans la succession de ses père et mère. Pour ne pas susciter des obstacles à son Êrojet, elle ravait laissé ignorer k Troyes. on oncle et sa tante qui l'accompagnèrent h Paris n'avaient eux-mêmes aucune connaissance de son dessein.
M. de Maisonneuve avait chargé la sœur Marguerite de faire parvenir tous ses bagages, toutes ses commissions k Nantes où elle devait Tattendre; ses résolutions furent encore mises plusieurs fois k de rudes épreuves, et le dessein de la Providence lui fut manifesléd'unemanière toujours plus claire dans une foule de détails qu*il serait tro() long k raconter, et les humiliations ne lui manquèrent pas. Elle les accepta avec reconnaissance, s'estimant heureuse de participer aux humiliations que la très-sainte Vierge avait reçues elle-même k Bethléem. Il y eut k bord 106 hommes tous gens de cœur pour défc^ndre la colonie contre les Barbares. On mit k la voile le 20 juillet 1663.
Mais bientôt la maladie s'étant déclarée, la sœur Bt)urgeois eut occasion de déployer sa charité en leur prodiguant k tous les services qu'elle pouvait leur rendre et en les prénaraht è mourir saintement. Jour et nuit elle était près d'eux. Son séjour dans le navire fut une véritable et continuelle mission : elle faisait le catéchisme aux matelots et aux soldats. Le 22 septembre , ils arrivèrent k Québec où ils étaient attendus avec impatience; leur arrivée causa une joie universelle. Le secours des soldats arrivait k propos, car les Iroquois en grand nombre jetaient Tépouvante. C'est k cette occasion que la sœur Bourgeois fit connaissance avec Mlle Mance et se lia avec elle d*une étroite et sainte amitié. Malf^ré les efforts qu'on fil Iiour prolonger le séjour de la soaur Bourgeois k Québec, ils remontèrent bientôt le lleuve Saint«Laurent et arrivèrent k Ville* marie. Klle y jouit bientôt de la plus grande considération, et ses vertus lui donnèrent un ascendant sur tous les esprits. On la trouvait ftartout où il y avait quelaue bien h faire. On la vovait servir les malades, 'Consoler les afiligés, instruire les ignorants »
bfanclar le linge ecraccommoder gratuitement les bardes des pauvres et des .soldats ; sedé-
pouillanten faveur des nécessiteuides choses qui lui étaient les plus nécessaires. Elle prenait plaisir k coucher sur tes planches, qui étaient son lit le plus ordinaire. Le dessein de Dieu, dans la fondation de Yillemarie, éiait de répandre Tesprit de la sainte famille |iar trois communautés auiquelles donneraient naissance trois personnes qui participeraient, chacune, selon sa vocation , k Tesprit de Jésus, Marie, Joseph ; mais l'état chancelant de la colonie, toujours en suerre avec les Iroquois, n'avait pas permis a M. Olier d'établir encore la communauté de*prètres qu'il venait de former en France, et k M. de la Dauvessière celle des Hospitalières qu*il venait de fonder k la Flèche. M. de Maisonneuve entreprit un nouveau voyage en France pour venir solliciter, au nom des associés de Montréal, les secours qui étaient devenus indispensables. M.Olier désira quatre prêtres de son séminaire et prit l'enga- Sementd'envoyerdes Hospitalières de Saiiao^epb,. qui venaient d'Btre fondées k la Flècoey aussitôt que les bâtiments qu'où leur destinait seraient achevés. Le navire qui portait les prêtres de Saint-Sulpice, k la tête desquels était M. de Quaylus, avec des pouvoirs de grand vicaire , arriva h Québec le 23 avril 1667. A l'arrivée de ces ecclésiastiques^ les colons de Montréal firent éclater une joie proportionnée aux prières instantes qu'ils avaient faites pour les obtenir. Dès ce moment , la sœur Bourgeois commença l'exercice de ses fonctions de maltresse d'école; elle alla habiter une pauvre étable qui fut le seul local dont on put disposer alors. C'était Ik qu'elle devait former sa communauté, destinée è répandre dans la colonie Fesprit et les vertus de la sainte Vierge. Pour donner k la soeur Bourgeois des rapports de ressemblance plus parfaits et plus touchants avec cette sainte mère, Pieu voulut qu'en entrant dans les fonctions de sa vocation, elle n'eût k Villemane d'autre logenoeiit que ceM que Marie avait trou vèk Bethléem, et que celiei> qui rap^ pelait si bien l'étabie où son divin Fils avait voulu naître dans le monde , fût aussi la berceau de cette nouvelle société. Elle avait servi de colombier et de loge ;>our des bètes k cornés. Il y avait par-dessus un greniK où on ne pouvait monter par dehors que f^r If) moyen d'une échelle pour y courber. M. de Maisonneuve lui en ût donation, awsi que d'un terrain adjacent par un acte do iS janvier I6S8. Ce fut dans cette pauvre étable que la sœur fiourseois cotnaseBça k esercer ses fonctions en faveur des petites fine^ et des petits garçons de Villemarte, dont elle fut la première institutrice et l'afiètre. Il y avait aussi dans le pavs quelaoes ttHes trop Agées pour venir k Tecole, elle voulat étendre sa charité sur elles et les réunir dans cette maison pour les animer toutes à la piété et les exciter k la ferveur. C'est pourquoi elle établit, sur le modèle qu'elle ai ait vu pratiquer k Troyes , la tùngrégiÊÈiou ^^*
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DES OROR£S REUGIEUX.
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terne qD*el|e commença le jour de la Visitatioa de Tao 1658. Ce fat cette même année, et dans la maison de la Congrégation qu'elle reciit et qo*elle forma k la piété. la première fine iroqooise k qui on eût conféré le baptême. Ce fut le k août« et on rappela Uarfe iiilf€ig€$: elle avaitdixmois, et elle mourut lii ans après; on donna snccessiTement le même nom h d'aolres petites Qlles de la fflême nation, qui moururent aussi. Le aèle de la mère Bourgeois ne se bornait pas k la sanctiOcation dos enfénts et des jeunes filles, il s*élendait k tous les colons. Un désir anient qa*elle é))rou?ait était d*accroltre la déYOtion k la sainte Vierge , ce qui lui inspira la pensée de lui élever, k une petite distance de la ville , une ciMi(>elle qui fat tout à la fois un lien de pèlerinage et une sauvegarde pour le pays. Munie de la per^ mission du R. P. Pijard, qui desservait la eolonie, elle Gt contribuer tous les habitants I cette cons tract ion. On l'appela JVblre-/}ame ii BirnSecoun. A son grand regret, ce tra- Tail avait été feuspendu, parce qu'on avait ea le projet ae laire bitir une très-belle église a Montréal.
La sœur Bourgeois n'ayant qu'une compagne, Mlle Picaud, pour Taider dans son (Bovre» elle forma le projet d'aller chercher k Trêves, parnoi ses anciennes compagnes» des filles zélées pour la seconder dans Pi nsiraetion des eniants^ et elle s'otfrit pour accompagner Mlle Mance, et chargea du soin des écoles, pendant son absence, deux reliipeoses Hospitalières de Québec. La mère Bourgeois et Mlle Mance partirent le ik oc- Wbre 1658, et arrivèrent a la Flèche le jour des Rois* 1659 ; peu après elles se dirigèrent lur Paris, visitèrent tous les associés de Montréal. Mlle Mance s'empressa d'aller voir M. Bretonvilliers, supérieur du séminaire deSaint-Sulpice. Ce fut sur le tombeau de M. Olierque Mlle Mance obtint subitement la Kttérison des douleurs intolérables qu'elle eoaurait depuis qu'elle s*était démis le bras dans une chute, comme nous le racontons duos Sa notice sur sa vie. {Voy, Bospitatikaas M SAitiT-JosbPH.) Pendant que Mlle Uaoce, au comlile de ses vœux, faisait tous l^s préparatifs nécessaires pour emmener avec elle les religieuses de Saint*iaseph k Villemarie, la soaur Bourgeois, de son côté, îéooissait de zélées et ferventes compagnes, dedtinées k former le noyau de la société qui derait répandre dans celle colonie l'esprit de piété envers la très*sainte Vierge. Les trois
Soi 8*offrirent furent les sœurs Aimée Chatel, aiherioe Trollo et Marie Raisin. Quand le l'ère de Mlle Chatel demanda k la sœur ^urgeois comment elles vivraient k Viile- "tsrie, elle lui montra le contrat qui la metl^it en possession de Télable ; eh bien 1 ajouta-t-ii , voilk pour vous loger , et pour le reste comment ferez- vous? — Nous tra- ^aiileronsde nos mains, répondilMarguerite, )9 lear promets k toutes du pain et du po- ^f ce qui arracha des larmes k ce père , qui était notaire apostolique ; quelque amour qu il eût pour sa fille unique » il ne voulut
pas s'opposer k la volonté de Dieu. ,CeUe-ci, avani de partir, fit donation de tous ses biens k ses neveux et k ses nièces.
Le vaisseau leva l'ancre et quitta le port de la Rochelle le 2 juillet 1659. Il y avait environ 900 personnes, parmi lesquelles quelques prêtres de Saint-^ulpice, les religieuses Hospitalières de la Flèche , trente hlles honnêtes dont la mère Bourgeois se chargea de prendre soin jusqu'k ce qu'elles fussent établies. La peste se déclara aussitôt k bord et emporta dix personnes , la mortalité ne cessa que lorsqu'on eut permis aux sœurs de Saint-Joseph, de prodiguer leurs soins aux malades. Ce navire avait servi pendant deux ans d'hôpital de guerre, sans avoir jamais fait de quarantaine. La sœur Bour-
feois déploya dans cette circonstance^ toute ardeur de sa charité, et eut le bonheur de faire rentrer dans le sein de l'Eglise deux huguenots, qui abjurèrent rhérésie avant de mourir. Après une navigation des plus
Eénibles, on arriva k Qtiébec, le 8 seplemre, jour de la Nativité de la Vierge et k Montréal le jour de la Saint-Michel. La colonie de Villemarie fit éclater sa joie k la vue de ce nouveau renfort, de cette nouvelle recrue de colons forts et robustes, capables de défendre le pays contre les Iro*
auois, et habiles en toute sorte de métiers; es sœurs de Saint-Joseph si longtemps attendues, des nouvelles institutrices qui devaient seconder la sœur Bourgeois dans rétablissement de laCongrégatioDde Notre- Dame, dont elles furent avec elle les pierres fondamentales; de deux nouveaux prêtres de Saint-Sulpice, tous dévoués au bien de la colonie.
On ne mène personne k Jésus-Christ que par la croix, les trois communautés, destinées k la tin la plus excellente ., devaient être éprouvées par les contradictions des hommes et porter leur premier fruit au milieu des épreuves comme c'est le propre des œuvres de Dieu. Les prêtres de Saint- Sulpice éprouvèrent beaucoup de contradictions k l'occasion de Tévèché de Montréal et de la part de Mgr de Laval nommé k ce siéffe. Les religieuses de Saint-Joseph furent plusieurs fois sur le point de quitter le Canada et de retourner en France ; ontenta tous les efforts pour envoyer les Ursulines k Villemarie et pour réunir avec elles les membres de la congrégation delà mère Bourgeois. La fermeté de la supérieure des Hos* pitalières et de la sœur Bourgeois firent avorter ces projets enlièrement contraires aux desseins de Dieu si clairement manifestés. £t cependant ces longues épreuves aue les filles de la congrégation et les sœurs H Saint-Joseph rencontrèrent pour s'établir, étaient peu de chose comparées aux craintes journalières de voir la petite colonie de Villemarie succomber aux attaques continuelles des Iroquois. Ces Barbares faisaient une guerre continuelle jusqu'aux portes des maisons. Un trait de bravoure , le plus mémorable de l'histoire du Canada, auquel on ne peut rien comjyrer de tout ce qu*ofi'ro
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DiCnONNAIIIB
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rhistoire des Grecs ti des Romains de plus magnanime 9 de plas audacieux , sauva le pays. Seize ou dii-sept hommes furent allaguer les sauvages* firent tète pendant huit jours è SOO, ensuite à 800 Iroquois, et inspirèrent tant de terreur pour le nom de Montréal que leur mort fut )e salut du pays.
La mère Bourgeois et nombre d autres personnes dignes de foi racontent plusieurs prodiges qui eurent lieu pendant celte guerre cruelle, où deuxprètres de Saint-Sulpice, M. le Maistreet M. Guillaume Vignal, et Jean de Saint-Père, pris parlessauva*ges, eurent la tète tranchée , prodiges dont les effets durèrent longtemps et qui eut un grand nombre de témoins. Les sauvages mangèrent le corps de M, ViscnaU ils firent subir à un autre prisonnier, M. Brigeart, les plus horribles tourments. Dans Tespérance d'attirer ces barbares à la foi chrétienne par les bons traitements qu'ils recevaient, on les laissait approcher des maisons et même entrer dans la ville. Ce fut par une attention particulière de la divine Providence qu'aucune des sœurs de Saint-Joseph, ni de celles de la Congrégation, ne tomba entre les mains de ces sauvages, malgré les tentatives qu'ils firent pour exercer sur elles leurs cruautés; ils s'étaient introduits dans la cour des sœurs de ta Congrégation et de cel les de Sai nt- Joseph plus exposées que les autres h sortir pendant la nuit pour soigner les malades et de la maison de Mlle Mance, pour saisir l'occasion d'en faire des victimes.
De quatre ecclésiastiques que M. de Quaylus avait laissés au séminaire, deux avaient été massacrés par les sauvages. Les Filles de Saint-Joseph, ou les sœurs de la Congrégation ne pouvaient obtenir de Mgr de Laval d'être érigées en communauté; celles-ci se toyaient continuellement menacées d'être remplacées par les Ursulines. La colonie était exposée chaque jour à être ruinée; toutes ces dispositions déterminèrent les associés de Montréal è céder cette lie au séminaire de Saint-Sulpice , dont plusieurs membres jouissaient d'une grande fortune. Par respect pour M. Olier, Teur fondateor, et à cause de Pordre qu'il avait reçu de Dieu, MM* les supérieurs acceplèrent les
t*ro]>ositions et devinrent seigneurs de cette le. Ils ne prirent cette décision qu'après avoir beaucoup prié pour connaître la volonté de Dieu; ce qui contribua aussi h leur faire prendre cette résolution, c'est que leur désistement eût amené la ruine des deux autres congrégations. Le 81 mars 1663 fut le jour de la conclusion. Malgré beaucoup de diflicultés, les communautés du séminaire, de l'Hôtel-Dieu, de la congrégation, destinées à répandre l'esprit de leur famille dans le Canada, ne se lassèrent pas d'accomplir les desseins de Dieu, et donnèrent naissance par leur concours simultané et par le moyen du P. Chanminot, Jésuite, h une dévotion qui s'étendit bientôt dans tout le Canada et qui est encore aujourd'hui une source abondante de bénédictions. Ce fut rétablissement de la confrérie 4§ la Sainte-Famille,
institution qui eut pour but o offrir am Ih milles chrétiennes les exemples de Jésus, Marie, Joseph, pour former leur coodaita sur ce modèle : les hommes se proposaieot d'imiter saint Joseph; les femmes la sainte Vierge, les enfants l'enfant Jésus.
Mgr de Laval ne croyait pas devoir encore approuver d'une manière oflScielle l'institut de la Congrégation hcausedugenrede ?ie extraordinaire de ses Filles, sans ?œax de religion et sans clôture, et parce qu'on Sfiit désiré qu'elles se fussent réuntei à une société déjà existante. Monseigneur ne cessait d'engager les sœurs de Saint- Joseph à se réunir aux hospitalières de Saint-Angostin de Québec, ce qui était un çrand siget d'affliction pour ces saintes religieuses sartout pour la sœur Maillet. En vue de la consoler et de la fortifier, M. Olier et H. de la| Dauvessière, jouissant de la Rloire c4leste, lui apparurent plusieurs fou et rassurèrent l'un et l'autre, de la part de Dieo, que cette œuvre, qui était la sienne, subsisterai r malgré les oppositions des homoies et qu'étant sœur de Saint-Joseph, et coosacrée k imiter et h honorer la Sainte-Famille, elle devait marcher par le cbemio des humiliations, des contradictions et des croix.
Louis Xiy, qui commençait k prendre en main le gouvernement de l'Etat, affligé des divisions qui arrêtaient les progrès de la prospérité au Canada, y envoja M. de Courcelles et M. Talon avec des pouvoirs extraordinaires, le premier, comme gouverneur général ; le oeuxième* comme intendant. Ces magistrats eurent bii>ntAt occasion de connaître par eux-mêmes les fruits qoo produisaient, pour le bien du pays, les communautés de Saint-Joseph et de la Congrégation; ils approuvèrent Tune et raulre. celle-ci avec toute facilité de s'étendre dans les nabitations qui se formaient. TonU la population signa une requête poorolh tenir du roi des lettres patentes* LooisXIV témoigna le désir que M. de Bretinvilhers envoyAt un renfort d'ecclésiastiques qoi étaient réduits h onze, ce qui déterminai!, le supérieur de Saint-Sulpice h en envoyer quatre autres, et M. SoarviU membre de cette société, passa lui-même en France ponr bÂter leur départ pour Villemarie.
L'objet capital du zèle de la sceur Boor* geois, pendant les vingt premières années de son ministère, fut la sanctification des jeunes filles et des jeunes garçons de Villemarié. Elle les réunissait dès l'A^ le plos tendre, afin d'imprimer lea principes d« la foi chrétienne dans leur esprit et d'appliquer les premiers mouvements de leur oosuri témoigner k Dieu leur amour. Son zèle einbrassait les filles de toutes les classes de la société. Quand la population devint coosi* dérable, les prêtres du séminaire se char*
(gèrent d'instruire eux-mêmes et de tonner es garçons. La sœur Bourgeois faisau cootracter en même temps des habitudes de don* ceur, d'afl*abilUé, de politesse, loujoars lo* séparables de la vraie charité, et si ja^
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DES ORDRES REUGIEUX.
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qal ce joor il règne daos le pays une si grande dOQCeor daos les mœors de toutes Es classes de la société, et tant d*aménité im les rapports de la vie, c'est au zèle de Il mère Bourgeois qu'on en est redevable en grande partie. Outre la science de la religion, elle donnait aux petites 61 les les premiers principes des lettres humaines avec oosoecèsqui répondit parfaitement è ses soins; elle inspirait à ses jeunes élèves Ta* Dour du travail et leur en faisait contracter rbeureuse habitude, elle leur enseignait lootes sortes d'ouvrages. Comme le genre d*édttcalion doit Atre proportionné k leur naissance et à leur état de fortune, la sœur Boorgeois ouvrit un pensionnat au grand rontentemeot des parents plus aisés. L*édocation que les jeunes personnes recefiient k la congrégation réunissait aux iTêotages de la pieté, qui en était rftme, ooc manière aisée et modeste, qu'on attribuait à la vie lion cloîtrée des sœurs
Ponr entretenir et augmenter dans ses Mères les bons sentiments qu'on lui avait loipirés, la sœur Bourgeois réunissait les joors de fêtes et dimanches, toutes celles liODi l'éducation était terminée et oui composaient la congrégation externe. Dans ces réanions elle leur adressait de ferventes et lOQcbantes instructions sur les moyens de Mnctifier dans le monde, et surtout snr les DiOjens de porter dans leurs familles la bonne odeur de Jésus-Christ. On ne saurait dire les fruits que produisit une institution si utile è la piété et k la vertu de lootes les jeunes personnes. Par ce moyen elle les préserva efficacement des dongers aoianels leur innocence aurait pu être exposée, mais elle alluma encore parmi elles m sainte émulation de ferveur, qui fut roccasion d*un grand nombre de vocations poar son institut. Outre les exercices spirituels de la congrégation externe, la sœur Bourgeois procura de plus aux jeunes filles de ta classe indigente un nouveau moyen de perséférer dans la vertu. Ce fut de leur apprendre d'honnêtes états, qui les feraient subsister do produit de leur travail. C'est
far cela qu'elle établit un ouvroir, appelé ProTidence, où plus de vin^^ grandes filles étaient formées et instruites par ses soins. Le séminaire se chargeait de l'entreliende plusieurs d'entre elles et donnait de plus, chaque semaine, une certaine quantité <le pains pour les nourrir. Cet utile établissaient attira l'attention du gouverneur qui ^empressa de le recommander k la proteciiOQ du ministre de la marine.
Comme le zèle de la sœur Bourgeois k ^«ver les jeunes filles avait pour tin d'en j^^nner de bonnes Chrétiennes, afin qu'elles l^eot un joor de sages et vertueuses Q^^res de bmille, la charité s'étendait aussi t celles qui allaient de France k Villemarie <»Q) rintention de s'établir et d'accroître la Jpioaie. Dans tous ses voyages de France au ^da elle prit toutes sortes de soins des 2^ qu'elle amena avec elle. En effet, ^ les recevait dans sa maison, les logeait,
les nourrissait, leur donnait k toutes les instructions qui leur étaient utiles et les gardait avec elle jusqu'k leur établissement; et elle n*acceptait que des filles de vraies vertus. Enfin la sœur Bourgeois n*i-
{;norait pas, que malgré la vigilance et toute 'ardeur de son zèle, quelques-unes des filles qu'elle avait élevées pourraient Atre exposées k perdre de vue les obligations de leur état et k se ralentir dans les pratiques de la piété ; k celles-ci elle fournissait un moyen efficace de se renouveler dans le service de Dieu fiarles retraites spirituelles qu'elle leur faisait faire dans la maison de la congrégation. Elle y recevait aussi les petites filles aux approches de la première communion. Convaincue de Timport^nce d'une digne préparation k cette action solennelle, elle était ravie de disposer les cœurs de ces enfants k recevoir leur Sauveur pour la première fois. Plusieurs parents désiraient même de placer leurs enfants en pension pendant les semaines qui précédèrent ce grand jour.
Mais les succès les plus puissants que la sœur Bourgeois offrit aux dames, pour les aider k l'œuvre de leur sanctification, étaient sans contredit les exemples admirables de sa propre vie. Le zèle apostolique dont elle était animée ne lui permettait pas de se considérer autrement que comme une victime chargée d'expier les péchés des autres. Il lui inspirait un amour ardent pour les souffrances ; en sorte qu'elle pourrait dire en vérité : Qu'elle portait toujours dans son corps la mortification de Jésus-Christ (Il Car. IV, 10), et qu'elle accomplissait dans sa chair ce qui manquait k la passion du Sauveur. (Coloi. 1, 2b.)
Elle prenait pour sa nonrriture les aliments les plus grossiers, donnait toujours la préférence k ceux qui étaient de mauvais goût; elle les prenait ou trop froids ou trop chauds, en les délayant avec de l'eau, en y mettant de la cendre ou quelque autre poudre ainère qu'elle portait toujours avec elle pour s'en servir dans l'occasion. Elle mangeait peu, elle ne buvait gue de l'eau, qu'elle ne prenait qu'une lois par jour, même dans les chaleurs de Tété, et jamais en quantité suffisante pour étancher sa soif. C*était toujours dans une situation pénible. Le vendredi elle ne faisait qu'un seul repas. Son lit était le plancher ou la plateterre avec un billot pour chevet. Liiiver elle ne s'approchait pas du feu, et elle supportait les incommoilités des autres saisons avec la même dureté. Son corps, qu'elle déchirait souvent par de cruelles disciplines, était de plus chargé d'instruments de pénitence très-meurtriers, et l'on ne peut entendre parler qu'en frémissant d'un certain bonnet nérissé d'épingles au dedans, qu'elle portait secrètement nuit et jour sur le tète. Ayant été priée une fois de modérer ses austérités, pour se conserver k sa communauté, elle leur répondît par une instruction sur l'obligation où est le Chrétien de faire pénitence ; instruction qui fut si forte
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et si pathétique, qne ses sœurs étonnées et émues se sentirent pénétrées du saint et eflicace désir d*iniîter ses exemples. A ces austérités elle ajoutait des prières ardentes
Kour toucher plus efflcacement le cœur de lieu en faveur des justes et des pécheurs et par la fenreur et par la puissance de ses oraisons; elle semblait être le plus ferme soutien de cette colonie, aussi M. Souart, qui la dirigea pendant plus de douce ans, convaincu du grand crédit de la sœur Bourgeois pour négocier les intérêts du pays auprès de Dieu, aimait à la considérer comme \a petite Sainte-Geneviève du Canada. Et il était persuadé que quelques efforts que fissent les ennemis de la religion de I Etat, la colonie ne souffrirait aucun mal considérable, étant soutenu par les prières de cette sainte flme. Quoiqu'elle ne prit qu'un sompeil très-court, elle Tinterrompait toutes les nuits par deux heures d*oraison dans les postures les plus humbles et les plus incommodes. Malgré sa vie austère, la sœur Bourgeois n'avait rien dans son extérieur qui ne fût propice h attirer les Ames et à les gagner au service de Dieu.
Je ne crois pas avoir jamais vu de fille aussi vertueuse que la sœur Bourgeois, écrivait le P. Bouvard, supérieur des Jésuites de Québec : tant j'ai remarqué en elle de grandeur d*âme, de foi, de confiance en Dieu, de dévotion, de zèle, d'bumilitéi de mortification.
Vers ce temps une vertueuse Iroquoise, Thérèse Tégakoulta, donna un exemple aux filles de la nation en se consacrant h Dieu par le vœu de chasteté, résolution qui lui fut inspirée par l'odeur des vertus que la sœur Bourgeois et ses filles répandaient k Villemarie. Elle mourut peu après el laissa elle-même une réputation de vertus, qui n'a fait que s'accroître depuis k l'occasion de plusieurs guérisons miraculeuses qu'on lui attribue.
Entre autres vertus que les sœurs offraient à l'édification publique , on doit remarquer le désintéressement. Elles instruisaient les enfants et rendaient gratuitement toutes sortes de services. Ce désintéressement les obligeait à travailler de leurs mains pour subsister et à s'imposer les privations les
}>lus dures, et la sœur Bourgeois en avait iait une condition à l'admission des filles Îui se présentaient dans la Congrégation, outen faisant les écoles, la sœur Bourgeois et ses compagnes travaillaient nuit et jour à coudre, k tailler, pour habiller les femmes et pouf vêtir les sauvages; elles vivaient ainsi sans être k charge k personne. Elles se contentaient de la nourriture la plus grossière , couchaient sur des paillasses avec des couvertures, sans draps; et ce qui relevait devant Dieu le mérite d'une vie si pauvre, c'est qu'elle était volontaire de leur part, et elle leur servait comme d'un moyen pour assister elles-mêmes les nécessiteuxt car elles pratiquaient k la lettre toutes les règles de la plus généreuse charité k l'égard du prochain.
Mais Dieu qui ne se laisse point vaincre en générosité, qui récompense, même dès ce monde/ un verre d'eau froide quoo donne en son nom, répandit ses bénédi^ tiens sur cet établissement. Outre aoe concession de terrains qui leur fat faite par des seigneurs, M. le supérieur y en ajoata trente-cing arpents qui étaient en valeur, on put bfttir une granae maison sur le ter* rain qui était a côté de Tétablf depais longtemps devenu insuffisant pour le p<!^ sonnel delà Congrégation. En 1670 on pressa la sœur Bourgeois de faire un nouveaa voyage en France pour solliciter de la coar des lettres patentes et pour amener de doqvelles compagnes k raison du grand accroissement de la colonie Elle s'embarqaa, n'ayant pas dix sous dans sa poche. L'heareux résultat qu'elle obtint et un concours de circonstances prouvèrent jusqu'k Yen»
dence que Dieu avait ordonné ce voja^ et qu'il voulait paraître l'auteur des Iruiis
Îu'on en cueillit. Non-seulement le ministre, [. Colbert, lui délivra les patentes si^ées par le roi k Dunkerque au mois de mai 1671 et enregistrées au parlement de Paris le 20 juin suivant, mais il écrivit encore en Isa faveur k M. Talon, intendant du 'Canada.
Elle emmena de France pour vivre sa communauté, six filles , dont plusieurs de ses nièceS' Elles se rendirent k Paris, pais au Havre J'où elles partirent le S Juillet, fête de la Visitation. Parmi les passagers qui étaient au nombre de quarante-cinq se trouvait M. François Lefèvre, prêtre de Saint-Sulpice. La sœur Bourgeois emporlaii avec elle une statue miraculeuse devant laquelle elle faisait faire de fréquents exercices de dévotion et qu'on regarda comme une sauvegarde dans la traversée. L*arrirée de la sœur Bourgeois fut un çrand SQJ|et de joie pour les habitants de VilTemarie; ils bénirent la Providence du succès qu'elle avait obtenu pour la Congrégation et en voyaot arriver pour se consacrer à cette œuvre les zélées coopératrices qu'elle amenait. Mais un autre sujet de joie pour le pays fut Tsc^ quisition que la sœur avait faite de la statoe miraculeuse qui devait être bientôt pour les fidèles une source de grâces et roccasioo d'un renouvellement de la dévotion envtrs Marie.
C'est la sainte Vierge qui avait inspiré le projet de l'établissement des trois cooicponautés pour la conversion du Canada ; c'est sous son patronage que tous les efforts avateci été diriges pour accomplir ceue grande se* vre; la sainte Vierge n'avait cesse de Uooner des preuves visibles de la protection qu'el.e accordait pour le succès de cette entre|)ri^ Aussi, grandes étaient la dévotion et la coo* fiance des peuples envers cette boDoe et tendre Mère qu'on allait vénérer k la ci^ pelle de Notre-Dame de Boo-Secours. On j allait en procession pour les liesotas et lr> calamités publiques, et toujours avec suci rs c'était lapromenade des porsonues dévoies ^*
MOT
DES ORDIIES RELIGIEUX.
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la ville; il y avait peu de bons Cotlioliquea qui, de teus les endroits du Canado, no Qs- 5eot offrir des vœux et des offrandes à cette chapelle dans tous les périls où ils se trouvaient. L'origine de cette dévotion était due k la piété, au zèle de la mère Bourgeois, cette femme admirable, toujours pénétrée d*un si ardent amour de Dieu et qui réussissait dans toutes ses entreprises pour le bien spirituel et temporel de ce peuple, parce qu*elle suivait toujours ses divines inspi* rations. Ce fut surtout è Toccasion des ravages commis par les Iroquois qu*éclata la conGance des citoyens de viliemarie envers Notre-Dame de Bon-Secours, et c'est avec raison qu'on attribua h la protection de la très-sainte Vierge la conversion et la consécration du Canada. Les prêtres de Saint- Sulpice étaient les premiers à donner l'exemple de la dévotion, de la confiance à la sainte Vierge, et à la prêcher au peuple. La Congrégation de Notre-Dame, érigée depuis cinq ans, par lettres patentes du roi, n'avait point encore reçu la sanction épiscopale, quoique le 20 mai 1669 elle eut été autorisée par Tévèque et qu'il eût permis la réception de postulantes. Monseigneur, prolongeant son séjour en France, et la sœur Botti^eois désirant aller chercher de nouvelles novices pour le bien du pays, elle résolut d'aller en France et d'accompagner Mme Perrot, femme du gouverneur. Elle
K»rtit a la fin de 1679; elles arrivèrent è la ocbelle. Le voyage de la sœur Bourgeois eut un autre avantage, ce fut de lui fournir l'occasion d'exercer, pour la dernière fois, sa sollicitude maternelle à l'égard d'un certain nombre de vertueuses fuies destinées pour la colonie de Montréal, et dont plusieurs étaient envoyées par le séminaire de Saint-Sulpice. Les prières de la sœur Bourgeois obtinrent encore la faveur d'échapper aux Anglais, dont un bâtiment les poursuivait, parce que la guerre avait été déclarée avec la France, et le capitaine du bâtiment fut le premier à reconnaître que c'était à elle qu on en était redevable.
Si la sœur Bourgeois n'eut pas la consolation, dans ces voyages, d'amener de zélées compagnes, c'est que Dieu voulait se montrer l'unique soutien d'un institut qui était son ouvrage; elle en reçut six l'année suivante. Les sœurs de la congrégation étaient alors au nombre de dix-huit; trois ans après on en comptait quarante.
L'un des motifs qui avaient attiré la sœur Bourgeois au Canaaa, était le désir de travailler à la conversion des sauvages pour l'éducation chrétienne de leurs enfants, mais pendant vingt-six ans elle n'avait pu exercer 500 zèle qu en donnant ses soins à la jeunesse de Viliemarie et à quelques petites aauvagesses, parce que les sauvages refusaient de venir se fixer dans Tlle; l'humeur indépendante de ces Barbares, leur amour jx>or la vie libre et errante; les guerriers, dont le pays avait été le théâtre, avaient jreadu inutiles tous les efforts qu'on avait 3raiiS(>our les attirer à Montréal, ce qui obligea
les prêtres de Saint-Sulpice d'aller établir, chez les Iroquois, sur les bords du lac Ontario, une mission, dont lé siège principal fut fixé à Trente. Mais on finit par attirer les sauvages près de Viliemarie, en un lieu appelé la Montagne. M. de Belmont, diacre, qu. avait renoncé au monde et à ses honneurs, dans le dessein de se consacrer h la mission de Viliemarie, fut chargé de l'école des garçons, et la sœur Bourgeois y envoya deux sœurs de la congrégation pour les filles. Leur zèle obtint un prompt succès, et comme les sauvages étaient très-heureux dans cette mission, leur nombre augmenta beaucoup en peu de temps. Les sœurs gardaient auprès d'elles, comme pensionnaires, celles qui montraient plus de dispositions pour la vertu, afin qu'étant soustraites à l'influence de leurs parents elles pussent s'appliquer avec moins d'obstacles aux exercices de la piété, et s'accoutumer plus aisément à notre manière de vivre. A cette occasion, le roi Louis XIV leur accorda une gratification de mille livres, et comme on jugea nécessaire de confier à la sœur Bourgeois les sauvagesses, qui étaient entre les mains des Ursulines de Québec, parce que la vie cloîtrée, ne convenait pas è ces enfants, elle reçut, pour faire face à ces nouvelles dépenses, la somme de 2,500 fr.
La sœur Bourgeois embrasse avec confiance cette nouvelle œuvre qui lui était offerte de la part du roi et les l)énédiction8 dont $es travaux furent couronnés, justifièrent pleinement les espérances qu'on avait conçues de son zèle. L*un des premiers effets de sa sollicitude, à l'égard de toutes les jeunes sauvagesses, fut de leur apprendre l'amour du travail. Elles apprirent à filer la laine, h tricoter les bas; elles quittèrent enfin leurs couvertures et s'habillèrent d'une manière plus décente. Elles embrassèrent avec ferveur les exercices de piété qu'elles vovaient pratiquer à leurs mattresses, et plusieurs conçurent même le dessein d'entrer dans leur institut.
Les habitants du village de la Montagne étaient des Iroquois et des Hurons; nonseulement ils étaient bien convertis, mais fervents, {[race aux soins et au zèle' de MM. de Samt-Sulpice. On y vivait comme dans un cloître, selon les règles de la haute perfection évangéliquev il y avait presque toujours quelqu^in qui priait & la cnapelle; on n'y voyait pas la personne ; plusieurs s'en interdiraient l'entrée pour des fautes légères; ils avaient tous une merveilleuse application pour conserver leur innocence; ils faisaient retentir de leurs chants les cabanes et les chants pendant le temps de leurs travaux et de leurs occupations domestiques. Quand ils étaient les uns avec les autres ils s entr'animaient à la pratique de la vertu par la sainteté de la conversation. Un des fruits précieux que produisit la mission de la Montagne fut la vie édifiante de deux vertueuses Iroquoises qui se donnèrent k Dieu sans partage et qui embrassèrent Tinstitut de la congrégation. Une y demeura douze ans, et
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MOT
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et si pathétique, qae ses sœurs étonnées et émues se sentirent pénétrées du saint et efficace désir d'imiter ses exemples. A ces austérités elle ajoutait des prières ardentes
Kour toucher plus efflcacement le cœur de lieu en faveur des justes et des pécheurs et par la ferveur et par la puissance de ses oraisons; elle semblait être le plus ferme soutien de cette colonie, aussi M. Souart, qui la dirigea pendant plus de douce ans, convaincu du grand crédit de la sœur Bourgeois pour négocier les interdis du pays auprès de Dieu, aimait à la considérer comme \a petite Sainle-Geneviive du Canada, Et il était persuadé que quelques efforts que fissent les ennemis de la religion de I Etat, la colonie ne souffrirait aucun mal considérable, étant soutenu par les prières de cette sainte flme. Quoiqu'elle ne prit qu'un sompQeiltrès*court,e1le l'interrompait toutes les nuits par deux heures d'oraison dans les postures les plus humbles et les plus incommodes. Malgré sa vie austère, la sœur Bourgeois n'avait rien dans son extérieur qui ne fût propice à attirer les Ames etk les gagner au service de Dieu.
Je ne crois pas avoir jamais vu de fille aussi vertueuse que la sœur Bourgeois, écrivait le P. Bouvard, supérieur des lésuites de Québec : tant j'ai remarqué en elle de grandeur d*Ame, de foi, de confiance en Dieu, de dévotion, de zèle, d'bumililéi de mortification.
Vers ce temps une vertueuse Iroquoise, Thérèse Tégakouïta, donna un exemple aux filles de la nation en se consacrant h Dieu par le vœu de chasteté, résolution qui lui fut inspirée par l'odeur des vertus que la sœur Bourgeois et ses filles répandaient à Villemarie. Elle mourut peu après et laissa elle-même une réputation de vertus, qui n'a fait que s'accroître depuis à l'occasion de plusieurs guérisons miraculeuses qu'on lui attribue.
Entre autres vertus que les sœurs offraient à l'édification publique , on doit remarquer le désintéressement. Elles instruisaient les enfants et rendaient gratuitement tontes aortes de services. Ce désintéressement les obligeait à travailler de leurs mains pour subsister et à s'imposer les privations les
}>lus dures, et la sœur Bourgeois en avait init une condition à l'admission des filles qui se présentaient dans la Congrégation. Tout en faisant les écoles, la sœur Bourgeois et ses compagnes travaillaient nuit et jour à coudre, à tailler, pour habiller les femmes et pouf vêtir les sauvages; elles vivaient ainsi sans être k charge à personne. Elles se contentaient de la nourriture la plus grossière , couchaient sur des paillasses avec des couvertures, saus draps; et ce qui relevait devant Dieu le mérite d'une vie si pauvre, c'est qu'elle était volontaire de leur part, et elle leur servait comme d'un moyen pour assister elles-mêmes les nécessiteux, car elles pratiquaient à la lettre toutes les règles de la plus généreuse charité àTégard du prochain.
Mais Dieu qui ne se laisse point vaincre en générosité, qui récompense, même dès ce monde/ un verre d'eau froide quoo donne en son nom, répandit ses bénédictions sur cet établissement. Outre une concession de terrains qui leur fat faite par des seigneurs, H. le supérieur y en ajouta trente-ci nc| arpents qui étaient en valeur, on put bâtir une granae maison sur le terrain qui était a côté de l'élablp depuis longtemps devenu insuffisant ()our le pe^ sonnel delà Congrégation. En 1670 on pressa la sœur Bourgeois de faire un nouveau voyage en France pour solliciter de la cour des lettres patentes et pour amener de nouvelles compagnes h raison du grand accroissement de la colonie Elle s'embarqua, n'ayant pas dix sous dans sa poche. L'heureux résultat qu'elle obtint et un concours de circonstances prouvèrent jusqu'k l'éridence que Dieu avait ordonné ce voja^ et qu'il voulait paraître l'auteur des fruiu qu'on en cueillit. Non-seulement le ministre, M. Colbert, lui délivra les patentes si^ées par le roi à Dunkerque au mois de mai 1671 et enregistrées au (larlement de Paris le 20 juin suivant, mais il écrivit encore en Isa faveur k H. Talout intendant du *0 nada.
Elle emmena de France pour vivre en communauté, six filles, dont plusieurs de ses nièceS' Elles se rendirent k Paris, puis au Havre J'où elles partirent le S JoilK fête de la Visitation. Parmi les passagers qui étaient au nombre de quarante-cinq se trouvait M. François Lefèvre, prêtre de Saint'Sulpice. La sœur Bourgeois emportait avec elle une statue miraculeuse devant laquelle elle faisait faire de fréquents exercices de dévotion et qu'on regarda ^comme une sauvegarde dans la traversée. L^rrivée de la sœur Bourgeois fut un çrand siyet àt joie pour les habitants de VilTemarie; ils bénirent la Providence du succès qu'elle avait obtenu pour la Congrégation et en voyant arriver pour se consacrer à cette œuvre les zélées coopératrices qu'elle amenait. Mais un autre sujet de joie pour le pays fut Tac* quisition que la sœur avait faite de la statue miraculeuse qui devait être bienlAt pour les fidèles une source de grâces et Toccasico d'un renouvellement de la dévotion envers Marie.
C'est la sainte Vierge qui avait inspiré le projet de l'établissement dea trois communautés pour la conversion du Canada ; c'est sous son patronage que tous les efforts avaieitt été diriges pour accomplir cette grande œuvre; la sainte Vierge n'avait cessé de dooner des preuves visibles de la protection qu'e:ia accordait pour le succès de cette entreprise. Aussi, grandes étaient la dévotion et la coofiance des peuples envers cette bonne et tendre Mère qu'on allait vénérer k la chapelle de Notre-Dame de Boo*Secours. On j allait en procession pour les besoins et lr$ calamités publiques, et toujours avec suo es c'était la promenade des personoes dévotes ae
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DES ORDHES JIELIGIEUX.
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Il fille; il y ayait peu de bons Catholiques qui, de teui les endroits du Canado, no fis- «eDt offrir des vœux et des offrandes à celte chapelle dans tous les périls où ils se troutiienU L'origine de cette dévotion était due à ta piété, au zèle de la mère Bourgeois, celle femme admirable, toujours pénétrée d*0D si ardent amour de Dieu et qui réussissait dans toutes ses entreprises pour le bien sfiiritoel et temporel de ce peuple, parce quelle soivaît toujours ses divines inspiralioas. Ce fui surtout è Toccasion des ranges commis par les Iroquois qu*éclata la confiance des citoyens de Viliemarie envers Notre-Dame de Bon-Secours, et c'est avec rai$oa qu*on attribua h la protection de la irèi-sainte Vierge la conversion et la consérration du Canada. Les prêtres de Saint- Solpice étaient les premiers à donner l'exemple de la dévotion, de la confiance è U Minte Vierge, et à la prêcher au peuple. la CoDgrégatîon de Notre-Dame, érigée depuis cinq ans, par lettres patentes du roi, nMoit point encore reçu la sanction épisco- \^iie^ quoique le 20 mai 1669 elle eût été iiiiorisée par Tévêque et qu*il eût permis la réception (le postulantes. Monseigneur, prolongeant son séjour en France, et la sœur Bourgeois désirant aller chercher de nou- Teties novices pour le bien du pays, elle résolut d*aller en France et d'accompagner Mme Perrot, femme du gouverneur. Elle m\ii la fin de 1679; elles arrivèrent è la Kocbelle. Le voyage de la sœur Bourgeois eoi un autre avantage, ce fut de lui fournir Toccasion d'exercer, pour la dernière fois, M sollicitude maternelle h l'égard d'un certiJQ Dombre de vertueuses fuies destinées pour la colonie de Montréal, et dont plusieurs étaient envoyées par le séminaire de Saiot-Solpice* has prières de la sœur Bourgeois obtinrent encore la faveur d'échapper lax Anglais, dont un bâtiment les poursuivait» parce que la guerre avait été déclarée avec la France, et le capitaine du bâti- D^Qt fut le premier à reconnaître que c'éisit k elle qu on en était redevable.
, Si la sœur Bourgeois n*eut pas la consolation, dans ces voyages, d'amener de zélées compagnes, c'est que Dieu voulait se montrer Tunique soutien d'un institut qui était $ooou?rage; elle en reçut six l'année sui- Tinie. Les sœurs de la congrégation étaient ftlors au nombre de dix-huit; trois ans après on en comptait quarante.
Lun des motifs qui avaient attiré la sœur Bourgeois au Canada, était le désir de tra- ||>iil6r à la conversion des sauvages pour l'éoucation chrétienne de leurs enfants, mais pendant vingt-six ans elle n'avait pu exercer ^n zèle qu en donnant ses soins h la jeunesse de Viliemarie et à quelques petites MMvagesses, parce que les sauvages refuttieni de venir se fixer dans Tlle; l'humeur indépendante de ces Barbares, leur amour ^^r la vie libre et errante; les guerriers, ooQtle pajrs avait été le théâlre, avaient reoda inuiiles tous les efforts qu'on avait laïuitourlesaitirer à Montréal, ce qui obligea
les prêtres de Saiai-Sulpice d'aller établir, chez les Iroquois, sur les bords du lac Ontario, une mission, dont le siège princi|Mil fut filé à Trente. Mais on finit par attirer les sauvages près de Viliemarie, en un lieu appelé la Montagne. M. de Belmont, diacre, qu. avait renoncé au monde et à ses honneurs, dans le dessein de se consacrer h la mission de Viliemarie, fut chargé de l'école des gargons, et la sœur Bourgeois y envoya deux sœurs de la congrégation pour les filles. Leur zèle obtint un prompt succès, et comme les sauvages étaient très-heureux dans cette mission, leur nombre augmenta beaucoup en peu de temps. Les sœurs gardaient auprès d'elles, comme pensionnaires, celles qui montraient plus de dis|)ositions pour la vertu, afin qu'étant soustraites h l'inQuence de leurs parents elles pussent s'appliquer avec moins d'obstacles aux exercices de la piété, et s'accoutumer plus aisément à notre manière de vivre. A cette occasion, le roi Louis XIV leur accorda une gratification de mille livres, et comme on jugea nécessaire de confier à la sœur Bourgeois les sauvagesses, qui étaient entre les mains des Ursulines de Québec, parce que la vie cloîtrée, ne convenait pas è ces enfants, elle reçut, pour faire face à ces nouvelles dépenses, la somme de 2,500 fr.
La sœur Bourgeois embrasse avec confiance cette nouvelle œuvre qui lui était offerte de la part du roi et les bénédictions dont ses travaux furent couronnés, justifièrent pleinement les espérances qu'on avait conçues de son zèle. L'un des uremiers effets de sa sollicitude, à l'égard de toutes les jeunes sauvagesses, fut de leur apprendre l'amour du travail. Elles apprirent à filer la laine, à tricoter les bas; elles quittèrent enfin leurs couvertures et s'habillèrent d'une manière plus décente. Elles embrassèrent avec ferveur les exercices de piété qu'elles vovaient pratiquer à leurs mattresses, et plusieurs conçurent même le dessein d'entrer dans leur rnstiiut.
Les habitants du village de la Montagne étaient des Iroquois et des Hurons; nonseulement ils étaient bien convertis, mais fervents, çrftce aux soins et au zèle' de MM. de Saint-Sulpice. On y vivait comme dans un cloître, selon les règles de la haute perfection évangélîquev il y avait presque toujours quelqu'un qui priait & la chapelle; on n'y voyait pas la personne; plusieurs s'en interdiraient l'entrée pour des fautes légères ; ils avaient tous une merveilleuse application pour conserver leur innocence; ils faisaient retentir de leurs chants les cabanes et les chants pendant le temps de leurs travaux et de leurs occupations domestiques. Quand ils étaient les uns avec les autres ils s entr'animaient è la pratique de la vertu par la sainteté de la conversation. Un des fruits précieux que produisit la mission de la Montagne fut la vie édifiante de deux vertueuses Iroquoises qui se donnèrent h Dieu sans partage et qui embrassèrent l'institut de la congrégation. Une y demeura douze ans, et
NOT
DlCTlONNÀmE
NOT
moural le 89 novembre 1691, h TAge de trente-cinq ans; Tautre, élevée aussi par la> sœur Bourgeois, admise au nombre des acBurs, fut envoyée è la Montagne pour faire Técole aux sauvasesses ses compatriotes.
I^s vertus qui bri fièrent le plus dans elle, furent la modestie, le silence, la mortification corporelle. On dit qu'elle ne regarda jamais un homme en face; on avait de la peine à mettre des bornes à ses austérités. Outre la sanctiQcalion des sauvages que Dieu
firoposa aux fondateurs de Villemarie, pour es déterminer à cette grande œuvre; son dessein était aussi de porter, par cette colonie, la foi catholique dans cette partie du Nouveau-Monde , qui devait être bientôt peuplée d'autres colonies entachées des erreurs des derniers temps. Pour y fiier le flambeau de la vérité, il inspira la pensée de rétablissement de Villemarie, destiné h jeter d'abord un si grand éclat par la sainteté de ses premiers habitants, qui retracèrent, dans ce pajs nouveau, la ferveur et la piété de la primitive Eglise. Telle fut la mission de la mère Bourgeois. Elle donna la Visitation de la Vierge pour fête principale de l'institut; c car, disait-elle, la visite que la sainte Vierge fit k Elisabeth, fût l'émission du plus grand des miracles, en procurant à saint Jcan-fiaptiste sa purification du péché originel, et sa sanctification, ainsi que celle de sa famille; et c'est sur ce modèle que les sœurs doivent faire leurs missions dans le dessein de contribuer à la sanctification de tous les enfants. »
M. de Meulles, intendant du Canada, témoin des fruits étonnants que produisaient les sœurs missionnaires de la Congrégation partout où elles étaient répandues, écrivait, en 1683, au ministre de la marine pour lui en faire le plus grand éloge: M.deSaint^Vallier leur rendait le même témoignage et parlait aussi BTantageusement des maîtresses qu'elles avaient élevées, et qui, répandues dans la colonie, faisaient le catéchisme aux enfants et des conférences très-touchantes et très-utiles aux autres personnes de leur sexe qui étaient plus avancées en flge : il n'y a point de bien qu'elles aient entrepris dont elles ne soient venues à bout.
On connaît peu de chose des premières missions établies par la sœur Bourgeois. Les sœurs endurèrent beaucoup de privations dans les paroisses nouvelles où lui manquaient encore toutes les commodités de la vie. La sœur Bourgeois nous apprend en effet qu'elles n'avaient, ni draps, ni lit, ni matelas; qu'elles ne vivaient pas d'une autre manière que les plus pauvres gens de la campagne; qu'enfin, à l'imitation des apôtres, elles travaillaient de leurs mains pour n'être k charge k personne, et qu'elles exerçaient leurs fonctions gratuitement. On peut se former une idée de la pureté de leurs dispositions et de la ferveur de leur xèle par les paroles que leur adressait leur admirable fondatrice en les envoyant en mission. « Pensez, mes chères sœurs, leur disait-elle t pensez que dans lea missions
vous allez ramasser les gouttes du lang de Jésus -Christ qui se perdent. »
En 1685, M. Lamy, curé de la paroisse de la Sainte-Famille, dans l'ile d'Orléans, frappé des grands fruits que les sœurs de la congrégation produisaient partout où elles eierçaient leur zèle, en demanda et en obtint deux, les sœurs Anne et Barlier. On ne peut lire, sans frémir, ce que ces saintes sœurs eurent è souffrir de la saison, de leur déoOment et de leurs privations , et cependant elles s'en réjouissaient. Cn dévouement si généreux et une conduite si apostolique aitirèrent sur les travaux des deux sœurs mis* sionnalres les plus abondantes bénédictions. La paroisse de l'île d'Orléans était dans un état déplorable. Les jeunes filles étaient dissipées et libres jusqu'au dérergonda^, l'Immodestie et le libertinage v marchaient la tète levée; les sœurs furent d abord Tobjet de leurs railleries; mais par la constance de leur charité, de leur patience, de leur douceur, et surtout par leurs ardentes prières auprès de Dieu, elles triomphèrent en pea de temps de tous les obstacles. Par leurs manières douces et insinuantes elles retirèrent de cette vie libre, et firent dévouer! l'amour et à la pratique des vertus chrétiennes la plupart de ces filles volaces. EnflOià rile d'Orléans comme partout ou elles eier-
f aient leur ministère, elles établirent, outra 'école des petites filles, la congrégation externe pour toutes les jeanes personnes de ia paroisse. Les jours de fêtes et le dimancbe, elles les assemblaient avant le service dirio, leur faisaient des instructions et des conférences pour leur apprendre leurs devoin et la manière de se conduire saintement dans le monde, et les conduisaient à Téglise lootei ensemble, rangées (^r ordre, deui è deoi. Les travaux des missionnaires eurent on succès si complet qu'elles renoovetèreni, en peu de temps, l'esprit de la |)aroisse. La
£ié(é, la religion, la modestie succédèrent la légèreté et à l'indévution. Enfin, plosieurs ae ces jeunes personnes, touchées des instructions et des exemples de leur^ saintes maltresses, et dégoûtées tout à fait du monde, se consacrèrent k Dieu dans la congrégation pour se livrer elles-mêmes ï la sanctification des enfants et aux œuvres apostoliques. Ce fut surtout dans la ville <tc Quét)ec que Dieu voulait faire éclater là
Î^rAce de la conf^réçation, en fournissant i a sœur Bourgeois 1 occ-^Mon d'; travailler! la sanctification d'une multitude d'Ames. Ce fut Mgr de SainUVallier, qui, vojant que Dieu se plaisait k bénir toutes les entrtprises des sœurs de la congrégation, en de* mande k la sœur Boui^eois. Le prélat oe fui point trompé dans son attente; car* jamais peut-être, on ne vit d'une manière
SI us sensible la bénédiction sur uoeceuvrr. ar le zèle des deux sœurs missionnaires*! s'établit dans cette maison connue M)as le nom de Providence de la Sainte-Famille, m esprit d'innocence, de ferveur, dignes des communautés les plus ferventes. La dévotion, envers la Sainte-FamlUe, j fut intro*
NÛT
DES ORDBES AEUGIEUX.
NOT
doiie dès le commencement; chaque jour doooait Hea h quelque nouvelle pratique foor boooror Tenant Jésus» la tres-^sainté Viergo et le glorieux saint Joseph; en sorte que cette dévotion, qui, à Québec, avait été l'ifMju'alors comme réservée aux mères de uiDiHe, devini bientAt commune à toutes les JrQnes personnes sans distinction. Depuis quelques années, Tamour de la parure avant r^néiré dans toutes les classes de la société, on grand nombre de (tmmes et de filles af- (^ruieDt, dans leurs babils, un luxe beaufinip aa-dessns de leur condition, et neresfieriaient pas les règles de la décence, Monseigneur publia un mandement pourar> ïéter ces abtts ; toutefois le luxe ne lit que ùrcrottre. I> que les efforts de Mgr de (jtal n*avaient pu obtenir, les sœurs de la floogrégaiion l'opérèrent par les sentiments et piéié qu*elles avaient su inspirer aux jnraes filles de la Providence, sans leur en mit même témoigné le désir; car le 13 |iio 1(16, veille de la i%te du saint Sacre- Mi, ces filles, voulant renoncer à tout ce iDpoavalt ressentir les vanités du monde, mèrent, de concert, la résolution de reûfiDcer i Tusage de certains ornements superflus, qu*elles allèrent suspendre devant rimage de la très-sainte Vierge dans leur oratoire, poar les lui offrir en sacrifice; en sorte que le lendemain on les vit, avec autant do Hrprise que d*édiflcation, assister h loffice ^inoetà la procession générale toutes vêtiez de la manière la plus simple et la plus laoJeste.
' Ceieiemple fui suivi, Tannée suivante, Fir les filles de Plie d'Orléans. Mgr de Saint- ^a'Iter, encouragé par de si heureux résul-
' ^us, désira de les voir s*étendre à toutes les ^uies de filles de son diocèse. Les visites i^ la 8<Bar Bourgeois faisait à ses smurs de
^ ^aips en temps ne contribuèrent pas peu à
'«uiKr cette ferveur, en ranimant, dans ^'^es, Tesprit de leur vocation, surtout Ta- •l'^urde la pauvreté, de Thumilité et de la (cortilication ; elle ne souffrait pas même "t'^ elles fussent l'objet de la moindre dis- '''iCtion.
% do Saint- VaUier, témoin du succès de jcUblisseiDent de la Providence, désira que ^ sceors étendissent le bienfait de cette mmm k toutes les petites filles, en ouyuides écoles gratuites pour elles comme j,>iltemahe et ailleurs ; ce qui fui exécuté. L.iQoéesuivantelfi89,il les mit h la léte ^QQ aoire éUblissement, Tbôpital général, ^1^ i OQ renfermait tous les piauvres men- «•jaDls pour les employer à divers ouvrages, ^.«liler Toislvetô de ceux qui négli- -^m de travailler, quoiqu'ils lussent en cutt de se rendre utiles. Pour répondre au |j«if do son évtque, la mère Bour^eoys eut : 'Murer dans ce voyage des fatigues inf^^^bjes. parce qu'elle Je fit à pied; elle
« obligée de se traîner sur les genoux,
*°J <itp8 la neige, tantôt sur la glace, et 2"«»<|ueroi$ dans Peau. Que de traits mira- JJ^i ne poorraii-on pas citer dans ces di-
'^ occasions, où le doigt et la protection
l^icnoNR. DES Ordres rbug. IV.
de Dieu paraissaient d^une manière si lirap^ pante.
Outre la maison de Québec et d'Orléans, la mère Bourgeoys en forma bîentdt une autre au Châtean-Richer, qui ne fut pas moins utile que les précédentes : elle en forma deux autres, Tune à la Chine, l'antre I la Pointe-aux-Trembles,, dans Ttle de Mont* réal, les plus anciennes paroisses après celte de Villemarie. On n*a pas de documents assez circonsianciés pour pouvoir faire le dénombrement de tontes les missions établies par la sœur Bourgeoys. Toujours les sœurs de la Congrégation donnaient des preuves d'une admirable confiance en Dieu, de zèle et de désintéressement. On put mieux connaître ia sublimité de leurs vertus dans l'incendie 4e leur première maison de Villemarief où périrent deux membres de la communauté. Elles furent obligées, en 1693, d'en construire une autre sur un plan beaucoup plus vaste, où elles purent avoir une chapelle, ce qu'elles regardaient comme une faveur inestimable. Elle obtint cette permission, quoiqu'elle n'eût rien pour entreprendre ce travail.
Il y avait h Montréal une très*aainte Slle,
3;ui vivait en grande odeur de vertu ; c'était eanne Le Ber, fille de M. Jacques Le Ber, le plus riche négociant du Canada. Elle n'eut
Sas plutôt appris le dessein de la sœur ourgeoys, qu elle offrit de lui avancer la Elus grande partie de la somme nécessaire cette construction ; et son frère, Pierre Le Ber, promit, de son cAté, de donner toule ta
1)ierre de taille qui serait nécessaire pour es croisées de I église. C'est dans la fré^ quentation des sœurs de la Congrégation de notre -Dame, que Mlle Le Ber était parvenue aux pratiques de la plus sublime séînteté. Dès sa 17* année, elle fit vœu de chasteté
Kour cinq ans, et, du consentement de I. Lebcr, son père, è Fimitation des anciennes récluses, elle s'enferma dans une cellule, renonçant à tout rapport avec les personnes du dehors, partageant son temps entre la prière, la lecture, le travail, et se livrant à toutes les rigueurs de ia pénitence. En offrant de contribuera la bâtisse de l'église de la Congrégation, Mlle Le Ber se réserva une petite cellule derrière l'autel do très* saint Sacrement, où elle désirait passer le reste de ses jours. L'église nouvelle ayant été achevée, celte sainte fille quitta la maison de son père pour aller se renfermer dans sa cellule, qui devait être son tombeau. La veille du jour où eut lieu cette cérémonie, elle abandonna aux sœurs toutes les sommes qu'elle leur avait avancées pour la construction de leur église, et leur assura encore une rente de SOO francs pour sa pension. La cérémonie de la réclusion eut lieu un vendredi, 5 août 1695, vers cinq heures du soir ; elle fut accompagnée de 1 appareil le plus propre à. faire dans les cœurs les plus
E refondes impressions. Après les vêpres, [. Dallier,enqualitéde grand vicaire,se ren* dit avec tout le clergé è la maison de M. Le Ber, d'où l'on partit nrocessionnellement eu
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c'/f. ^'ré*%, 1 î^f*^; A J*:sii?, l'autre à Marie, :3 tfo.-,.^rr/i': ?j -^.nt José; ri, afin qu'élanl reaij/i% ^J<î i'^î|»rjt (\fi i^ur^ augustes patron?, f;,.'r*. *'; ré|//'jïi'Jj-,s*;rit «JariS ^eite E^'Ilse n^:^- <.'*j;-t';, ^;i li f**5 f/^rfij.lf/as que Satan, qui a>a;t i)t:{f,;if,'U'. H JiiCMj qu'il lui lût permis de cn- <;.er Vh^/'.ya fi son berceau, réussit à ruiner rî/ujH celle colonie J'ijuvra^^e de la divine r/)>/e se, en y inlro lui'-ant des germes de discorde el «Je d.'j^olulion. Toujours inspir^'e de Dieu, l/i ujere Hour^eo>>en s'oppo- "./inl ''» loule innovation, en fut toujours le KouUeri.
11 .y nv/iit plus de quarante ans que la «.o;ur Hour^eoy.s éiail établie à Villemarie etjiliis de vin^t qno la communauté avait l'île éli^ée p;«r TetUes jifllentes du roi, sans que les év^M|ues de Québec eussent approuvé les rC'ii^les de cf^l institut, quoique in/iriircstoment aftprouvé de Dieu pour les IruiiH abondants et merveilleux qu'il n'avait «rîssé de protluire. Les réponses de la sœur llour;^fOvH aux dinicultés (juon lui op[>o- ♦./iit, r'i»Ni-ii-iliro lo défaut de clôture el le f/cnn* du vi<*, tout djlférent des autres ordres ol/ildis dans rK^lise, prouvaient évidemment luidre exprès (pi'olle a voit re(;u do Dieu de
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