AMOUR DU PROCHAIN
(OaORB DB L*).
Il fut institué par l'impératrice Elisabeth- Christine (Autriche) un peu avant qu'elle fMirtlt de Vienne, en 1708, pour aller re- ^ joindre l'empereur Charles VI à Barcelone, * oik ce prince, alors encore archiduc d'Autriche, était occupé h faire la guerre au sujet de la succession h la couronne d'E!>pagne. La marque de dignité de l'ordre est un ruban rouge attaché sur la poitrine, au bout duquel pen«l une croix où sont ces mots : Amorpro» ximt.Lesdames sont admises dans cet ordre. Vov. Dissertations historiques et critiques sur fa chevalerie ancienne et moderne^ sécu* iiireetréauiiirc^ avecdes notes, par leR. P. Honoré de bainte-Marie, Carme déchaussé. Paris, r.iflfart, 1718.
ANGES (Dames des Saints-), à Loaê^
te^Saulmer.
La coniçrégntion des Dames des Saints- Anges a pris naissance dans la ville de Lons-
le-Saulnier, dans lediocèse de Saïut-Claude. Son berceau fut la paroisse Saint-Désiré ; elle avait alors pour pasteur un de ces vénérés prêtres échappés a la tourmente révolution-' naire, le P. Agatbange, ancien religieux de Tordre de Saint-François. Après avoir créé diverses institutions où la jeunesse indigente trouve encore, outre les secours matériels, Tavantage inappréciable d'une éducation chrétienne, le zèle du pieux confes*seur de la foi voulut procurer ce dernier bienfait h la classe plus aisée.
Pour accomplir ce dessein il fallait des instruments capables et dignes de rœuvre. Le pasteur les ctierehe ; des flmes généreuses lui assurent leur concours. Voilà les premiers éléments de la société des Saints-Anges que révoque de Saint-Claude bénit à leur début. Mais on ne tarde pas à s'apercevoir que la bonne volonté et le dévouement des saintes tilles, surexcités même par celui du ferven* apdtre, étaient insuffisants pour les fins qu*i s était proposées; il manquait une main habile pour tenir le gouvernail. La Providence, dans ses voius mystérieuses et pleines d*a* mour, amena enfin uneadjutrice au vénérableprétre,en 1831. C'était Melle Elise Poux, maltresse de pension k Poligny. A peine est-elle au milieu de ses nouvelles compagnes que celles-ci la proclament ^ leur mère, comme aussi la directrice de leur jeune famille. Sous sa direction l'établissemenl devint bientôt prospère. Mgr de Chamon , évoque de Saint-Claude, témoin du dévouement de ces Ames d'élite et des fruits que la Providence se plaisait h attacher h leurs travaux, leur conha le soin de l'éducation de ses nièces. Survint le moment des épreuves; il fallait aussi que cette œuvre, qui devait réjouir l'Eglise portât, dès son principe, le cachet des œuvres de Dieu. La petite communauté vit ses membres se disperser :
c'était le cloître, la mort, et aussi des motifs qui ne paraissaient point en opposition avec la charité qui tour à tour occasionnèrent ce démembrement. Mlle Poux reste k peu près seule. A une iroe moins généreuse, et qui n'aurait pas comme la sienne compris toute la puissance de l'esprit de sacrifice, la tAche devenait alors impossible. Mais celle
3ui, pour assurer son secours k cette œuvra e zèle, s'était plu k braver des obstacles que d'autres k sa place eussent trouvés insur* montables, n'est point ébranlée k la vue de la croix qui s'implante chez elle. Sa foi la rassure : Dicu« se dit-elle, si je fais soa œuvre, saura bien la soutenir. La croix, c'était le gage du salut pour sa congrégation naissante, c'était l'arbre dont les rameaux tutélaires et bienfaisants devaient abriter bientôt une nouvelle famille qui jusqu'k sa mort devait être l'objet de sa sollicitude. Ce fut en elfpt au milieu des épreuves qoi accueillirent Tinslitut k son berceau Qu'il grandit et qu'il se développa. La pieuse loadatrice n'avait encore réuni que quelquesunes de ces Ames toujours prAtcs k s'oublier auand il s*agit de faire la volonté de Dieu et e procurer sa gloire, qu*une voix auguste
ANC
DES ORDRES RELIGIEUI.
ANC
$e bit entendre ponr l'engager à un noureaa sacrifice. Il s'agissait de transporter à llorei, diocèse de Saint-Ctaade, l'éiablissement qoi âTait été une source de bienfaits |iOor la paroisse Saint-Désirë. Mère Poux, qtt'aacune considération ne pouvait arrêter quand il s'agissait de répondre à la voix du Ciel, se rend è rinvitation de son évoque. Cétail en \9ki. Diea ne voulut pas en vain mettre à Tépreove la soumission et la confanée de son humble servante : il devait récoiDjienser tant de vertus et de zèle. La joie la plus douce devait inonder ce cœar si dépouillé de loi^mème. L'Eglise ad mettait dans son 5(ein et ^oos le vocable des Saints-Anges fa ferveole société. L'évAque de Saint- Ojode, qui Tavait suivie dans sa marche toat en lui donnant des constitutions dres- Mtes sur la règle de Saint-Augustin, donnait I*e5|iérance que cette nouvelle congrégation cooliDuerait à édifier l'Eglise nar I éclat des membres, et aussi par son dévouement à rinstruction de la jeunesse. Quelques années plus tarO, en iSU, Mère Peut conduisit une colonie de ses filles à Mâcon, dans le diocèse d'Aatun. Cette ville fut bientôt témoin des looeès dus au zèle et aux talents des sujets ■lise la tète de l'établissement. Le saint ev6qiie qui gouvernait alors ce diocèse, ainsi que son successeur, leur ont donné, dans toutes les occasions , des preuves non équivaques de leur estime et de leur bienveiltaoee. Mme Poux eut encore la consolation de fonder une nouvelle communauté à Dôle (Jsn) le 9 octobre 1855. Deux mois après ejle rendait sa belle Ame h Dieu.
GMifbnDéiDent à leurs constitutions» les dames des Saints-Anges élurent une supérienre générale. Le choix se fixa sur celle qui d'abord avait été l'élève, puis ensuite la confidcoie de la fondatrice dans le gouvernement delà congrégation. Son élection eut lieu le ttiaovier iâ6* Les dames des Saints-Anges i*obserTent pas la clôture; les religieuses loot divisées en deux ordres; l'ordre des tours de clKBur« et l'ordre des sœurs adjutrires. Elles font les vœux de religion, récitent le petit Office de la sainte Vierge, etc. En éoenaot les constitutions de la congrégation des SaintS'Anges. Mgr de Chamon nomma fopérieor général M. Kcoifiier, chanoine de sa cathédrale; Mgr Mabile, actuellement évêque de Saint-Claude, lui confirma les titres.
ANGE-GARDIEN (Congrégation uks soburs oc t*J , maison mire à Quillan (Aude).
Cet institut a été reconnu comme congrégaiioa à supérieure générale par décret impérial en date du it décembre 1852.
Les soeurs de l'Ange -Gardien se consacrent spécialement au soin des malades lauvres â domicile et à l'éducation des enfants de la classe ouvrière dans les crèches, »es salles d*asile, les écoles primaires et les ottvToirs. L^ indigents sont admis gratuiteiaeni.
Us soeurs tiennent aussi des écoles mix* tes.
Leur cadre d'enseignement comprend ^ outre rinslruclion religieuse : la lecture ^ récriture, le calcul , les éléments de la gram« maire, et tout ce qui est nécessaire ou d'une utilité réelle pour la bonne direction du ménage.
Dans le but de perfectionner ce genre d'enseignement, qui est d'une importance capitale surtout pour certaines familles, les sœurs de TAnge^ardien ouvrent aussi des pensionnats^ dans lesquels les élèves font elles-mêmes, sons la direction des sœurs, les divers emplois du ménage et sont formées k tous les détails pratiques de l'économie domestique.
La congrégation ne forme pas d'établissement particulier avec moins de deux sœurs. Néanmoins , pour ne pas priver des bienfaits de l'éducation certaines localités dont les ressources seraient insuffisantes pour l'entretien d'un établissement, la congrégation forme des circonscriptions desservies par des sœurs qui vont une k une faire la classe dans ces pauvres localités et rentrent tous les soirs dans l'établissement central appelé doyenné.
Il est pourvu h l'entretien des sœurs régentes et infirmières par des allocations ou rentes et par le produit des rétributions scolaires.
11 y a dans la congrégation des sœurs qui, sous le titre de sœurs-aides ou couver* ses , sont employées uniquement au tempo» rel de la communauté.
La durée du noviciat est de dix-huit mois et quelçiuefois de deux ans, aprAs lesquels les novices sont revêtues du saint habit de religion; mais elles ne sont admises è faire des vœux qu'un an après leur vêture.
Pendant cette seconde période,dite deprobation, elles sont appliquées, autant que possible, aux emplois qu embi*asse le but de la congrégation.
Les vœux de règle ne sont qu'annuels, sans toutefois exclure les vœux perpétuels de la profession à laquelle les sœurs ne peuvent être admises qu'après neuf ans de fidélité constante aux vœux annuels. Cette faveur n'est accordée qu'à celles qui ont donné des garanties irrécusables de leur attachement à celte simplicité de vie et de manières qui constitue le caractère distinciit de la congrégation des. sœurs de l'Ange- Gardien.
Destinées è exercer les fonctions de leur pieux ministère plus particulièrement dans les c;ampagnes, tout dans la personne des sœurs, dans la tenue de leur petit ménage et de leur ameublement et jusque dans leur régime alimentaire, respire cette simplicité qui fait et doit faire les mœurs des populations agricoles. En se faisant ainsi petites avec les petits, elles réussiront mieux k leur servir do modèle et k perfectionner par la pratique des vertus évangéliques une précieuse disposition qui dégénère trop fticile* ment en brutale rusticité.
Les fatigues de l'enseignement étant pai elles-mêmes une rude épreuve pour la sau-
ANC