‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 4)Chapitre 180 sur 220 · TUO · texte numérisé non relu

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DBS 0RM188 RELIGIEUX.

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Pbi(i€rs le II atril t655, H fut nommé professeoren théologie. Il fui continué dans cette profession pendant douze années, et il s'acquitta de sa charge avec tant de succès, qa*i) deTtnt un très-oabile théologien dont les diseiples honorèrent plus tard la chaire et rétole.

Au deaxîème chapitre de Montmorillon, tenu le 17 février lW9t en présence du rév^rendissime P. général Paul Luchain, il fut élu prieur du couvent de Lamballe t puis fisitear au chapitre tenu k Paris le 9 mai MS. Ad chapitre du Blanc assemblé le 97 avril 1668, le P. le Proust fut élu définiteur, et au chapitre de Montmorillon, du 27 anil 1671, il obtint les suffrages pour être pilncial; enBn, au chapitre de Paris (33 joio 1679), il fui mis au nombre des définiteurs.

Si les dignités dont il fut ainsi successi* Temeoi revêtu prouvent combien son mérite était reconnu par ses frères, notre récit prouvera qu'il sut jusqu^k la fin se montrer aussi le modèle du i^arrait religieux.

A rifflitation du Sauveur du monde,' il enseignait plus par ses eiemples et par ses bounes œuvres que par sa doctrine, laquelle était accompagnée d une irofonde humilité. Ilaiait un zèle ardent pour les observances rétfulières, qu'il pratiquait exactement et au il faisait ODserver avec soin pendant qu*il était supérieur, sans jamais s'en dispenser ni même y apporter aucun relAchement. Si ses leçons de théologjie, sea conférences spirituelles ou son assiduité au confession* nal ne le forçaient pas de s'absenter, il était ordinairement le premier au chœur le jour et la nuit, et il en sortait le dernier. Il suivait ponctuellement la manière de vivre de sa communauté* sans se distinguer par uoe nourriture spécialeou perses vêtements. Scrupuleux observateur des jeûnes, du silence et des autres austérités de la réforme, il 7 ajoutait même un surcroît de mortifications en se privant des innocentes récréations <|ne les constitutions permettaient avant les jeûnes de la Toussaint et du Carême.

Le zèle qu'il avait pour les bonnes oeuvres et son débir de gagner des ftmes k Dieu le rendaient inCatigable. On cite k Tappui de cette observation un fait remarquable. Un jour de veille de Noël, le P. le Proust, étant arrivé k sept heures du soir au couvent, après une marche de dix-huit lieues, assista à tout roifice de la nuit, se coucha pendant quelques instants, se leva k six heures pour entrer au confessionnal, d'oii il ne sortit que pour dire ses trois Messes , vers l'heure de midi.

Le même zèle le portait k tout entreprendre pour le soulagement de son procnain, et, k cette époque où Ton avait vu s'introduire dans le monde )udiciaire la déplorable Coutume de solliciter en faveur des parties en cause, le P. Proust se faisait souvent sol» iicUeur près des juges, mais sans distinction du riche et du pauvre, et sans se préoccuper d'autre chose que de faire rendre une l>oune et prompte justice.

DiCnOHlI. DBS Oapus muo. IV.

Le Pape Alexandre VU avant canonisé, en 1658, saint Thomas de Villeneuve, évêque de Valence en Espagne, de l'ordre des Augustins, la solennité en fut faite k Rome avec une magnificence singulière. Or ce fut l'année suivante que le P. le Proust fut nommé prieur de Lamballe. Un de ses premiers soins fut de pré^iarer tout ce qui pourrait donner un relief k la cérémonie de la canonisation qui devait être fêtée dans tous les établissements de l'ordre. Pénétré de son sujet, touché surtout des exemples de charité pour les pauvres que le nouveau saint offrait aux méditations des Chrétiens, le prieur de Lamballe supplia le Seigneur, pendant la solennelle octave, de lui accorder la grftce d'imiter un si parfait modèle. Ce fut alors qu*il conçut le projet de fonder une nouvelle société de saintes filles, auxquelles il résolut de donner le nom de Saura Àtigustines de Saini-Thotnat de filleneuve.

Le R. P. de Chaboisseau^ dont la mémoire est aussi très-vénérée dans Torde des Au-

f;ustins, prédit k son frère en Jésus-Christ e succès de son entreprise» et la suite a montré que ces deux serviteurs deWeu ne s'étaient pas trompés dans leurs espérances, quoiqu'on puisse dire de cette sainte institution qu'il eu a été d'elle comme des autres ouvrages du ciel, qui ne réussissent presque jamais que parmi les contradictions et les peines. Le pieux fondateur avait aussi prédit que Dieu appliquerait k son œuvre le cachet divin; mais son humilité n'avait pas entrevu l'écueil que lui préparaient les applaudissements du monde sur le succès même de ses pieux efforts. Sa modestie lui faisait sentir alors des peines intérieures qui se produisaient aussitôt sur son visage et se faisaient remarquer dans sef paroles; il était aisé d'y lire les perplexités de cet humble religieux qui se regardait encore comme un serviteur inutile dans la maison du Seigneur, où il savait pourtant si bien remplir tous ses devoirs par l'utile emploi de ses talents et par l'exemple de sa ferveur. Ce fut vers l'année 1682 que le P. le Proust réunit en société plusieurs demoiselles nobles pour le service des pauvres dans les hôpitaux abandonnés ou mal administrés.

On ne saurait imaginer les oppositions gu'il rencontra, non-seulement chez les administrateurs des hôpitaux, mais encore dans les familles mêmes de ses chères filles, les nombreux procès qu'il dut soutenir, les amertumes de tout genre dont il épuisa le calicct les voyages qu'il dut entreprendre avec fatigues, car il les faisait k pied ; enfin les tribulations et les peines de cœur qu'il eut k éprouver, et qui le trouvèrent toujours résigné, toujours plus fort qu'elles. Tant de constance et d'abnégation devait avoir sa récompense. L'œuvré du saint fondateur réussit, et il eut la consolation, avant de mourir, de voir son institut compter trentesix maisons florissantes. Son humilité trouva dans ce succès même des motifs d'alar* mes, et il redouta les applaudissements que ce succès lui valut, neaucoup plus qu'il

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